mardi 30 juin 2020

Exaan


Session Star Wars #45

Date : 16-Jun-2020

Avec :
Le Commandant Hyabu, qui doit accepter un marché dangereux
Meera, convalescente après une maladie éprouvante
Cornell Quantarus, dont les talents cachés et les paroles sucrées sauvent le groupe
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui fait un serment
Zayne Bentaroo, qui découvre un pan de son passé

Lieu(x) :
Jagomir, secteur Esstran
Système de la Nébuleuse Fantôme, système de Umbaria


Traversant l’épais couvert nuageux de Jagomir, le « Sang du Renégat », croiseur léger consulaire « Hammerhead » lourdement modifié et armé, fait enfin son apparition ! Il est escorté par un étrange chasseur TIE modifié qui file rapidement vers la zone des Cascades Scintillantes, tandis que le croiseur et un bombardier Y-Wing se posent au sein de la base. Le Commandant – par interim – Hyabu a improvisé un comité d’accueil sommaire pour le Commodore Hamild, qui surgit bien vite après l’atterrissage.

Le croiseur 'Hammerhead' du Commodore Hamild.

Le Commodore Hamild est bien entendu… une femme, comme toutes les personnes de confiance de l’entourage de la Reine Pirate. Masquée, portant une tenue de cuir rehaussée d’une veste au col haut, Hamild est assez menue. Dès que Hyabu se presse à sa rencontre, elle ouvre son casque, révélant une foisonnante chevelure blonde et un visage poupin, quoiqu’un peu grassouillet, qui trahit sa relative jeunesse. Sa première mesure une fois le pied à terre consiste à s’allumer un énorme cigare qu’elle cale entre ses deux mâchoires édentées, puis elle aboie des ordres de sa voix cassée pour faire initier au plus vite le chargement du reclon à bord de son navire.

Hyabu et son équipe sont enfin invités à monter à bord du croiseur. C’est le désordre absolu dans ce vaisseau ! D’invraisemblables enchevêtrements de câbles rivalisent avec des zones de condensation et autres des fuites de gaz, toutes ignorées avec un total détachement par les rares membres d’équipage encore à bord. Mais tout cela contraste singulièrement avec l’accumulation de trésors pillés dans toute la galaxie et entreposées anti-méthodiquement dans un bric-à-brac total. Visiblement, ce croiseur volé à l’Empire est désormais le quartier général de pillards de l’espace. Le contraste est donc d’autant plus saisissant lorsque Hamild fait entrer le groupe dans un salon entièrement blanc et d’un modernisme absolu, qui semble avoir été arraché d’un autre environnement pour être inséré dans le « Sang du Renégat ».

Le groupe peut à loisir imiter Hamild et se vautrer dans de confortables sièges, sous la surveillance de ce qui semble être son second, Mock le Gamoréen. Un droïde impérial de service, tremblant, sert des boissons rafraichissantes pour faire oublier l’épaisse moiteur de Jagomir. Hyabu profite de l’occasion pour présenter son équipage et renseigner le Commodore ce qui a été appris auprès des agentes du BRI de la base des Cascades Scintillantes. Alto et Zayne demandent enfin à rencontrer le conseiller de la Reine Pirate, mais cette évocation semble un instant faire tressaillir Hamild. En fin de compte, Hamild songe à séparer le groupe. Ne faudrait-il pas confier définitivement la responsabilité de la base de Jagomir à ce Commandant Hyabu qui a fait preuve de ses talents à plusieurs reprises récemment ? Et peut-être y laisser aussi Cornell, depuis que l’on sait qu’un certain Chad Quantarus a établi un blocus impérial sur Alderande… ? Zayne doit exposer la volonté de retrouver Suljo Warde et exposer son sabre-laser pour finir de convaincre Hamild que séparer l’équipage n’est pas une option acceptable.

L'entrée du salon blanc du "Sang du Renégat".

Mais les ingénieurs de la base Fortitude sont déjà à pied d’œuvre et la récupération de la cargaison de reclon avance à grands pas. Il est donc temps de se préparer à lever l’ancre, et chacun s’active pour récupérer ses maigres affaires. Le médecin de bord du croiseur mène une vérification de l’état de santé de chacun, et la seule apparence d’Alto suffit à lui faire décréter une quarantaine d’office à l’ensemble du groupe. Dans l’infirmerie, le groupe peut apprécier le décollage du croiseur qui se retrouve bien vite dans le noir sidéral absolu – si ce n'était la petite étoile lointaine du système de Jagomir. Puis c’est bientôt le passage en hyper-espace.

Le médecin de bord est sidéré par la quantité de maux de Jagomir qui affectent le groupe : ici, Meera contaminé par un mal de rouille, là Hyabu et la nidification de créatures non-identifiées dans son bras, enfin une accumulation de blessures d’origine animale sur le corps d’Alto… Il faut toute la science des cuves à bacta de la planète Tiffena pour remettre cette dernière sur pied, tandis que le reste du groupe doit subir qui des injections, qui des prélèvements. Est-ce toutefois l’évocation de Tiffena, planète d’origine du pacha Yunkaï… ? L’état de Meera se dégrade pendant le voyage et une forte fièvre la pousse dans un état de faiblesse végétative très inhabituel. Épargné par les maux de Jagomir, Cornell prend à cœur son rôle de chaperon avec la Chiss, épongeant son front baigné de sueur et susurrant des mots de réconfort. L’abandon de Meera aux bons soins de Cornell se transforme toutefois en dureté pleine de reproches – peut-être envers elle-même ? – à la sortie de sa torpeur.

Cuve à bacta de la station médicale.

Les soins du docteur ont été pleinement efficaces et le groupe se retrouve avec plaisir avant de quitter l’infirmerie, sous les reproches acides du médecin de bord, visiblement outré qu’on ait oublié de le remercier pour ses bons offices. Chacun s’est changé et a revêtu ce qu’il a pu trouver dans les surplus du croiseur. Avec sa veste en cuir et son t-shirt blanc, Meera adopte un style que n’aurait pas renié Alto il y a peu. Mais cette dernière a adopté une tenue particulièrement sobre, si ce n’est le liseré jaune de son pantalon, et une fêlure dans son regard démontre le poids des épreuves récentes. De son côté, Zayne arbore une tenue qui évoque un pilote intrépide. Enfin, Cornell et Hyabu ont pu rehausser leur uniforme avec des foulards aux couleurs criardes, ultimes témoins de leur vie passée.

Après ces quelques jours de voyage, le croiseur a enfin quitté l’hyper-espace, avant de procéder à l’extinction totale de ses sources énergétiques. Dans cette zone d’aberrations spatiales de la Nébuleuse Fantôme, les reflets de systèmes lointains et les courbures de l’espace donnent lieu à des illusions étranges, mais somme toute pas inhabituelles dans le lointain système de Umbaria. C’est aussi là qu’a eu lieu une grande victoire Séparatiste pendant la Guerre Noire – celle qui amena à la création de l’armée des Clones de la République – comme en témoigne l’immense cimetière d’épaves de vaisseaux entre lesquelles le « Sang du Renégat » évolue maintenant dans un silence de mort. Toujours accompagnée de Mock, Hamild a regroupé l’équipage de Hyabu dans le mess des officiers et explique qu’il s’agit de la procédure pour pouvoir accéder le plus discrètement possible à la zone de contact. A la lueur des lumières rouges de sécurité, Hamild se laisse aller aux confidences et évoque son père, ancien Sénateur Séparatiste qu’elle n’a pas connu…

Le Commodore Hamild.

Soudain, le vaisseau amiral de la Reine Pirate apparaît. Le croiseur Venator semble encore plus gros, plus modifié que lors de la dernière rencontre avec le groupe. Il est couvert d’une myriade de chasseurs et autres vaisseaux légers, et accompagné d’une horde de droïdes au travail sur sa gigantesque carcasse. Un transport léger s’approche déjà du « Sang du Renégat » et le regard d’Alto se perd dans l’obscurité du vide spatial, comme happé par un écho lointain. Une vieille femme masquée… Une plaque de métal mandalorien… du bescar… un homme au visage torturé qui hurle à la folie… Alto voudrait tellement le soulager, établir le contact au travers de la Force… mais le bescar semble imperméable à ses efforts…

Le croiseur Venator de la Reine Pirate.

Alto est tirée de sa léthargie lorsqu’une une vielle femme masquée fait son entrée dans le mess et rabroue Hamild et ses officiers sans raison évidente. Levant son masque, elle se présente comme Mary, aide de camp de la Reine Pirate, et elle ne perd pas de temps à jauger Hyabu et son équipe. A vrai dire, Taleo a déjà parlé en bien à la Reine, et cela vaut tous les sésames à bord du Venator. L’accès à Suljo Warde semble toutefois compliqué, exclusif de la Reine, mais la mention du piège tendu par le Moff Sienar la plonge dans une certaine perplexité, soulignée par les nombreux tics qui parcourent son vieux visage buriné. Voulant pousser son avantage, Hyabu se lance dans le récit de la première rencontre avec le Venator de la Reine Pirate. Meera presse alors Mary de leur en apprendre plus sur l’attaque désespérée de l’escadron Phoenix – une attaque certes intelligente mais qui n’était effectivement pas vouée à autre chose qu’un suicide en règle…

C’est donc décidé, le groupe pourra se rendre à une entrevue auprès de la Reine sur le Venator. Guidé à travers les couloirs sombres du vaisseau amiral, le groupe absorbe les indications protocolaires murmurées par Mary, tandis que son escorte soustrait à chacun tout ce qui ressemble de près ou de loin à une arme. Enfin, Hyabu et son équipage pénètrent dans une large pièce, aux multiple baies vitrées, et ceintes de coursives en contrebas. Au fond de la salle, une très grosse femme est affalée sur un divan. Elle sirote une boisson verte et gluante dans un grand verre sophistiqué, tandis qu’une servante anonyme lime consciencieusement ses cors aux pieds. Tout dans cette pièce renforce l’idée de dépouillement total. Seule une collection de larges blocs métalliques aux proportions étonnantes décore la pièce, en arrière-fond de la Reine Pirate. Attrapant le poignet de Zayne, Alto lui lance dans un murmure : « Il est là, mais la Force ne pourra rien pour lui. »

Vers l'entrevue royale...

Mary retient les hommes au fond et incite Meera et Alto à poursuivre leur route vers la magnificente souveraine, dont la corpulence évoque étrangement le déguisement employé par Taleo lors de la vente aux enchères de Gracchus le Hutt. D’un coup d’œil rapide, Alto note à quel point Meera semble mal à l’aise. Sans attendre, Alto présente donc ses condoléances à la Reine pour le décès de Tyleth, dont les dernières paroles ont été pour sa souveraine. La jeune Mirialan poursuit en expliquant la teneur du piège tendu par le Moff Sienar, et finit en demandant à voir son conseiller Suljo Warde, qui semble avoir adressé des messages au groupe à travers le temps et l’espace. D’un sourire, la Reine incite Alto à en dire plus, mais sa bienveillance sonne creux et tend imperceptiblement l’atmosphère déjà passablement glaciale.

Les sens ou l’intuition de chacun fonctionnent désormais à plein. Avisant un discret reflet métallique sous le sofa de la Reine Pirate, Meera devine que la crispation soudaine de la souveraine a déclenché un mouvement parmi un groupe de droïdes tueurs cachés là. Au fond de la salle, Zayne a aussi détecté un mouvement parmi le garde à ses côtés, qui vient de subrepticement passer son arme en réglage létal. Quant à Cornell, il devine subitement une présence derrière une des plaques métalliques – de bescar, bien entendu – située derrière la Reine. Même la servante s’est soudainement arrêtée de limer les royaux pieds, tandis que la Reine Pirate presse Alto d’expliquer ces énigmes concernant Suljo Warde. Il faudra sans doute un entretien particulier avec Alto, puisqu’elle semble être la cible de ces mystérieux messages. Hyabu intervient, rappelant à la Reine à quel point son équipage s’est montré utile envers sa personne, que ce soit sur Arda ou sur Jagomir.

D’un geste, la Reine actionne l’ouverture soudaine d’un panneau de bescar derrière elle, un sourire froid sur les lèvres. Aucun doute, c’est bien lui : Suljo Warde est plongé dans un caisson rempli d’un liquide jaune, entravé par des menottes, le bas du visage mangé par un masque de métal qui lui enserre la bouche. Ses yeux fous se posent sur les membres de l’équipage de Hyabu – peut-être plus longuement sur Alto et Zayne – et les dardent d’un regard intense, courroucé, sans doute déçu. La Reine se saisit alors d’une sorte de petit micro, place un écouteur sur son oreille, puis lance « Exaan… Exaan… dis-moi, qui sont-ils ? ». Un vertige saisit Alto… Ce mot, « Exaan »… un lointain, très lointain souvenir d’enfance, une personne, un élève de l’orphelinat de Syrchark de la vieille Zenone Salane ? Mais ce sentiment fugace s’interrompt soudain devant le spectacle de Suljo Warde se tordant de douleur, sous l’effet des injections que lui infligent de multiples seringues.

Les convulsions de Suljo Warde.

La tension a augmenté à nouveau d’un cran. Sous le choc de la scène, Alto recule de quelques pas, malgré le geste de la Reine lui faisant amicalement signe de revenir, tandis que Suljo Warde semble continuer de débiter des révélations dans son oreille. Meera, toujours très observatrice, a déjà repéré une console de contrôle qui pourrait commander la fermeture de panneaux condamnant les postes de pilotage en contrebas. Voilà qui pourrait piéger une bonne partie des droïdes prêts à décimer ses compagnons inattentifs… Après avoir attiré l’attention de Cornell, Meera lui ouvre alors ses pensées désormais consentantes, et où il devine dans les flux de la Force son intérêt pour la console. Mais Cornell ne poursuit pas dans cette direction, et il préfère entrer en force dans l’esprit de la Reine – si fort qu’Alto le ressent très nettement. On constate alors successivement sur le visage de Cornell une certaine confusion, suivie d’un sentiment d’apaisement. Suljo Warde s’arrête d’un coup, hébété.

Cornell prend alors la parole : « Les grands monarques savent faire violence à leur tempérament. Ce groupe n’est peut-être pas fiable, mais il sera toujours plus utile vivant que mort, surtout parce qu’il est plus puissant qu’il n’y parait ! ». Alors qu’il semblait qu’elle allait donner un ordre dévastateur, la Reine reste en muette après la tirade, comme tiraillée par des sentiments contradictoires. Puis elle répond à Cornell, décrivant l’équipage de Hyabu comme de dangereux parjures incapables de respecter une parole donnée. Ne seraient-ils pas d’ailleurs des séides impériaux ? Cornell insiste : ces cinq bourlingueurs de l’espace, dont trois apprentis Jedi, cela ne représente-t-il pas un atout de poids pour la Reine ? Erreur ! La Reine honnit les Jedi, qui ont trahi la République. Mais… un atout est toujours bon à prendre, certes. Elle fera donc une entorse majeure à sa réputation et décrète un temps de réflexion pendant lequel le groupe sera enfermé dans une geôle sous verrou énergétique.

Dans sa cellule, le groupe, sans doute sous écoute, peut toutefois se réconforter en échangeant sur les éléments glanés au fil de la discussion. Alto questionne Zayne sur ce mystérieux Exaan… Zayne se statufie, sentant à son tour monter des souvenirs enfouis depuis bien des années. Exaan… ne serait-ce pas son propre nom ? Cet homme blond et barbu qui le nommait ainsi avec douceur, son père… Suljo Warde ?!? La stupeur tombe désormais sur l’équipage, et Alto prend le serment qu’elle fera tout pour aider Zayne à sauver celui qui se révèle donc être son père. Mais avant cela, il faut songer à une stratégie de survie à court terme, peut-être en jouant la carte de l’Holocron ou celle du pacha Yunkaï ?

Dans les prisons du Venator.

La Reine ne leur en laisse toutefois pas l’occasion, les convoquant à nouveau devant elle pour édicter sa sentence. Derrière elle, le caisson ouvert de Suljo Warde est manipulé par le Docteur Fried, de sinistre mémoire. Les souvenirs des souffrances de Venlana Sipal et de Suljo Warde donnent un haut le cœur à Alto et Zayne, tandis que Meera note un énorme collier autour du cou du sinistre docteur. La survie du groupe ne sera possible que s’il remplit désormais la mission fixée par la Reine Pirate : une action d’éclat, car il lui faudra tuer le Moff Sienar tandis qu’elle se jettera dans le piège qu’il lui a tendu – mais cette fois en toute connaissance de cause. Le Moff Sienar en a fourni l’occasion, car il participera à la grande congrégation des Seigneurs des Mines du secteur, sur la planète Alioren. Voilà qui devrait se révéler aisé pour le Commandant Hyabu et ses terribles compagnons, n’est-ce pas ?

mercredi 17 juin 2020

Le Grand Usurpateur




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 10

Avec

Finnlay Galindan, Le druide qui charge comme un auroch

Tengrim Copperplate, Le nain qui se trouve bien esseulé

Kri Shanu, Le moine qui se brise les doigts sur un menton

Icham Andeth Alammar, Le barde qui se fait passer pour son ennemi

Guerne Rabène, Le mage demi-orc qui fait son entrée dans l’aventure

Thormund Sombracier, Le barbare qui se fond parmi les paladins

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui acquière une vitesse surnaturelle




L’obscur couloir humide au fond duquel les héros ont été enfermés résonne des protestations de Tengrim et Thormund qui tambourinent contre leurs portes en hurlant pour qu’on les libère. Le vacarme couvre les manigances d’Icham et de Finnlay. Encore en pleine possession de sa magie grâce au colifichet primitif que les paladins ne lui ont pas confisqué, le druide se façonne un passage dans le mur de pierre qui le sépare du barde. Il le rejoint et le transforme en une minuscule araignée à qui il créé ensuite un minuscule tunnel dans le linteau qui surplombe la porte de fer de sa cellule. L’arachnide file par le plafond au-dessus des gardes et rejoint la surface où il reprend forme humaine. Mais les traits qu’il adopte ne sont pas les siens car il tord la métamorphose pour réapparaître sous l’apparence exacte du Grand Observateur. Ses talents d’imitateur complétant la supercherie, Icham se fait ouvrir toutes les portes qui le sépare des cellules en entraînant à sa suite une escorte des paladins en faction autour de la prison. Revenu auprès de ses camarades, il ordonne leur libération sous le prétexte qu’il veut faire entrer les héros du nord à son service pour emmener Azbara Jos avec eux vers un endroit où il sera interrogé à nouveau sur les plans de ses maîtres. En revanche le Général Alammar d’Iriaebor restera emprisonné ici même et une subtile illusion se chargera de donner le change pour masquer son évasion.
Pressé par un Tengrim grinçant des dents d’impatience à l’idée de retrouver Jotunbane, le faux Thavius Kreeg fait conduire les héros vers leur équipement. Tout est là à une exception près, le masque du dragon noir a disparu. Finnlay se concentre aussitôt pour en retrouver la trace. L’artefact n’est pas loin et même plus, il approche. Sans perdre un instant, Icham ordonne à sa troupe de se remettre en marche en direction de l’esplanade de la cathédrale vers laquelle semble se diriger le porteur du masque.

Et c’est ainsi que le Grand Observateur finit par tomber nez à nez avec lui-même en plein cœur de la citadelle de ses fidèles serviteurs. 
Chacun pointant un doigt accusateur vers l’autre, les deux sosies lancent le même ordre de se saisir de l’imposteur qui lui fait face. Une certaine confusion s’empare des deux escortes alors que les Compagnons ne savent plus discerner lequel de leurs frères d’armes est de leur côté ou de celui de l’usurpateur.

Les Compagnons se rappellent leur serment


Les héros se lancent alors dans la bataille. Icham tente de profiter de son aura d’autorité pour aller saisir son homologue mais les rangs des paladins se resserrent devant lui et l’en empêchent. Malgré la foule, Ildur trouve tout de même un trajet pour qu’une de ses flèches aille se planter dans la poitrine du Grand Observateur qui l’encaisse avec un aplomb étonnant. Aussitôt Kri s’engouffre dans la brèche d’une pirouette et son poing étourdissant vient s’écraser contre la mâchoire du vieil homme, mais loin de l’envoyer au tapis sa frappe allume un inquiétant éclat dans l’œil du prêtre et le moine doit battre en retraite en tenant sa main endolorie par la dureté impossible du menton de Thavius Kreeg. Alors que Thormund se fond dans la masse des paladins en copiant leur apparence, Tengrim se jette au milieu de la mêlée sans attendre le renfort de ses amis. Ildur abandonne son arc quand une tempête de neige s’abat sur l’esplanade depuis la baguette de l’hiver brandie par Kri, dissimulant ainsi l’altercation sous un blizzard opaque. 
La voix de Thavius Kreeg s’élève au-dessus du fracas et son timbre prend des accents sinistres quand il ordonne aux Compagnons de se souvenir de leur serment et d’arrêter les héros. Les tentatives d’Icham pour maintenir le trouble dans leurs rangs s’effondrent face à au rictus haineux qui se propage parmi les paladins. Ceux d’entre eux qui tenaient la ligne aux côtés de Tengrim se retournent soudain contre lui et l’ensevelissent sous une avalanche de coups, le nain ne doit son salut qu’à une providentielle potion de forme gazeuse qui lui permet de s’échapper dans les airs. Guerne puise dans son savoir arcanique pour faire don à Ildur d’une célérité surnaturelle qui permet au ranger de fendre la foule pour se lancer à la poursuite du Grand Observateur qui s’est réfugié à l’intérieur de la cathédrale. Opportunément pour les héros, la plupart des paladins qui en défendent la porte ont chuté sur le verglas qui accompagne la tempête de neige magique. Ildur, Icham, Thormund et Kri les enjambent d’un bond en évitant les coups désespérés qui fendent l’air pour les intercepter, tandis que Tengrim flotte tel un nuage au-dessus des combats pour les rejoindre. 
Guerne et Finnlay restent seuls en arrière, uniquement protégés de la charge des paladins par le mur de racines animées que le druide envoie enchevêtrer leurs assaillants et qui donne l'occasion à Azbara Jos de s'enfuir. Finnlay renonce cependant à ses sorts pour prendre la forme d’un puissant auroch sur le dos duquel saute le mage demi-orc. Leur cavalcade les emmène jusqu’au seuil où la résistance des Compagnons se fait trop sévère pour pouvoir forcer le passage. La silhouette de Guerne se dissipe dans un nuage de fumée pour réapparaître à quelques mètres de l’autel derrière lequel le Grand Observateur a disparu en s’engouffrant dans l’escalier qui mène aux souterrains. Dans un dernier effort, Finnlay se transforme en ours des cavernes pour enfin se frayer un passage entre les travées et emboîter le pas à ses camarades, poursuivi par une véritable armée de paladins en colère.



lundi 15 juin 2020

La mort du chasseur


Session Star Wars #44

Date : 10-Mar-2020

Avec :
Le Commandant Hyabu, qui se montre trop curieux
Meera, qui rétablit le contact
Aqualto Fudah (‘Alto’), ouvreuse de chemin
Zayne Bentaroo, qui s’expose à un instant de sensualité inattendue

Lieu(x) :
Jagomir, secteur Esstran


C’est la débandade! Vaguement guidé par la lueur blafarde du sabre-laser d’Alto, le groupe se lance dans une course effrénée sur le sol mousseux et spongieux de la jungle, en tentant d’échapper à l’enchevêtrement des racines omniprésentes. Tant bien que mal, Hyabu motive ses troupes de sa position surélevée par son vol, mais son souffle haletant et les rumeurs des créatures lancées à leur poursuite empêchent à nouveau le charme du Capitaine d’opérer…

Changeant subitement de stratégie, Alto ouvre un chemin au travers des racines en dessinant un tunnel a priori trop étroit pour les créatures. Bientôt, le passage artisanal débouche sur une gigantesque souche, creusée par une grotte végétale évoquant l’embouchure d’un tunnel de taupe géante. Un rapide échange de regards suffit à convaincre le groupe d’ignorer les craintes vis-à-vis de cet inquiétant terrier, et le groupe s’engouffre sans un bruit dans le tronc rongé et tapissé d’une mousse baveuse.

Pour bloquer l’accès au terrier et cacher définitivement le groupe à la vue des bêtes, Zayne s’emploie rapidement à découper des troncs près de l’entrée. Sabres maintenant éteints, le groupe s’habitue graduellement à l’obscurité en tendant l’oreille pour interpréter les bruits trahissant les déplacements prudents des créatures dans les environs. Sur les parois végétales, des bulbes phosphorescents éclairent à peine l’environnement du groupe. Attentive, Meera semble rassurée par l’absence de bruit dans le tunnel qui s’enfonce profondément dans la souche, tandis que les sens en éveil d’Alto décèlent un léger courant d’air remonter dans leur direction.

Les étranges oeufs phosphorescents...

Attiré par les étranges globes phosphorescents, Hyabu devine qu’il s’agit de sortes d’œufs émergeant de la mousse. Des mouvements à l’intérieurs ne laissent aucun doute à ce sujet, et de légers bruits de succion peuvent se faire entendre lorsqu’on s’en approche. Intrigué, Hyabu plonge alors une main dans un de ces œufs puis la retire tout aussi rapidement, sous le regard horrifié de Meera. Sa main est recouverte d’un liquide tiède, dégageant une odeur agréable, quasi-camphrée, mais qui doit avoir des propriétés irritantes, à en croire la légère démangeaison qui se manifeste immédiatement. Meera lui lance quelques reproches justifiés lorsqu’elle constate la trace de multiple piqures minuscules à la surface de sa peau – a priori sans conséquences...

Prête à s’avancer d’un pas décidé dans le tunnel, Alto est immédiatement arrêtée par Meera qui lui annonce d’un ton définitif qu’elle se vide de son sang et que si rien n’est fait, elle ne répond plus de rien. Avec délicatesse, la Chiss entame alors des soins multiples à l’aide d’un medikit de secours qu’elle avait pu récupérer sur la moto-jet avant sa destruction, tandis que la jeune Mirialan se statufie dans une position assise, comme en méditation. Mais il faut bientôt se mettre en route, car Zayne devine depuis quelques minutes déjà des pas lourds et des bruits de grattement devant l’entrée, mais sans prise d’initiative manifeste des créatures, qui semblent hésiter sur la marche à suivre.

Enfin remise sur pied, Alto peut enfin ouvrir le chemin au travers du tunnel de racines et de mousses, d’où émergent par grappe ces étranges œufs faiblement lumineux. La progression se révèle particulièrement lente et semble durer des heures. Aucun embranchement ne se fait voir et le courant d’air noté par Alto se révèle stable et constant. A intervalle régulier, Zayne marque de son sabre les parois, comme pour se convaincre d’une progression réelle. Profitant d’une pause et de l’abri relatif que procure le tunnel, Meera se lance dans le bricolage précaire du système de communication à partir de la tête de droïde qu’elle a récupérée dans la base de la cascade. Maugréant des imprécations imprécises où DD-13 semble subir diverses avanies, elle suture avec autant de précision les branchements électroniques que les plaies de ses camarades, et bientôt la console émet une lueur qui pousse les œufs à se rétracter et s’éteindre. Elle peut alors se lancer dans la recherche de signaux émis dans les environs et finit par repérer un bip monotone et répétitif semblant correspondre à un code de positionnement d’un vaisseau en détresse.

A travers le tunnel de racines.

Le mouvement des œufs environnants ne dit rien qui vaille à Alto, qui scrute avec attention le tunnel. Ce dernier semble graduellement perdre sa luminosité, comme si le retrait des œufs initié autour de Meera se répercutait maintenant à longue distance. Sans en tenir compte, Meera utilise la console rustique pour tenter d’établir une communication rendue compliquée par la brièveté des messages échangés :
(Meera) « Identité émetteur ?
(Emetteur) - Commandant.
(M) - Commandant d’ailleurs ?
(E) - Reine ?
(M) - Oui.
(E) - Position ?
(M) - Ouest cascade.
(E) - Coordonnées ?
(M) [émission des coordonnées sauvegardées par Hyabu]
(E) - Attention impériaux.
(M) - Morts.
(E) - Me chercher vite, crash second. »

Alto ne peut retenir un juron parfaitement audible par ses camarades lorsqu’elle entend au loin dans son dos un bruit évoquant à la fois une éponge détrempée et un flot de liquide gluant s’écoulant au sol. Meera éteint soudainement la console de communication et scrute à son tour l’obscurité. Le groupe devine rapidement la forme d’une sorte de gros phasme descendant nonchalamment le tunnel, comme occupé à suivre une signature chimique camouflée dans la mousse des parois.

Chacun rassemble précipitamment ses affaires avant de se lancer au trot dans le tunnel pour fuir le répugnant insecte. Le groupe, maintenant ouvertement poursuivi par le phasme géant, finit par atteindre une sorte de cheminée remontant à travers la résille de tiges et de racines. Alto se lance rapidement dans l’escalade du boyau, suivie par Hyabu qui progresse en voletant. Malheureusement, Meera et Zayne ont pris un peu de retard et constatent avec horreur que la créature est sur leurs talons, rendant impossible une escalade. D’un commun accord, Meera et Zayne se glissent alors dans une anfractuosité tandis que l’insecte tâtonne pour inspecter les environs. Un instant, une sorte de trouble saisit les deux comparses, dont les corps sont maintenant très intimement lovés l’un contre l’autre…

Les répugnants phasmes géants.

Un tir de Hyabu vient rompre le silence qui s’était installé et fait vivement reculer la créature perturbée, tandis qu’Alto lance un cri d’alerte lorsqu’elle remarque d’autres lymphes qui émergent d’œufs situés plus haut, déversant leur contenu écœurant dans la cheminée. Il faut maintenant agir vite. Sortant de sa torpeur moite, Zayne mobilise sa concentration et s’élance au travers de la cheminée jusqu’à une plateforme située plusieurs dizaines de mètres plus haut. De cet endroit, il lance un grappin rétractable et remonte vivement Meera et Alto, tandis que Hyabu finit son vol vers les hauteurs, permettant ainsi au groupe d’échapper définitivement à la horde d’insectes affamés.

La plateforme donne sur plusieurs cheminées qui sont rapidement escaladées, jusqu’à déboucher à l’air libre, au-dessus de la canopée baignée par la lumière vive du petit matin de la jungle de Jagomir. De cette position surélevée, le groupe devine les montagnes ceignant la zone de Fortitude, les fumerolles de la cascade, et la forme grotesque d’un phasme membraneux aux dimensions dantesques planant loin dans le ciel… Plus près de leur position, Hyabu distingue également une petite colline qui se situe dans la direction du signal capté plus tôt – vers le vaisseau écrasé de Burns ? Décision est donc rapidement prise de se diriger dans la direction de la colline.

Après une progression de plusieurs heures sous la canopée – la présence inquiétante de la forme planante a vite convaincu la majorité de passer sous les arbres plutôt qu’au-dessus – faisant appel à toutes les capacités disponibles de saut, de coordination athlétique, de vol et d’adresse à manier le grappin, le groupe atteint enfin la colline, dans laquelle est fichée une version modifiée de canonnière clone. La lumière baisse déjà au-dessus de la jungle et une source de lumière artificielle se distingue nettement dans la carlingue abîmée de l’appareil. Ne souhaitant pas se montrer impoli, Hyabu lance un appel annonçant l’arrivée du groupe. Le corps d’un Transdoshan massif – le Commandant Tyleth – émerge alors partiellement de l’appareil, comme vissé au sol. Rassuré, Tyleth baisse son arme et re-pivote vers l’intérieur en invitant le groupe à le rejoindre. Dans la carcasse, l’odeur ignoble de cadavres en décomposition assaille les narines des compagnons de Hyabu, qui constate avec regret que les jambes de Tyleth sont coincées sous un amas de ferrailles, a priori irrémédiablement broyées. Il porte également une vilaine blessure à la tête et semble à vrai dire en très mauvais point.

Sur les lieux du crash.

L’échange de messages avec Meera le jour précédent lui a redonné la force de survivre quelques heures de plus. Profitant d’une ration compassionnellement offerte par Hyabu, Tyleth explique qu’après son accident, il avait pu rejoindre le vaisseau mené par son second Burns, mais qu’une mauvaise manœuvre de dégagement a causé un accident fatal à l’ensemble de l’équipage. Mais il est maintenant mourant, et mentionne également la traitrise de Starz et Pikouze… Pendant ce temps, Meera réactive les systèmes vitaux de l’appareil, l’opinion de Hyabu étant qu’il sera possible de le refaire voler jusqu’à Fortitude, tandis que Zayne et Alto dégagent avec leurs sabres les branchages ayant déjà poussé autour de la carlingue.

Touchée par les souffrances endurées par le Transdoshan, Meera souhaite lui apporter des soins mais – est-ce l’émotion causée à la vue des terribles blessures – elle se blesse à la main sur les pièces de métal enchâssées dans les jambes du Commandant et ne peut que constater l’inutilité de son geste. Tyleth ne survivra pas à ses blessures, et il en est d’ailleurs bien conscient, tout occupé à rechercher l’épitaphe qui lui conviendra le mieux et qu’il faudra transmettre à la Reine. Tandis que Tyleth évoque alors de vieux souvenirs de vétéran de la guerre noire et de son plus ancien compagnon d’alors, Zayne et Alto se concertent pour rapidement désincarcérer le Transdoshan à l’aide de leurs sabres laser et permettre au soldat de profiter de l’air frais une dernière fois.

A la vue des sabres, Tyleth se fait plus disert et évoque les Jedi d’antan. De manière plus surprenante, il cite les noms de Zayne et Alto, qui lui ont été indiqués par son vieil ami Suljo Warde, le conseiller de la Reine – qu’il semble désigner comme sa « petite chérie », « petite fille », « nièce ». Suljo Warde lui a confié un message à destination des jeunes padawans maintenant totalement attentifs : « Il vous faut faire plus attention et vous dépêcher. Il ne faut pas que le micron [l’Holocron ?] soit réuni, sinon les pouvoirs seront perdus. Il faut tuer la Twi’lek et empêcher l’Empereur de s’approprier l’arme terrible ! ». Puis Tyleth crie un pathétique « Sors de ma tête ! » avant de rendre l’âme dans les bras d’Alto, comme Suljo Warde lui avait semble-t-il prédit autrefois…

Hyabu ferme les yeux de Tyleth avec une mine sombre. Il est attristé d’avoir perdu un compagnon potentiel, un grand chasseur, un ami, un partenaire commercial inavoué – mieux, un client ! Il faudra lui rendre hommage honorable une fois retourné à la base Fortitude. Les dernières paroles de Tyleth indiquent-elles que la Reine Pirate serait un Transdoshan ? Cette hypothèse de Zayne sème le trouble. D’ailleurs, une chaine de connections transparait de plus en plus au fil des discussions : Suljo Warde, la Reine Pirate, Venlana Sipal, le Pacha Yunkaï, l’arme secrète du Premier Ordre…

Tyleth, à la bonne époque.

Quel plan pour le retour à Fortitude ? Meera rappelle que les agentes du BRI ont émis un message avant de se saborder et propose de ne pas raffiner… mais Hyabu préfère ne pas évoquer la base secrète du BRI pour garder une cartouche dans sa manche. Revenant sur son intention première, Meera admet qu’un peu de ruse sera donc bienvenue, et propose de garder quelqu’un – elle-même – caché à bord du vaisseau au cas où.

Zayne et Alto finissent d’abattre les dernières branches dans la nuit tombante, tandis que Hyabu réactive les réacteurs. Le vaisseau glisse le long de la pente et le Capitaine profite de la cinétique pour effectuer un décollage avec le peu de puissance disponible et repasser au-dessus de la canopée. Au loin, les derniers résidus de l’orage se devinent sur les montagnes plus lointaines, spectacle presque reposant sur le chemin de Fortitude. Avant de se signaler à la base, Meera identifie une cachette et s’y glisse en proposant presque une place à Zayne, qui ne sait quoi répondre. Alto a déjà récupéré une visseuse électrique et referme rapidement le panneau en souhaitant courage dans le noir à la Chiss.

Fidèle à sa réputation, Hyabu effectue un atterrissage dramatiquement démonstratif de l’épave volante sous les yeux exorbités de Evans, et indique la mine basse qu’il y aura bien des morts à enterrer. Dressant le rapport des nouvelles récentes, Evans apprend à l’équipage que Mez a déserté, que Pikouze est décédé après une maladie foudroyante et que Starz a perdu ses esprits, répétant « oui » en boucle depuis. De plus, un vaisseau non-identifié est sorti de l’hyper-espace aujourd’hui même. Kern Allegraï pourra peut-être en apprendre plus au « Commandant » Hyabu ? Face à la décantation des évènements, on indique à Meera qu’elle peut sortir de sa cachette.

Une visite au centre de communication s’impose donc. Kern Allegraï confirme que malgré son réseau de sonde inactif, il a sur le toit un télescope permettant une analyse visuelle de la situation. D’après les clichés qu’il a déjà rassemblés, il pense que le vaisseau en question évoque la frégate Nebulon modifiée de Hamild. Meera veut inspecter le télescope, et Kern l’accompagne seul sur le toit. Dans une trouée dans les nuages, Meera distingue une forme en orbite, mais ne peut rien dire sur la nature du navire. Kern Allegraï en profite pour se montrer insistant auprès de Meera, qui rejette froidement ses avances et doit enfin subir ses insultes avant d’être littéralement congédiée. Le mystère reste en tout cas entier sur l’identité du navire en attente autour de Jagomir…

vendredi 22 mai 2020

A l'Ombre du Compagnon




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 10

Avec

Finnlay Galindan, Le druide qui met trop de temps à s’expliquer

Tengrim Copperplate, Le nain qui allège considérablement sa bourse

Kri Shanu, Le moine qui sent la tension en ville

Icham Andeth Alammar, Le barde qui a sûrement encore un plan



Après quelques heures de repos, les héros ont pu lire les terribles révélations contenues dans le testament de Jander Sunstar. Désormais convaincus que le Grand Observateur a bel et bien renoncé à ses vœux de fidèle de Torm, ils craignent qu’il ourdisse un plan encore plus terrible quand la nouvelle de la défaite de Sythilis lui parviendra. Les héros décident donc de précéder Ulder Ravengard dont le retour à Elturel devrait décider de la reprise du grand conseil mis en suspens en attendant d’être fixé sur le sort de Berdusk. Ils font donc rédiger un rapport circonstancié de la bataille, détaillant leur rôle décisif et la trahison des Compagnons, qu’ils font signer par Lord Jarmaath, Tredora Godenbrow, Lady Verasa Kaal et le duc de Baldur’s Gate en personne pour que leur version des faits soit ainsi corroborée par des témoins au-dessus de tout soupçon. Icham profite aussi des écritoires fournis du temple de Déneïr pour créer une contrefaçon parfaite de la missive que le Grand Observateur avait envoyé au Culte du Dragon. Les héros enfourchent sans plus attendre le roc convoqué par Finnlay qui remarque que l’une des plumes de son colifichet magique s’est brisée en faisant apparaître le gigantesque oiseau. Dépassant la colonne des paladins félons qui remontent à marche forcée vers Elturel, ils arrivent donc les premiers devant la ville. Renonçant à toute discrétion ils atterrissent au pied des murailles alors que la lumière du Don d’Amaunathor prend le relais sur celle du soleil couchant. Alarmés par cette arrivée spectaculaire, les Hellriders qui défendent les murailles sortent en force pour les repousser, mais Icham les interpelle d’une voix forte et se fait reconnaître comme un général d’Iriaebor venu donner des nouvelles de Berdusk. Son aplomb est tel que les soldats préfèrent appeler leur commandant pour traiter l’affaire plutôt que de prendre eux-même l’initiative de saisir les séditieux héros du nord qu’ils reconnaissent derrière le barde. Les aventuriers sont donc menés jusqu’à Reya Mantlemorn, la femme qui porte aujourd’hui le titre de Haut Chevaucheur d’Elturel. 

Reya Mantlemorn

Elle accueille avec soulagement les nouvelles de la victoire du poing Enflammé et choisit de ne pas traiter comme des criminels les héros dont le Général Alammar se porte de plus personnellement garant. Elle est d’ailleurs convaincue que les accusations qui portent sur eux ne sont qu’un malentendu et elle est certaine que le Grand Observateur qu’elle a fait prévenir de leur présence ne tardera à les réhabiliter. A la demande des héros, elle fait également transmettre à tous les délégués de l’Elturgard présents en ville la nouvelle de leur arrivée pour qu’ils appuient leur demande de réunir dès maintenant le grand conseil car si la menace s’éloigne de Berdusk, elle est loin d’être définitivement vaincue. Finnlay prévient aussi Daardendrien Medrash de leur retour avec un messager animal et lui demande de se tenir prêt à agir car les Compagnons sont sur le point de le trahir.
Les aventuriers ont une autre affaire urgente à traiter, le rappel à la vie d’Onthar Frume. Escortés par Reya Mantlemorn et ses Hellriders, ils obtiennent donc l’autorisation d’aller porter la dépouille de leur ami jusqu’au temple d’Ilmater. Malgré l’heure tardive, le Vénérable Endurant accepte de les recevoir. Derrière son air revêche, on peut deviner qu’il semble sincèrement peiné d’apprendre la mort du membre de l’Ordre du Gantelet car malgré son style de vie un peu trop dissolu qu’il désapprouvait, le prêtre d’Ilmater estimait Onthar Frume et le considérait comme un véritable homme de bien. Il essaiera donc d’intercéder auprès de sa divinité pour rappeler l’âme du défunt, mais la demande devra être faite par les héros en personne et leur présence sera donc requise à l’aube suivante pour que la cérémonie puisse être couronnée de succès. Tengrim se sépare difficilement de l’extravagante somme de 10 000 pièces d’or qui permettra aux prêtres du dieu des martyrs de financer les préparatifs du rituel, puis les aventuriers repartent.

Quelques rues plus loin, ils se retrouvent bloqués par un chariot qui se renverse devant eux. Les Hellriders qui les escortent ont fort à faire pour dégager le passage mais ce n’est qu’une fois cette opportune diversion passée que Finnlay remarque un homme qui essaie désespérément d’attirer son attention depuis une ruelle en retrait. Roulant les yeux au ciel, il réitère son geste incitant les héros à le rejoindre avant de replonger à l’abri des ombres. Mais le jeune druide a bien du mal à prévenir ses camarades de ce qu’il vient de voir et ils reprennent donc leur route, à nouveau encerclés par les Hellriders, sans comprendre un traitre mot des explications confuses de Finnlay. La tentative de mise en garde de l’inconnu devient plus claire quelques instants plus tard quand le claquement de lourds sabots sur les pavés vient à leur rencontre. Une escouade d’une douzaine de paladins leur barre le passage. Un officier des Compagnons à l’air inflexible s’avance et exige qu’on lui remette les prisonniers que le Grand Observateur a exigé de faire enfermer à la citadelle. Reya Mantlemorn hésite un moment sur ce qu’elle doit faire, écartelée entre la fermeté des ordres du paladin et les protestations des aventuriers. La patience des Compagnons s’épuise et la tension monte rapidement entre les deux groupes. Alors que la rencontre est sur le point de basculer en bataille rangée, Icham surprend tout le monde en concédant la reddition sans condition des héros. Estomaqués par ce rebondissement, Tengrim, Finnlay et Kri se laissent emmener. L’agressivité manifeste des Compagnons à l’égard des Hellriders a cependant mis la puce à l’oreille d’Icham qui profite des derniers mots de remerciement qu’il peut échanger avec Reya Mantlemorn pour lui confier secrètement les documents révélant la vérité sur le siège de Berdusk.

C’est donc en tant que captifs que les héros font leur entrée dans la forteresse du Grand Observateur. La foule des paladins qui s’y presse confirme bien leurs soupçons que c’est toute l’ost des Compagnons qui a été rappelée à Elturel. Les aventuriers sont délestés de tout leur équipement et un frisson leur parcoure le dos quand ils voient la besace contenant le masque du dragon noir passer aux mains de l’ennemi. Icham parvient tout de même à conserver ses outils de voleur cachés sur lui et Finnlay garde également le colifichet qui lui sert de focalisateur de sort dont l’aspect est si primitif que ses geôliers ne l’ont pas identifié. Toujours sous bonne garde, ils sont ensuite emmenés vers la prison dont ils avaient fait évader Leosin quelques jours auparavant. Azbara Jos qui s’y trouve toujours ouvre des yeux ronds de surprise en les voyant passer aussi paisiblement devant sa cellule.
Les lourdes portes de fer se referment enfin sur eux et dans la solitude qui est désormais la leur, les héros sont soudain assaillis par un affreux doute : et si cette fois-ci Icham n’avait en fait pas de plan ?

samedi 16 mai 2020

La Malcroisade


Au fin fond des bibliothèques du temple de Déneïr existe un passage connu de la seule Tredora Goldenbrow. Derrière les barrières magiques sanctifiées qui le protègent reposent les archives oubliées des Ménestrels des Halls du Crépuscule. Les récits qu’elles contiennent sont uniques et recèlent des secrets que même les moines de Candlekeep ignorent, et parmi ceux-ci le dernier témoignage authentique sur la croisade des Hellriders de Zariel.



Extraits du testament de Jander Sunstar, Berdusk 1098 DR

…Les hordes de Yeenoghu ravageaient le territoire de la route d’Idyll jusqu’aux contreforts du Val du Soleil Couchant, les chevaucheurs d’Elturel acculés à leurs propres murailles, le désespoir rampant, les dieux sourds aux prières… les pauvres gens cherchaient les héros, la faim qui me ronge les entrailles plus pardonnable que celle qui alimente la voracité des démons, le sang des gnolls, la violence de la nuit, mes compagnons enterrés, le rêve de la fraternité des armes…le salut enfin, l’ost céleste nous a envoyé un général, auréolée de lumière glorieuse, Zariel nous guide de son épée…


…sous les scories des frondaisons du Bois Scintillant, au milieu des flammes et de la charogne, jusqu’au fond des enfers enfin nous les jetons, Olanthius l’inflexible, Haruman le taciturne, Yael la téméraire, nous galopons à ses côtés et la chevauchée sera la matière des légendes…pour elle nous engageons nos serments, notre gratitude portera sa croisade plus loin que jamais, à travers le portail nous poursuivons, l’armée des braves chante son nom…


…Avernus, désolation, désastre, la guerre du sang nous dépasse, innombrables les démons, les diables crient pour nos âmes, les anges eux-mêmes ont renoncé, nos promesses sont des chaînes…la catastrophe comme un raz-de-marée, notre honneur est emporté, je fuis et tant d’autre autour de moi, nous retournons nous cacher, nous mentons à nos foyers, nous les laissons nous célébrer, autour de moi les brumes encore se sont resserrées…jusqu’à la fin elle a lutté, mais quand ils ont cessé elle a plié, face à elle en majesté il a paru, Asmodée…



vendredi 15 mai 2020

L’humiliation de Sythilis




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 10

Avec

Finnlay Galindan, Le druide qui retrouve un faux ami

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui met en déroute les gobelins

Tengrim Copperplate, Le nain qui donne satisfaction à sa hache

Thormund Sombracier, Le barbare qui a un gros coup de barre

Kri Shanu, Le moine qui joue les funambules

Icham Andeth Alammar, Le barde qui se fait passer pour le Duc



Fermement tenus entre les doigts gigantesques de leurs compagnons encore sous l’effet des métamorphoses des pixies, Kri, Thormund, Tengrim et Finnlay voient défiler sous leurs yeux les rues envahies de combats acharnés, éclairées par les globes de lumière magique accrochés sur les toits par les clercs du Poing Enflammé et les flammes des barricades incendiées par les sorciers sythilisiens. Portés par la poussière de fée les singes géants survolent la mêlée pour prendre l’ennemi à revers au niveau de la porte Est. 


Leur arrivée impromptue redonne espoir aux derniers survivants de la Garde du Crépuscule qui y vendent chèrement leur peau, encerclés par les hobgobelins. Sans même attendre que l’atterrissage soit complet, Kri saute de la main d’Icham et en une roulade il est sur le mage de guerre de l’unité de commandement ennemie. Un déluge de coups fait chanceler le sorcier et le prive de ses sens suffisamment longtemps pour que Thormund se porte à son niveau et l’achève avant qu’il puisse lancer le moindre sort. Les pixies utilisent alors le reste de leur magie pour redonner à Kri sa titanesque forme simiesque qui se trouve aussitôt assaillies de toutes parts par les phalanges hobgobelines. Percé sans relâche par un mur de piques, le moine est vite contraint à retrouver sa forme humaine. Pour ne pas risquer de succomber sous la masse qui se referme sur lui, il plonge au cœur du globe de ténèbres que Thormund a invoqué et sous lequel il se livre à un massacre en règle des hobgobelins. Tengrim a de son côté été déposé sur la tour qui flanque la porte au nord. Il s’y précipite à la rescousse du Capitaine Ulverth qui s’y trouve encerclé par des gobelours et une manticore. Le nain se charge d’occire la bête en écrasant son étrange visage humain sous les coups de Jotunbane. Mais la hache irradie de mécontentement, elle en a assez de devoir se contenter d’affronter ces monstres insignifiants alors qu’un géant la nargue à l’autre bout du champ de bataille. Implorant l’aide des pixies, Tengrim décide de donner satisfaction à son arme et il s’envole droit vers le géant des collines qu’il renverse en le percutant de toute la colère de Jotunbane. L’artefact peut enfin assouvir sa rancune et chaque coup qui touche son porteur est aussitôt rendu au centuple à ses agresseurs. 


Au sommet de la tour Icham finit d’écrabouiller les gobelours pendant que les archers gobelins qui s’apprêtaient à les soutenir sont envoyées dans les bras de morphée par les petites fées qui leurs murmurent des berceuses à l’oreille.  D’une onde de choc magique, Finnlay s’ouvre un chemin sur la barbacane au milieu des hobgobelins qui s’y pressent. A grands coups de ses pattes de gorille, Ildur finit de lui dégager le passage vers la tour sud en mettant en déroute les gobelins qui la tenaient avant de tourner son attention vers les ogres qui surgissent des rues adjacentes pour s’en prendre à lui. Le druide remarque alors que quelqu’un se cache sous la trappe d’accès au sommet de la tour. Prêt à rôtir d’un trait de feu un éventuel gobelin embusqué, il soulève brusquement le volet de bois. Mais au lieu de la face cruelle qu’il s’attendait à découvrir, il est abasourdi de trouver son ami Onthar Frume agrippé difficilement à l’échelle. Le prêtre de Torm a le flanc couvert de sang et Finnlay doit le hisser à ses côtés avant qu’il ne s’écroule. Cramponné au jeune demi-elfe pour ne pas tomber, Onthar Frume le supplie d’appeler ses pixies pour aller aider ses compagnons qui tiennent encore le bas de la tour. Mais quelque chose dans les paroles du prêtre ne sonne pas juste et Finnlay comprend alors qu’il tente de le soumettre à un charme magique. Il essaie de se dégager de son emprise mais Frume le maintient fermement, un éclat cruel dans le regard. Il aboie alors un ordre en langage gobelin et de la trappe émerge une troupe d’élite de hobgobelins qui se saisissent du druide. Deux brutes gobelours se jettent aussi sur Ildur, grimpant sur son large dos en le lardant de coups de poignards, tandis qu’un sorcier bardé de parchemins commence à incanter entre les créneaux. Ce dernier n’a pas le temps de conclure son mot de pouvoir avant de devoir plonger pour éviter la violente riposte du singe qui fait voler en éclat la pierre derrière laquelle il s’abritait. Finnlay le cueille alors d’un déluge de rayons ardents qui le transforme en torche avant de l’envoyer basculer dans le vide. Icham qui a lamentablement échoué dans sa tentative d’attraper au vol une manticore décide de renoncer à sa métamorphose gargantuesque pour voler au secours du druide qui parvient tout juste à se libérer de ses adversaires grâce aux illusions des pixies qui les persuadent que leurs mains s’enflamment à son contact. Kri répond aussi à l’appel en traversant le vide entre les toits comme un équilibriste sur une corde et en bondissant aussi vite que le vent jusqu’au rempart.  Ildur les rejoint à son tour en reprenant forme humaine après avoir grimpé la muraille, un des gobelours encore accroché à lui alors que les autres se retrouvent enchevêtrés par les racines que les pixies ont fait jaillir pour bloquer l’entrée de la tour. Thormund interrompt alors sa sanglante besogne pour grimper à la seule force des bras vers le sommet où l’attendent enfin des adversaires à sa mesure car Onthar Frume met fin à la mascarade et se révèle dans toute la splendeur de sa véritable identité. La carrure monstrueuse d’ogre-mage de Sythilis apparaît drapée d’une somptueuse cape portant les insignes du wyrmspeaker blanc passée sur une impressionnante armure d’écailles de dragon rouge. Il brandit une fantastique lame d’acier de Kara-Tur au fil si acéré qu’elle traverse même les boucliers magiques de Finnlay, laissant une cuisante balafre sur le ventre du druide alors que le barbare prend pied à ses côtés, abandonnant ses ténèbres magiques en laissant libre cours à sa rage. Tengrim reste donc seul au milieu des lambeaux de la Garde du Crépuscule qui se rallient dos à dos autour de lui. Comme emporté dans une transe guerrière, le nain fauche les ogres les uns après les autres pour la plus grande joie de Jotunbane dont le fanal semble attirer les géants à la mort comme des papillons vers la flamme.

Sythilis face à l'Ordre du Gantelet

Renforcée de la manticore qui poursuivait Icham, l’escorte de Sythilis se déploie autour de lui. Les hobgobelins offrent un rempart infranchissable devant leur maître pendant que celui-ci va défier en combat singulier Ulder Ravengard qui vient de faire son apparition. Mais L’ogre-mage s’est fait berner car celui qu’il prend pour le commandant en chef des Poings Enflammés n’est autre qu’Icham, excellemment déguisé sous l’authentique tabard du Duc de Baldur’s Gate. Le barde répond aux provocations de Sythilis avec une voix aux inflexions indiscernables de celles de son modèle et ses talents d’imitateur sont si parfaits qu’il parvient même à duper l’épée de l’ogre-mage qui ne frappe que le vide alors que sa cible se déplace avec une célérité que le harnois du mercenaire devrait lui interdire. Icham gagne un temps précieux grâce à ses esquives qui permet à ses camarades de venir à bout des sbires de Sythilis. Renonçant à ses assauts contre le Duc, celui-ci manque de renverser le cours du combat quand il enchaîne une série de coups dévastateurs à la suite d’un mortel cône de froid qui terrassent Kri et Finnlay. Mais Thormund et Ildur achèvent enfin les derniers officiers hobgobelins qui leur barrait le chemin et l’ogre-mage dont la volonté est déjà affaiblie par le barrage d’illusions et de manipulations mentales dont Icham et les pixies l’ont harcelé, finit par succomber à l’ultime murmure dissonant du barde. Pris d’une irrésistible envie de fuir, il ravale son orgueil et préfère s’évanouir dans la nuit sous forme gazeuse plutôt que d’affronter le barbare et le ranger face auxquels il ne survivrait pas.
La défaite humiliante de leur maître en haut des murs achève de démoraliser l’armée gobelinoïde déjà ébranlée par les sonneries de la contre-offensive du Poing Enflammé qui arrive enfin. La débâcle trouve un comble ironique lorsque les Compagnons réapparaissent à point nommé pour piétiner les fuyards sous les sabots de leurs destriers dans une tentative maladroite de prouver leur participation à la défense de Berdusk qui a cependant le mérite de limiter le nombre de témoins gênants qui pourrait dénoncer leur duplicité. Les excuses pataudes du commandant des paladins sont accueillies avec mépris par le Duc Icham depuis les murailles. Profitant de l’autorité qu’il a usurpée, il fait interdire l’entrée de la ville aux Compagnons en les accusant publiquement de trahison. Percés à jour, les félons ne demandent pas leur reste et repartent vers Elturel au grand galop pour aller rendre compte de leur échec.
Célébré comme un sauveur par le Capitaine Ulverth et ses hommes, Tengrim descend de la montagne de cadavres d’ogres qu’il laisse derrière lui pour rejoindre ses compagnons. Malgré la victoire, ils ont la mine sombre en découvrant le corps sans vie d’Onthar Frume que l’ogre-mage a empalé par traîtrise sur sa cruelle épée. Mais leur amertume n’est rien comparée à celle des quelques survivants de l’Ordre du Gantelet qui ne peuvent s’empêcher d’en vouloir aux aventuriers de ne pas avoir choisi de voler au secours de leur chef quand ils en ont eu l’occasion. Pour apaiser leur rancœur, Tengrim enveloppe le prêtre de Torm d’un halo divin qui le préservera de la corruption pendant quelques jours et il fait le serment de faire tout ce qui est en son pouvoir pour trouver un moyen de ramener à la vie son camarade tombé au champ d’honneur.