mercredi 20 octobre 2021

A Travers les Yeux de l'Araignée

 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 


Tengrim Copperplate, Le nain qui aime à rappeler qu’il est brasseur dans le civil

 

Kri Shanu, Le moine qui cherche une astuce pour cacher sa lance dans un tonneau

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui a un drôle de pressentiment sur ce qui se cache dans les souterrains

Arias Letho Mortegueule, Le chasseur de mage qui emprunte les sens de son familier

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui ne sait pas s’il peut mentir

 

 

Les héros sont bien décidés à pénétrer dans le manoir des Gant et la grande soirée qui va y être donnée sera la distraction idéale pour qu’ils puissent arpenter ses couloirs sans éveiller les soupçons. Après avoir hésité un moment à profiter de leur célébrité pour réclamer une invitation en bonne et due forme au maitre des lieux ou bien à se joindre à la suite d’un aristocrate qu’Arias pouvait approcher grâce à ses contacts avec le Zhentarim, ils optent finalement pour une méthode beaucoup plus discrète. Avec l’aide des amis ménestrels de Remalia, ils se feront passer pour l’un des négociants en vin qui doivent approvisionner les caves d’Albrecht Gant qui seront largement remplies en prévision des agapes du soir. Mais les tonneaux qui seront livrés ne seront pas remplis des capiteux crus téthyriens attendus mais par les aventuriers prêts à se contorsionner dans des positions particulièrement inconfortables pour s’offrir un passage indétectable jusqu’au vaste cellier du manoir.

La veille de la réception, les héros retournent en toute discrétion dans le quartier maritime afin de parfaire leur reconnaissance des lieux. Mais cette fois-ci Arias met son familier à contribution. Il se glisse jusque sous les fenêtres de la propriété et fait apparaître une grosse araignée noire entre ses doigts. Il la dépose sur le mur d’enceinte en lui intimant l’ordre télépathique de se faufiler dans les moindres recoins de la maisonnée puis il rejoint ses compagnons en quelques enjambées rapides avant de laisser s’évanouir ses propres sens pour ne plus se concentrer que sur ceux de l’arachnide enchanté.

 

Le domaine des Gant


L’immense propriété bruisse déjà de tous côtés des préparatifs de la fête. Les serviteurs s’activent en tous sens sous le regard vigilant des gardes omniprésents aussi bien dans le parc que dans les trois bâtiments qui s’adossent au mur d’enceinte. Au nord se trouvent les écuries et les remises au-dessus desquelles les gardes ont leurs quartiers. A l’ouest une maison secondaire abrite des chambres d’amis au rez-de-chaussée et les appartements des fils Gant à l’étage. Vaelish y possède encore une chambre qui semble de surcroit avoir été occupée récemment. La demeure principale est bien plus imposante et domine le reste du domaine de ses trois étages. Derrière l’escalier monumental du grand hall d’entrée se cachent les cuisines, nichées juste au-dessus du gigantesque cellier qui déborde de provisions. Le premier étage est dédié à la vie publique des Gants. On y trouve entre autres une salle de bal, une bibliothèque, une salle de musique et plusieurs petits salons. Le deuxième étage en revanche est strictement privé et cache derrière une porte hermétique la chambre somptueuse de Lord Albrecht, tapissée de soieries précieuses et décorée de toiles de maîtres éclairées par des chandeliers d’or et d’argent rutilants. C’est là également que se trouve son bureau et le coffre inviolable qui renferme tous les secrets de ses affaires. Enfin les combles sont aménagés pour héberger les fidèles serviteurs de la maison qui dédient leur vie à l’entretien du manoir et de ses habitants.


Albrecht Gant


 

Les fils d’Albrecht le rejoignent pour le souper dans la grande salle à manger. Thurstwell semble agité, les premiers symptômes de manque se font sentir au grand déplaisir de son père. Amrik lui jette un regard moqueur avant de se lancer dans un rapport appliqué de ses affaires louches du jour. Les serviteurs qui s’affairent autour de la table ne semblent absolument pas choqués par les manigances de leurs employeurs, autant d’indifférence à la crapulerie dénotant sûrement leur indéfectible loyauté à la maison Gant. Au dessert, le patriarche sermonne ses fils sur l’importance cruciale de se montrer irréprochables lors de la soirée du lendemain. Les accusations des Héros du Nord ont braqué les projecteurs sur eux et le moindre faux pas pourrait mettre à mal leur projet secret qui risquerait d’être découvert par les autorités.

 

Plus tard dans la nuit, Thurstwell prend à cœur les recommandations de son père et décide de reconstituer sa réserve de Ziran dont les effets dopants sont désormais la seule chose qui lui permet de fonctionner normalement. Flanqués de deux gardes du corps, il s’engouffre dans le cellier sans remarquer que le familier d’Arias s’est niché dans le creux de sa capuche. Ballotée par le pas pressé de Thurstwell, l’araignée a du mal à conserver un point de vue lisible par le chasseur de mage qui lui emprunte ses sens. Depuis la cave, les hommes passent une porte secrète qui mène à des souterrains cachés sous la maison. Ils dévalent des escaliers passant devant une large salle nimbée de lumières colorées avant de déboucher sur une solide porte blindée. Ils actionnent les manivelles qui la déverrouille pour pénétrer enfin dans le premier niveau de Montprofond, l’accès redevenant invisible une fois refermé derrière eux. Ils s’aventurent dans les tunnels avec assurance, arpentant un chemin complexe truffé de passages secrets qui les amène finalement jusque sur les hauteurs de Skullport. 




La ville de contrebandiers est dans un bien piteux état. La plupart des bâtiments semblent à l’abandon et les ruelles obscures qui surplombent le fort de l’île du crâne ne sont éclairées que par intermittence par d’étranges trainées de flammes verdâtres. Les gardes du corps raffermissent leur poigne sur leurs armes alors que leur maître se dirigent vers une échoppe glauque où un vieux svirfneblin borgne fait commerce des spécialités interdites de l’outreterre. Thurstwell lui remet une bourse de pierres précieuses contre une petite boite de bois de champignon qui contient une dose de drogue suffisante pour tenir quelque temps. Sans s’attarder une seconde de plus que nécessaire, il fait ensuite demi-tour et réintègre ses pénates un peu avant l’aube.

 

Cette nuit d’espionnage fut courte pour les héros mais ils remettront le repos à plus tard car il leur reste encore de nombreux préparatifs pour exécuter leur astucieux plan qui leur ouvrira les portes de la demeure des Gant.

 

dimanche 3 octobre 2021

Hors des nuages



Session Star Wars #51

Date : 27-Sep-2021


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui fait assaut de civilités avant de faire preuve de virtuosité

Meera, qui se laisse aller

Aqualto Fudah (‘Alto’), toujours prête à tirer dans le tas

Zayne Bentaroo, qui se remémore les valeurs de l’Ancienne République


Lieu(x) :

Innton II, système Innton, secteur de Sluis (Colonies)


A Dissidence, la vie s’organise pour rester sur place quelques jours, malgré les réticences de Cornell et Alto. Avec l’aide des pilotes des X-Wings, Alto a fait démanteler le camp de base de la jungle et l’ensemble des vaisseaux ont été rapatriés à l’abri de la base pour permettre une retraite rapide. Tout à son idée d’organiser un repas en l’honneur d’Enguene Guernefer, chez lequel il a deviné les vieilles racines d’une noblesse déchue, le Commandant Hyabu s’est lancé dans une partie de chasse dans la jungle afin d’y abattre de grosses volailles sauvages, promesse d’un dîner succulent. 

Le soir venu, les deux scientifiques sont tirés de leur cellule pour partager la table du Commandant. Posté dans un coin, l’aide de camps de Guernefer – ou son laquais – veille au bon déroulé du repas de son maître et rempli les verres d’un excellent vin. Guidées par la langue habile du Commandant Hyabu, les discussions vont bon train sur le sujet des anciennes valeurs de la vieille République – « mais la compassion ne gagne pas les batailles, jeune homme » indique Guernefer à Zayne, grand idéalisateur des temps anciens. Disert sur ses origines, Guernefer indique que son peuple guerrier a adhéré à la République par choix et y a développé une culture de l’honneur très poussée. Désormais neutre dans les conflits galactiques, son peuple préfère une mise à l’écart sous la domination impériale, qui n’est de son point de vue que la continuation de la République, et s’adonne à une poésie méditative permettant de juguler les instincts et pulsions. Huyabu s’engage à laisser la vie sauve aux deux hommes, et en retour, Guernefer jure solennellement de ne porter atteinte ni à la cause, ni à l’équipage du Commandant.

Ayant pris congé, Meera a repris ses recherches dans les bases de données enchevêtrées et cachées de la base. Son travail est cependant troublé par une alerte discrète signalant qu’on accède aux systèmes de la base de l’extérieur, pour y télécharger différentes données sur l’activité récente de la base. Meera comprend qu’on pourra y trouver les objets de ses recherches et les archives de surveillance des locaux. Puis les portes du hangar sont enclenchées, tandis qu’un des pods d’atterrissage de chasseur TIE entre en rotation. Meera enclenche une alarme pour prévenir ses compagnons, qui accourent au plus vite. Soudain, un droïde surgit de sous le pod d’atterrissage et enclenche des fusées de propulsion en direction des portes en cours d’ouverture.


Le droïde drone file au loin.

Instinctivement, Hyabu, Zayne et Alto se lancent dans une course effrénée vers le transport YT-2400, renommé « Lespi Aigle » par le Commandant sous l’impulsion d’une intuition éthylique. Les portes sont désormais suffisamment ouvertes pour laisser le droïde prendre la fuite, tandis que les coureurs commencent à s’installer à leurs postes dans le vaisseau. Hyabu initie alors un démarrage en trombe et réussit une manœuvre particulièrement intimidante pour passer en biais au travers des portes à l’ouverture laborieuse. Malgré les objets qui valdinguent dans tous les sens, Alto a déjà activé la tourelle dorsale du vaisseau et endommage le droïde, mais pas suffisamment pour entraver sa fuite. Il faut toute l’habileté de Hyabu pour coller à sa cible et offrir un angle optimal à Alto, qui abat sa cible. 

Hélas, Meera a détecté des communications entre le droïde et un maillage de satellites autour de la planète, et suggère d’intervenir au plus vite avant le déclenchement d’une communication à longue distance. Ciblant un satellite central dans le maillage, Zayne parvient à brouiller ses émissions. Lancé à une vitesse élevée, le vaisseau atteint rapidement sa cible, mais Alto ne peut le détruire seule. Laissant les commandes à Zayne, Hyabu se jette alors dans la tourelle ventrale et abat le satellite. Meera constate toutefois qu’il a pu émettre un fragment de message avant d’être détruit. Sur ses recommandations, Zayne enfile un scaphandre et va récupérer les débris de l’engin, pour y isoler ses éléments de stockage d’information.

Dès le retour du vaisseau à la base, Meera se lance dans l’interrogatoire des archives du satellite. Elle maugrée contre elle-même et sa négligence de ne pas avoir pu détecter la présence de ces drones dans la base, et de ne pas avoir dressé un pare-feu plus efficace. Le visage suant, des mèches de cheveux collés sur le front, Meera n’est plus que l’ombre d’elle-même, et son énervement va en s’accentuant à mesure qu’elle découvre les informations qui ont pu être émises : images tirées des caméras de sécurité de la base, données de recherches sur d’anciens bagnards (Cornell), visages semble-t-il repérés dans des bases de données de recherche (Meera, Hyabu), fragments de conversations enregistrées via des microphones discrets… Un message d’alerte a pu être envoyé via un astéroïde relai du secteur, qui doit ensuite expédier un droïde drone vers la planète Cona, patrie des Arconas, et située dans la bordure Extérieure… à l’entrée du secteur Kadraan. Meera déduit que ce droïde correspond à une boite aux lettres morte et qu’il doit sans doute être récupéré physiquement une fois qu’il aura atteint sa destination.

Alors que l’équipage discute de la suite à donner à cette découverte qui pourraient définitivement les inciter à rejoindre le secteur Kadraan, un message d’alerte fait irruption : il s’agit d’une procédure de vérification impériale de routine, sans doute enclenchée par un appareil en orbite. Meera fait le choix de bloquer la communication, indiquant donc une présence. Il faut se résoudre à une évacuation en urgence, qu’Alto prend en charge, faisait sortir les transporteur YT-2400 et les deux X-Wing, puis faisant charger un minimum de ravitaillement au plus vite. Pendant ce temps, Zayne récupère tant bien que mal un droïde de combat, qui est à son tour chargé à bord du transporteur. Enfin, Hyabu renvoie les deux X-Wing avec la base Nouvel Espoir, avec le Colonel Vendrix, puis il libère Eugene Guernefer et son acolyte. Guernefer remercie le Commandant pour son hospitalité, et pour lui avoir rendu tout son équipement, puis lui confie la garde de la créature noiraude - puisque cela semble l'intéresser (comme un hommage discret à l'équipage disparate désormais sous la garde Pyi?). On s’échange des vœux de bonne continuation avant que les chasseurs TIE antiques ne filent discrètement au loin.

Prêt à partir!

Meera veut tenter le maximum pour effacer tous les enregistrements de la base – voire la détruire. Elle pense tenir une possibilité en induisant une surcharge fatale des générateurs de la base. Malgré les appels désormais pressants d’Alto à rejoindre le transporteur, elle s’échine sur son terminal informatique et finit par identifier une procédure de destruction de la base – 3 minutes au compteur… Elle n’a pas le temps d’entamer son retour au vaisseau qu’un message de demande d’identification se fait déjà entendre, tandis qu’Alto repère aux senseurs une nuée de chasseurs TIE se dirigeant vers Dissidence.

C’est un nouveau départ en trombe pour « L’Espi-Aigle ». Plongeant dans le couvert nuageux entre le sommet du haut plateau et l’épaisse jungle, Hyabu tente de gagner du temps pour permettre à Meera de mettre en œuvre ses talents, et elle détecte immédiatement la trace de sortie de l’hyper-espace d’un transport Golan de chasseurs TIE. Il faut donc s’attendre à au moins une douzaine d’adversaires… Hyabu virevolte au mieux pour tenir la distance, tandis que Meera calcule un vecteur de sortie, sous le cadencement des tirs de tourelles d’Alto qui abat les chasseurs un à un avec une précision de métronome. Il faut toutefois essuyer plusieurs salves précises des pilotes impériaux, et Zayne doit passer d’un bord à l’autre du navire pour abroger une surcharge ou placer une rustine sur un éclat de coque. 

Une nuée d'ennemis...

Le vecteur est enfin chargé par Meera, et Hyabu peut faire jaillir son vaisseau à la verticale à travers les épais nuages. La course-poursuite vers la sortie de l’atmosphère est brève, et Hyabu peut enfin abattre le levier permettant un saut en hyper-espace vers la première destination identifiée par Meera, en direction du secteur Kadraan. Toutefois, son œil aiguisé n’a pas pu manquer le scan du transpondeur effectué par le transport Golan – ce navire ne sera désormais plus anonyme aux yeux des forces impériales…


Nouveau départ


Session Star Wars #50

Date : 20-Sep-2021


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui a un plan

Meera, qui déniche des informations intrigantes 

Cornell Quantarus, qui apprécie d’obtenir des réponses à ses questions

Aqualto Fudah (‘Alto’), prête à abandonner une base

Zayne Bentaroo, qui montre de l’empathie pour une pauvre créature


Lieu(x) :

Innton II, système Innton, secteur de Sluis (Colonies)



Quelques semaines plus tard…


L’Empire galactique règne sans partage.

Des planètes les plus peuplées, aux astéroïdes les plus reculés, il n’est pas un lieu dans la galaxie qui ne connaisse la domination de l’Empereur et de son âme damnée : l'infâme Seigneur Vador.

A présent, le Sénat Impérial est définitivement privé de ses anciens pouvoirs. Quant à ceux de l’empereur, ils sont sans limite. Le vieil homme semble le jouet d’une cour de moffs devenus les réels maîtres des débris de l’Ancienne République.

On parle de déportations d’espèces extraterrestres jugées inutiles, de camps de travaux forcés aux conditions inhumaines, de systèmes entiers abandonnant leur indépendance à des gouverneurs régionaux tout puissants... et des rumeurs, étouffées tant bien que mal, de massacres de masses de peuples séditieux. 

Dans l’ombre de cette oppression, les rescapés du désastre d’Alioren emmenés par le vaillant commandant Yabu cherchent des refuges, de vieilles bases abandonnées, afin de planifier leurs prochaine action : leur contre-attaque !

Cette bande de pirates, de mercenaires, ce ramassis de parjures, semblent être les derniers espoirs de liberté d’une galaxie plongée dans une tyrannie brutale.


La situation actuelle

Le colonel Vendrix, l’agent de renseignement exfiltré sur Alioren, a donné la localisation de deux bases impériales. Les deux unités de logistique qui les occupaient ont été annihilées dans un raid de la Reine Pirate il y a 10 ans. Il est détenteur de codes impériaux récents. C’est un atout très précieux.

Le Colonel Vendrix.

Le piège d’Alioren a écrasé la Rébellion. La commodore Hamild et sa navette Hammerhead ont été capturées dans un rayon tracteur par le croiseur Interdictor d’Alioren. On n’a plus aucune nouvelle de l’Agent Fulcrum (Asoka Tano). 

Asoka Tano, dite Fulcrum.

On ne sait pas ce qu’est devenu Suljo Warde. Heureusement, on pouvait compter sur la belle et courageuse Pilote/espionne Taléo pour attendre l’équipage de Hyabu au point de rendez-vous, et organiser une fuite très rapide vers Kinyen. 


La tumultueuse Taléo.


Du côté impérial : le Seigneur Vador a quitté le secteur de Borméo. Le Moff Viedt fait régner la terreur sur la route commerciale de Hybna, en menant une guerre sans pitié contre les contrebandiers. Le Moff Siénar assoit un pouvoir pacifié dans le secteur Borméo. Anté Kathova et ses alliées devraient être sur Coruscant, l’Holocron semble bien loin à présent…


Base Nouvel Espoir

Le reste de la chasse rebelle :

• 1 Transport d’escorte modifié de type Quasar Fire, le NOVA ONE. Commandé par le Technicien Nerg Mansk. 

• 7 prototypes Chasseurs de tête Z-95 AF4-H en cours de modification. Commandés par Rod Damiani, ex-pilote de courses de pod.

• 15 ailes X, escadron rouge. Très endommagés, et commandés par Porkins Jens dit « Porky ».

• 6 ailes Y, dépareillés. Mal armés. Pas très bien pilotés. Le leader semble être un tandorien au nom imprononçable « Stviak ». 

• 2 bombardiers lourds Tempest H-60. Non armés. Pas de pilotes et transportés dans le transport d’escorte.



L’équipage du Commandant Hyabu s’est mis au vert quelques semaines sur une planète agricole policée du secteur des Colonies, comme escorte du Colonel Vendrix, et ce après un arrêt à la base Nouvel Espoir, dans la bordure extérieure (amas de Trilog, secteur Sumitra). Le Commandant y a pris le contrôle d’un transport léger YT-2400 et peut compter sur le support de deux X-Wing.

La petite escouade est bien décidée à explorer le secteur Sluis pour évaluer une base impérial abandonnée sur Innton II – d’après les informations du Colonel Vendrix. Chaudement vêtus et équipés de masques respiratoires, les membres de l’équipage ont entrepris durant 3 jours la montée vers l’entrée de la base Dissidence, située sur le sommet d’un haut plateau de sable rouge et parsemé de plaques de neige. La base semble déserte, les lourdes portes blindées fermées, et comme surveillée par une géante gazeuse en surplomb dans le ciel. Tout en bas, l’équipe a délaissé ses vaisseaux camouflés dans une jungle épaisse. 

Dans le sifflement du vent, le souffle un peu court, Alto est prise d’un vertige qui la fige un instant. Des couloirs larges, décorés de statues de marbre… Une chanson entrainante et joyeuse dans la tête… Pourtant, quelqu’un est mort, et cette musique semble indécente dans les circonstances… Et qui est ce vieil homme rassurant qui lui demande des conseils sur la marche à suivre ?

Sortant de sa torpeur, Alto découvre ses compagnons devant la console de contrôle de la porte blindée. Vendrix en détient évidemment le code d’accès, permettant à tous de découvrir un immense hangar où pourraient loger leurs vaisseaux, ainsi qu’une escadrille de chasseurs TIE. D’ailleurs, deux chasseurs TIE âgés se trouvent encore dans le hangar, protégé par une batterie turbolaser active – quelqu’un, ici ? S’habituant à la pénombre, le groupe devine en effet de la lumière provenant du fond du hangar, par-delà une grande verrière surplombant leur position – sans doute le centre de commandement de la base abandonnée. 

Les vieux réflexes prennent le dessus. Hyabu et Meera fondent sur les chasseurs TIE. Dans le premier, un mug de café au contenu déjà froid, des dessins d’enfant et une photo de famille collée sur la paroi du cockpit. Dans le second, pas de décoration, seul un fusil laser antique et quelques affaires empaquetées dans un luxueux sac de cuir. Par précaution, Meera lance des maintenances informatiques pour « occuper » les appareils quelques temps. Puis elle fouille dans la mémoire des appareils pour y dégotter les plans de vol récent, découvrant qu’ils proviennent d’une base impériale locale située à environ 6h de vol.

Pendant ce temps, Cornell, Zayne et Alto progressent dans la base en évitant et détournant au mieux les caméras de sécurité, pour enfin atteindre le local technique illuminé où s’affaire un droïde de logistique occupé à gérer des enregistrements de données. Au-delà, deux voix semblent échanger sur une vidéo en cours en visionnage, générant parfois des éclats de rire. Ces voix proviennent de deux personnages intrigants, postés dans la cafétéria de la base, et accompagnés d’une créature simiesque à la peau sombre, courte sur patte, tenue en laisse, et encombrée par un lourd paquetage dorsal. Le premier homme, à la corpulence rondouillarde, est affublé d’un ensemble de vêtements évoquant une tenue d’explorateur d’un autre temps. Le second, plus âgé semble-t-il, présente un aspect à la fois plus élégant et plus martial, avec un grand sabre énergétique au côté. Tous deux sont occupés à suivre et commenter un enregistrement vidéo. Un pistolet blaster incroyablement façonné est déposé sur une table à l’écart.

Surgissant par surprise, Cornell tient en joue le groupe, avec le soutien de ses comparses. L’homme âgé prend un teint rouge et dévoile des sortes de branchies sur les côtés de son cou. Il semble intérieurement furieux de s’être laissé prendre au piège avec tant de facilité, et doit se démettre de son sabre et d’un étrange boitier qu’il décrit comme étant un explosif puissant. La créature noirâtre est ouvertement apeurée, mais Zayne s’approche avec douceur pour le rassurer en l’amadouant avec un peu de nourriture hyper-processée. Questionné, l’homme rondouillard affirme être un scientifique travaillant sur la faune locale. D’abord confus et empêtré dans ses dénégations mensongères, l’homme âgé fini par céder aux questions pressantes de Cornell et indique s’appeler Eugene Guernefer. 

Sur ces entrefaites, le Commandant Hyabu fait son entrée dans la cafétéria. Après les présentations d’usage, Hyabu annonce être un chef rebelle non soumis à l’autorité impériale. Voilà qui suscite à la fois le mépris et l’admiration d’Eugene Guernefer, qui admet être soumis à l’Empire mais estimer également le courage dont fait preuve le groupe. Confirmant son activité scientifique, Guernefer explique étudier les races extraterrestres du secteur, et notamment celle à laquelle appartient leur animal de compagnie et dont la vidéo en cours de visionnage montre des congénères soumis à des expériences comportementales de la part de scientifiques impériaux. Commentant la vidéo, Guernefer précise que cette espèce était effectivement un sujet d’étude de cette base il y a plusieurs années, d’où leur présence aujourd’hui pour accéder à ces archives. Visionnant la vidéo, l’équipage est troublé par le matériel technique de haut niveau, rappelant l’équipement vu dans les laboratoires de Chandritech, sur la colonie de Gandanta… Dissidence serait-elle une ancienne base du Premier Ordre ?

Après avoir énoncé quelques excuses protocolaires, Hyabu ordonne qu’on enferme Guernefer et son factotum dans une cellule, pendant que l’on réfléchira à leur cas. A vrai dire, Vendrix est partisan d’une solution définitive à leur encontre, mais la majeure partie de l’équipage refuse cette éventualité pour le moment. Seul Cornell semble l’envisager, car la présence d’intrus cautionne de beaucoup l’éventualité d’un recyclage de cette base au profit de la Rébellion. Alto est d’accord, et en conclue donc qu’il vaudrait mieux quitter l’endroit dès maintenant. Mais Hyabu a d‘autres plans pour Guernefer – un potentiel allié de valeur dans ce secteur...

Comme toujours portée sur les beaux artefacts anciens, Meera porte son attention sur l’étonnant blaster antique. C’est ouvertement une vieille arme de famille, à la technologie non-identifiée. Étrange arme en effet, qui ne présente pas de charge amovible. Pour Hyabu, il s’agit presque d’un jouet certes beau mais inutile. Après quelques instants, Meera fait l’hypothèse que cette arme pourrait tirer son énergie de son porteur, mais pour une raison qui lui échappe, Hyabu ne peut en faire usage. Par contre, Cornell fait un test concluant, générant un faisceau énergétique puissant qui pulvérise un rocher à l’extérieur de la base. S’agirait-il d’une ancienne technologie liée à l’usage de la Force… ?

Alto a rejoint le Colonel Vendrix au poste de commandement pour y entamer une inspection de routine. Personne ne semble avoir mis les pieds dans cette base depuis au moins deux ans – si ce n’est Guernefer et son accompagnateur. Toutefois, Alto doit admettre rapidement ses limites techniques et fait appel à Meera pour fouiller plus en avant les archives informatiques de la base, en passant différents niveaux de sécurité. Le registre d’activité est organisé de manière similaire à celui de la base de Chandritech. Meera y découvre une liste impressionnante de matériel et de données techniques ayant transité ici de manière discrète, avant un envoi vers le secteur Kadraan du Pacha Yunkaï… C’est une très haute densité de matériel et de navires qui est passé par Dissidence, du matériel expérimental de haute technologie ayant été assemblé ou rassemblé ici avant expédition. D’ailleurs, en creusant un peu plus, Meera comprend que Dissidence n’était pas le seul endroit avec ce type d’activité « cachée ». De vieux codes d’accès vers le secteur Kadraan sont d’ailleurs toujours disponibles…

Le groupe est désormais face à un dilemme. Tout à son intention de faire adhérer Guernefer à sa cause, Hyabu ignore les mises en garde de Cornell et Alto sur l’usage potentiel de Dissidence et la sécurisation désormais impossible de la base. D’ailleurs, ne faudrait-il pas porter leur attention sur la piste de l’arme indiquée par Mon Mothma, et dont le lien supposé avec le Premier Ordre se renforce encore après les dernières découvertes de Meera ? Le pilot emprisonné dans les prisons du Pacha et a priori capable de guider un vaisseau vers le site de l’arme en question est-il encore en vie ?



mercredi 15 septembre 2021

Qui a tué Lord Ulbrinter?


 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 

Tengrim Copperplate, Le nain qui ressent le dédale des souterrains sous la ville

 

Kri Shanu, Le moine qui mène l’enquête au grand jour

 

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui doute que les choses soient aussi simples qu’elles apparaissent

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui sait ménager la susceptibilité des autorités

 

 

Les héros reprennent l’enquête sur la mort de Lord Ulbrinter en se rendant sur les lieux du drame. La vie trépidante des rues d’Eauprofonde a repris son cours et a presque déjà fait disparaître toute trace du drame. Heureusement la réputation des aventuriers les a précédés et la foule de curieux qui s’attroupe autour des célèbres héros du nord attire à eux tous les témoins qui se font une joie de leur relater dans les moindres détails le tragique accident. Lord Ulbrinter sortait d’un pas pressé d’une ruelle perpendiculaire à l’avenue quand une calèche le faucha à pleine vitesse, traînant son corps jusque devant l’échoppe d’un cordonnier avant que le cheval fou n’entraine l’attelage à l’autre bout de la ville, ne s’arrêtant qu’une fois complètement épuisé.

L’impasse de laquelle a émergé Ulbrinter ne donne que sur des arrière-cours où les cordes à linges surplombent les ordures que les aubergistes du quartier y déposent.

Aucun d’eux n’a vu Lord Ulbrinter parmi leurs clients ce jour-là et il n’y a aucune raison pour qu’il se soit embarqué dans une traversée compliquée faite d’escalade de clôtures et de pataugeage dans la boue alors qu’une rue parallèle lui aurait permis de faire le même chemin sans encombre à peine quelques mètres plus loin.


Les rues d'Eauprofonde


La piste les mène ensuite vers la compagnie de fiacres impliquée dans l’accident. Son propriétaire est catastrophé d’être impliqué dans la mort d’un aristocrate aussi renommé que Lord Ulbrinter Il craint que la justice ne le désigne comme coupable et le conduise à la ruine. Les héros le rassurent en lui faisant comprendre qu’ils pensent qu’il est lui aussi la victime du complot qui a coûté la vie à leur ami. Le cocher demi-orc qui conduisait la calèche ce jour-là ne sait pas quelle mouche a piqué son cheval qui s’est toujours montré placide dans la frénésie des boulevards aquafondais. Il venait de déposer une veuve chez elle et avait du quitter les rênes pour aider la vieille dame à descendre, ce qui l’a empêché de calmer l’animal quand celui-ci a rué. Il ne l’a retrouvé que plusieurs heures plus tard, l’écume au lèvres et tout boiteux. Ildur s’intéresse de plus près à la blessure de l’animal. Il constate qu’il ne s’est pas abîmé la patte dans sa cavalcade mais que la coupure a été faite par un poinçon sûrement couvert d’un poison virulent vu l’aspect des bords de la plaie. C’est la douleur intense causée par la substance qui a causé son emballement et qui explique qu’il ait mis tant de temps à s’arrêter.

Sûrs désormais qu’ils ont la preuve qu’il ne s’agit pas d’un accident, les héros se présentent au poste des vigiles du quartier chargés de l’enquête pour faire part de leurs découvertes. Un halfling replet un peu boudiné dans son uniforme les y accueille avec enthousiasme. Lui aussi a entendu parler de leurs exploits et il les assaille de questions sur leur sauvetage d’Elturel les yeux emplis d’admiration. Le lieutenant en charge du dossier est en revanche beaucoup moins ravi de les voir débarquer de nulle part pour remettre ainsi en cause son travail.


Les vigiles


D’autant plus que celui-ci a été mené avec une rigueur exemplaire. Le ton mesuré de Rka parvient vite à effacer la vexation du vigile et à le convaincre que les héros ne cherchent rien d’autre qu’à s’assurer que justice sera bien rendue par égard pour la veuve de Lord Ulbrinter.   Le lieutenant accepte de leur faire la faveur de les laisser lire son rapport. Toutes les preuves que les aventuriers pensaient avoir découvert en premier y sont consignées en détail et semblent désigner un règlement de comptes entre cochers concurrents dont Lord Ulbrinter n’aurait été que la victime collatérale. Il y a pourtant quelque chose qui chiffonne Tengrim dans la description minutieuse du corps tel qu’il a été trouvé. Le terrible choc qui a réduit son crâne en bouillie n’a laissé qu’une minuscule marre de sang aux alentours. Le nain a déjà vu ce genre de blessures sur le champ de bataille et il sait que la rue aurait du être maculée dans des proportions bien plus importantes que le minutieux enquêteur n’aurait sûrement pas omis de préciser dans sa description. D’après le nain, il n’y a qu’une seule explication, Lord Ulbrinter a été tué bien avant de se faire renverser par la calèche et l’accident n’est qu’une mise en scène pour dissimuler son assassinat.

 

Les héros viennent faire part de leurs découvertes à Remalia dont la peine semble soudain moins lourde à porter grâce à l’espoir de faire payer les assassins de son époux. Ses soupçons se portent principalement sur Albrecht Gant et ses fils dont ses amis ont surveillé les allées et venues à la demande des aventuriers. Le vieil aristocrate suit comme à son habitude son irréprochable routine, alternant les rendez-vous d’affaire et les visites au Temple de Siamorphe pour préparer sa prochaine grande réception où tout le gotha viendra se montrer dans les jardins de son palais tandis que quelques dizaines de chanceux issus des plus misérables journaliers des faubourgs auront l’honneur de bénéficier de la charité du grand homme qui leur fera don des restes du banquets qu’ils pourront déguster en compagnie des domestiques. Amrik, le fils cadet, se livre quant à lui à une activité moins reluisante, que son père peut désapprouver aussi publiquement qu’officieusement. 


Amrik


Il pratique en effet l’usure depuis un bateau converti en taverne sur le port, la Lanterne Flottante. Toujours flanqué de Hrabbaz, son garde du corps demi-orc, il y reçoit ses débiteurs à qui il prête de l’argent à des taux officiellement honorables mais dont les dettes s’accompagnent de contreparties en nature de bien plus grande valeur qui offrent à Amrik un réseau d’influence tentaculaire à travers toute la ville et même au-delà, tout en bénéficiant d’une impunité totale vis-à-vis de la loi.

A l’inverse, Thurstwell, l’ainé et héritier présomptif de la fortune familiale, ne quitte pas le manoir somptueux que les Gant possèdent en plein cœur du quartier maritime qui surplombe la ville du haut des falaises. Discret, intelligent, doué pour les affaires, Thurstwell aurait déjà pu prendre la succession de son père s’il n’avait pas un terrible point faible. Il a contracté une irrésistible addiction au Ziran, une drogue concoctée à partir de champignons qui ne poussent que dans l’outreterre. La substance est pratiquement introuvable à la surface mais on murmure qu’on peut s’en procurer à Skullport, l’enclave interlope cachée au cœur de Montprofond où se retrouvent tous les pires malandrins de la côte pour mener leurs affaires louches à l’abri du regard des autorités d’Eaurpofonde. 


Thurstwell


Les aventuriers soupçonnent donc qu’il a un moyen discret de rejoindre les profondeurs depuis la luxueuse demeure dont il ne sort quasiment jamais. Une exploration minutieuse des égouts qui la jouxtent ne fait que confirmer que ce n’est pas par là qu’il passe. La guilde des égoutiers y passe trop régulièrement pour entretenir les canalisations et un passage secret y serait trop vite découvert. Pourtant Tengrim sent sous ses pieds les souterrains du donjon d’Halaster qui quadrillent le sous-sol du quartier et son instinct de nain est formel, il y a forcément un accès direct entre le manoir et Montprofond. Mais pour le trouver il leur faudrait y descendre par des chemins moins balisés, soit en dénichant un guide à la solde du Xanathar dans les tavernes louches du quartier des docks, soit en tentant de s’y aventurer par eux-mêmes à partir du puits qui y plonge depuis la fameuse taverne du Portail Béant.

samedi 11 septembre 2021

Bouquet final


Session Star Wars #49

Date : 12-Oct-2020


Avec :

Le Commandant Hyabu, qui se sent trahi

Meera, qui en dévoile plus qu’elle n’aurait souhaité

Cornell Quantarus, dont l’intuition sauve une vie chère à tous

Aqualto Fudah (‘Alto’), qui retrouve une très ancienne connaissance

Zayne Bentaroo, qui fait enrager un adversaire coriace 


Lieu(x) :

Planète Alioren, secteur de Bormeo


Malgré l’ambiance a priori festive du Bal d’Alioren, la sourde présence de l’Inquisiteur Galen envahi l’atmosphère du dôme géant – du moins pour celles et ceux qui peuvent la ressentir. L’équipage du Commandant Hyabu est désormais prêt. En position à l’entrée du stand de propagande impériale, Meera et Cornell surveillent la progression du Colonel Vendrix vers le point de rendez-vous, et soufflent de frustration en voyant sa marche entravée par un vieil officier et sa femme replète, qui l’alpaguent d’un air enjoué. Dans les casques de Stormtrooper, Alto et Meera entendent maintenant des appels lancés à des escouades pour gérer un « problème dans le secteur 2 » – là où se situent les systèmes vitaux de la base, sous le dôme – et bientôt des bruits de combats mêlés aux vrombissements typiques d’un sabre laser se font entendre dans les comlinks impériaux.

Il faut agir rapidement. Sous son uniforme du Lieutenant Bengo, Cornell se lance dans la salle pour dégager Vendrix de sa gluante compagnie, lui déclarant d’un air sibyllin que « tout est sous contrôle ». Le colonel peut le suivre d’un pas rapide vers le stand pour y retrouver tout l’équipage. Un échange d’uniforme a lieu, pour rendre autant anonyme que possible l’officier impérial renégat – et laisser derrière le groupe des restes qui pourront peut-être attester de sa tragique disparition suite aux explosifs évènements à venir. Chacun prend son poste : Alto et Zayne entament la découpe du sol, Clark Dass et Fenwep Vedjsont disposent et activent leurs charges, tandis que Hyabu, Meera et Cornell se concentrent pour protéger le reste de l’escouade rebelle « au cas où ». Grand bien leur a pris, car Galen semble avoir senti dans l’air ce qui se trame, intimant l’ordre à un groupe de Stormtroopers de le suivre d’un pas tonique vers le stand. A-t-il repéré la présence d’Alto, avec qui il avait engagé un bref combat sur Kashyyyk ? Cette dernière doit en tout cas mobiliser tout son sang-froid pour repousser un accès de terreur brute qui lui semblait personnellement adressé…


Stands sous le Dôme d'Alioren.


Un mot de Meera suffit et le plan de diversion se met instantanément en route. Des fumigènes sont lancés allègrement aux alentours, tandis que le stand commence à essuyer un déferlement de tirs imprécis, auxquels répondent le barrage de Hyabu, Meera et Cornell. Malgré l’épaisse fumée qui transforme en ombres toutes les silhouettes paniquées des visiteurs du Dôme, le contrebandier parvient à sérieusement endommager l’armure de Galen, qui doit s’appuyer un bref instant sur l’épaule d’un soldat impérial, comme surpris par ce qui vient de lui arriver, avant de poursuivre sa route. Son chemin est à nouveau entravé par l’arc vicieux de Meera, dont le tir est dévié par le sabre laser de l’Inquisiteur de plus en plus furieux par l’opposition qui lui fait face et l’envahissante brume dans laquelle ses adversaires se dérobent.


Autour du stand ComPORN impérial


Le bloc de béton du sol cède enfin au découpage en règle opéré depuis quelques minutes par Alto et Zayne, et toute la troupe peut enfin s’engager en rappel dans la pénombre du sous-sol. Couvrant la fuite de Clark et Fenwep, Zayne ne suit pas le groupe pour sciemment bloquer le passage à Galen, qui le provoque en duel. Jouant la montre, le jeune padawan prend une posture défensive qui déclenche la rage de l’Inquisiteur. A sa grande surprise, Galen entend Zayne hurler un « Maintenant ! » et ne peut que constater que son adversaire se projette alors de manière surhumaine à travers la pièce sur des dizaines de mètres, en direction des ascenseurs. Cachée dans un recoin du sous-sol, Meera presse le détonateur qui déclenche la gigantesque explosion du stand impérial. Abasourdi, Galen se retrouve au sol dans les restes de sa cape brûlée, avant de réaliser que Zayne est déjà dans un ascenseur dont les portes se ferment. Réagissant alors immédiatement, l’Inquisiteur use de la Force pour lancer une caisse entre les portes de l’ascenseur, mais les pouvoirs de Zayne lui permettent de la bloquer au dernier moment. Les portes se referment et permettent à Zayne de filer vers les niveaux inférieurs, tandis que le fracas de la caisse s’écrasant contre les portes couvre à peine le hurlement de dépit de Galen.

Duel au sommet


Mais une horde de Stormtroopers s’est déjà lancée à la poursuite des fuyards, oubliant de fouiller la grande salle abandonnée – et passablement endommagée par la chute de son plafond – où se cache Meera. Se fiant aux vieux plans préalablement étudiés, le groupe se dirige en toute hâte vers le tarmac de la base, en empruntant un dédale de couloirs abandonnées, d’escaliers à peine éclairés par la lumière blanchâtre du sabre d’Alto et de gaines techniques oubliées – métaphore quasiment métaphysique du long cheminement tortueux et alambiqué du l’équipage depuis ces derniers mois. Inutile de se fondre dans la masse avec leurs uniformes impériaux : la couverture est grillée, si on en croit les messages échangés sur le canal général des casques impériaux. Dans ce cas, il n’y a plus de gêne à avoir : Hyabu lance un détonateur thermique dans l’escalier, histoire de clore définitivement tout débat avec leurs éventuels poursuivants. 

Dans les entrailles du Dôme


Enfin, Cornell peut dégager un sas d’accès au tarmac, pour découvrir que la base elle-même semble devoir se défendre contre une attaque, à en croire les tirs de turbolasers vers l’espace. Le groupe est immédiatement sorti de sa torpeur contemplatrice par la Toygruta de la vision d’Alto – Fulcrum ! –, accompagnée par un vieux droïde Astromech, et tenant fermement deux sabres laser blancs. Elle se détend en voyant Alto, range ses armes, attrape l’épaule de la jeune Mirialan – qui semble plongée dans un état second – et lui lance « C’est bon de te revoir ! ». Avant même qu’Alto ne puisse lui balbutier des questions pressantes, Fulcrum intime l’ordre à l’ensemble du groupe – que Zayne a rattrapé –de la suivre vers son navire, le « Twillight ». D’un commun accord, les deux artificiers rebelles Clark et Fenwep montent déjà à bord du vaisseau, à l’entrée duquel se tient le second de Fulcrum – un xéno au pelage bleu et à l’air revêche, maugréant contre cette « mission taxi ». Avant de monter à son tour, Fulcrum confie à Hyabu son second navire, un pathfinder nommé « Le Vaillant », ainsi que Chopper, son droïde Astromech. Charge au Commandant de convoyer le Colonel Vendrix au point de rendez-vous, tandis qu’elle ira sur le navire de la Reine Pirate récupérer « l’arme ». Parle-t-elle de la sonde clone ? de Suljo Warde ? d’autre chose ? Sous la canonnade ambiante, le temps manque hélas pour en savoir plus, mais Fulcrum jure à Alto que viendra plus tard un temps pour les questions et les réponses. 

Dans les profondeurs de la base, Meera doit retrouver seule le reste de son équipage. Se fiant à sa mémoire infaillible, la Chiss a pu rejoindre un de ses couloirs de service donnant accès aux innombrables vestiaires de la coursive d’accès du tarmac. Comme connecté à elle par un lien télépathique ténu, Cornell a, l’espace d’un instant, la fugace vision de Meera émergeant derrière les gigantesques verrières de la coursive que tout l’équipage a empruntée à son arrivée, tandis que « Le Vaillant » entame sa procédure de décollage. Meera a maintenant enlevé son armure pour revêtir une robe rose assortie à un court manteau froufroutant. Rassurée, elle peut s’engager dans la coursive mais constate avec déplaisir que la foule paniquée qui s’y presse est filtrée par un barrage de soldats vindicatifs. Sur un ton trahissant le stress de la troupe, des ordres sont aboyés pour que humains et xénos se répartissent sur deux files, et que tous les couvre-chefs soient ôtés. A son tour, Meera se fait la réflexion que les choses sont en train de se complexifier pour son cas, d’autant plus que toute retraite est désormais inutile, à en croire les soldats qui ont entamés une fouille minutieuse des vestiaires. 

C’est un Galen de fort mauvaise humeur qui rejoint désormais l’extrémité de la coursive, pour hurler sur les Stromtroopers pétrifiés qu’on lui amène tout ce qui a une peau de couleur bleue ou verte, et les petits xénos volants… Sa voix s’éteint lorsque son regard se pose sur la Chiss – qui recule pour s’adosser à la verrière. Un sourire carnassier se dessine sur le visage du jeune homme : cette fois, l’Inquisiteur ne laissera pas sa proie s’échapper. Manipulant les flux de Force environnants, il saisit Meera et l’attire à lui de manière irrépressible, pour finalement la menacer de son sabre laser crépitant, l’œil mauvais. En voilà au moins déjà une qu’il pourra définitivement rayer de la liste des empêcheurs de tourner en rond qui lui empoisonnent la vie depuis plusieurs semaines.

Suivant les indications de Cornell, « Le Vaillant » apparaît brusquement derrière la verrière, le sas d’accès grand ouvert, Zayne se tenant devant ses compagnons pour récupérer Meera. Mais pour une fois, Galen ne se laisse pas surprendre et il n’a aucune hésitation lorsqu’il abat son sabre à travers le torse de la Chiss – soutirant des hurlements au reste de l’équipage. Mais son sabre ne fait que traverser des organes qui n’existent pas, et Galen reste figé, comme désarçonné par l’absence de réaction tangible de Meera. La repoussant comme un vulgaire pantin, il scrute la large blessure qu’il lui a occasionné, et les connectiques électroniques et autres jets de liquide verdâtre qui s’en échappent de manière obscène – une androïde, qui plus est très sophistiquée ! L’espace d’un instant, l’incompréhension qui se lit sur le visage de Galen fige le temps, que l’équipage du Commandant Hyabu met immédiatement à profit pour tirer leur précieuse camarade de ce très mauvais pas.

En poste sur la tourelle de canons lasers, Alto détruit sans état d’âme la verrière, exposant tous les occupants aux gaz toxiques de l’atmosphère industrielle d’Alioren. Toujours au sol, Meera en profite pour simultanément déclencher une surcharge de son bras mécanique, qui s’ouvre telle un bouquet de fleurs mécaniques et rougeoyantes provenant d’un autre monde, pour finir par projeter tous ses adversaires au loin. D’un pas leste, elle s’élance alors dans le vide en direction du vaisseau, tandis que Zayne active ses pouvoirs pour l’attirer à elle, la récupérant au dernier moment d’une manœuvre habile. C’est jeu d’enfant pour Hyabu désormais, l’équipage est au complet et prêt à prendre la poudre d’escampette vers la prochaine destination que lui indiquera le droïde Chopper. Le vaisseau est déjà loin quand Galen reboutonne sa veste d’un air sombre et résigné.


Fuite de l'inhospitalière Alioren


Alto a déjà quitté son poste pour envelopper Meera dans sa couverture fétiche, celle dont elle se revêt au petit matin quand Meera leur prépare deux tasses de thé. Le bras tremblant, le corps barbouillé d’éclats et de liquides incongrus, la blessée – autant physiquement que psychiquement – laisse éclater sa colère contre elle-même, comme humiliée par un échec personnel majeur. A la fois soulagée de voir Meera fidèle à elle-même et sonnée par ce qui vient de se jouer, Alto rejoint le reste de l’équipage, qui évalue nerveusement la situation. A vrai dire, les choses se présentent mal : un massif combat spatial est à son paroxysme. Le croiseur Venator de la Reine Pirate subit les assauts farouches d’une horde de chasseurs TIE et d’un Destroyer, qui ont déjà abattu un cuirassé Hammerhead, en chute libre vers Alioren. Plus loin, une frégate corellienne et son escorte s’attaquent de manière désespérée à un croiseur, isolé du reste de la flotte impériale, bizarrement en retrait autour d’un étrange destroyer non-identifiable. 


Assaut sur le navire de la Reine Pirate


Suivant dans son imagination la trace du « Twillight » vers le Venator, Alto propose de suivre Fulcrum pour profiter de l’occasion et sauver Suljo Warde. Prenant énormément sur lui, Zayne décline cette option, arguant que l’équipage a une autre mission à remplir et que le moment n’est pas aux actions d’éclat – quand bien même se serait la vie de son père qui serait en jeu. Concluant les débats, Hyabu ne peut que lancer un « On dégage, les Jedis ! », d’un air peiné. Chacun sent bien que le vieux Maître emprisonné vit sans doute là ses derniers instants, piégé dans le Venator que la Reine Pirate a en toute connaissance de cause plongé dans une embuscade mortelle. Déjà, Chopper injecte les coordonnées du point de rendez-vous dans le navordinateur, mais Meera rejoint le cockpit en déclarant que « ce n’est pas un travail pour un droïde ! ». 

Entre temps, le Commandant Hyabu s’est connecté aux communications rebelles et prête une oreille attentive aux échanges entre les différents combattants. Leader Or annonce un arrêt de l’attaque pour se replier, mais la vieille Mary donne un contrordre cinglant, relevant le chef d’escadrille de ses fonctions en pleine bataille ! C’est est trop pour le Commandant Hyabu. D’une voix de stentor, il ordonne un regroupement dans son sillage des restes de la chasse rebelle et prend la tête de ceux voulant rompre l’assaut, pour sauver ce qui peut encore l’être. Mais l’emprise de la Reine Pirate doit encore être puissante, et il ne peut lancer un mouvement d’ampleur. Toutefois, intrigué par l’inquiétant croiseur non-identifié – on apprendra plus tard qu’il s’agit d’un navire de classe Interdictor – et par la tactique suggérant un artifice bloquant la fuite de la flotte rebelle, Hyabu ordonne de le torpiller à outrance, tandis que Meera transmet des vecteurs d’attaque optimaux.


"Le Vaillant" à la manoeuvre 


Le sentiment du devoir accompli, Hyabu s’écarte de la zone des combats et se prépare à son saut pour exfiltrer le Colonel Vendrix. Au loin, le Destroyer engagé par le Venator est en perdition, mais le navire de la Reine Pirate est également très sérieusement amoché. Alors que la situation ne semble pas encore désespérée pour le navire amiral rebelle, un énorme croiseur de combat Vindicator surgit brusquement de l’hyperespace et engage immédiatement la Reine Pirate : le Seigneur Vador passe personnellement à l’action… Le Venator se lance alors dans une manœuvre d’échappement, qui semble fonctionner à en croire la distance qui accroît entre les deux navires, mais quelque chose semble clocher lorsqu’il faut passer l’Interdictor… bientôt, quelques petits vaisseaux quittent le Venator. Quelques secondes plus tard, l’équipage ne peut que constater, sous le choc, l’explosion de ce qui fut le fleuron de la flotte rebelle dans cette zone de la Galaxie, avant que Hyabu ne lance le saut en hyperespace.


Dernière vision du Venator


Alors que la tension retombe enfin d’un cran parmi l’équipage, Meera souffre ouvertement et sa respiration mécanique, sifflante, renforce le malaise de Hyabu. On lit dans son regard un trouble, mélange de tristesse et de ressentiment face à ce qu’il vit peut-être comme une trahison personnelle. Mais rien ne sera échangé entre les deux anciens amants. Tandis que Zayne lui injecte un stimpack en premier secours, Meera est désormais plongée dans son esprit. Elle seule peut entendre des notes de musiques, des notes et la voix du Pacha Yunkaï, qui lui hurle de se concentrer sur son clavier...

jeudi 8 juillet 2021

Le Conseil d'Eauprofonde

 


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 12

 

Avec

 

Thormund Sombracier, Le barbare qui n’apprécie pas qu’on n’écoute pas ses avertissements

 

Kri Shanu, Le moine qui comprend ce que devenir un dragon veut dire

 

Arias Letho Mortegueule, Le chasseur de mage qui dit aux seigneurs ce qu’ils veulent entendre

 

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui doit être attaché pour lutter contre ses pulsions

 

Faerdhallarlasar "Rka" Muulkennirrhialiandeth, le drakéide qui a des lacunes dans sa connaissance des dieux de Faerun

 

 

Elturel a retrouvé sa place sur les rives de la Chiontar mais la cité est ruinée et le désespoir grandit parmi sa population malgré le secours qui arrive chaque jour depuis Baldur’s Gate. Sans l’aide des Poings Enflammés, la famine se serait déjà installée car l’Elturgard n’est plus, démantelé par la faute de la trahison des Compagnons. Iriaebor est désormais sous la coupe des forces du Zhentarim de la Forteresse Noire, Berdusk panse encore ses plaies tandis que Scornubel a elle aussi été mise à sac. Ce ne sont pas des diables qui ont fondu sur la ville-caravansérail mais un vol de dragons au service du culte. Le butin que les tiamatistes ont saisi est énorme mais c’est surtout le sort des innombrables captifs qu’ils ont saisi qui est inquiétant. Ces milliers de malheureux ne se sont pourtant pas volatilisés et les héros mettraient leur main à couper qu’ils ont sûrement été trainés à travers le portail du bois des dents acérés jusqu’à la vallée du Nexus.

Au fil des jours, les rumeurs d’autres attaques un peu partout le long de la côte des épées leur parviennent. Aucune n’a l’ampleur de celle de Scornubel mais à nouveau on parle de dragons ainsi que d’étranges démons draconiques dont la description n’est pas sans rappeler les abishaiis qui nichaient sur la tour d’Arkhan dans le domaine de Tiamat en Avernus.


les réfugiés auprès des ruines d'Elturel



 

Les héros font ce qu’ils peuvent pour remonter le moral de la population qui est rassurée de savoir que les sauveurs de la cité sont encore parmi eux. Kri s’entoure même d’un groupe de disciples avec qui il partage la sérénité nouvelle que son passage en enfer lui a permis de trouver. Mais l’amoncellement des mauvaises nouvelles pousse de plus en plus d’habitants à quitter Elturel pour tenter leur chance ailleurs. La citadelle se referme autour des coffres d’Elturgard à nouveau scellés et il est désormais temps de songer à reprendre la lutte contre les menées du culte.

C’est justement ce sujet que le duc Ulder Ravengard demande aux héros de venir aborder devant le conseil d’Eauprofonde où seront réunis les membres les plus importants de l’alliance des seigneurs. Onthar Frume se joindra aussi aux débats au nom de l’ordre du Gantelet car l’aura de sainteté qui l’entoure depuis sa résurrection a dissipé son ancienne réputation de soudard pour en faire le parfait porte-parole des défenseurs du bien.

Avant de suivre la route du commerce pour remonter jusqu’à Eauprofonde, les aventuriers ont cependant quelques points à éclaircir entre eux. Rka leur révèle ce que sa vision véritable lui a montré pendant sa métamorphose angélique. Il confirme tout d’abord que l’âme d’Ildur semble avoir été arrachée à son corps qui ne lui est apparu que comme une coquille vide. Serait-elle donc bien enfermée dans sa mystérieuse bougie comme l’avait suggéré Mad Maggie lors de leur première rencontre ?

Quant à Arias, le drakéide l’a découvert sous une apparence encore inédite qu’il partage au reste du groupe en la dessinant par magie dans les airs. L’illusion montre un jeune noble, le teint pâle, assez frêle, les cheveux blancs, l'air timide, portant une riche tenue survêtue d'une veste bleu sombre sur laquelle est cousu un griffon d'or portant un sceau entre ses griffes, trois croissants rouges, les pointes tournées vers la droite, sur fond bleu-noir strié d'or, le tout cerné d'une chaîne dorée de diamants,et il serre dans sa main un pendentif en forme de triangle encadrant un tourbillon de volutes de fumées dont la signification échappe totalement au paladin. Arias reconnait l’homme qu’a vu Rka. Il s’agit d’un certain Ender Darowdryn, un individu mystérieux qui a permis au chasseur de mage de se libérer de l’emprise du baron Thuragar en échange de ses services occasionnels. Il leur montre une figurine de griffon d’or qui serait le signe de reconnaissance qu’il présente aux autres serviteurs de Darowdryn. En revanche, Arias semble complètement inconscient qu’il partage son corps avec ceux-ci et les allusions de ses compagnons pour le lui faire comprendre ne rencontrent aucun écho.

Enfin les héros se décident à faire une expérience qu’ils ont maintes fois repoussée jusqu’ici. L’un d’eux va devoir enfiler le masque du dragon noir afin d’en apprendre plus sur les pouvoirs de l’artefact. Ildur est disqualifié d’office et devra même être enchainé pour éviter qu’il ne tente encore de s’enfuir avec l’objet. Thormund reste muet face à la proposition, Errtu ne souhaite sans doute pas risquer de révéler ses plans à la déesse. Les multiples visages d’Arias ont érodé la confiance que ses compagnons placent en lui et ils préfèrent donc ne pas lui confier la tâche d’affronter les pouvoirs du masque. Rka aurait sûrement la force de les dompter mais l’idée d’entretenir un contact aussi intime avec la némésis du dieu qu’il révère le répugne au plus haut point. C’est donc Kri qui est choisi puisque personne ne doute qu’il saura garder un contrôle absolu de lui-même comme il l’a fait lors de leur séjour en enfer où il fut le seul à surmonter l’horrible fatigue qui a tenaillé tous les autres.


Le visage de Kri portant le masque

Le moine fait le vide dans son esprit et approche le masque de son visage. Les écailles d’émail noir semblent prendre vie en s’ajustant autour de ses tempes. Le masque pulse et s’anime. La gueule se garnit de crocs suintant l’acide. Les orbites squelettiques s’éclairent d’une paire d’yeux jaunes fendus par le milieu. La chair et le masque fusionnent et le moine se voit littéralement doté d’une tête de dragon noir quasiment identique à celle de Rezmir, la précédente porteuse du masque. De son côté, Kri sent une insondable puissance l’envahir qui l’élève au rang d’un véritable dragon. Sa compréhension du monde s’étend ne manière incalculable, il saisit enfin toute l’étendue du gouffre qui sépare les grands wyrms des fragiles humanoïdes qui s’agitent dans leurs éphémères existences. La maîtrise mentale du moine est heureusement à la hauteur des attentes et il parvient à arracher le masque de son visage avant d’être emporté par la bouffée de mégalomanie qui l’a assailli. En dehors des attributs draconiques qu’il donne à son porteur, l’objet a donc pour qualité principale de permettre de parler d’égal à égal avec un dragon, ce qui explique que les wyrmspeakers ait pu rallier autant d’entre eux à leur cause en aussi peu de temps. En revanche, contrairement à ce que les aventuriers craignaient, il ne crée aucun lien télépathique avec les autres porteurs et il ne sera d’aucune utilité pour surprendre les pensées des dirigeants du culte à leur insu.

 

Rassérénés après ces différentes mises au point, les héros se mettent en route vers Eauprofonde entourés de la bande de va-nu-pieds illuminés qui ont rejoint la communauté de Kri. Ils y débarquent trois semaines plus tard depuis le navire qui les a transportés depuis Baldur’s Gate. Ils prennent leurs quartiers dans la somptueuse demeure de Lord Ulbrinter, mais l’ambiance qu’ils y trouvent y est bien sombre car Lady Remalia Haventree dont le charme solaire les avait enchantés la fois précédente est aujourd’hui une veuve éplorée. Son époux a succombé dans un tragique accident, renversé par une calèche dont les chevaux s’étaient emballés. Du moins est-ce là la version officielle car Remalia est persuadée qu’il a été assassiné parce qu’il était sur le point de mettre au jour l’implication d’Albrecht Gant avec le culte du dragon de manière si définitive que même la protection de son cher ami Lord Neverember n’aurait pu le disculper. Il venait juste de retrouver la trace de Vaelish Gant qui a été aperçu au pont de Boareskyr il y a quelques jours, mais ses meurtriers se sont assurés qu’il ne puisse pas le poursuivre plus avant en le faisant piétiner si violemment que son crâne a été réduit en pulpe, interdisant ainsi toute possibilité de résurrection. Elle implore les héros de continuer l’œuvre de son époux pour qu’il ne soit pas mort en vain.

 



Dagult Neverember



Le lendemain, les personnalités les plus importantes de la côte des épées et du nord sont rassemblées dans la grande salle du conseil d'Eauprofonde. Sur l'estrade centrale se tient lord Dagult Neverember, seigneur démasqué d'Eauprofonde et lord protecteur de Neverwinter. Derrière lui se tiennent en retrait les seize autres seigneurs masqués dont il est le porte-parole. A sa droite, Ulder Ravengard attend avec impatience que les héros prennent la parole tandis que Taern Hornblade, l'ancien dirigeant de Silverymoon compulse ses notes d'un air distrait. De l'autre côté, le vieux roi de Mithril Hall, Connerad Brawnanvil, représente les nains de Gauntlgrym, tandis que le jeune prince Alagarthas parlera pour son père, le roi Melandrach, souverain des elfes sylvains de la grande forêt.  

le prince Alagarthas

Aux côtés des héros se tiennent aussi leur ami Onthar Frume pour l'Ordre du Gantelet et Sire Isteval de Lathandre, l'un des héros les plus renommés du Nord dont la présence loin de sa retraite de Daggerford reste pour l'instant un mystère.  

 

Le duc de Baldur's Gate est le premier à prendre la parole. Il se lance dans une harangue enflammée pour dénoncer la menace grandissante du culte du dragon que l’alliance des seigneurs se doit de prendre au sérieux. Il appelle les héros à témoigner dans ce sens et à rappeler tout ce qu'ils ont déjà du affronter, des déprédations au Valbise au siège de Berdusk en passant par l'attaque avortée sur Goldenfields depuis Skyreach Castle, pour finir par la terrible descente aux enfers d'Elturel. Malgré leur récit de première main de ces effroyables évènements, lord Neverember ne paraît pas particulièrement catastrophé. Il regrette certes le sac de Scornubel et la dissolution de l'Elturgard mais il ne semble pas convaincu qu'une telle calamité puisse toucher Eauprofonde, d'autant plus que la cité est protégée par un champ magique impénétrable pour les dragons. Les attaques et les pillages des adorateurs draconiques sont une nuisance indéniable mais il ne considère pas qu'elle nécessite de lever le ban et l’arrière-ban pour la régler.   

Alagarthas approuve ses conclusions en affirmant que son père a fait le nécessaire pour faire cesser les troubles aux abords de la grande forêt et que le royaume des elfes sylvains a retrouvé la paix, mais ses arguments sont loin de convaincre les héros qui le soupçonnent de cacher quelque chose.

Connerad Brawnanvil


L'ambassadeur Brawnanvil déclare que dans ces conditions, les nains s'occuperont eux aussi de leurs propres affaires et continueront de rebâtir leurs défenses que leur récente guerre contre les elfes noirs a mis à rude épreuve.  


La question du projet d'invocation de Tiamat par ses cultistes est ensuite abordée par Taern Hornblade. Il confirme que les érudits de l'université d'Ollam ont déterminé que les fragments de rituel trouvés entre les mains des sorciers rouges sont effectivement bien destinés à amener la déesse sur Faerun et a même le potentiel d'y parvenir.  Cependant les spécialistes des arcanes des plans extérieurs sont formels, Tiamat est indissociable de la prison qu'est devenu son domaine et aucun rituel aussi puissant soit il ne peut briser les chaînes dont Asmodée a entravé la reine des dragons.  

Taern Hornblade


Onthar Frume fait ensuite une brève déclaration pour apporter son soutien à Ulder Ravengard. L'ordre du Gantelet se tient prêt à se mobiliser et à frapper telle l'ost divine là où se terrent les serviteurs du mal. Puis sire Isteval s’avance. Il vient délivrer un message de la part du Roi de Justice, le plus sage et le plus vénéré des dragons d’or ; malgré l’implication grandissante des dragons chromatiques, les dragons métalliques ne s’impliqueront pas aux côtés des humains dans la lutte qui s’annonce. Ils règleront le problème seuls si cela s’avère nécessaire, mais d’ici là il serait vain de tenter de les solliciter plus avant. En souvenir des batailles qu’ils ont mené côte à côte, le paladin a accepté de relayer cet étonnant message, mais il est persuadé que cette rebuffade précoce cache quelque chose car cela ne ressemble en rien au comportement des dragons qu’il a connu autrefois.

 

Sire Isteval

Lord Neverember conclue les débats en balayant d’un revers de la main les soupçons que les héros montrent envers son ami Albrecht Gant et en refusant de mobiliser la puissance militaire d’Eauprofonde aux côtés de celle de Baldur’s Gate pour le moment, préférant faire confiance à ses espions et à des braves comme les héros du Nord pour déjouer les plans du culte. Le duc Ravengard frappe du poing sur la table en admonestant son homologue aquafondais pour son aveuglement avant de quitter la salle en furie. Les autres délégués prennent également congé et le prince Alagarthas accepte que les héros se joignent à lui pour pouvoir constater par eux-même que tout va bien au royaume des elfes. Il partira dans trois jours et les aventuriers comptent bien mettre ce temps à profit pour amener devant la justice les assassins d’Arthagast Ulbrinter.