mercredi 1 décembre 2021

Le Bal des Hypocrites

 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 

 

Kri Shanu, Le moine qui neutralise toujours l’adversaire le plus dangereux


Ildur Main d’Airain, Le ranger qui découvre qu’on le connait sous un autre nom

Arias Letho Mortegueule, Le chasseur de mage qui se mue en as de la cambriole

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui ne supporte pas de laisser un innocent se faire maltraiter

 

 

Les bruits de la fête commencent à leur parvenir depuis le grand hall. Le brouhaha de la musique, des rires et des verres qui s’entrechoquent est interrompu à intervalle régulier par un tocsin qui annonce l’arrivée d’un invité prestigieux dont la présence est accueillie par une salve plus ou moins nourrie de vivats selon le prestige attaché au nom du nouveau venu. Le rythme auquel les mets doivent sortir des cuisines s’accélère bientôt suffisamment pour que les serviteurs désertent le cellier pour se concentrer sur le service des convives de plus en plus nombreux qui s’abattent sur le somptueux buffet comme une nuée de sauterelles. Les héros en profitent pour s‘extirper des tonneaux dans lesquels ils étaient cachés. Tandis que ses compagnons font de leur mieux pour défroisser les tenues chamarrées qu’ils ont endossées pour se fondre dans la masse des invités, Ildur procède à une reconnaissance rapide des larges caves au fond desquelles ils se trouvent. Non loin de l’escalier qui mène aux parties communes, il remarque qu’une trentaine de pauvres gens attendent timidement devant une grande table montée sur tréteaux qu’on leur serve le repas dont les propriétaires des lieux ont promis de leur faire la charité. Le ranger se plaque dans l’ombre alors que d’autres malheureux arrivent encore, menés par un garde de la maison Gant dont le visage lui est étrangement familier. Il est sûr d’avoir déjà rencontré cet homme mais il lui est impossible de se souvenir dans quelles circonstances. Il en est si troublé qu’il sursaute quand Arias apparaît à ses côtés pour lui demander si la voie est libre. Le chasseur de mage n’attend pas sa réponse pour le dépasser et s’engouffrer dans l’escalier désormais vide et rejoindre la fête qui bat son plein. 



Une foule bigarrée de courtisans se presse partout dans la gigantesque demeure sous la diligente surveillance des nombreux gardes de la maison. Après s’être assuré qu’Albrecht était englué dans un essaim de flagorneurs à l’autre bout du parc, Arias déroule discrètement un parchemin dont la magie lui permet de prendre l’apparence exacte de l’aristocrate. Ses talents de comédiens hors pair rendent la tromperie encore plus indécelable et il se dirige donc sans hésiter vers les appartements privés du vieil homme. Les gardes qui interdisent l’accès à l’étage sont surpris de voir leur maître se présenter devant eux mais l’humeur ombrageuse que l’imposteur affiche ostensiblement suffit à les dissuader de lui faire part de leur perplexité. Arias les écarte d’un air agacé avant de monter l’escalier jusqu’à la porte hermétique dont seul Albrecht possède la clé. Malgré ses talents de crocheteur, la serrure s’avère plus difficile que prévu à forcer. Le chasseur de mage doit simuler une vue troublée par un excès de vin pour maîtriser les soupçons des hommes de faction suffisamment longtemps pour enfin parvenir à ouvrir la porte. La chambre qu’il découvre derrière est d’un luxe qu’il a rarement contemplé. Les draps sont faits des étoffes les plus rares, les meubles sont sculptés dans les bois les plus exotiques et partout brillent les chandeliers d’or et d’argent.  Le petit bureau attenant renferme les documents les plus confidentiels du priakos de Gant. Les rapports de caravaniers et les livres comptables font état d’une prospérité remarquable en ces temps troublés, les convois de marchandises qui transitent d’une manière ou d’une autre entre les mains des Gant se trouvant comme par hasard absolument épargné par les attaques qui rendent les routes impraticables pour ses concurrents contraints  d’investir des sommes si conséquentes pour assurer la protection de leurs biens qu’il n’y a guère plus que le Zhentarim qui ose encore se lancer dans l’aventure. Les documents vraiment compromettant, ceux qui pourraient prouver que toute cette manne n’est due qu’à la complicité du culte du dragon, sont en revanche bien à l’abri du formidable coffre lantanais qui trône au fond de la pièce. Les prêtres de Gond qui l’ont façonné l’ont doté d’une serrure incroyablement complexe et ses parois d’adamantine sont impossibles à percer, sans parler des multiples couches de glyphes de garde qui achèvent de rendre le coffre inviolable. Arias renonce à tenter de le forcer et se contente d’empocher quelques documents qui atteste de l’étonnante bonne fortune du priakos avant de retourner se fondre dans la foule. Son retour passe d’autant plus inaperçu qu’à ce moment les tocsins sonnent à tout rompre pour annoncer l’arrivée de l’invité d’honneur de la soirée, le seigneur découvert d’Eauprofonde lui-même, Lord Neverember. Son grand ami enfin à ses côtés, Albrecht convoque l’assistance devant l’estrade installée dans le parc pour y délivrer son discours du soir. Après avoir copieusement complimenté Neverember, il annonce que la générosité de ses hôtes permettra de nourrir des centaines de miséreux dont un échantillon trié sur le volet pour être pathétiques sont pour autant être repoussants est amené à défiler devant l’assistance ravie de se racheter une conscience à si peu de frais. Albrecht descend enfin de la scène sous une salve nourrie d’applaudissements avant d’aller donner l’accolade à Neverember et de se retrouver enseveli sous une marée de courtisans désespérément en quête de la moindre des faveurs des deux puissants seigneurs. Arias profite du mouvement de foule pour emprunter l’apparence de Thurstwell et entrainer Ildur à sa suite vers la dépendance où les fils Gant ont leurs chambres. Le garde en faction devant la porte s’écarte respectueusement devant eux, mais alors qu’Arias le dépasse sans lui accorder le moindre regard, l’homme adresse dans son dos un signe de menton complice à Ildur comme s’il saluait un vieux camarade. La fouille de la dépendance ne révèlera rien de plus, mais Arias en profitera pour subtiliser la réserve de Ziran de Thurstwell en espérant que le manque finira par le conduire à se trahir.

Pendant ce temps au sous-sol, les miséreux sont enfin autorisés à entamer leur repas. Mais la soupe qu’ils avalent goulûment a un effet bien étrange sur eux. Leurs yeux deviennent encore plus vitreux qu’à l’accoutumée et les balancements de leurs corps las se synchronisent peu à peu comme ceux d’un bon troupeau. Rka ne peut en supporter plus et il décide d’intervenir pour tenter de soustraire les malheureux à l’emprise du culte. L’homme en charge de la distribution s’interpose mais le drakéide l’arrête de son autorité divine pour lui suggérer de plutôt se joindre à ses victimes pour déguster un bol de la crémeuse décoction qu’il leur offre. Quand Arias et Ildur reviennent, le garde est déjà profondément sous l’emprise de la drogue qui le rend particulièrement réceptif aux questions des héros. Il leur confirme que les centaines de pauvres gens qui seront amenés au cours de la soirée seront tous guidés à travers Montprofond jusqu’à Skullport où des navires les attendent pour les emporter en esclavage bien au sud vers le Calimshan où Galvan, le wyrmspeaker bleu, doit les prendre en charge. Son récit s’interrompt abruptement quand il reconnait Ildur.

« Davren », lui dit-il, « que fais-tu ici ? ne devais-tu pas être stationné dans la Grande forêt ? quelque chose ne va pas avec Neronvain ? ».

Le ranger est aussi consterné par les propos de l’homme que ses compagnons, mais ces paroles resteront mystérieuses car l’esprit du garde s’embrouille de plus en plus et ses réponses se font bientôt totalement incohérentes.

Maintenant qu’ils ont découvert les plans du culte, les héros se décident à passer à l’action. Ils fendent la foule des miséreux hébétés pour s’engouffrer dans le passage secret à travers lequel les malheureux seront poussés vers leur triste destin. Le large escalier de pierre qui descend vers les souterrains cachés est nimbé de curieuses lumières colorées. Approchant avec la plus extrême discrétion, ils découvrent qu’une grande chapelle dédiée à Tiamat se cache ainsi sous le manoir. 



Des statues des cinq familles de dragons chromatiques se dressent sous les arches qui ornent les murs, chacune irradiant d’une lumière correspondant à la couleur du dragon qu’elle représente. Au centre se dresse un autel au-dessus duquel trône la figure de la déesse elle-même. Sous son ombre terrifiante, un dragonclaw de haut rang palabre à voix basse avec un mercenaire elfe noir à l’air cruel. Une douzaine d’autres cultistes masqués patientent aussi entre les bancs alignés de part et d’autre de l’allée centrale. Profitant de l’effet de surprise, les héros lancent une attaque dévastatrice sur les esclavagistes. Une puissante boule de feu de Rka balaie presque tous les dragonclaws tandis que les tirs croisés des flèches d’Ildur et des éclairs d’Arias abattent leur chef dans la foulée. Seul l’elfe noir réussit à échapper à l’assaut initial en se servant de ses complices comme boucliers humains mais il est intercepté par Kri dont les coups l’étourdissent avant qu’il ne puisse fuir. Ses instincts de bretteur sont cependant si aiguisés que, même chancelant, il parvient encore à esquiver l’une après l’autre les flèches d’Ildur. Les murs se mettent alors à trembler alors qu’un grondement de colère semble sortir des cinq gorges de la statue de Tiamat. Comme en réponse au courroux de leur divinité, les dragons de pierre qui entourent la salle s’animent et se jettent sur les héros. Le bleu et le vert s’attaquent à Kri qui doit délaisser le drow pour se concentrer sur sa propre sauvegarde. Arias attire sur lui le rouge par ses irrésistibles provocations. Ildur se met hors de portée en grimpant lestement vers le plafond grâce à ses chaussons de pattes d’araignée. Le noir et le blanc se désintéressent donc de lui pour reporter leur attention sur Rka et la violence de leur coups à son encontre est décuplée par la haine millénaires qui anime leurs divinités respectives. De son perchoir, le ranger ajuste l’elfe noir alors qu’il s’apprête à rejoindre l’escalier. Cette fois ci son trait fait mouche et le mercenaire s’effondre. Mais il réserve une ultime ruse à celui qui l’a abattu. Alors qu’il bascule vers le sol, sa main se crispe dans un dernier geste autour d’une fiole de cristal. En se brisant elle libère une minuscule créature qui commence à grandir à une vitesse étourdissante. Ses grandes pattes chitineuses se déploient sous un abdomen bulbeux mais là où devrait se trouver les crochets de l’araignée géante se dresse à leur place le torse d’ébène d’un drow au regard fou. Il brandit deux lames crantées en direction d’Ildur avant de lui aussi s’engager à la verticale le long du mur pour engager un combat perpendiculaire à celui qui fait rage entre les débris de la chapelle. 



Les coups des héros semblent ne faire que peu de dégâts aux statues animées. A l’inverse les griffes des dragons de pierre se font de plus en plus menaçantes et Rka doit déployer ses ailes de platine pour s’en prémunir. Cette démonstration de la faveur de Bahamut enrage les créatures de Tiamat qui s’acharnent toutes sur le paladin, à l’exception du rouge qui reste sous l’emprise d’Arias. Face au drider, Ildur doit lui aussi faire montre de tout son talent de combattant mais il finit par trouver l’ouverture qui lui permet de plonger l’un de ses poignards dans le cœur de l’abomination qui laisse enfin sa vie de douleur l’abandonner avec un râle de soulagement. Comme le cadavre monstrueux retombe lourdement au sol, Ildur remarque que celui de l’elfe noir s’est volatilisé pendant le combat.

Seul à avoir une vue d’ensemble des événements grâce à sa position en retrait, Arias se rend compte que même s’ils parviennent à venir à bout des monstres, leur victoire sera vaine si elle n’a pas de témoin. Or du fond des souterrains où ils se trouvent, le vacarme pourtant assourdissant du combat n’a aucune chance d’être perçu par qui que ce soit à la surface. Il manœuvre donc pour attirer la statue du dragon rouge à sa suite alors qu’il remonte vers la fête en invitant Rka à faire de même avec les autres constructs. La furieuse procession fait une entrée fracassante au milieu des convives, provoquant une incroyable panique. Mais les dragons de pierre ne sont pas seulement accueillis par une foule de courtisans éperdus de terreur, une armée de gardes du corps aguerris se dresse également face à eux, au premier rang desquels la garde personnelle de Lord Neverember. Avec un tel renfort à leurs côtés, les aventuriers renversent facilement le cours de la bataille.

Ils peuvent ainsi exposer au grand jour l’origine des créatures et révéler à la prestigieuse assemblée les funestes plans de leurs hôtes. Ceux-ci restent introuvables, ils ont fui avec leurs hommes dès que l’issue du combat n’a plus fait de doute. Devant ces preuves irréfutables, Lord Neverember ne peut que se résoudre à désavouer publiquement Albrecht et ses fils. Il poursuivra avec diligence tous leurs complices jusqu’à ce que la cellule du culte à Eauprofonde soit totalement démantelée. Mais ces mesures arrivent bien tard et sa réputation porte maintenant la marque indélébile de sa compromission avec les adorateurs de Tiamat. Sa brouille avec le duc de Baldur’s Gate apparaît sous un tout nouveau jour et si Eauprofonde elle-même s’est débarrassé de ses ennemis intérieurs, l’Alliance des Seigneurs sortira sans doute fragilisée de cette fâcheuse affaire.

 

 


 

 

 

mercredi 20 octobre 2021

A Travers les Yeux de l'Araignée

 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 


Tengrim Copperplate, Le nain qui aime à rappeler qu’il est brasseur dans le civil

 

Kri Shanu, Le moine qui cherche une astuce pour cacher sa lance dans un tonneau

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui a un drôle de pressentiment sur ce qui se cache dans les souterrains

Arias Letho Mortegueule, Le chasseur de mage qui emprunte les sens de son familier

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui ne sait pas s’il peut mentir

 

 

Les héros sont bien décidés à pénétrer dans le manoir des Gant et la grande soirée qui va y être donnée sera la distraction idéale pour qu’ils puissent arpenter ses couloirs sans éveiller les soupçons. Après avoir hésité un moment à profiter de leur célébrité pour réclamer une invitation en bonne et due forme au maitre des lieux ou bien à se joindre à la suite d’un aristocrate qu’Arias pouvait approcher grâce à ses contacts avec le Zhentarim, ils optent finalement pour une méthode beaucoup plus discrète. Avec l’aide des amis ménestrels de Remalia, ils se feront passer pour l’un des négociants en vin qui doivent approvisionner les caves d’Albrecht Gant qui seront largement remplies en prévision des agapes du soir. Mais les tonneaux qui seront livrés ne seront pas remplis des capiteux crus téthyriens attendus mais par les aventuriers prêts à se contorsionner dans des positions particulièrement inconfortables pour s’offrir un passage indétectable jusqu’au vaste cellier du manoir.

La veille de la réception, les héros retournent en toute discrétion dans le quartier maritime afin de parfaire leur reconnaissance des lieux. Mais cette fois-ci Arias met son familier à contribution. Il se glisse jusque sous les fenêtres de la propriété et fait apparaître une grosse araignée noire entre ses doigts. Il la dépose sur le mur d’enceinte en lui intimant l’ordre télépathique de se faufiler dans les moindres recoins de la maisonnée puis il rejoint ses compagnons en quelques enjambées rapides avant de laisser s’évanouir ses propres sens pour ne plus se concentrer que sur ceux de l’arachnide enchanté.

 

Le domaine des Gant


L’immense propriété bruisse déjà de tous côtés des préparatifs de la fête. Les serviteurs s’activent en tous sens sous le regard vigilant des gardes omniprésents aussi bien dans le parc que dans les trois bâtiments qui s’adossent au mur d’enceinte. Au nord se trouvent les écuries et les remises au-dessus desquelles les gardes ont leurs quartiers. A l’ouest une maison secondaire abrite des chambres d’amis au rez-de-chaussée et les appartements des fils Gant à l’étage. Vaelish y possède encore une chambre qui semble de surcroit avoir été occupée récemment. La demeure principale est bien plus imposante et domine le reste du domaine de ses trois étages. Derrière l’escalier monumental du grand hall d’entrée se cachent les cuisines, nichées juste au-dessus du gigantesque cellier qui déborde de provisions. Le premier étage est dédié à la vie publique des Gants. On y trouve entre autres une salle de bal, une bibliothèque, une salle de musique et plusieurs petits salons. Le deuxième étage en revanche est strictement privé et cache derrière une porte hermétique la chambre somptueuse de Lord Albrecht, tapissée de soieries précieuses et décorée de toiles de maîtres éclairées par des chandeliers d’or et d’argent rutilants. C’est là également que se trouve son bureau et le coffre inviolable qui renferme tous les secrets de ses affaires. Enfin les combles sont aménagés pour héberger les fidèles serviteurs de la maison qui dédient leur vie à l’entretien du manoir et de ses habitants.


Albrecht Gant


 

Les fils d’Albrecht le rejoignent pour le souper dans la grande salle à manger. Thurstwell semble agité, les premiers symptômes de manque se font sentir au grand déplaisir de son père. Amrik lui jette un regard moqueur avant de se lancer dans un rapport appliqué de ses affaires louches du jour. Les serviteurs qui s’affairent autour de la table ne semblent absolument pas choqués par les manigances de leurs employeurs, autant d’indifférence à la crapulerie dénotant sûrement leur indéfectible loyauté à la maison Gant. Au dessert, le patriarche sermonne ses fils sur l’importance cruciale de se montrer irréprochables lors de la soirée du lendemain. Les accusations des Héros du Nord ont braqué les projecteurs sur eux et le moindre faux pas pourrait mettre à mal leur projet secret qui risquerait d’être découvert par les autorités.

 

Plus tard dans la nuit, Thurstwell prend à cœur les recommandations de son père et décide de reconstituer sa réserve de Ziran dont les effets dopants sont désormais la seule chose qui lui permet de fonctionner normalement. Flanqués de deux gardes du corps, il s’engouffre dans le cellier sans remarquer que le familier d’Arias s’est niché dans le creux de sa capuche. Ballotée par le pas pressé de Thurstwell, l’araignée a du mal à conserver un point de vue lisible par le chasseur de mage qui lui emprunte ses sens. Depuis la cave, les hommes passent une porte secrète qui mène à des souterrains cachés sous la maison. Ils dévalent des escaliers passant devant une large salle nimbée de lumières colorées avant de déboucher sur une solide porte blindée. Ils actionnent les manivelles qui la déverrouille pour pénétrer enfin dans le premier niveau de Montprofond, l’accès redevenant invisible une fois refermé derrière eux. Ils s’aventurent dans les tunnels avec assurance, arpentant un chemin complexe truffé de passages secrets qui les amène finalement jusque sur les hauteurs de Skullport. 




La ville de contrebandiers est dans un bien piteux état. La plupart des bâtiments semblent à l’abandon et les ruelles obscures qui surplombent le fort de l’île du crâne ne sont éclairées que par intermittence par d’étranges trainées de flammes verdâtres. Les gardes du corps raffermissent leur poigne sur leurs armes alors que leur maître se dirigent vers une échoppe glauque où un vieux svirfneblin borgne fait commerce des spécialités interdites de l’outreterre. Thurstwell lui remet une bourse de pierres précieuses contre une petite boite de bois de champignon qui contient une dose de drogue suffisante pour tenir quelque temps. Sans s’attarder une seconde de plus que nécessaire, il fait ensuite demi-tour et réintègre ses pénates un peu avant l’aube.

 

Cette nuit d’espionnage fut courte pour les héros mais ils remettront le repos à plus tard car il leur reste encore de nombreux préparatifs pour exécuter leur astucieux plan qui leur ouvrira les portes de la demeure des Gant.

 

dimanche 3 octobre 2021

Hors des nuages



Session Star Wars #51

Date : 27-Sep-2021


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui fait assaut de civilités avant de faire preuve de virtuosité

Meera, qui se laisse aller

Aqualto Fudah (‘Alto’), toujours prête à tirer dans le tas

Zayne Bentaroo, qui se remémore les valeurs de l’Ancienne République


Lieu(x) :

Innton II, système Innton, secteur de Sluis (Colonies)


A Dissidence, la vie s’organise pour rester sur place quelques jours, malgré les réticences de Cornell et Alto. Avec l’aide des pilotes des X-Wings, Alto a fait démanteler le camp de base de la jungle et l’ensemble des vaisseaux ont été rapatriés à l’abri de la base pour permettre une retraite rapide. Tout à son idée d’organiser un repas en l’honneur d’Enguene Guernefer, chez lequel il a deviné les vieilles racines d’une noblesse déchue, le Commandant Hyabu s’est lancé dans une partie de chasse dans la jungle afin d’y abattre de grosses volailles sauvages, promesse d’un dîner succulent. 

Le soir venu, les deux scientifiques sont tirés de leur cellule pour partager la table du Commandant. Posté dans un coin, l’aide de camps de Guernefer – ou son laquais – veille au bon déroulé du repas de son maître et rempli les verres d’un excellent vin. Guidées par la langue habile du Commandant Hyabu, les discussions vont bon train sur le sujet des anciennes valeurs de la vieille République – « mais la compassion ne gagne pas les batailles, jeune homme » indique Guernefer à Zayne, grand idéalisateur des temps anciens. Disert sur ses origines, Guernefer indique que son peuple guerrier a adhéré à la République par choix et y a développé une culture de l’honneur très poussée. Désormais neutre dans les conflits galactiques, son peuple préfère une mise à l’écart sous la domination impériale, qui n’est de son point de vue que la continuation de la République, et s’adonne à une poésie méditative permettant de juguler les instincts et pulsions. Huyabu s’engage à laisser la vie sauve aux deux hommes, et en retour, Guernefer jure solennellement de ne porter atteinte ni à la cause, ni à l’équipage du Commandant.

Ayant pris congé, Meera a repris ses recherches dans les bases de données enchevêtrées et cachées de la base. Son travail est cependant troublé par une alerte discrète signalant qu’on accède aux systèmes de la base de l’extérieur, pour y télécharger différentes données sur l’activité récente de la base. Meera comprend qu’on pourra y trouver les objets de ses recherches et les archives de surveillance des locaux. Puis les portes du hangar sont enclenchées, tandis qu’un des pods d’atterrissage de chasseur TIE entre en rotation. Meera enclenche une alarme pour prévenir ses compagnons, qui accourent au plus vite. Soudain, un droïde surgit de sous le pod d’atterrissage et enclenche des fusées de propulsion en direction des portes en cours d’ouverture.


Le droïde drone file au loin.

Instinctivement, Hyabu, Zayne et Alto se lancent dans une course effrénée vers le transport YT-2400, renommé « Lespi Aigle » par le Commandant sous l’impulsion d’une intuition éthylique. Les portes sont désormais suffisamment ouvertes pour laisser le droïde prendre la fuite, tandis que les coureurs commencent à s’installer à leurs postes dans le vaisseau. Hyabu initie alors un démarrage en trombe et réussit une manœuvre particulièrement intimidante pour passer en biais au travers des portes à l’ouverture laborieuse. Malgré les objets qui valdinguent dans tous les sens, Alto a déjà activé la tourelle dorsale du vaisseau et endommage le droïde, mais pas suffisamment pour entraver sa fuite. Il faut toute l’habileté de Hyabu pour coller à sa cible et offrir un angle optimal à Alto, qui abat sa cible. 

Hélas, Meera a détecté des communications entre le droïde et un maillage de satellites autour de la planète, et suggère d’intervenir au plus vite avant le déclenchement d’une communication à longue distance. Ciblant un satellite central dans le maillage, Zayne parvient à brouiller ses émissions. Lancé à une vitesse élevée, le vaisseau atteint rapidement sa cible, mais Alto ne peut le détruire seule. Laissant les commandes à Zayne, Hyabu se jette alors dans la tourelle ventrale et abat le satellite. Meera constate toutefois qu’il a pu émettre un fragment de message avant d’être détruit. Sur ses recommandations, Zayne enfile un scaphandre et va récupérer les débris de l’engin, pour y isoler ses éléments de stockage d’information.

Dès le retour du vaisseau à la base, Meera se lance dans l’interrogatoire des archives du satellite. Elle maugrée contre elle-même et sa négligence de ne pas avoir pu détecter la présence de ces drones dans la base, et de ne pas avoir dressé un pare-feu plus efficace. Le visage suant, des mèches de cheveux collés sur le front, Meera n’est plus que l’ombre d’elle-même, et son énervement va en s’accentuant à mesure qu’elle découvre les informations qui ont pu être émises : images tirées des caméras de sécurité de la base, données de recherches sur d’anciens bagnards (Cornell), visages semble-t-il repérés dans des bases de données de recherche (Meera, Hyabu), fragments de conversations enregistrées via des microphones discrets… Un message d’alerte a pu être envoyé via un astéroïde relai du secteur, qui doit ensuite expédier un droïde drone vers la planète Cona, patrie des Arconas, et située dans la bordure Extérieure… à l’entrée du secteur Kadraan. Meera déduit que ce droïde correspond à une boite aux lettres morte et qu’il doit sans doute être récupéré physiquement une fois qu’il aura atteint sa destination.

Alors que l’équipage discute de la suite à donner à cette découverte qui pourraient définitivement les inciter à rejoindre le secteur Kadraan, un message d’alerte fait irruption : il s’agit d’une procédure de vérification impériale de routine, sans doute enclenchée par un appareil en orbite. Meera fait le choix de bloquer la communication, indiquant donc une présence. Il faut se résoudre à une évacuation en urgence, qu’Alto prend en charge, faisait sortir les transporteur YT-2400 et les deux X-Wing, puis faisant charger un minimum de ravitaillement au plus vite. Pendant ce temps, Zayne récupère tant bien que mal un droïde de combat, qui est à son tour chargé à bord du transporteur. Enfin, Hyabu renvoie les deux X-Wing avec la base Nouvel Espoir, avec le Colonel Vendrix, puis il libère Eugene Guernefer et son acolyte. Guernefer remercie le Commandant pour son hospitalité, et pour lui avoir rendu tout son équipement, puis lui confie la garde de la créature noiraude - puisque cela semble l'intéresser (comme un hommage discret à l'équipage disparate désormais sous la garde Pyi?). On s’échange des vœux de bonne continuation avant que les chasseurs TIE antiques ne filent discrètement au loin.

Prêt à partir!

Meera veut tenter le maximum pour effacer tous les enregistrements de la base – voire la détruire. Elle pense tenir une possibilité en induisant une surcharge fatale des générateurs de la base. Malgré les appels désormais pressants d’Alto à rejoindre le transporteur, elle s’échine sur son terminal informatique et finit par identifier une procédure de destruction de la base – 3 minutes au compteur… Elle n’a pas le temps d’entamer son retour au vaisseau qu’un message de demande d’identification se fait déjà entendre, tandis qu’Alto repère aux senseurs une nuée de chasseurs TIE se dirigeant vers Dissidence.

C’est un nouveau départ en trombe pour « L’Espi-Aigle ». Plongeant dans le couvert nuageux entre le sommet du haut plateau et l’épaisse jungle, Hyabu tente de gagner du temps pour permettre à Meera de mettre en œuvre ses talents, et elle détecte immédiatement la trace de sortie de l’hyper-espace d’un transport Golan de chasseurs TIE. Il faut donc s’attendre à au moins une douzaine d’adversaires… Hyabu virevolte au mieux pour tenir la distance, tandis que Meera calcule un vecteur de sortie, sous le cadencement des tirs de tourelles d’Alto qui abat les chasseurs un à un avec une précision de métronome. Il faut toutefois essuyer plusieurs salves précises des pilotes impériaux, et Zayne doit passer d’un bord à l’autre du navire pour abroger une surcharge ou placer une rustine sur un éclat de coque. 

Une nuée d'ennemis...

Le vecteur est enfin chargé par Meera, et Hyabu peut faire jaillir son vaisseau à la verticale à travers les épais nuages. La course-poursuite vers la sortie de l’atmosphère est brève, et Hyabu peut enfin abattre le levier permettant un saut en hyper-espace vers la première destination identifiée par Meera, en direction du secteur Kadraan. Toutefois, son œil aiguisé n’a pas pu manquer le scan du transpondeur effectué par le transport Golan – ce navire ne sera désormais plus anonyme aux yeux des forces impériales…


Nouveau départ


Session Star Wars #50

Date : 20-Sep-2021


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui a un plan

Meera, qui déniche des informations intrigantes 

Cornell Quantarus, qui apprécie d’obtenir des réponses à ses questions

Aqualto Fudah (‘Alto’), prête à abandonner une base

Zayne Bentaroo, qui montre de l’empathie pour une pauvre créature


Lieu(x) :

Innton II, système Innton, secteur de Sluis (Colonies)



Quelques semaines plus tard…


L’Empire galactique règne sans partage.

Des planètes les plus peuplées, aux astéroïdes les plus reculés, il n’est pas un lieu dans la galaxie qui ne connaisse la domination de l’Empereur et de son âme damnée : l'infâme Seigneur Vador.

A présent, le Sénat Impérial est définitivement privé de ses anciens pouvoirs. Quant à ceux de l’empereur, ils sont sans limite. Le vieil homme semble le jouet d’une cour de moffs devenus les réels maîtres des débris de l’Ancienne République.

On parle de déportations d’espèces extraterrestres jugées inutiles, de camps de travaux forcés aux conditions inhumaines, de systèmes entiers abandonnant leur indépendance à des gouverneurs régionaux tout puissants... et des rumeurs, étouffées tant bien que mal, de massacres de masses de peuples séditieux. 

Dans l’ombre de cette oppression, les rescapés du désastre d’Alioren emmenés par le vaillant commandant Yabu cherchent des refuges, de vieilles bases abandonnées, afin de planifier leurs prochaine action : leur contre-attaque !

Cette bande de pirates, de mercenaires, ce ramassis de parjures, semblent être les derniers espoirs de liberté d’une galaxie plongée dans une tyrannie brutale.


La situation actuelle

Le colonel Vendrix, l’agent de renseignement exfiltré sur Alioren, a donné la localisation de deux bases impériales. Les deux unités de logistique qui les occupaient ont été annihilées dans un raid de la Reine Pirate il y a 10 ans. Il est détenteur de codes impériaux récents. C’est un atout très précieux.

Le Colonel Vendrix.

Le piège d’Alioren a écrasé la Rébellion. La commodore Hamild et sa navette Hammerhead ont été capturées dans un rayon tracteur par le croiseur Interdictor d’Alioren. On n’a plus aucune nouvelle de l’Agent Fulcrum (Asoka Tano). 

Asoka Tano, dite Fulcrum.

On ne sait pas ce qu’est devenu Suljo Warde. Heureusement, on pouvait compter sur la belle et courageuse Pilote/espionne Taléo pour attendre l’équipage de Hyabu au point de rendez-vous, et organiser une fuite très rapide vers Kinyen. 


La tumultueuse Taléo.


Du côté impérial : le Seigneur Vador a quitté le secteur de Borméo. Le Moff Viedt fait régner la terreur sur la route commerciale de Hybna, en menant une guerre sans pitié contre les contrebandiers. Le Moff Siénar assoit un pouvoir pacifié dans le secteur Borméo. Anté Kathova et ses alliées devraient être sur Coruscant, l’Holocron semble bien loin à présent…


Base Nouvel Espoir

Le reste de la chasse rebelle :

• 1 Transport d’escorte modifié de type Quasar Fire, le NOVA ONE. Commandé par le Technicien Nerg Mansk. 

• 7 prototypes Chasseurs de tête Z-95 AF4-H en cours de modification. Commandés par Rod Damiani, ex-pilote de courses de pod.

• 15 ailes X, escadron rouge. Très endommagés, et commandés par Porkins Jens dit « Porky ».

• 6 ailes Y, dépareillés. Mal armés. Pas très bien pilotés. Le leader semble être un tandorien au nom imprononçable « Stviak ». 

• 2 bombardiers lourds Tempest H-60. Non armés. Pas de pilotes et transportés dans le transport d’escorte.



L’équipage du Commandant Hyabu s’est mis au vert quelques semaines sur une planète agricole policée du secteur des Colonies, comme escorte du Colonel Vendrix, et ce après un arrêt à la base Nouvel Espoir, dans la bordure extérieure (amas de Trilog, secteur Sumitra). Le Commandant y a pris le contrôle d’un transport léger YT-2400 et peut compter sur le support de deux X-Wing.

La petite escouade est bien décidée à explorer le secteur Sluis pour évaluer une base impérial abandonnée sur Innton II – d’après les informations du Colonel Vendrix. Chaudement vêtus et équipés de masques respiratoires, les membres de l’équipage ont entrepris durant 3 jours la montée vers l’entrée de la base Dissidence, située sur le sommet d’un haut plateau de sable rouge et parsemé de plaques de neige. La base semble déserte, les lourdes portes blindées fermées, et comme surveillée par une géante gazeuse en surplomb dans le ciel. Tout en bas, l’équipe a délaissé ses vaisseaux camouflés dans une jungle épaisse. 

Dans le sifflement du vent, le souffle un peu court, Alto est prise d’un vertige qui la fige un instant. Des couloirs larges, décorés de statues de marbre… Une chanson entrainante et joyeuse dans la tête… Pourtant, quelqu’un est mort, et cette musique semble indécente dans les circonstances… Et qui est ce vieil homme rassurant qui lui demande des conseils sur la marche à suivre ?

Sortant de sa torpeur, Alto découvre ses compagnons devant la console de contrôle de la porte blindée. Vendrix en détient évidemment le code d’accès, permettant à tous de découvrir un immense hangar où pourraient loger leurs vaisseaux, ainsi qu’une escadrille de chasseurs TIE. D’ailleurs, deux chasseurs TIE âgés se trouvent encore dans le hangar, protégé par une batterie turbolaser active – quelqu’un, ici ? S’habituant à la pénombre, le groupe devine en effet de la lumière provenant du fond du hangar, par-delà une grande verrière surplombant leur position – sans doute le centre de commandement de la base abandonnée. 

Les vieux réflexes prennent le dessus. Hyabu et Meera fondent sur les chasseurs TIE. Dans le premier, un mug de café au contenu déjà froid, des dessins d’enfant et une photo de famille collée sur la paroi du cockpit. Dans le second, pas de décoration, seul un fusil laser antique et quelques affaires empaquetées dans un luxueux sac de cuir. Par précaution, Meera lance des maintenances informatiques pour « occuper » les appareils quelques temps. Puis elle fouille dans la mémoire des appareils pour y dégotter les plans de vol récent, découvrant qu’ils proviennent d’une base impériale locale située à environ 6h de vol.

Pendant ce temps, Cornell, Zayne et Alto progressent dans la base en évitant et détournant au mieux les caméras de sécurité, pour enfin atteindre le local technique illuminé où s’affaire un droïde de logistique occupé à gérer des enregistrements de données. Au-delà, deux voix semblent échanger sur une vidéo en cours en visionnage, générant parfois des éclats de rire. Ces voix proviennent de deux personnages intrigants, postés dans la cafétéria de la base, et accompagnés d’une créature simiesque à la peau sombre, courte sur patte, tenue en laisse, et encombrée par un lourd paquetage dorsal. Le premier homme, à la corpulence rondouillarde, est affublé d’un ensemble de vêtements évoquant une tenue d’explorateur d’un autre temps. Le second, plus âgé semble-t-il, présente un aspect à la fois plus élégant et plus martial, avec un grand sabre énergétique au côté. Tous deux sont occupés à suivre et commenter un enregistrement vidéo. Un pistolet blaster incroyablement façonné est déposé sur une table à l’écart.

Surgissant par surprise, Cornell tient en joue le groupe, avec le soutien de ses comparses. L’homme âgé prend un teint rouge et dévoile des sortes de branchies sur les côtés de son cou. Il semble intérieurement furieux de s’être laissé prendre au piège avec tant de facilité, et doit se démettre de son sabre et d’un étrange boitier qu’il décrit comme étant un explosif puissant. La créature noirâtre est ouvertement apeurée, mais Zayne s’approche avec douceur pour le rassurer en l’amadouant avec un peu de nourriture hyper-processée. Questionné, l’homme rondouillard affirme être un scientifique travaillant sur la faune locale. D’abord confus et empêtré dans ses dénégations mensongères, l’homme âgé fini par céder aux questions pressantes de Cornell et indique s’appeler Eugene Guernefer. 

Sur ces entrefaites, le Commandant Hyabu fait son entrée dans la cafétéria. Après les présentations d’usage, Hyabu annonce être un chef rebelle non soumis à l’autorité impériale. Voilà qui suscite à la fois le mépris et l’admiration d’Eugene Guernefer, qui admet être soumis à l’Empire mais estimer également le courage dont fait preuve le groupe. Confirmant son activité scientifique, Guernefer explique étudier les races extraterrestres du secteur, et notamment celle à laquelle appartient leur animal de compagnie et dont la vidéo en cours de visionnage montre des congénères soumis à des expériences comportementales de la part de scientifiques impériaux. Commentant la vidéo, Guernefer précise que cette espèce était effectivement un sujet d’étude de cette base il y a plusieurs années, d’où leur présence aujourd’hui pour accéder à ces archives. Visionnant la vidéo, l’équipage est troublé par le matériel technique de haut niveau, rappelant l’équipement vu dans les laboratoires de Chandritech, sur la colonie de Gandanta… Dissidence serait-elle une ancienne base du Premier Ordre ?

Après avoir énoncé quelques excuses protocolaires, Hyabu ordonne qu’on enferme Guernefer et son factotum dans une cellule, pendant que l’on réfléchira à leur cas. A vrai dire, Vendrix est partisan d’une solution définitive à leur encontre, mais la majeure partie de l’équipage refuse cette éventualité pour le moment. Seul Cornell semble l’envisager, car la présence d’intrus cautionne de beaucoup l’éventualité d’un recyclage de cette base au profit de la Rébellion. Alto est d’accord, et en conclue donc qu’il vaudrait mieux quitter l’endroit dès maintenant. Mais Hyabu a d‘autres plans pour Guernefer – un potentiel allié de valeur dans ce secteur...

Comme toujours portée sur les beaux artefacts anciens, Meera porte son attention sur l’étonnant blaster antique. C’est ouvertement une vieille arme de famille, à la technologie non-identifiée. Étrange arme en effet, qui ne présente pas de charge amovible. Pour Hyabu, il s’agit presque d’un jouet certes beau mais inutile. Après quelques instants, Meera fait l’hypothèse que cette arme pourrait tirer son énergie de son porteur, mais pour une raison qui lui échappe, Hyabu ne peut en faire usage. Par contre, Cornell fait un test concluant, générant un faisceau énergétique puissant qui pulvérise un rocher à l’extérieur de la base. S’agirait-il d’une ancienne technologie liée à l’usage de la Force… ?

Alto a rejoint le Colonel Vendrix au poste de commandement pour y entamer une inspection de routine. Personne ne semble avoir mis les pieds dans cette base depuis au moins deux ans – si ce n’est Guernefer et son accompagnateur. Toutefois, Alto doit admettre rapidement ses limites techniques et fait appel à Meera pour fouiller plus en avant les archives informatiques de la base, en passant différents niveaux de sécurité. Le registre d’activité est organisé de manière similaire à celui de la base de Chandritech. Meera y découvre une liste impressionnante de matériel et de données techniques ayant transité ici de manière discrète, avant un envoi vers le secteur Kadraan du Pacha Yunkaï… C’est une très haute densité de matériel et de navires qui est passé par Dissidence, du matériel expérimental de haute technologie ayant été assemblé ou rassemblé ici avant expédition. D’ailleurs, en creusant un peu plus, Meera comprend que Dissidence n’était pas le seul endroit avec ce type d’activité « cachée ». De vieux codes d’accès vers le secteur Kadraan sont d’ailleurs toujours disponibles…

Le groupe est désormais face à un dilemme. Tout à son intention de faire adhérer Guernefer à sa cause, Hyabu ignore les mises en garde de Cornell et Alto sur l’usage potentiel de Dissidence et la sécurisation désormais impossible de la base. D’ailleurs, ne faudrait-il pas porter leur attention sur la piste de l’arme indiquée par Mon Mothma, et dont le lien supposé avec le Premier Ordre se renforce encore après les dernières découvertes de Meera ? Le pilot emprisonné dans les prisons du Pacha et a priori capable de guider un vaisseau vers le site de l’arme en question est-il encore en vie ?



mercredi 15 septembre 2021

Qui a tué Lord Ulbrinter?


 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 

Tengrim Copperplate, Le nain qui ressent le dédale des souterrains sous la ville

 

Kri Shanu, Le moine qui mène l’enquête au grand jour

 

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui doute que les choses soient aussi simples qu’elles apparaissent

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui sait ménager la susceptibilité des autorités

 

 

Les héros reprennent l’enquête sur la mort de Lord Ulbrinter en se rendant sur les lieux du drame. La vie trépidante des rues d’Eauprofonde a repris son cours et a presque déjà fait disparaître toute trace du drame. Heureusement la réputation des aventuriers les a précédés et la foule de curieux qui s’attroupe autour des célèbres héros du nord attire à eux tous les témoins qui se font une joie de leur relater dans les moindres détails le tragique accident. Lord Ulbrinter sortait d’un pas pressé d’une ruelle perpendiculaire à l’avenue quand une calèche le faucha à pleine vitesse, traînant son corps jusque devant l’échoppe d’un cordonnier avant que le cheval fou n’entraine l’attelage à l’autre bout de la ville, ne s’arrêtant qu’une fois complètement épuisé.

L’impasse de laquelle a émergé Ulbrinter ne donne que sur des arrière-cours où les cordes à linges surplombent les ordures que les aubergistes du quartier y déposent.

Aucun d’eux n’a vu Lord Ulbrinter parmi leurs clients ce jour-là et il n’y a aucune raison pour qu’il se soit embarqué dans une traversée compliquée faite d’escalade de clôtures et de pataugeage dans la boue alors qu’une rue parallèle lui aurait permis de faire le même chemin sans encombre à peine quelques mètres plus loin.


Les rues d'Eauprofonde


La piste les mène ensuite vers la compagnie de fiacres impliquée dans l’accident. Son propriétaire est catastrophé d’être impliqué dans la mort d’un aristocrate aussi renommé que Lord Ulbrinter Il craint que la justice ne le désigne comme coupable et le conduise à la ruine. Les héros le rassurent en lui faisant comprendre qu’ils pensent qu’il est lui aussi la victime du complot qui a coûté la vie à leur ami. Le cocher demi-orc qui conduisait la calèche ce jour-là ne sait pas quelle mouche a piqué son cheval qui s’est toujours montré placide dans la frénésie des boulevards aquafondais. Il venait de déposer une veuve chez elle et avait du quitter les rênes pour aider la vieille dame à descendre, ce qui l’a empêché de calmer l’animal quand celui-ci a rué. Il ne l’a retrouvé que plusieurs heures plus tard, l’écume au lèvres et tout boiteux. Ildur s’intéresse de plus près à la blessure de l’animal. Il constate qu’il ne s’est pas abîmé la patte dans sa cavalcade mais que la coupure a été faite par un poinçon sûrement couvert d’un poison virulent vu l’aspect des bords de la plaie. C’est la douleur intense causée par la substance qui a causé son emballement et qui explique qu’il ait mis tant de temps à s’arrêter.

Sûrs désormais qu’ils ont la preuve qu’il ne s’agit pas d’un accident, les héros se présentent au poste des vigiles du quartier chargés de l’enquête pour faire part de leurs découvertes. Un halfling replet un peu boudiné dans son uniforme les y accueille avec enthousiasme. Lui aussi a entendu parler de leurs exploits et il les assaille de questions sur leur sauvetage d’Elturel les yeux emplis d’admiration. Le lieutenant en charge du dossier est en revanche beaucoup moins ravi de les voir débarquer de nulle part pour remettre ainsi en cause son travail.


Les vigiles


D’autant plus que celui-ci a été mené avec une rigueur exemplaire. Le ton mesuré de Rka parvient vite à effacer la vexation du vigile et à le convaincre que les héros ne cherchent rien d’autre qu’à s’assurer que justice sera bien rendue par égard pour la veuve de Lord Ulbrinter.   Le lieutenant accepte de leur faire la faveur de les laisser lire son rapport. Toutes les preuves que les aventuriers pensaient avoir découvert en premier y sont consignées en détail et semblent désigner un règlement de comptes entre cochers concurrents dont Lord Ulbrinter n’aurait été que la victime collatérale. Il y a pourtant quelque chose qui chiffonne Tengrim dans la description minutieuse du corps tel qu’il a été trouvé. Le terrible choc qui a réduit son crâne en bouillie n’a laissé qu’une minuscule marre de sang aux alentours. Le nain a déjà vu ce genre de blessures sur le champ de bataille et il sait que la rue aurait du être maculée dans des proportions bien plus importantes que le minutieux enquêteur n’aurait sûrement pas omis de préciser dans sa description. D’après le nain, il n’y a qu’une seule explication, Lord Ulbrinter a été tué bien avant de se faire renverser par la calèche et l’accident n’est qu’une mise en scène pour dissimuler son assassinat.

 

Les héros viennent faire part de leurs découvertes à Remalia dont la peine semble soudain moins lourde à porter grâce à l’espoir de faire payer les assassins de son époux. Ses soupçons se portent principalement sur Albrecht Gant et ses fils dont ses amis ont surveillé les allées et venues à la demande des aventuriers. Le vieil aristocrate suit comme à son habitude son irréprochable routine, alternant les rendez-vous d’affaire et les visites au Temple de Siamorphe pour préparer sa prochaine grande réception où tout le gotha viendra se montrer dans les jardins de son palais tandis que quelques dizaines de chanceux issus des plus misérables journaliers des faubourgs auront l’honneur de bénéficier de la charité du grand homme qui leur fera don des restes du banquets qu’ils pourront déguster en compagnie des domestiques. Amrik, le fils cadet, se livre quant à lui à une activité moins reluisante, que son père peut désapprouver aussi publiquement qu’officieusement. 


Amrik


Il pratique en effet l’usure depuis un bateau converti en taverne sur le port, la Lanterne Flottante. Toujours flanqué de Hrabbaz, son garde du corps demi-orc, il y reçoit ses débiteurs à qui il prête de l’argent à des taux officiellement honorables mais dont les dettes s’accompagnent de contreparties en nature de bien plus grande valeur qui offrent à Amrik un réseau d’influence tentaculaire à travers toute la ville et même au-delà, tout en bénéficiant d’une impunité totale vis-à-vis de la loi.

A l’inverse, Thurstwell, l’ainé et héritier présomptif de la fortune familiale, ne quitte pas le manoir somptueux que les Gant possèdent en plein cœur du quartier maritime qui surplombe la ville du haut des falaises. Discret, intelligent, doué pour les affaires, Thurstwell aurait déjà pu prendre la succession de son père s’il n’avait pas un terrible point faible. Il a contracté une irrésistible addiction au Ziran, une drogue concoctée à partir de champignons qui ne poussent que dans l’outreterre. La substance est pratiquement introuvable à la surface mais on murmure qu’on peut s’en procurer à Skullport, l’enclave interlope cachée au cœur de Montprofond où se retrouvent tous les pires malandrins de la côte pour mener leurs affaires louches à l’abri du regard des autorités d’Eaurpofonde. 


Thurstwell


Les aventuriers soupçonnent donc qu’il a un moyen discret de rejoindre les profondeurs depuis la luxueuse demeure dont il ne sort quasiment jamais. Une exploration minutieuse des égouts qui la jouxtent ne fait que confirmer que ce n’est pas par là qu’il passe. La guilde des égoutiers y passe trop régulièrement pour entretenir les canalisations et un passage secret y serait trop vite découvert. Pourtant Tengrim sent sous ses pieds les souterrains du donjon d’Halaster qui quadrillent le sous-sol du quartier et son instinct de nain est formel, il y a forcément un accès direct entre le manoir et Montprofond. Mais pour le trouver il leur faudrait y descendre par des chemins moins balisés, soit en dénichant un guide à la solde du Xanathar dans les tavernes louches du quartier des docks, soit en tentant de s’y aventurer par eux-mêmes à partir du puits qui y plonge depuis la fameuse taverne du Portail Béant.

samedi 11 septembre 2021

Bouquet final


Session Star Wars #49

Date : 12-Oct-2020


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui se sent trahi

Meera, qui en dévoile plus qu’elle n’aurait souhaité

Cornell Quantarus, dont l’intuition sauve une vie chère à tous

Aqualto Fudah (‘Alto’), qui retrouve une très ancienne connaissance

Zayne Bentaroo, qui fait enrager un adversaire coriace 


Lieu(x) :

Planète Alioren, secteur de Bormeo


Malgré l’ambiance a priori festive du Bal d’Alioren, la sourde présence de l’Inquisiteur Galen envahi l’atmosphère du dôme géant – du moins pour celles et ceux qui peuvent la ressentir. L’équipage du Commandant Hyabu est désormais prêt. En position à l’entrée du stand de propagande impériale, Meera et Cornell surveillent la progression du Colonel Vendrix vers le point de rendez-vous, et soufflent de frustration en voyant sa marche entravée par un vieil officier et sa femme replète, qui l’alpaguent d’un air enjoué. Dans les casques de Stormtrooper, Alto et Meera entendent maintenant des appels lancés à des escouades pour gérer un « problème dans le secteur 2 » – là où se situent les systèmes vitaux de la base, sous le dôme – et bientôt des bruits de combats mêlés aux vrombissements typiques d’un sabre laser se font entendre dans les comlinks impériaux.

Il faut agir rapidement. Sous son uniforme du Lieutenant Bengo, Cornell se lance dans la salle pour dégager Vendrix de sa gluante compagnie, lui déclarant d’un air sibyllin que « tout est sous contrôle ». Le colonel peut le suivre d’un pas rapide vers le stand pour y retrouver tout l’équipage. Un échange d’uniforme a lieu, pour rendre autant anonyme que possible l’officier impérial renégat – et laisser derrière le groupe des restes qui pourront peut-être attester de sa tragique disparition suite aux explosifs évènements à venir. Chacun prend son poste : Alto et Zayne entament la découpe du sol, Clark Dass et Fenwep Vedjsont disposent et activent leurs charges, tandis que Hyabu, Meera et Cornell se concentrent pour protéger le reste de l’escouade rebelle « au cas où ». Grand bien leur a pris, car Galen semble avoir senti dans l’air ce qui se trame, intimant l’ordre à un groupe de Stormtroopers de le suivre d’un pas tonique vers le stand. A-t-il repéré la présence d’Alto, avec qui il avait engagé un bref combat sur Kashyyyk ? Cette dernière doit en tout cas mobiliser tout son sang-froid pour repousser un accès de terreur brute qui lui semblait personnellement adressé…


Stands sous le Dôme d'Alioren.


Un mot de Meera suffit et le plan de diversion se met instantanément en route. Des fumigènes sont lancés allègrement aux alentours, tandis que le stand commence à essuyer un déferlement de tirs imprécis, auxquels répondent le barrage de Hyabu, Meera et Cornell. Malgré l’épaisse fumée qui transforme en ombres toutes les silhouettes paniquées des visiteurs du Dôme, le contrebandier parvient à sérieusement endommager l’armure de Galen, qui doit s’appuyer un bref instant sur l’épaule d’un soldat impérial, comme surpris par ce qui vient de lui arriver, avant de poursuivre sa route. Son chemin est à nouveau entravé par l’arc vicieux de Meera, dont le tir est dévié par le sabre laser de l’Inquisiteur de plus en plus furieux par l’opposition qui lui fait face et l’envahissante brume dans laquelle ses adversaires se dérobent.


Autour du stand ComPORN impérial


Le bloc de béton du sol cède enfin au découpage en règle opéré depuis quelques minutes par Alto et Zayne, et toute la troupe peut enfin s’engager en rappel dans la pénombre du sous-sol. Couvrant la fuite de Clark et Fenwep, Zayne ne suit pas le groupe pour sciemment bloquer le passage à Galen, qui le provoque en duel. Jouant la montre, le jeune padawan prend une posture défensive qui déclenche la rage de l’Inquisiteur. A sa grande surprise, Galen entend Zayne hurler un « Maintenant ! » et ne peut que constater que son adversaire se projette alors de manière surhumaine à travers la pièce sur des dizaines de mètres, en direction des ascenseurs. Cachée dans un recoin du sous-sol, Meera presse le détonateur qui déclenche la gigantesque explosion du stand impérial. Abasourdi, Galen se retrouve au sol dans les restes de sa cape brûlée, avant de réaliser que Zayne est déjà dans un ascenseur dont les portes se ferment. Réagissant alors immédiatement, l’Inquisiteur use de la Force pour lancer une caisse entre les portes de l’ascenseur, mais les pouvoirs de Zayne lui permettent de la bloquer au dernier moment. Les portes se referment et permettent à Zayne de filer vers les niveaux inférieurs, tandis que le fracas de la caisse s’écrasant contre les portes couvre à peine le hurlement de dépit de Galen.

Duel au sommet


Mais une horde de Stormtroopers s’est déjà lancée à la poursuite des fuyards, oubliant de fouiller la grande salle abandonnée – et passablement endommagée par la chute de son plafond – où se cache Meera. Se fiant aux vieux plans préalablement étudiés, le groupe se dirige en toute hâte vers le tarmac de la base, en empruntant un dédale de couloirs abandonnées, d’escaliers à peine éclairés par la lumière blanchâtre du sabre d’Alto et de gaines techniques oubliées – métaphore quasiment métaphysique du long cheminement tortueux et alambiqué du l’équipage depuis ces derniers mois. Inutile de se fondre dans la masse avec leurs uniformes impériaux : la couverture est grillée, si on en croit les messages échangés sur le canal général des casques impériaux. Dans ce cas, il n’y a plus de gêne à avoir : Hyabu lance un détonateur thermique dans l’escalier, histoire de clore définitivement tout débat avec leurs éventuels poursuivants. 

Dans les entrailles du Dôme


Enfin, Cornell peut dégager un sas d’accès au tarmac, pour découvrir que la base elle-même semble devoir se défendre contre une attaque, à en croire les tirs de turbolasers vers l’espace. Le groupe est immédiatement sorti de sa torpeur contemplatrice par la Toygruta de la vision d’Alto – Fulcrum ! –, accompagnée par un vieux droïde Astromech, et tenant fermement deux sabres laser blancs. Elle se détend en voyant Alto, range ses armes, attrape l’épaule de la jeune Mirialan – qui semble plongée dans un état second – et lui lance « C’est bon de te revoir ! ». Avant même qu’Alto ne puisse lui balbutier des questions pressantes, Fulcrum intime l’ordre à l’ensemble du groupe – que Zayne a rattrapé –de la suivre vers son navire, le « Twillight ». D’un commun accord, les deux artificiers rebelles Clark et Fenwep montent déjà à bord du vaisseau, à l’entrée duquel se tient le second de Fulcrum – un xéno au pelage bleu et à l’air revêche, maugréant contre cette « mission taxi ». Avant de monter à son tour, Fulcrum confie à Hyabu son second navire, un pathfinder nommé « Le Vaillant », ainsi que Chopper, son droïde Astromech. Charge au Commandant de convoyer le Colonel Vendrix au point de rendez-vous, tandis qu’elle ira sur le navire de la Reine Pirate récupérer « l’arme ». Parle-t-elle de la sonde clone ? de Suljo Warde ? d’autre chose ? Sous la canonnade ambiante, le temps manque hélas pour en savoir plus, mais Fulcrum jure à Alto que viendra plus tard un temps pour les questions et les réponses. 

Dans les profondeurs de la base, Meera doit retrouver seule le reste de son équipage. Se fiant à sa mémoire infaillible, la Chiss a pu rejoindre un de ses couloirs de service donnant accès aux innombrables vestiaires de la coursive d’accès du tarmac. Comme connecté à elle par un lien télépathique ténu, Cornell a, l’espace d’un instant, la fugace vision de Meera émergeant derrière les gigantesques verrières de la coursive que tout l’équipage a empruntée à son arrivée, tandis que « Le Vaillant » entame sa procédure de décollage. Meera a maintenant enlevé son armure pour revêtir une robe rose assortie à un court manteau froufroutant. Rassurée, elle peut s’engager dans la coursive mais constate avec déplaisir que la foule paniquée qui s’y presse est filtrée par un barrage de soldats vindicatifs. Sur un ton trahissant le stress de la troupe, des ordres sont aboyés pour que humains et xénos se répartissent sur deux files, et que tous les couvre-chefs soient ôtés. A son tour, Meera se fait la réflexion que les choses sont en train de se complexifier pour son cas, d’autant plus que toute retraite est désormais inutile, à en croire les soldats qui ont entamés une fouille minutieuse des vestiaires. 

C’est un Galen de fort mauvaise humeur qui rejoint désormais l’extrémité de la coursive, pour hurler sur les Stromtroopers pétrifiés qu’on lui amène tout ce qui a une peau de couleur bleue ou verte, et les petits xénos volants… Sa voix s’éteint lorsque son regard se pose sur la Chiss – qui recule pour s’adosser à la verrière. Un sourire carnassier se dessine sur le visage du jeune homme : cette fois, l’Inquisiteur ne laissera pas sa proie s’échapper. Manipulant les flux de Force environnants, il saisit Meera et l’attire à lui de manière irrépressible, pour finalement la menacer de son sabre laser crépitant, l’œil mauvais. En voilà au moins déjà une qu’il pourra définitivement rayer de la liste des empêcheurs de tourner en rond qui lui empoisonnent la vie depuis plusieurs semaines.

Suivant les indications de Cornell, « Le Vaillant » apparaît brusquement derrière la verrière, le sas d’accès grand ouvert, Zayne se tenant devant ses compagnons pour récupérer Meera. Mais pour une fois, Galen ne se laisse pas surprendre et il n’a aucune hésitation lorsqu’il abat son sabre à travers le torse de la Chiss – soutirant des hurlements au reste de l’équipage. Mais son sabre ne fait que traverser des organes qui n’existent pas, et Galen reste figé, comme désarçonné par l’absence de réaction tangible de Meera. La repoussant comme un vulgaire pantin, il scrute la large blessure qu’il lui a occasionné, et les connectiques électroniques et autres jets de liquide verdâtre qui s’en échappent de manière obscène – une androïde, qui plus est très sophistiquée ! L’espace d’un instant, l’incompréhension qui se lit sur le visage de Galen fige le temps, que l’équipage du Commandant Hyabu met immédiatement à profit pour tirer leur précieuse camarade de ce très mauvais pas.

En poste sur la tourelle de canons lasers, Alto détruit sans état d’âme la verrière, exposant tous les occupants aux gaz toxiques de l’atmosphère industrielle d’Alioren. Toujours au sol, Meera en profite pour simultanément déclencher une surcharge de son bras mécanique, qui s’ouvre telle un bouquet de fleurs mécaniques et rougeoyantes provenant d’un autre monde, pour finir par projeter tous ses adversaires au loin. D’un pas leste, elle s’élance alors dans le vide en direction du vaisseau, tandis que Zayne active ses pouvoirs pour l’attirer à elle, la récupérant au dernier moment d’une manœuvre habile. C’est jeu d’enfant pour Hyabu désormais, l’équipage est au complet et prêt à prendre la poudre d’escampette vers la prochaine destination que lui indiquera le droïde Chopper. Le vaisseau est déjà loin quand Galen reboutonne sa veste d’un air sombre et résigné.


Fuite de l'inhospitalière Alioren


Alto a déjà quitté son poste pour envelopper Meera dans sa couverture fétiche, celle dont elle se revêt au petit matin quand Meera leur prépare deux tasses de thé. Le bras tremblant, le corps barbouillé d’éclats et de liquides incongrus, la blessée – autant physiquement que psychiquement – laisse éclater sa colère contre elle-même, comme humiliée par un échec personnel majeur. A la fois soulagée de voir Meera fidèle à elle-même et sonnée par ce qui vient de se jouer, Alto rejoint le reste de l’équipage, qui évalue nerveusement la situation. A vrai dire, les choses se présentent mal : un massif combat spatial est à son paroxysme. Le croiseur Venator de la Reine Pirate subit les assauts farouches d’une horde de chasseurs TIE et d’un Destroyer, qui ont déjà abattu un cuirassé Hammerhead, en chute libre vers Alioren. Plus loin, une frégate corellienne et son escorte s’attaquent de manière désespérée à un croiseur, isolé du reste de la flotte impériale, bizarrement en retrait autour d’un étrange destroyer non-identifiable. 


Assaut sur le navire de la Reine Pirate


Suivant dans son imagination la trace du « Twillight » vers le Venator, Alto propose de suivre Fulcrum pour profiter de l’occasion et sauver Suljo Warde. Prenant énormément sur lui, Zayne décline cette option, arguant que l’équipage a une autre mission à remplir et que le moment n’est pas aux actions d’éclat – quand bien même se serait la vie de son père qui serait en jeu. Concluant les débats, Hyabu ne peut que lancer un « On dégage, les Jedis ! », d’un air peiné. Chacun sent bien que le vieux Maître emprisonné vit sans doute là ses derniers instants, piégé dans le Venator que la Reine Pirate a en toute connaissance de cause plongé dans une embuscade mortelle. Déjà, Chopper injecte les coordonnées du point de rendez-vous dans le navordinateur, mais Meera rejoint le cockpit en déclarant que « ce n’est pas un travail pour un droïde ! ». 

Entre temps, le Commandant Hyabu s’est connecté aux communications rebelles et prête une oreille attentive aux échanges entre les différents combattants. Leader Or annonce un arrêt de l’attaque pour se replier, mais la vieille Mary donne un contrordre cinglant, relevant le chef d’escadrille de ses fonctions en pleine bataille ! C’est est trop pour le Commandant Hyabu. D’une voix de stentor, il ordonne un regroupement dans son sillage des restes de la chasse rebelle et prend la tête de ceux voulant rompre l’assaut, pour sauver ce qui peut encore l’être. Mais l’emprise de la Reine Pirate doit encore être puissante, et il ne peut lancer un mouvement d’ampleur. Toutefois, intrigué par l’inquiétant croiseur non-identifié – on apprendra plus tard qu’il s’agit d’un navire de classe Interdictor – et par la tactique suggérant un artifice bloquant la fuite de la flotte rebelle, Hyabu ordonne de le torpiller à outrance, tandis que Meera transmet des vecteurs d’attaque optimaux.


"Le Vaillant" à la manoeuvre 


Le sentiment du devoir accompli, Hyabu s’écarte de la zone des combats et se prépare à son saut pour exfiltrer le Colonel Vendrix. Au loin, le Destroyer engagé par le Venator est en perdition, mais le navire de la Reine Pirate est également très sérieusement amoché. Alors que la situation ne semble pas encore désespérée pour le navire amiral rebelle, un énorme croiseur de combat Vindicator surgit brusquement de l’hyperespace et engage immédiatement la Reine Pirate : le Seigneur Vador passe personnellement à l’action… Le Venator se lance alors dans une manœuvre d’échappement, qui semble fonctionner à en croire la distance qui accroît entre les deux navires, mais quelque chose semble clocher lorsqu’il faut passer l’Interdictor… bientôt, quelques petits vaisseaux quittent le Venator. Quelques secondes plus tard, l’équipage ne peut que constater, sous le choc, l’explosion de ce qui fut le fleuron de la flotte rebelle dans cette zone de la Galaxie, avant que Hyabu ne lance le saut en hyperespace.


Dernière vision du Venator


Alors que la tension retombe enfin d’un cran parmi l’équipage, Meera souffre ouvertement et sa respiration mécanique, sifflante, renforce le malaise de Hyabu. On lit dans son regard un trouble, mélange de tristesse et de ressentiment face à ce qu’il vit peut-être comme une trahison personnelle. Mais rien ne sera échangé entre les deux anciens amants. Tandis que Zayne lui injecte un stimpack en premier secours, Meera est désormais plongée dans son esprit. Elle seule peut entendre des notes de musiques, des notes et la voix du Pacha Yunkaï, qui lui hurle de se concentrer sur son clavier...