jeudi 14 février 2019

Les Fantômes de la Tour d'Iniarv


Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 8

Avec


Balak Charon Taâl dit le Crinti, le demi-drow dont l'élégance est mise à rude épreuve par le marais

Finnlay Galindan, Le druide qui oublie de se métamorphoser
Tengrim Copperplate, Le nain qui sait faire parler les vieilles pierres

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui est parti à la recherche du druide disparu 



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La course d'Ildur laisse un sillon d'éclaboussures dans l'eau saumâtre du marais des morts. Hors d'haleine, il aperçoit enfin la pâle lueur rougeâtre du feu de tourbe du campement de ses compagnons, lui redonnant l'espoir de trouver du renfort pour faire face à ses poursuivants. Derrière lui cinq hommes lézards à la peau squameuse et grisâtre fendent la surface du marécage, la vase dans laquelle le ranger s'enfonce ne semblant absolument pas les ralentir. Anticipant l'arrivée de son ami, Tengrim se porte en embuscade pour intercepter les monstres qui sont à ses trousses. Lorsqu'il surgit du rideau des branches tombantes du saule derrière lequel il se cachait, aucune surprise ne s'affiche sur le visage reptilien de ses adversaires. Trois d'entre eux engagent immédiatement le combat en brandissant des armes rouillées probablement pillées dans l'un des antiques tombeaux qui constellent le marais. Malgré leur âge évident, leurs boucliers restent suffisamment solides pour dévier les coups de Jotunbane, les blasons à demi effacés qu'ils arborent rappelant les royaumes humains oubliés qui s'étendaient sur la région avant qu'elle ne soit avalée par les marécages.



Ildur attire les deux autres hommes lézards jusqu'au cœur de la petite ruine derrière laquelle le bivouac est installé. Il esquive leurs coups en les prenant à contrepied. Ses poignards avides volent de leurs fourreaux pour plonger dans la gorge du premier et alors qu'il expire sans un bruit, une étrange vapeur monte de son cadavre pour être aspirée par son comparse dont la vigueur redouble. Lorsqu'il tombe à son tour le même phénomène se produit et sa force vitale vient renforcer l'homme lézard le plus proche encore aux prises avec Tengrim. Un beuglement sinistre se fait entendre et aussitôt l'assurance habituelle de Bog Luck se décompose alors qu'il reconnait le cri du redoutable catoblépas. Il prononce le nom de la bête dans un murmure terrifié et tourne les talons pour disparaître dans la nuit. L'immonde créature émerge alors de la brume accompagnée d'une horrible odeur de charogne qui soulève le cœur du Crinti dans sa cachette. Obligé de relever la tête pour ne pas succomber à la nausée, il se retrouve nez à nez avec trois petites boules de lumières qui dansent au-dessus de lui. Il a tout juste le temps de se relever avant que les feux follets ne fondent sur lui, lui infligeant de cruelles brûlures. Plutôt que de tenter vainement de les détruire, il prononce une formule occulte qui le fait disparaître. Les feux follets zèbrent l'air autour de lui encore un instant, désorientés, avant de jeter leur dévolu sur Ildur qui paraît une cible bien plus facile. Ils tombent sur le ranger alors que celui-ci vient d'abattre le cavalier qui chevauchait le catoblépas sur lequel est également attaché Finnlay. Les attaques incessantes des lumineux morts-vivants l'empêchent cependant de continuer à venir en aide à Tengrim qui se trouve en fâcheuse posture après avoir eu le malheur de croiser le regard putréfiant du monstre. 


Un répugnant Catoblépas

Crachant encore la bile noirâtre qui lui a déchiré les entrailles, le nain recule face aux assauts du dernier homme lézard qui le défie encore de son trident édenté. Le prêtre qui mène la bande s'approche pour saisir les rênes du catoblépas et lancer d'un ordre atone ses derniers guerriers contre Ildur qui vient de mettre en fuite les feux follets peu habitués à affronter un adversaire capable de les blesser. Finnlay pendant ce temps luttait sans résultat pour essayer de se défaire de ses liens bien trop solides pour que ses maigres bras ne puissent les détendre. C'est donc avec une surprise non feinte qu'il se sent soudain glisser contre le flanc du catoblépas, ses liens tranchés ne le retenant plus. Cet instant d'étonnement donne malheureusement le temps au prêtre de s'apercevoir que son prisonnier s'échappe. Il invoque aussitôt trois squelettes qui surgissent de leur tombe boueuse pour tenter de s'emparer de Finnlay. Le demi-elfe échappe pourtant à leur étreinte en sautillant sur le dos du catoblépas. Agacé par ce remue-ménage sur son arrière train, la bête balaye le druide d'un revers de la lourde pointe osseuse de sa queue. 
A moitié assommé par le coup, Finnlay libère d'instinct un orbe d'acide qui explose à la face du prêtre. Ses écailles grisâtres grésillent là où la substance corrosive les recouvrent mais malgré la douleur qu'une telle blessure doit lui infliger, aucune émotion ne se lit sur sa face inhumaine. En réponse il pointe un doigt orné d'un anneau couvert de symboles de Myrkul, le dieu de la mort disparu pendant le temps des troubles, et un rayon de pure énergie nécrotique frappe Finnlay, consumant une bonne partie de sa force vitale. Alors que L'homme lézard va réitérer son geste pour achever le druide, son anneau lui est soudain arraché par la main invisible du Crinti qui, à peine réapparu, disparaît à nouveau en quelques bonds derrière un des arbres morts qui pourrissent autour d'eux. Tengrim rejoint alors la mêlée en pulvérisant les squelettes qui s'avançaient vers Finnlay, laissant les mains libres au druide pour invoquer un nouvel orbe chromatique qui brûle cette fois ci le flanc du catoblépas qui s'emballe sous l'effet de la douleur. Tengrim lui loge encore un coup alors qu'il se cabre, mais c'est une flèche d'Ildur qui abat le monstre, après que le ranger se soit débarrassé des trois hommes lézards qui avaient tenter de le déloger de sa position. Désarçonné le prêtre en profite pour plonger sous l'eau noire du marais à l'abri de laquelle il parvient à s'enfuir, suivi de ses feux follets dont l'invisibilité n'empêche pas le Crinti de les détecter par l'entremise de son anneau nouvellement acquis. 

Un anneau de Myrkul

Craignant que l'homme lézard ne revienne avec des renforts, les aventuriers décident de lever le camp dès les premières lueurs de l'aube. Ildur a pris suffisamment d'assurance dans les marais pour les guider jusqu'à l'ancienne route dont le tracé submergé par l'eau saumâtre reste bien plus praticable que les marécages qui l'entourent. D'après les maigres indications de Bog Luck, Château Naerytar ne devrait pas se trouver très loin. C'est donc sans surprise qu'ils découvrent les hauts murs d'une antique redoute qui se découpent dans la brume au sommet d'un promontoire à quelque distance de là. La journée tirant à sa fin, ils gardent une certaine prudence et rebroussent chemin pour établir leur campement hors de vue des éventuels habitants du lieu. 
Le lendemain ils reprennent leur approche, enveloppés d'un manteau de brume contrôlé par Finnlay. Se sachant ainsi indétectable, le Crinti relâche sa vigilance et prend quelques libertés avec les consignes de marche d'Ildur et se retrouve presque aussitôt en difficulté. Le temps que ses compagnons comprennent ce qui se passe, il s'est déjà enfoncé jusqu'à la taille dans le piège des sables mouvants. Les tentatives pour l'en sortir en lui lançant une corde ne font qu'aggraver les choses et sa situation semble tout à fait désespérée quand Finnlay parvient enfin à se connecter à l'esprit du marais pour forcer la boue à recracher sa victime. Le Crinti remonte alors lentement à la surface, couvert de vase jusqu'au menton. Le druide fait profiter de sa trouvaille à tout le groupe qui peut alors galoper sans encombre à la surface des eaux troubles jusqu'au pied du château. 



Le pont levis en est remonté et l'entrée est donc inaccessible. En revanche une large brèche dans le flanc de la muraille permet de passer dans la cour intérieure dévastée. Même si ces dégradations semblent très anciennes Tengrim remarque immédiatement qu'elles sont le résultat d'une attaque particulièrement violente qui a éventré les fortifications depuis l'extérieur. Le Crinti frissonne un instant en imaginant quelle créature a pu laisser des marques de griffes aussi profondes dans la pierre et surtout quelle bile odieuse a ainsi rongé les créneaux derrière lesquels ont vainement tenté de se protéger les défenseurs du lieu. Ildur continue la fouille des ruines qui sont bel et bien abandonnées. Il semble qu'une sorte de crypte soit creusée sous le donjon, mais l'escalier qui y mène est barré d'une lourde grille d'acier derrière laquelle des tonnes de gravats ont été entassés pour définitivement empêcher quiconque de pénétrer dans le sous-sol. A la recherche d'indices sur les évènements qui se sont déroulés dans cet endroit, le Crinti arpente la cour et finit par y déterrer un vieux casque mangé de rouille sur lequel on distingue encore le symbole sacré de Heaume, le dieu des gardiens. L'objet ne semble plus avoir aucune valeur et le demi-drow le jette sans autre forme de procès. Mais comme le casque roule sur le sol, un étrange écho s'élève autour des aventuriers, comme si la muraille s'écroulait à nouveau dans un fracas assourdi. Puis ce sont des cris de terreur et de sanglants bruits de bataille qui se répercutent dans toute la cour. Une angoisse suffocante les étreint alors que les fantômes de la garnison heaumite revivent les tourments de leur violente agonie sous leurs yeux impuissants. Grâce à l'anneau de Myrkul qu'il porte au doigt, le Crinti parvient encore à trouver son souffle au milieu des visions des guerriers qui se dissolvent sous un torrent d'acide fumant et il est le seul à entendre l'ultime supplique que le capitaine des prêtres défunts lui adresse :

 "Pourquoi nous avez-vous abandonnés ? Pourquoi avez-vous cru le dragon à double face ? Pourquoi ne venez-vous pas nous délivrer ?" 


Les prêtres sans repos du dieu des gardiens

Cette dernière parole sonne comme un coup de poing à l'estomac pour le Crinti qui tombe à la renverse contre ses compagnons. Encore tremblants de l'effroi surnaturel qui les a saisis, ils sont à nouveau seuls dans la cour vide. Quoiqu'ils commencent à douter sérieusement qu'un lieu hanté comme celui-ci puisse être le repaire du culte du dragon dans la région, ils décident de finir quand même leur exploration pour en avoir le cœur net. Tengrim découvre la marque du bâtisseur de la tour qui avait été érigée pour le compte d'Iniarv, l'archimage royal de l'antique principauté d'Uthtower qui selon la légende fut celui qui déchaîna la magie destructrice qui noya la région sous les flots et qui est encore aujourd'hui responsable de l'avancée du marais vers l'intérieur des terres. A l'étage ils découvrent les restes de la chapelle où les prêtres de Heaume priaient leur dieu. En dehors de l'autel recouvert de mousse il n'en reste quasiment rien, la toiture en ayant été arrachée il y a bien longtemps, livrant le lieu de recueillement aux ravages des intempéries. Les aventuriers sont sur le point de faire demi-tour quand une voix sortie de nulle part les interpelle :

 "Eh bien voilà qui est surprenant, les visiteurs ne s'attardent pas d'habitude après avoir assisté à un tel spectacle. C'est que vous devez avoir des choses bien importantes à accomplir pour ne pas avoir détalé. Alors, que venez-vous donc chercher dans mon marais ?"


Une menace sourde emplit ces derniers mots, mais le Crinti y répond de son meilleur ton de commerçant, sans laisser paraître la moindre trace d'inquiétude face à leur invisible interlocuteur. Choisissant d'opter pour une certaine franchise savamment dosée d'omissions, il annonce qu'ils sont à la recherche de Château Naerytar dont la propriétaire doit leur rendre quelques comptes. A l'évocation de Rezmir, la voix désincarnée se fait plus sifflante et le demi-drow comprend sans peine qu'un contentieux certain pèse entre eux. Elle ne tarde donc pas à leur proposer un marché, elle peut les mener à leur destination et même leur fournir la garantie de se faire des alliés sur place. En échange elle ne veut qu'une chose toute simple, que les héros lui rapportent le crâne de Chardansearavitriol, l'ancien maître du marais des morts qui aurait réussi à transcender sa forme de dracoliche pour accéder à la divinité. 
Un disque de tissu d'un noir insondable apparaît alors dans l'air et flotte doucement vers le sol tel une feuille morte. Il se déroule sans bruit sur les lattes moisies du plancher et lorsque le dernier pli de la soie disparaît le cercle parfait de l'étoffe fait place à un impossible gouffre sans fond subitement creusé à travers la structure de la tour. L'inquiétante voix reprend alors : 

"et quand vous aurez mis la main sur les ossements colossaux de mon prédécesseur, voici de quoi me les rapporter. Glissez les dans ce trou portable, une fois replié il ne pèsera guère plus qu'un poids insignifiant qui devrait bien être à votre mesure" 

Piqué par ce ton condescendant, le Crinti tente de renverser le cours de la négociation en répliquant sur le même registre arrogant. Mais sa manœuvre ne parvient qu'à vexer son interlocuteur qui écrase définitivement ses espoirs de reprendre l'ascendant en révélant sa véritable nature. Le bout de ciel pâle découpé dans la toiture arrachée de la tour est alors totalement obscurci par la titanesque silhouette d'un dragon noir perché juste au-dessus d'eux. De longs filets d'acide fumant dégoulinent entre ses crocs alors qu'il abaisse sa face squelettique sur laquelle brûle une rage froide.


Voaraghamanthar se révèle
La terreur que cette vision instille dans le cœur des héros coupe net leurs velléités de contestation alors que le terrible Voaraghamanthar leur rappelle de sa voix sifflante que leur survie n'est qu'un effet de sa bonté et que s'ils ne savent pas lui être utile, il trouvera aisément à les remplacer maintenant que la nouvelle route s'apprête à déverser un flot continu d'aventuriers en quête de trésors dans le marais. Seule la perspective qu'ils aillent compliquer les plans de Rezmir le pousse à leur offrir une deuxième chance d'accepter ses conditions. Pesant rapidement le pour et le contre de la situation, les héros prennent le risque d'accepter le marché, en espérant que leur inquiétant allié de circonstance tiendra sa parole et ne leur réservera pas le même sort qu'aux malheureux Heaumites qui hantent encore les ruines de la Tour d'Iniarv. 


lundi 4 février 2019

De Charybde en Scylla



Session Star Wars #17

Date : 29-Jan-2019

Avec :
Nir Stone, qui a livré des bribes de son passé
Piy Zagzoad, toujours prêt pour l’action
Meera, qui sait quand il faut « vider » un lieu
Cornell Quantarus, toujours prêt à défier ses adversaires
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui ne supporte pas de voir ses compagnons menacés
Zayne Bentaroo, dont le sabre laser montre des faiblesses


Lieu(x) :
Auria, système Agazis


Le Rokh est en route vers un mystérieux point de rendez-vous programmé par le Capitaine Hyabu, en vue de récupérer son « Rokh 0 » laissé au clou il y a quelques temps. Cette destination théorique est toutefois contrecarrée par plusieurs éléments. Tout d’abord, le départ pour le moins précipité de la surface de Kashyyk a fortement secoué l’ensemble de l‘équipage, et Hyabu a sombré dans l’inconscience après avoir été violemment projeté contre un élément de la cabine de pilotage. De plus, le sénateur Istara – déjà affaibli par son grand âge et son surpoids évident – et son fils montrent des signes d’agitation manifestes, ce qui pousse DD-13 et Nir à tenter de les raisonner, puis d’opter pour l’injection d’une dose de sédatif. Enfin, et c’est sans doute le plus préoccupant, le Rokh montre des signes évidents de faiblesse à peine colmatés par Zayne, alors que de multiples alarmes résonnent dans le vaisseau et que l’odeur d’ozone diffusée par le module hyperdrive atteint un niveau insupportable.

C’est donc à peine après quelques minutes de trajet que Meera doit se résoudre à déclencher une procédure de sortie d’urgence de l’hyper-espace pour pouvoir constater le niveau des avaries et trouver un moyen d’effectuer des réparations. La sortie se déroule dans un fracas assourdissant, témoignant de la désintégration partielle du navire, qui a en effet perdu une partie de son fuselage arrière, et notamment le module hyperdrive et le transpondeur associé. Alors que le silence revient dans la carlingue, et que le reste du vaisseau semble tenir le choc à vitesse sublumique, l’équipage se lance dans l’analyse des environs. Le soleil double du système associé à une planète minérale bleutée intrigue Meera, qui croit reconnaître le système Agazis et la planète Auria. Elle se remémore que la planète Auria est exploitée pour ses minéraux, notamment par un pénitencier minier situé en orbite. Devant la gravité de leur situation, les membres de l’équipage décident de progresser vers la colonie pénitentiaire, d’où émerge une navette de ravitaillement qui passe rapidement en hyperespace. Cela procurera un peu de temps à chacun pour refaire peau neuve, puis d’échafauder un plan d’approche.



L'ancienne station Golan reconvertie en colonie pénitentiaire.


Après une douche et un changement de vêtements (toujours souillés pour ceux passés par les conduites d’égout sous l’astroport de Kashyyk), le groupe se rassemble autour de la table du mess. Zayne en profite pour demander à Nir de confirmer son identité. Il est effectivement le Nir Octavion mentionné dans la liste des Jedis portés disparus, et ce après sa fuite de l’Académie Jedi de Coruscant 30 ans auparavant. Il a pu bénéficier jeune de l’enseignement de nombreux maîtres prestigieux, dont le maître Yoda déjà mentionné par Alto et Zayne. Nir précise qu’il n’avait à l’époque dû son salut qu’à l’influence manifeste de sa famille sur Coruscant, mais il a depuis perdu tout contact. Quand on lui fait remarquer que son apparence physique de jeune homme de 25 ans n’est pas en phase avec le déroulé de son récit, Nir avoue avoir passé quelques années en carbonite – d’où son pseudonyme de Nir Stone. Il pense que c’est le moyen que sa famille avait trouvé pour l’exfiltrer plus discrètement, puis fait promettre à tous de garder enfouis ces informations qui pourraient mettre toute sa famille en danger.

Il faut maintenant songer à peaufiner une stratégie pour se présenter à la colonie pénitentiaire. Toujours prompt à imaginer un plan audacieux, Piy propose de ne pas s’y rendre et de prendre plutôt d’assaut une navette de ravitaillement afin de fuir au plus vite. Considérant l’état du Rokh, cette proposition ne recueille pas l’assentiment du reste du groupe. Vexé, Piy annonce alors qu’il va entamer le chargement de la navette d’appoint du Rokh avec l’ensemble des possessions précieuses de l’équipage (notamment les crédits impériaux entassés dans le Rokh depuis l’arrêt sur Cato Neimodia). Pilotée par DD-13, la navette est ensuite déposée sur une lune du système (Agazis-5), où DD-13 attendra patiemment qu’un membre de l’équipage ne reprenne contact avec lui.

Cornell propose alors d’approcher la colonie pénitentiaire en s’appuyant sur la présence du sénateur, mais Nir remarque que l’aspect du Rokh et de son équipage est plus indicatif d’un groupe de pirates ayant procédé à un enlèvement… Un subterfuge émerge des esprits fertiles de l’équipage : Istara, pour une question d’honneur en lien avec un mariage arrangé que son fils a refusé en fuguant au loin (détail romantique finissant de convaincre Meera), a dû engager un équipage peu recommandable mais discret afin de récupérer son fils. Ce dernier s’est fortement endetté auprès du Soleil Noir lors de sa fuite vers Ord Mantell, et l’arrivée du groupe a semé le trouble, le Soleil Noir voyant là un investissement lucratif lui échapper. Cela a dégénéré en combat spatial, auquel le groupe a réchappé en fuyant au plus vite vers Kashyyk. Comble de malchance, une avarie sérieuse, conséquence dudit combat, a déclenché la sortie intempestive du vaisseau à quelques encablures seulement de Kashyyk, où un sosie du sénateur officie comme couverture.



Satisfait de son plan, l’équipage sort Istara et son fils de leur sédation avec l’aide des mains expertes de DD-13 et de son impressionnante collection de seringues. Le sénateur commence par réagir de manière très abrupte, fou de douleur à la vue de son fils endormi, et ouvertement encore très retourné par la perte de sa famille. Mais à force de persuasion, Istara consent au plan du groupe, en assurant que la vue de son écusson de sénateur suffira à leur ouvrir les portes du pénitencier. L’approche vers Auria touche maintenant à sa fin, et l’équipage peut à loisir observer les immenses tempêtes atmosphériques de poussières bleutées et les dessins gigantesques à la surface de la planète, uniques témoins d’une civilisation désormais disparue. Face à ce panorama, une ancienne station Golan fait effectivement office de colonie pénitentiaire à vocation minière, mais seules quelques navettes impériales en mauvais état y sont accrochées, témoignage d’une activité réduite de la colonie. Deux chasseurs TIE escortent la quasi-épave du Rokh vers un hangar après que Nir ait exposé la situation désespérée du navire. Préparant son débarquement, l’équipage rassemble les quelques maigres effets encore en sa possession, et Hyabu encore inconscient est placé sur un chariot roulant. De plus, Cornell demande à un Rocario rétif et au slicer Kaer Wade de se préparer également à quitter le navire.


Meera est prête pour infiltrer la station pénitentiaire.


Dans le hangar, un lieutenant impérial – à l’aspect négligé –et 6 stormtroopers attendent l’équipage au complet. Le sceau du sénateur Istara et les belles paroles de Nir et Cornell ne suffisent pas à échapper à une fouille en règle, mais bizarrement aucun interrogatoire n’a lieu, rendant caduque le subterfuge monté par l’équipage. Alors que le lieutenant va ouvrir le sabre laser de Zayne, Cornell n’a d’autre choix que de lui « demander » de rendre l’objet et de conduire l’ensemble de l’équipage vers un autre hangar contenant un vaisseau utilisable. Le lieutenant s’exécute, déclenchant une vague d’incompréhension inhabituelle parmi les stormtroopers. Cornell doit intervenir à plusieurs reprises pour apaiser quelques soldats, mais sa dernière intervention rend très nerveux un garde qui le met en joue. Déjà très éprouvée par les évènements des dernières heures et ses nombreuses blessures, Alto ne peut réfréner une réaction immédiate pour éviter une issue qu’elle imagine fatale pour Cornell, et elle abat immédiatement deux stormtroopers de son sabre laser. Plus maître de ses nerfs, Meera préfère mettre hors de combat un fuyard d’un rayon paralysant, alors que les derniers combattants jettent leurs armes et enlèvent leurs casques.

Révélant un rasage laissant à désirer, des cheveux gras et longs, voire quelques tatouages répréhensibles, l’apparence des hommes va à l’encontre de tout se qui est attendu de la part de véritables soldats impériaux. Et pour cause : les hommes admettent très rapidement travailler pour le consortium de Zaal, agissant ici comme sous-traitant de la colonie pénitentiaire pour le compte de l’Empire. Ce dernier se désengage surtout d’une exploitation minière épuisée et quasiment à l’arrêt, comme en témoigne la taille réduite de la population incarcérée (moins de 30 prisonniers) et de la « garnison » (15 personnes). Branché sur le réseau de la station, Kaer Wade confirme les chiffres et valide également que le seul vaisseau équipé d’un hyperdrive sur la station est un VCX50 stocké dans un hangar non loin. Il s’agit du navire du capitaine de la station, un certain Rezo. Cornell, souhaitant négocier avec le capitaine Rezo, demande une entrevue dans le hangar du VCX50, mais il se retrouve confronté à un interlocuteur refusant d’une part de laisser échapper son vaisseau, et d’autre part plutôt enclin à capturer ceux qu’il reconnait comme les fuyards de Kashyyk, dont les ‘exploits’ ont été annoncés par un drone arrivé à la station il y a peu. Alors que Kaer Wade et Alto tentent de forcer l’accès au VCX50, la négociation entre Cornell et Rezo atteint un point de non-retour, et Cornell finit par déclarer que « Soit tu viens, soit on vient te chercher » avant que le capitaine de la station ne coupe la communication.

L’évolution de la situation ne dit rien qui vaille à Meera, qui intime l’ordre à tous de quitter au plus vite le hangar. Dans les secondes qui suivent, l’écran de protection est désactivé et le vide se fait dans le hangar, emportant Kaer Wade, Rocaro et les soldats encore présents. Alto ne peut que s’accrocher désespérément au VCX50, tandis que Cornell est emporté à son tour, se retenant juste à temps aux côtés d’Alto. La porte du hangar se ferme immédiatement, bloquant les deux Jedi à l’extérieur. Le souffle d’air se tarit rapidement et un froid glacé saisi les deux compagnons, mais il leur est maintenant aisé de se déplacer vers la porte, pendant que Nir et Zayne marchandent avec succès (sous la promesse miroitante des 180kC laissés avec DD-13) pour obtenir de Rezo la fermeture de l’écran et la survie de Cornell et Alto. Zayne et Alto doivent enfin réunir leurs forces pour découper au sabre laser la porte du hangar restée bloquée, mais Zayne endommage son sabre laser dans l’opération, le rendant inutilisable pour quelques temps... Le groupe opère un repli stratégique pour se mettre à l’abri d’une nouvelle ouverture intempestive de l’écran de protection, tandis que Meera explore les niveaux supérieurs, y découvrant la présence de quelques rares cellules occupées autour d’une large mezzanine circulaire.


Kaer Wade récupère des informations sur la station pénitentiaire.


Quant à Piy, il décide de retourner seul dans le hangar du Rokh pour y récupérer sa moto. Il y tombe nez à nez avec deux pseudo-stormtroopers, dont l’un lui lance une grenade, et des droïdes occupés à forcer l’accès au Rokh. Utilisant le corps d’un des soldats comme bouclier, Piy abat son comparse et se protège du souffle de l’explosion, avant d’éliminer les droïdes. Mais il n’a pas le temps de s’enthousiasmer de sa prouesse, car c’est à son tour de faire l’expérience de la mise sous vide du hangar... Muni du code d’accès, Piy peut rapidement monter à bord du Rokh, où il constate que l’épave refuse de redémarrer. Rassemblant ce qu’il peut d’explosifs encore à bord, et shuntant les derniers systèmes encore fonctionnels, Piy finit par piéger le Rokh, mettant en place un système de compte à rebours incertain. Dans l’attente des instructions de Meera, Piy se poste enfin à une tourelle du Rokh et se lance dans une destruction systématique des parois du hangar, se ménageant une porte de sortie avec sa moto quand cela s’avérera nécessaire…

De son côté, Cornell s’est concentré sur la voix de Rezo. Dans les méandres de la Force, il entrevoit quelques hommes nerveux, coincés dans une minuscule pièce de contrôle située tout en bas de la station. Meera propose alors de libérer les quelques prisonniers encore retenus et de les utiliser pour trouver une échappatoire, mais la majorité de l’équipage préfère tenter une action martiale au niveau du centre de contrôle. Dans une attitude résolue de défi, Cornell peut alors annoncer au capitaine Rezo que l’équipage vient le chercher dans son trou… La descente en ascenseur se fait dans une atmosphère tendue, mais Rezo n’a visiblement pas de contrôle sur cet équipement de la station. La troupe finit par atteindre la dernière porte la séparant de Rezo et de ses ultimes hommes. C’est alors que Piy annonce qu’un destroyer impérial vient de surgir de l’hyper-espace devant la station pénitentiaire. Chacun sait maintenant qu’un assaut impérial en règle aura lieu sur la station dans les minutes à venir…

dimanche 27 janvier 2019

Rendez-vous avec la peur


Session Star Wars #16

Date : 22-Jan-2019

Avec :
Hyabu, inflexible face au danger
Meera, dont le bras a tremblé face au côté obscur
Cornell Quantarus, dont l’esprit a été sondé
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui a été balayée par un adversaire bien supérieur


Lieu(x) :
Kashyyk


Réfugiés avant l’explosion à l’abri des eaux du lac bordant le site du générateur désormais dévasté, Cornell et Nir assistent impuissants à l’onde de choc qui balaye Alto. Alors que les débris finissent de retomber et que la fumée soulevée devient plus respirable, ils la rejoignent et constatent le niveau conséquent de ses blessures, les résidus de ses vêtements carbonisés mettant à mal sa pudeur. Confuse et faible, Alto n’en est qu’à peine consciente et ne peut protester quand Cornell la charge délicatement sur son épaule. Epaulé par Nir, il entame immédiatement la marche à travers la jungle pour rejoindre au plus vite la barge qui les a amenés jusqu’ici, mu par un sentiment d’urgence face au décompte de la remise en route du bouclier planétaire – à peine deux heures selon les dires du Sénateur Istara.

Ayant saisi l’intention de ses compagnons, Meera scanne le groupe de vaisseaux en approche, alors que Hyabu entame un cercle avec le chasseur TIE dérobé pour s’échapper de la clairière et forcer ses poursuivants à s’éloigner de ses compagnons à pied. Ce sont six chasseurs TIE qui fondent sur eux, dont deux, particulièrement véloces, arborent une forme et une couleur rouge très inhabituelles – sans aucun doute des prototypes expérimentaux [TIE Defender]. Après avoir mis suffisamment de distance entre lui et ses compagnons, Hyabu fait volte-face et retourne son chasseur face aux deux TIE prototypes. Une manœuvre de looping particulièrement audacieuse lui permet d’abattre un des deux adversaires, mais c’est sans compter sur le second, qui réplique en endommageant de manière irrémédiable le vaisseau de Hyabu et Meera. Malgré la mise hors service de tous ses senseurs, et des éclairs d’électricité statique parcourant ses panneaux de contrôles, Hyabu entame un mouvement en tonneau qui lui permet de reprendre le TIE en chasse et de le neutraliser quelques instants.


Un chasseur TIE expérimental croisé par Meera et Hyabu. 


Pressé par l’état de son chasseur, Hyabu profite de l’instant pour plonger avec brio sous le couvert arboré de la jungle de Kashyyk, alors qu’au loin semble se dérouler une bataille d’ampleur. Lorsque Hyabu parvient enfin à poser son TIE au pied d’un grand arbre, sous l’œil éberlué d’une famille Wookie, les autres TIE poursuivants semblent se désintéresser de leur proie initiale et continuent vers la bataille au loin. C’est le moment que choisit Meera pour enlacer son Capitaine et déposer un long baiser sur ses lèvres, faisant revivre une passion que l’on pensait éteinte. Émergeant de la quasi-épave du chasseur, Meera et Hyabu notent la présence d’une moto-jet dans les environs de l’arbre. Mais il faut compter avec un groupe de Wookie s’avançant vers les deux compagnons et exhibant qui une lourde masse, qui des cailloux acérés. Le groupe, sur ses gardes, semble toutefois attentiste après avoir constaté que ce ne sont pas deux impériaux qui émergent de la carcasse fumante, laissant tout loisir à Hyabu de se lancer dans une vaine négociation concernant l’échange de l’épave de TIE contre la moto-jet. La mention du nom d’Istara tend malheureusement la situation vers un point de non-retour, forçant Meera à pointer ses armes vers le groupe désormais belliqueux, mais des bombardements impériaux dans les environs déclenchent un mouvement de repli chez les Wookies. C’est donc sans accroc que Hyabu peut « emprunter » la moto-jet et se lancer dans la direction de l’astroport, Meera fermement agrippée à lui.


 Dans la jungle de Kashyyk.


De leur côté, Cornell et Nir rejoignent enfin la barge, après de multiples détours pour éviter les sporadiques combats encore en cours entre le dernier bipode impérial et les quelques combattants Wookie s’égayant dans la jungle épaisse. Quelques minutes sont prises pour nettoyer les plaies d’Alto avec un peu d’eau et lui redonner des couleurs. Remise d’aplomb, Alto insiste pour prendre les commandes de la barge, et la voilà à son tour qui prend des risques inconsidérés pour filer à travers les arbres afin de rejoindre au plus vite les abords de l’astroport, ce qui est fait en 45 minutes. Le trajet est mis à profit par Cornell pour évaluer de visu à quel point il serait bienvenu de trouver de quoi couvrir la jeune femme, la priorité étant bien entendu de camoufler les traces de brulures laissées sur Alto par l’explosion du générateur. Aux abords du village dans lequel le groupe a séjourné, la barge est délaissée et les compagnons peuvent s’approcher de leur ex-villa, devant laquelle deux Stormtroopers montent la garde. Il semble donc que leur couverture soit éventée.

L’ensemble des affaires de l’équipage ayant déjà rejoint le Rokh, il leur faut de toute façon trouver une source alternative de vêtements. Sous la protection de la carabine blaster d’Alto, Cornell lance son dévolu sur une villa éloignée de la leur. La fin de la nuit protège son intrusion, malgré le sommeil désormais léger des occupants du lieu. Empruntant au hasard quelques effets dans la garde-robe de la femme assoupie, il met la main sur des papiers d’identification qu’il remise dans sa poche avant de sortir de la maison, dérangé par le réveil de l’homme qui dormait sur un canapé à l’écart. A la lumière d’une lampe torche, les compagnons constatent qu’il s’agit des documents d’identification d’une attachée diplomatique impériale nommée Ordana Mistal, de la planète Komenor. La couleur de peau d’Alto empêche toutefois toute utilisation immédiate de ces documents. Désormais couverte de manière plus décente et dans un style dernier cri, bien qu’hétéroclite, Alto emboîte le pas de Cornell et Nir vers les faubourgs de l’astroport.

Alors qu’ils observent les guérites protégées permettant de passer à l’intérieur du fortin qui ceint l’astroport, Alto, Nir et Cornell sont contactés par Hyabu et Meera sur leurs comlinks. Les deux groupes peuvent dès lors se rejoindre discrètement, alors qu’il reste moins d’une heure avant la remise en service du bouclier planétaire. La communication est bloquée avec l’intérieur du fort, dont les alentours sont totalement déserts, et aucune information ne peut filtrer concernant le sort du Rokh et des membres de l’équipage déjà à bord. De plus, aucun navire ne décolle ni n’atterrit de l’astroport, qui semble sous blocus. Du fait de la surveillance de leur villa, l’entrée par un point de passage régulier semble délicate. Cornell propose d’utiliser sa puissance de persuasion surnaturelle, mais les éventuels remous qu'il pourrait générer dans la Force poussent Alto à l’en dissuader. Après avoir prodigué quelques soins de première nécessité à Alto, Meera – persuadée qu’un complexe comme celui-ci possède forcément des circuits souterrains d’évacuation de déchets – se met immédiatement à la recherche d’un point d’accès extérieur, esquivant au mieux les dispositifs de surveillance impériaux avec une absolue discrétion.

Tandis que Hyabu et Cornell surveillent les alentours et constatent l’arrivée d’un imposant navire sombre aux longues ailes repliées, Alto met à profit ce moment de pause bienvenue pour s’asseoir au sol et se concentrer sur les éléments lisibles dans les flux de la Force, qui lui semblent plus facile de dénouer après les récentes épreuves subies. Une première intuition lui fait ressentir la terreur absolue d’un garde de l’astroport à l’idée d’annoncer à un dignitaire non identifié que « le vaisseau » (s’agit-il du Rokh ?) a réussi à prendre la fuite, la conséquence de son annonce semblant signifier une mise à mort immédiate... Forte de ces éléments, Alto rompt sa concentration quand une main gantée de noire et surgie de nulle part dans le coin de sa conscience tente soudain de l’agripper. Sous le regard interrogatif de Cornell, Alto fait part de ces quelques éléments qui la mettent particulièrement mal à l’aise.

De retour après une petite demi-heure, Meera revient en annonçant avoir déniché ce qui semble être un accès vers l’intérieur de l’astroport, à la condition que l’équipe soit prête à se baigner dans une rivière d’excréments divers… Ayant balisé le chemin avec prudence, Meera guide ses compagnons sans encombre vers un conduit d’écoulement de déchets. Le sabre laser d’Alto fait des merveilles sur les quelques grilles qui bloquent le passage de manière sommaire. Après une lente progression au milieu des immondices, le groupe abouti enfin au pied d’une échelle qui mène à l’intérieur d’une benne de déversement de déchets vers cet égout. Crotté de la tête au pied et embaumant l'atmosphère d'une odeur pestilentielle, l’équipage prend pied dans la benne et entre-ouvre discrètement le couvercle, pour constater qu’elle est située dans une ruelle adjacente au tarmac. Au centre de l’astroport, le navire noir trône, deux soldats d’élite montant la garde devant sa passerelle d’accès. Plus loin, le Rokh est comme écrasé par cette masse, tout comme les autres petits véhicules disposés çà et là. Entre ces vaisseaux, de petits groupes de soldats nerveux montent la garde, comme statufiés dans l’attente d’une visite importante. En tous cas, il semble dans ce contexte impossible à l’équipage de rejoindre le Rokh sans être vu.

Constatant que le bouclier planétaire sera remis en service dans les 15 minutes à venir, Hyabu prend contact par comlink avec le Rokh, en espérant que quelqu’un lui réponde. Piy est effectivement au poste de pilotage, et semble prendre avec beaucoup de flegme la demande de Hyabu de préparer dès que possible un départ précipité. Piy annonce qu’il a également dû congédier un Wookie qui s’est présenté au petit matin au Rokh, indiquant un bâtiment dans lequel il serait trouvable quand nécessaire. Délaissant les interrogations de Piy à ce sujet, le Capitaine – qui lui assure que tout est sous contrôle – transmet alors les instructions concernant un stratagème pour faire transiter le groupe vers le Rokh.

Quelques minutes plus tard, la passerelle du Rokh s’ouvre. Le très serviable BUF-4D en émerge, poussant devant lui une grosse benne à ordures du vaisseau. Il entame un circuit qui semble à première vue tout à fait anodin, même si l’équipage qui le surveille depuis la benne devine un certain niveau de nervosité droïdesque. Malgré son air très dégagé, BUF-4D est toutefois interrompu dans sa course par un petit groupe de soldats, dont le sergent lui demande la raison de sa sortie, l’absence de toute autorisation de décollage rendant suspecte une procédure d’élimination de déchets. Prétextant une production accrue de résidus de combustion du fait de la fuite de l’hyperdrive du Rokh, et après avoir exposé de bonne foi le contenu de la benne, BUF-4D parvient à reprendre son chemin vers Hyabu et ses compagnons. Nerveusement, le groupe constate la déviation graduelle de BUF-4D de son chemin, sa tête semblant irrésistiblement attirée vers un écran de contrôle auprès duquel il finit par s’arrêter. De manière inattendue, BUF-4D établit une liaison avec ce panneau de contrôle et consulte brièvement quelques informations avant de reprendre sa route et atteindre la benne. Après avoir scrupuleusement suivi la procédure qui consiste donc à vider ses ordures, BUF-4D invite enfin l’équipage à prendre place dans la benne désormais vide. Enfin, il annonce d’une voie neutre que l’Inquisiteur Galen se trouve dans l’astroport, avant de fermer le couvercle sur Hyabu annonçant à son équipage que tout va bien se passer...

BUF-4D entame alors le chemin inverse vers le Rokh. Dans la benne, chacun est sur ses appuis, prêt à jaillir et utiliser son arme si nécessaire. Quand le droïde repasse devant le groupe impassible de soldats, chacun pousse un soupir de soulagement, mais la tension remonte aussitôt lorsque qu’une voix glaciale intime l’ordre au droïde d’attendre. Le sergent, visiblement pris de court, bredouille qu’il s’agit d’une procédure normale, puis bafouille un « A vos ordres, Monseigneur… » avec des intonations incongrues pour un Stormtrooper aguerri. Meera échange un regard lourd de significations avec Hyabu, Alto resserre sa prise sur la garde de son sabre-laser, tandis que Cornell et Nir se concentrent, prêts à réagir face à l’imprévu…


L'effrayant Inquisiteur Galen.


Soudain, le couvercle de la benne se rabat brutalement, comme mu par une puissance invisible. Alto réagit instantanément et jaillit de la benne, le sabre-laser ouvert. Elle se retrouve face à celui qui est sans conteste l’Inquisiteur Galen, et ne peut que crier à ses compagnons de fuir. Dans son armure sombre, et malgré son âge apparemment jeune, Galen dégage une aura de peur irrépressible. Esquissant un rictus face à sa jeune adversaire, Galen dégaine un sabre-laser rouge aux crépitements agressifs et laisse venir à lui une Alto prête naïvement à en découdre pour défendre ses compagnons. En soutien, Meera a déjà pointé ses lourds blasters en direction de Galen, mais son courage défaille de manière inexplicable, et, terrorisée par l’Inquisiteur, elle est littéralement saisie d’une peur de petite fille. Simultanément, Galen repousse sans effort apparent l’attaque de la jeune padawan, puis sa riposte immédiate surprend Alto, qui ne peut que constater amèrement la cicatrice de brûlure qu’il lui laisse sur l’épaule dès cette première passe d’arme. Hyabu surgit alors à son tour et, comme totalement immunisé à l’aura de Galen, décharge sa carabine blaster à tout va. Au même moment, Cornell intime avec succès l’ordre aux deux Stromtroopers – postés aux côtés de la benne – d’abattre l’Inquisiteur Galen, tandis que leur sergent, déboussolé, ne sait plus où donner de la tête devant la tournure imprévue des évènements.

Profitant de la confusion, Nir entame une course rapide vers le Rokh, suivi de près par Alto, qui préfère rompre au plus vite devant un adversaire qui lui semble inabordable, et dont les coups successifs lui font perdre pied. En parallèle, Hyabu rejoint Meera, qui a fuit pour prendre position à l’abri d’un TIE posé à mi-chemin entre la benne et le Rokh, avec l’intention de couvrir la fuite de ses camarades. Un instant décontenancé par la fuite de son adversaire, Galen tend à nouveau sa main vers Alto et la stoppe net dans sa course, la projetant impuissante dans les airs et l’attirant irrésistiblement vers lui. Alors qu’il tente sans succès d’influer sur l’esprit de Galen, qui semble totalement impénétrable, Cornell se retrouve mis en joue par le sergent, mais Meera, reprenant le contrôle d’elle-même, peut abattre le soldat avant une issue fatale pour son compagnon. Cornell peut alors fuir à son tour vers le Rokh, ne laissant désormais que BUF-4D derrière lui.


Les fameux blasters de duel de Meera.


Hélas, les échanges de tir ont maintenant attiré l’attention des soldats présents sur le tarmac, notamment les deux soldats d’élite postés au pied du navire de l’Inquisiteur Galen. Ce dernier est désormais sous le feu croisé de Hyabu, de Meera et des Stormtroopers placés sous l’influence de Cornell. Les soldats impériaux sont réduits à néant en une fraction de seconde, l’un abattu par un soldat d’élite, le second de manière incompréhensible, si ce n’est par le sang s’écoulant des jointures de son casque après que Galen y ait déporté son attention. Si ces diversions sont les bienvenues pour Alto, qui retombe hagarde au sol, elles ne suffisent toutefois pas à Meera pour porter un coup fatal à l’Inquisiteur. Galen mobilise en effet des ressources supplémentaires pour renvoyer vers la Chiss ses propres tirs de blasters, la laissant sérieusement blessée dans sa chair et dans son amour-propre.

La situation semble désespérée quand BUF-4D initie une diversion bienvenue, enfumant l’espace autour de la benne à ordures avec un ustensile camouflé dans ses entrailles. Profitant alors de l’absence de visibilité, le groupe se rue dans le Rokh et, tandis que Piy entame le décollage, assiste avec tristesse à la destruction de BUF-4D sous les tirs de l’escorte de Galen. Hyabu court au poste de pilotage avec une idée derrière la tête, alors que le reste de l’équipage se positionne aux postes de combat. Prenant un peu de hauteur, Hyabu constate que des tourelles de défense se positionnent pour prendre le Rokh en ligne de mire, alors que Meera annonce détecter des mouvements sur le toit d’un bâtiment – précisément celui indiqué plus tôt par Piy et contenant donc a priori le Sénateur Istara et sa famille. Alors qu’Alto force l’ouverture de la passerelle d’accès, Hyabu entame un vol en rase motte entre les bâtiments de l’astroport et se positionne à hauteur du toit, sur lequel ne se tient que le Sénateur Istara et un de ses fils.


 Le bon vieux (et regretté) BUF-4D.


La voix de Galen s’impose alors à l’esprit de Cornell et l’interroge au sujet de son identité et de celle de « la fille », mais Cornell reste muet. Soudain, Galen relâche son emprise quand Alto, en équilibre précaire au-dessus du vide, attrape la main du sénateur. La jeune Mirialan doit alors mobiliser toutes ses facultés pour résister à un attaque psychique de Galen et ne pas perdre pied, ce qui aurait signé à coup sûr sa perte à une telle hauteur. Reprenant sa concentration, Cornell peut alors expédier une torpille dans la direction de l’Inquisiteur Galen, qui accuse le coup, relâchant son attaque sur Alto et permettant à cette dernière de faire monter Istara et son fils aîné à bord. Le reste de la famille d’Istara émerge difficilement sur le toit, qui semble difficile d’accès, et le droïde de protocole du Sénateur traduit des ordres de fuite immédiate éructés par le vieux Wookie. Accablée par la vue des jeunes Wookies abandonnés et abattus sans merci par les Stromtroopers environnants, Alto referme à regret la passerelle d’accès. Le champ est désormais libre pour le Capitaine Hyabu, qui peut lancer à temps le Rokh dans un angle mort, limitant le nombre de tourelles pouvant le prendre pour cible. Cela n’empêche pas quelques tirs de toucher au but et d’endommager très sérieusement le navire.

Il reste désormais quelques minutes à peine avant la fermeture du bouclier planétaire. Le Rokh entreprend au plus vite son ascension irrésistible pour échapper à l’atmosphère de Kashyyk. Pressé par le temps, Hyabu ne peut pas faire autrement que de monter directement au-dessus de l’astroport, plongeant directement vers la nasse formée par des croiseurs impériaux et une myriade de chasseurs TIE prêts à en découdre. A l’horizon, on devine déjà le frémissement électromagnétique du bouclier planétaire se reformant de seconde en seconde et il semble presque impossible de passer le verrou à temps. La main de Meera se pose alors sur la commande de l’hyperdrive, enclenchant les coordonnées pré-calculées par DD-13. Le Rokh, déjà très endommagé, souffre terriblement de ne pas avoir suffisamment quitté l’attraction planétaire. Dans un dernier soubresaut qui semble prendre une éternité, il s’arrache tout de même de Kashyyk juste avant la fermeture du bouclier, pulvérisant au passage un chasseur TIE qui se trouvait sur sa trajectoire.

Une fois de plus, l’équipage du Capitaine Hyabu a rétabli in extremis une situation qui semblait plus que désespérée, mais au prix d’un navire à l’état de quasi-épave, de l’émergence d’un adversaire inflexible et sans doute très frustré par leur fuite, et d’une peur sourde instillée dans l’esprit de certains membres de l‘équipage…