mercredi 15 mai 2019

Un taxi pour Gandanta



Session Star Wars #26

Date : 06-May-2019

Avec :
Le Capitaine Hyabu, toujours à son aise pour présider une réception
Meera, qui joue avec la couleur de ses yeux
Cornell Quantarus, qui abrège efficacement les contrôles dérangeants
Nir Stone, qui se révèle un séducteur hors pair
Aqualto Fudah (‘Alto’), sur les traces de ses frères perdus

Lieu(x) :
Cato Neimoidia
Colonie de Gandanta


C’est une période de troubles et la peur règne au Sénat Impérial.

Les représentants des systèmes encore fidèles aux idéaux de la Vieille République tentent par des moyens pacifiques et diplomatiques de préserver les derniers vestiges démocratiques du Sénat. La sénatrice Mon Mothma, accusée de corruption par le parti de l’Empereur, a demandé au groupe de contrebandiers du téméraire capitaine Hyabu de lui apporter la preuve de l’existence d’une arme mystérieuse que l’Empire construit en secret. Elle espère ainsi provoquer un vote de défiance envers l’empereur Palpatine et mettre un terme à la Dictature votée il y a maintenant 25 ans.

Aux confins de l’Empire, Gracchus le Hutt verse une prime faramineuse aux chasseurs de prime qu’il avait engagé pour récupérer la base de données que se disputent le Capitaine Hyabu et sa bande, l’implacable Soleil Noir, la vile Confédération du Commerce, l’énigmatique Consortium de Zaal, la sombre Reine Pirate et… une bande hétéroclite de rebelles que le Rokh a croisé sur Teufel. A quel commanditaire Gracchus a-t-il lui-même promis cet objet si convoité ?

Dans un système reculé du Noyau, nos héros remontent la piste de Suljo Warde. Celui-ci, d’un lointain passé, semble les y aider. Mais qui est-il vraiment ? Le maître jedi tant recherché ou le boucher sanguinaire qu’on leur a décrit sur Cato Neimoidia.



Tandis que Hyabu, Alto et Meera mènent leur enquête sur les activités de RikRekshik, Cornell et Nir s’occupent en écumant les tables de jeu de Cato Neimoidia. Au détour d’une de ces tables, les deux comparses font la rencontre d’une certaine Mallamée, responsable locale du Bureau Impérial pour la Colonisation. Accro au jeu, cette dernière apprécie leur compagnie, au point d’y laisser une certaine somme. Alertés par leurs compagnons de la nécessité de trouver une porte d’entrée vers Gandanta, Nir et Cornell voient dans cette dette de jeu un levier potentiel. Sondant Mallamée sur une façon de s’entendre entre gens de bonne compagnie, ils reçoivent une proposition d’ordre commercial, le Bureau ayant besoin pour une mission ponctuelle d’un équipage pour amener un groupe impérial vers la planète colonie. De sa position, Mallamée pourrait ainsi les aider à faire fleurir leur activité en shuntant le processus de sélection du prestataire... Comme Nir et Cornell commencent à s’en douter, il s’agit de convoyer la mission du docteur Gaway et son escorte télévisée, opportunité inespérée pour accéder à la surface de la petite planète sans devoir se lancer dans une complexe tentative d’infiltration auprès du Mouvement pour l’Aide aux Réfugiés...

Se félicitant du bon sort de son groupe, le Capitaine Hyabu a loué un grand hangar déserté pour regrouper son équipage et préparer cette nouvelle mission de couverture, qui semble la plus pratique à tout le monde. Quelques caisses et tonneaux esseulés décorent a minima le lieu, permettant d’y amasser le ravitaillement en cours de livraison. Autour d’une table de billard analogique « à l’ancienne », l’équipage disserte sur ce qui l’attend. A vrai dire, Nir semble particulièrement soucieux de l’épidémie du « mal des confins », pathologie aux causes mal définies. Globalement, chacun admet qu’il faudra faire profil bas, et Meera confirme qu’elle camouflera ses compétences médicales en ne posant pas de questions précises sur cette maladie. Pour une fois alignés sur la stratégie à suivre, Meera et Cornell s’échangent des compliments de bon aloi, avant d’être interrompus par une suggestion d’Alto. Impressionnée par le message surgi du passé, cette dernière se demande si l’équipe ne devrait pas se scinder en deux lorsqu’il faudra rencontrer RikRekshik, histoire d’assurer ses arrières lorsque la trahison annoncée aura lieu… Meera acquiesce à cette idée, mais Cornell pense au contraire qu’il faudra que le groupe reste soudé pour faire face en bloc à toute éventualité.

Reste à convaincre leurs futurs employeurs que l’équipage du Rokh est le plus apte à réaliser cette mission. Bientôt, des troupes impériales se présentent à l’entrepôt, menés par le lieutenant Rothman, un homme d’une cinquantaine d’années à la mise stricte. D’un air toutefois affable, Rothman procède avec Hyabu à une inspection rapide du lieu, avant d’inviter son second (Cornell) à participer à une inspection du Rokh pendant qu’il discutera divers points d’ordre administratif avec le Capitaine. Escorté par un sergent et quelques soldats, Cornell quitte donc le hangar, lançant quelques regards appuyés à ses compagnons. Dans un coin, camouflée par quelques caisses empilées, Meera a bien cerné que la présence non déclarée de quelques « invités » à bord du Rokh (Mexnean, le jeune fils du Wookie Istara ou encore les deux chasseurs de prime du Kang Rang Power) pourrait poser problème, et elle contacte immédiatement Piy pour que leur existence se fasse la plus discrète possible. Quelques minutes plus tard, le petit groupe atteint le Rokh et y est accueilli par un Piy particulièrement amical. Cornell prend la direction de la visite, insistant pesamment sur un certain nombre d’aménagements sans grand intérêt – notamment l’aquarium géant ou les cages prévues pour les homme-singes agressifs de Gandanta. Lorsque le transpondeur est analysé, Cornell précise que le vaisseau est une acquisition récente pour expliquer le peu de données de vol disponibles, puis il finit par influencer l’esprit du sergent avec la Force, abrégeant une inspection dont la direction générale était potentiellement sur la corde raide. Sur le chemin du retour, Cornell échange quelques mots avec le sergent au sujet du « mal des confins », et ce dernier finit par admettre que cette « peste » peut s’avérer redoutable, 40 cadavres ayant même été récemment retrouvés dans un avant-poste impérial de Gandanta.

Le spatioport de Gandanta, tel que présenté dans un panneau publicitaire (et assez loin de la réalité).

Dans le hangar, le Capitaine Hyabu engage une discussion avec le lieutenant Rothman sur le niveau de rémunération des prestations impériales, dont les tarifs sont fixés le Bureau de Régulation Commerciale, laissant peu de marge de manœuvre à une quelconque négociation. Alors que Hyabu présente l’équipement du Rokh comme un avantage pour la présente mission, Rothman admet avoir en effet entendu parler des « Chasses surprises » du Capitaine. Les cages pourront ainsi peut-être permettre de ramener des échantillons des primates agressifs dans le cadre de la campagne d’étude sur la situation à Gandanta. Reste le point de l’équipe télévisée : tous les détails seront à préciser avec le capitaine Mesra, l’assistante du Docteur Gaway. Il apparaît toutefois que seuls les humains à bord pourront occuper des fonctions « officielles » à l’écran, et Nir fera un Capitaine tout à fait convenable. Intransigeant, Hyabu précise que cela doit passer par un accord sur le droit à l’image de son équipage. Tout cela sera à négocier avec Mesra, avant toute facturation auprès du Bureau Républicain de la Propagande… Le retour de Cornell et de son escorte met fin à l’entrevue, qui semble avoir satisfait Rothman. Le lieutenant propose au Capitaine Hyabu de diner ensemble le soir même à bord du Rokh, en compagnie du Docteur Gaway et de son assistante, afin de régler les derniers détails du transport de la vingtaine de personnes et de leur cargaison.

Regagnant le vaisseau, chacun s’active à la préparation de la réception. Il faut récurer le mess de réception, mettre en place la vaisselle d’apparat du Capitaine et préparer un repas digne de ce nom, mais réaliste quant au statut financier actuel de l’équipage. S’activant en cuisine, Cornell se lance donc dans la préparation d’un plat bourratif et particulièrement épicé, permettant de camoufler la pauvreté des ingrédients choisis. Puis chacun revêt ses plus beaux atours, Meera poussant la coquetterie jusqu’à utiliser des lentilles de contact pour changer sa couleur d’yeux – ou la camoufler – pour l’accorder au mieux avec sa superbe robe de Chandrila. Puis, peu à l’aise avec l’idée d’un Rokh scruté sous ses moindres détails par des caméras intrusives, elle s’en va modifier le brouilleur portatif pour perturber les enregistrements vidéo à bord du vaisseau.

A l’heure dite, le lieutenant Rothman, le capitaine-docteur Gaway et le capitaine Mesra se présentent à l’entrée de la coursive d’embarquement, avec sous le bras une bouteille rare de vin du Noyau, que Hyabu ne peut qu’accepter avec emphase. Assurant avec Cornell une partie du service à table, et suivant en cela les indications du Capitaine, Alto remplit abondamment les verres des invités et les esprits se relaxent rapidement. Rothman porte même un toast « à la diversité et à l’Empereur », la seconde partie étant reprise plus mollement autour de la table. Passée la surprise des épices abondantes du plat principal, les langues se délient et le sujet de l’équipe télévisée est lancé. Mesra précise très vite son intention axée entièrement sur une approche de « storytelling », mettant en scène l’équipage dans son activité quotidienne, sous la direction de ses plus présentables membres. Elle a d’ailleurs noté qu’un équipement du Rokh doit perturber son équipement d’enregistrement, et Rothman insiste pour qu’un technicien impérial intervienne à bord le lendemain matin pour régler ce souci avant le départ… Passé ce petit aparté, Hyabu exprime sa réticence à exposer ainsi son équipage, au-delà du problème de droit à l’image. L’hypothèse d’utiliser Zayne est d’ailleurs immédiatement écartée par Hyabu, sous le prétexte qu’il serait irrémédiablement bègue. Cornell demande quant à lui un droit à l’oubli, suscitant immédiatement un vif intérêt de la part de Mesra : un ancien taulard, voilà qui serait très excitant ! Après un raclement de gorge, Rothman indique toutefois que Cornell ne pourrait facilement apparaître à l’écran. Chacun comprend que sa couleur de peau le rend relativement incompatible avec les activités de propagande impériale…

Il ne reste donc que Nir sur la liste… et ce dernier se montre toujours aussi nerveux au sujet du « mal des confins ». Profitant de la présence à table d’un éminent spécialiste, Nir questionne donc à tout va sur les symptômes. D’un air grave, Gaway confirme la gravité de la maladie, qui peut dans ses formes les plus grave induire une nécrose interne globale en 12 jours chez l’adulte, et ce sur tout être vivant humanoïde. Heureusement, la maladie ne se propage que par contact et il est donc relativement facile de s’en protéger. Cette mission est donc d’une extrême importance, c’est de son point de vue une véritable œuvre de bienfaisance prioritaire qui sera menée, même si Cornell fait remarquer que la nécessité de passer par un sous-traitant de convoyage ne semble pas compatible avec un caractère extrêmement prioritaire... Resservant constamment de l’alcool, Alto papillonne d’un invité à l’autre, alors qu’une discussion ouverte s’engage sur les qualités de la nouvelle génération impériale arrivant aux commandes, faite de jeunes gens plus ouverts, plus éthiques, moins focalisés sur des motivations spécistes – un nouvel espoir pour la Galaxie, en quelque sorte.

La fin du repas approchant, Meera s’en va préparer un café de Chandracant, dont l’odeur vient déjà charmer les papilles des convives. En grand connaisseur, Rothman se révèle capable d’en deviner la provenance exacte. Nir a, quant à lui, engagé une discussion plus légère avec Mesra. Une main sur le bras de son assistance, Gaway tente de s’immiscer dans la discussion, un sourire crispé sur les lèvres. A sa déconvenue, il doit toutefois faire face à une rebuffade discrète de la part de Mesra, qui semble déjà tout apprécier de Nir, de sa conversation agréable jusqu’à son physique avenant. Se levant, Rothman indique quant à lui devoir rejoindre ses quartiers pour y prendre un repos avant les préparatifs du départ de demain matin. Tout en remettant sa veste d’aplomb, il questionne Nir sur sa présence passée à l’Académie Impériale, mais Cornell noie le poisson en commentant à foison des anecdotes concernant les innombrables fois où Nir a été confondu avec un chanteur à succès ou un pilote réputé. Puis, avant de passer le seuil, Rothman demande l’air de rien au Capitaine Hyabu si c’était la première fois que le Rokh faisait le trajet entre Chandracant et Cato Neimoidia, ce que confirme Hyabu, tout à la description de sa tournée de préparation pour les « Chasses surprises »… Accompagnant courtoisement Rothman à l’extérieur du Rokh, Cornell se présente alors comme un informateur, et l’intérêt du lieutenant lui fait comprendre que Rothman est sans doute un membre du Bureau du Renseignement Impérial – renforçant les soupçons sur ce qui se cache derrière son masque affable.

Le Capitaine Mesra.

La vieille table de billard a été placée en évidence dans un mess reconverti en salon de détente. Nir, Mesra et Gaway se lancent dans une partie dont l’enjeu est plus subtil qu’il n’en paraît. Face au charme de Nir et de son maniement habile de la queue, Mesra n’a plus d’yeux que pour lui. C’est un Gaway accablé qui doit de plus subir une véritable leçon de jeu, Nir faisant preuve d’une grande maîtrise technique sur le tapis vert. Admettant sa défaite, il ne peut que battre en retraite, subissant une dernière humiliation lorsqu’il propose sans succès à Mesra de quitter le Rokh en sa compagnie. Cette dernière lui rétorque qu’elle préfère profiter de la fin de soirée sur place. Le pont se vide peu à peu, l’équipage finalisant quelques préparations pour le lendemain. Désormais seuls autour du billard, Nir et Mesra peuvent discrètement s’éclipser vers la cabine du padawan pour se lancer dans d’autres activités ludiques. Sur l’oreiller, l’assistante de Gaway se montrera convaincante sur la pertinence de sa mission, merveilleuse démonstration des bons côtés de « l’Etat », avant de finalement rejoindre tardivement ses quartiers en ville.

Le lendemain matin, après une bonne nuit de repos, c’est frais et dispo que l’équipage se lève, n’ayant pas eu à subir outre-mesure les « assauts alcoolisés » d’Alto. L’ensemble de l’équipe à embarquer attend sagement sur le tarmac, menée par un Gaway éreinté par sa gueule de bois et de méchante humeur. La source du « problème de brouillage » est rapidement identifiée sous la supervision de Meera – qui a encore changé la couleur de ses lentilles de contact – tandis que la cargaison de la mission humanitaire – dont des unités mini-usines à vaccins – est chargée dans les soutes du Rokh. Une quinzaine de stormtroopers escortent Gaway et Mesra, cette dernière dirigeant avec efficacité la demi-douzaine de techniciens de l’équipe télévisée déjà à l’œuvre pour des prises de vue de repérage. Très vite, l’autorisation de quitter Cato Neimoidia est donnée, Gaway souhaitant se rendre au plus vite dans la ville-colonie principale de Gandanta pour y trouver des guides et préparer l’établissement prévu pour quelques semaines en zone avancée. Il ressort de son discours que Rothman souhaitait temporiser ce départ du fait de l’enquête en cours sur l’équipage, et qu’il a dû brusquer les choses pour ne pas perdre plus de temps. Écoutant d’une oreille distraite le docteur Gaway annoncer que le lieutenant Rothman rejoindra le groupe sur Gandanta ultérieurement, Hyabu observe des techniciens fixer le sigle impérial sur la coque du Rokh, qui se retrouve également affublé d’un numéro de navire officiel…

Escorté par 4 chasseurs TIE, le Rokh entame enfin son trajet à vitesse sublumique vers Gandanta. Au bout d’une petite journée, la planète se laisse scruter en détail par l’équipage, qui découvre une planète effectivement en cours de terraformation. Certaines zones sont toujours sous dôme, d’autres sont clairement inhabitées, une épaisse jungle équatoriale contrastant avec de vastes étendues inhospitalières, balayées par des vents violents et irrespirables. Gaway enregistre dans le système du Rokh la série de codes impériaux permettant de passer le verrou établi par un croiseur impérial en orbite, et donne l’ordre de descendre à travers l’atmosphère chargée en poussières rouges vers l’ancienne capitale-colonie. A l’image de la taille modeste du site, l’astroport se révèle minuscule, bordé par l’ancien bureau local d’étude des xénos reconverti en représentation impériale. Déjà encombrante dans le poste de pilotage, Mesra veut absolument filmer les allers et venues de l’équipage sur le tarmac, à la descente du Rokh ou encore au déchargement des caisses. Mais l’équipage ignore ses injonctions et reste focalisé sur les coordonnées des concessions minières de RikRekshik, situées dans une région à environ 5-6 heures de speeder ou à peine une heure de vaisseau. A la recherche de renseignements, l’équipage au complet se dirige alors vers la Cantina locale, et Nir ne peut qu’essuyer de loin les remontrances de son amante d’un soir.

La colonie de Gandanta en cours de terraformation.

La Cantina locale s’apparente à la fois à un bar, un garage ou une épicerie, et elle est principalement fréquentée par des xéno non-Neimoidiens. S’approchant du bar, Hyabu entame la discussion avec le patron, le questionnant sur la faune locale, l’existence de chasses organisées ou encore sur un Chevin qui pourrait avoir des renseignements sur ce type d’activités… Les vagues réponses récupérées se révèlent bien décevantes, mais le groupe est vite abordé par un client qui a entendu les propos du Capitaine. Cet humanoïde au faciès reptilien répond au nom de Redo, et il semble prêt à tout pour vendre des poteries locales, servir de guide ou devenir aide cuisinier à bord du Rokh – bref, tout ce qui pourrait le sortir de cet enfer tout en empochant une petite obole. Par son entremise, Cornell parvient d’ailleurs à embaucher trois locaux pour décharger la cargaison du Rokh sous les caméras envahissantes de Mesra et son équipe. Puis Redo confirme l’existence d’un « Lord Rekshik », grand propriétaire minier, dont le dernier fait d’armes a consisté à faire abattre la moitié de ses ouvriers au cours d’un mouvement de grève… Il décrit le Chevin comme un personnage au caractère difficile, détestant parler argent, dénigrant les droïdes et peu connu pour une quelconque sympathie envers l’Empire. Il loge à l’écart de la ville-colonie, dans la savane, au silo n°42, et Redo peut y amener l’équipage.

Après avoir prévenu Gaway, Hyabu dirige le Rokh vers le silo n°42, protégé sous un mini-dôme. A l’entrée, Cornell reste particulièrement évasif sur la raison de cette visite inopinée, évoquant une vague opportunité de business. L’équipage peut alors pénétrer à l’intérieur du complexe, accueilli par une femme au charme fané et vêtue à l’ancienne. Tous sont invités à patienter dans un large patio occupé par une oasis d’intérieur factice. De larges sièges en rotin, accompagnée de leurs dessertes, occupent le centre de la pièce, le tout baignant dans une lumière artificielle. Les légers remous de la cascade en circuit fermé couvrent à peine une musique d’ambiance roborative. Tout l’ambiance respire un certain mauvais goût suranné. Précédé par l’odeur capiteuse de son parfum, le massif Chevin apparaît enfin par un passage émergeant d’entre de fausses lianes. Portant une robe bleu-nuit brodée de motifs géométriques, il semble comme porter les attributs travestis des Jedis. En silence, RikRekshik s’étend sur une large banquette, tandis que la femme âgée sert des entremets à l’équipage, puis dispose un large plat de biscuit devant son maître, qui y plonge avidement la main.

Le Chevin RikRekshik.

D’une voix à la fois douce et courroucée, RikRekshik demande la raison de cette visite non-annoncée, contraire aux usages. Entamant la discussion, Cornell sonde leur hôte, parlant à mot couverts du passé et des personnes de son entourage, et menant progressivement la discussion vers Suljo Warde. Sur-jouant l’incompréhension devant les motivations de cette rencontre, RikRekshik menace à plusieurs reprises de mettre fin à cet entretien stérile. Alto doit alors mentionner ses vieux amis, ceux qui ont sauvé sa vie et celle de Zayne dans leur prime jeunesse : Domé, Guelf Marcolf, et leur acolyte Anthé Katova. Alors qu’elle égrène les noms, le Chevin semble se tendre, être pris d’un tremblement irrépressible, puis finit par gonfler brutalement, comme sous l’effet d’une émotion intense. Se dégonflant, RikRekshik assène ne rien vouloir à faire avec ces gens-là, mais Alto précise que Domé et Guelf ont été des compagnons fidèles aux bonnes motivations, et que sa formation à l’utilisation de la Force ne pourra être complétée que si elle retrouve l’ancien maître de ses amis disparus. Expliquant ne rien savoir sur Anthé Katova, elle demande plus de détails sur cette disciple de Suljo Warde. Selon RikRekshik, Domé et Guelf n’étaient rien que des incapables naïfs, alors que Katova s’est révélée être une femelle perverse et manipulatrice, qui a tourné la tête de son vieil ami Suljo Warde. Celui-ci avait été durement éprouvé par sa convocation devant le tribunal du Temple Jedi après le massacre sur Cato Neimoidia, mais les événements de l’époque l’avaient empêché de s’y rendre. Il avait fallu toute la douce patience de RikRekshik pour le maintenir à flot. Lorsqu’il a repris des disciples sous son aile, il a semblé avoir retrouvé une certaine stabilité, mais les faux sentiments et les paroles traîtresses de Katova, suivi de son départ brutal, ont définitivement détruit son ami, qui s’est perdu dans les drogues. « S’enfoncer plus profondément… l’ERPs ! l’ERPs : », voilà ce que le vieux maître répétait inlassablement durant ses crises de paranoïa. Il y a environ une dizaine d’année, Suljo Warde a finalement décidé de partir vers une autre planète, laissant toute son ancienne vie derrière lui.

Mais tout cela appartient au passé. Si RikRekshik garde ouvertement une rancœur tenace envers Anthé Katova, il ne veut plus rien avoir à faire avec les Jedi et leurs histoires. Peut-être attendri par la quête des jeunes padawans réunis dans son patio, il finit toutefois par lâcher le nom de la planète Moradan, disant que c’est la seule piste qu’il puisse leur indiquer. Avant de prendre congé, Cornell précise au Chevin que l’équipage pourra être trouvé sur l’astroport de la ville-colonie principale, au cas où il souhaiterait leur communiquer d’autres éléments. En quittant le silo n°42, chacun peut toutefois méditer sur la trahison annoncée du Chevin...

lundi 13 mai 2019

Assaut sur Château Naerytar




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 8

Avec


Balak Charon Taâl dit le Crinti, Le barde à l'inspiration salvatrice  

Finnlay Galindan, Le druide qui se lance dans des duels de sorts

Kri Shanu, Le moine aux esquives miraculeuses 

Ildur Main d’Airain, Le ranger que ses lames trahissent 

Thormund Sombracier, Le barbare aussi fort qu'un ours enragé 





Le moment est venu de reprendre Château Naerytar des griffes du culte du dragon. Les guerriers de Snapjaw sont impatients d'en découdre avec les bullywugs et de leur faire payer les brimades qu'ils endurent depuis des mois.  La soif de violence des hommes lézards contrarie cependant les plans du Crinti qui espérait pouvoir les utiliser un peu plus finement que comme une banale force de frappe. Mais les héros doivent en prendre leur parti, les actions les plus délicates de leur assaut reposeront bel et bien sur leurs seules épaules. 
Les hommes lézards doivent agir aux premières lueurs de l'aube. La moitié d'entre eux va s'emparer de la barbacane pour couper toute possibilité aux bullywugs d'amener des renforts de l'extérieur. Les autres s'infiltreront dans le château à la faveur de la nuit.

Pharblex Spattergoo


 Ils y trouveront Pharblex et sa suite qu'ils massacreront tandis que quelques-uns d'entre eux descendront aux écuries pour libérer les lézards géants sur le dos desquels ils chargeront les drakes gardiens qui veillent devant la tour centrale.  
Les aventuriers retrouvent leur cachette dans la tour abandonnée et attendent en silence que les hommes lézards lancent l'assaut.
Au petit matin les drakes dressent l'oreille. Ildur se place en position de tir à l'étroite fenêtre qui donne sur la cour juste à temps pour voir trois cavaliers reptiliens y faire irruption. 


Deux des molosses draconiques se jettent immédiatement sur eux pour les arrêter, désarçonnant l'homme lézard de tête tandis que le troisième drake file vers son maître en sifflant un cri d'alerte. Il n'est pas arrivé à l'escalier que déjà il s'effondre, criblé de flèches. Kri et le Crinti n'ont pas attendu pour souplement se glisser à travers la mêlée et investir la tour au plus vite. Comme ils enjambent le cadavre du drake, une deuxième créature rompt le combat pour les devancer jusqu'à la chambre de Borngray. Le Crinti parvient à lui laisser une profonde estafilade sur le flanc mais la blessure n'est pas assez sévère pour interrompre sa course. Kri se jette alors à sa poursuite. Il le rattrape en trois bonds à l'étage supérieur en lui brisant la nuque contre les marches de pierre en haut desquelles il tombe nez à nez avec deux des hommes lézards dont Borngray a fait sa garde personnelle. Leurs lames de bon acier fendent l'air sans trouver le moine qui profite de l'inertie de son premier adversaire pour le faire tomber à la renverse dans l'escalier.  
Le second s'écroule dans la foulée, la gorge broyée par une série de frappes implacables. En bas, le Crinti a prestement fait sauter la serrure fraichement installée sur la porte d'Azbara Jos et se faufile tel une ombre à l'intérieur de la chambre. Contre toute attente, elle semble vide. Finnlay rejoint le demi-drow et ensemble ils inondent la pièce de lueurs féériques qui révèlent la forme invisible de Jos qui se tient en silence à l'autre bout de la pièce. Ildur et Thormund se jettent sur lui, mais leurs coups sont vite arrêtés par un impénétrable bouclier de force magique. Le mage est tout de même contraint de fuir face à la furie de leur assaut. Sa silhouette chatoyante explose en un millier de fragments qui s'évaporent alors qu'il se téléporte à l'abri.  
Les aventuriers refusent de perdre plus de temps en se lançant à sa recherche et courent rejoindre Kri à l'étage. Ils trouvent le moine encore aux prises avec un homme lézard que Finnlay achève d'un trait de feu dans le dos. La trousse de crochetage du Crinti fait à nouveau son œuvre pour ouvrir la voie vers Dralmorrer Borngray qui, penché à l'étroite fenêtre appelle le reste de sa garde à la rescousse. Kri est sur lui en un coup de pied sauté qui cueille l'elfe borgne par surprise au coin de la tempe. Borngray titube, visiblement étourdi. Ses réflexes de bretteur lui permettent cependant de parer la salve de coups suivante. Ildur surgit alors pour forcer ses vicieuses dague entre sa garde amoindrie mais au lieu de mordre cruellement sa chair comme à l'accoutumée, elles rebondissement sur sa poitrine avec un bruit mat, redevenues les inoffensifs morceaux de dent qu'elles étaient avant que le ranger s'en empare. 

Dralmorrer Borngray

Ce répit est malheureusement de courte durée pour le commandant de la garnison du château car c'est au tour de Thormund d'entrer en scène et sa lourde épée ouvre le flanc de Borngray en même que sa splendide chemise de soie est réduite en cendres par les flammes de Finnlay. La douleur lui rend ses esprits mais comme il s'apprête à riposter, Kri l'assomme une bonne fois pour toute d'un revers de sa lance. Déjà le Crinti est à la fenêtre, le visage masqué du bandeau ensanglanté de Borngray et brandissant l'épée de l'elfe. Il interpelle les spadassins hommes lézards qui répondent à l'appel de leur commandant et leur ordonne de se retourner contre les cultistes qui auraient soudainement trahi. 
Les faces reptiliennes restent interdites un moment, insensibles au fracas des combats qui ont envahi le château depuis l'aube. Les guerriers confèrent entre eux un moment puis décident de venir éclaircir ces étranges consignes par eux même auprès de leur employeur, alors que derrière eux s'écrase le cadavre d'un bullywug défenestré par Snapjaw en personne. En trois mouvements le Crinti ramasse parmi les effets de Borngray de quoi parfaire son déguisement, puis il se rue à la rencontre de sa garde à l'entrée de la tour. Profitant de l'ombre et imitant toujours à la perfection les inflexions de l'elfe, il éteint définitivement leurs soupçons en désignant les hommes qui s'éveillent en catastrophe dans l'aile Ouest comme les nouveaux ennemis dont la mort garantira leur solde. Avec un haussement d'épaule indifférents, les hommes lézards s’engouffrent dans la grande salle commune pour accomplir leur sinistre besogne. Les aventuriers leur laissent quelques secondes d'avance avant de leur emboiter le pas, comptant profiter de la distraction pour se faufiler jusqu'à la tour de Rezmir. 
Le Crinti utilise ces quelques instants pour rendre une visite fugace à l'observatoire. Les rouages complexes de la vénérable installation emplissent tout l'espace du dernier étage, une forêt de manivelles et d'engrenages de toutes tailles s'étale sous le dôme de laiton corrodé. Le Crinti se glisse avec précaution jusqu'au siège de métal niché au milieu de l'appareil. Il colle son œil à la lunette visiblement déjà réglée vers des coordonnées précises et se retrouve projeté dans une vision vertigineuse. Il plonge depuis le ciel jusqu'au cœur des marais pour filer à travers les colonnes couvertes de mousses d'un très ancien temple en ruine derrière lesquelles l’attend une scène aux détails saisissants. Voaraghamanthar y examine une dernière fois la couronne de Yarlith avant de la tendre à un autre dragon noir qui semble être sa copie conforme. Celui-ci enfile la couronne comme un anneau autour de sa griffe et le métal se resserre par magie autour de sa chair jusqu'à s'y enfouir. Les deux compères restent immobiles un bref moment, comme à l'affût d'un appel, puis ils partent simultanément d'un même rire satisfait. Voaraghamantar adresse un dernier salut à son jumeau avant que ce dernier ne se rende à nouveau invisible et disparaisse sous les eaux noires de leur domaine. Le Crinti s'arrache alors à sa contemplation car déjà ses compagnons ont quitté la tour. Il les rattrape dans la grande cour après avoir enjambé les corps des cultistes massacrés par les hommes lézards gisant parmi les restes de leur butin dans lesquels les aventuriers reconnaissent le stock d'ivoire de truite dérobé à Termalaine.  


Autour d'eux les bâtiments ont l'air vides désormais car tous les combats se sont déplacés vers la barbacane où les hommes lézards n'ont de toute évidence pas réussi à rabattre la herse rouillée pour bloquer les bullywugs à l'extérieur malgré le renfort des chevaucheurs de lézards géants. La supériorité numérique des hommes crapauds est toutefois contrebalancée par les hurlements de défi de Snapjaw qui brandit du haut des murailles l'appendice oculaire du froghemoth que Kri lui a confié. 
La porte de la tour de Rezmir est barricadée par un amoncellement de meubles que les cultistes ont entassé derrière. Mais cette tentative de barrer le passage ne pèse pas lourd face à la force surhumaine de Thormund qui arrache la porte de ses gonds d'un coup d'épaule dévastateur. Kri bondit par-dessus les débris pour s'abattre tel un mortel tourbillon sur deux des dragonclaws qui protègent l'escalier. Les trois autres se jettent sur le reste du groupe. Ildur s'attend à briser leur charge de ses lames mais ses couteaux le trahissent à nouveau, restant obstinément inertes face aux suivants de Tiamat. Sa déconvenue est d'autant plus fâcheuse pour Finnlay qui se retrouve pris au dépourvu par l'attaque de son adversaire. Il ne doit son salut qu'à l'explosion de rage de Thormund qui fracasse le crâne du dragonclaw du plat de sa grande épée. Sa stature déjà imposante devient encore plus impressionnante alors qu'elle prend des airs d'ours furieux. La trajectoire de sa lame continue pour venir briser les vertèbres du fanatique qui fait face à Ildur, puis, saisissant son propre adversaire à la gorge, il le propulse dans les airs où le ranger le crible de flèches avant qu'il ait pu retomber au sol. 
Les héros n'ont pas le temps de célébrer leur victoire que déjà de nouveaux ennemis se présentent. Les hommes lézards de Borngray ont été mis en déroute par la contre-attaque des dragonclaws qui se ruent désormais dans la cour. Ildur en abat quelques-uns de ses flèches pour couvrir la retraite de ses compagnons avant que Finnlay ne condamne derrière eux l'entrée à la tour en y faisant croître d’inextricables buissons de ronces. Les aventuriers se précipitent à l'étage où la porte est à nouveau bloquée par des bibliothèques renversées que Thormund écartent de toute la puissance de sa rage. Seule une poignée de cultistes apeurés tenus en ligne par un dragonclaw calishite à l'air cruel les séparent désormais des appartements de Rezmir. Ildur vise le suderon pour priver les fanatiques de leur chef mais celui-ci attrape l'un de ses malheureux sbires pour s'en servir de bouclier, n'hésitant pas à le sacrifier pour se protéger. Cette ruse infâme ne lui est pourtant d'aucun secours face au déluge de coups de Kri qui finit par le transpercer de la longue lance de Bjornhild avec laquelle il se bat désormais. Il n'en faut pas plus aux autres cultistes pour tourner les talons, exposant leurs dos aux flèches d'Ildur qui les abat sans pitié.  
Finnlay ressent alors le vif picotement caractéristique de la dissipation de sa magie. Un pratiquant des arcanes vient de briser le sort qui remplissait de ronces l'entrée de la tour et aussitôt les dragonclaws massés dans la cour se ruent à l'intérieur. Le druide leur interpose un nouveau mur d'épines mais il sait que celui-ci ne tiendra pas longtemps face aux contresorts d'Azbara Jos qu'il soupçonne d'avoir refait surface. Le Crinti ne parvient pas à crocheter la forte serrure de la chambre de Rezmir et Thormund doit à nouveau user de la force brute pour ouvrir un passage. Il doit cependant s'y reprendre à plusieurs fois pour briser les lourds panneaux de chêne et c'est tout couverts de longues échardes qu'il finit par arracher les derniers montants renforcés de fer forgé. Kri bondit dans la pièce avec une vivacité surhumaine mais celle-ci est vide. Il commence aussitôt à tout retourner à la recherche d'une cachette où la demie-dragon pourrait se terrer mais ses efforts sont vains. Finnlay le prévient alors avec angoisse que son sort a été défait et que plus rien ne retient la troupe en contrebas. De frustration, le moine frappe du poing le fond de la penderie où Rezmir garde ses robes d’apparat et à sa grande surprise son bras passe au travers, révélant un passage dissimulé qui s'enfonce à l'intérieur du mur. Les héros s'y engouffrent sans perdre un instant alors que la cavalcade des dragonclaws arrive derrière eux. L'étroit escalier les mène à une vaste cave baignée d'une étrange luminescence. Le long des murs s'étendent deux rangées de cuves en pierre gravées de runes dans lesquelles baignent d'imposantes formes humanoïdes encore endormies. Au fond est installé un impressionnant dispositif alchimique dont les alambics déversent leurs liquides fluorescents vers les bains à la tête desquels ils suintent sur des écailles de dragon noir enchâssées dans la pierre. 

Un mezzoloth

Au milieu de toute cette installation, Rezmir finit de rassembler ses livres. Avec un feulement sinistre, elle tourne vers les héros sa tête draconique démesurée. L'acide perle le long des cornes qui encadrent sa face émaciée et avant qu'ils puissent la charger elle invoque d'une interjection abyssale trois mezzoloths pour leur barrer la route. Les créatures insectoides brandissent leurs tridents et font claquer les pinces de leurs deux paires de bras mais comme ils s'apprêtent à frapper ils sont soudain jetés à terre par une meute de loups surgie de nulle part à l'appel de Finnlay. Dans leur lutte frénétique pour se rétablir ils exhalent un nuage ocre empoisonné qui asphyxie les bêtes qui les retiennent au sol. Les vapeurs mortelles continuent de rouler derrière les héros dont les poumons brûlent alors qu'ils font de leur mieux pour retenir leur respiration tout en parant les coups des mercenaires démoniaques. Par chance les miasmes sont tout aussi infranchissables pour les dragonclaws qui doivent battre en retraite dans l'escalier. De son côté, Rezmir s'est enveloppé d'un suaire de ténèbres impénétrables des tréfonds duquel elle bombarde les aventuriers de sphères acides. Finnlay est touché en plein torse et s'effondre, inconscient. Ildur réussit à abattre un des mezzoloths, créant une brèche dans laquelle se jette Kri d'une roulade qui l'amène aux pieds de la demie-dragon. Elle dégaine Hazirawn, sa grande épée ensorcelée, mais le moine est plus rapide et malgré l'obscurité totale qui les entourent, il parvient à placer un coup parfait sous le menton de Rezmir qui titube, sonnée par la surprise. Le choc est également suffisant pour briser sa concentration, renvoyant ses sbires démoniaques dans les abysses. Ildur profite du répit pour faire avaler une potion curative à Finnlay, puis, laissant le druide reprendre ses esprits, il dégaine sa lame d'argent pour tenir l'escalier où la dissipation du nuage mortel a rouvert le passage aux dragonclaws. 

Rezmir


Rezmir reprend l'offensive et fend les ténèbres de sa lame maudite mais aucun de ses coups ne touchent au but, Kri les esquivant par miracle malgré le handicap de l'obscurité qui le rend de fait aveugle. Il parvient même à anticiper le souffle corrosif qu'elle crache autour d'elle, restant comme suspendu dans les airs par une vrille improbable entre l'acide et l'acier. Les grondements de colère de Rezmir sont alors couverts par les rugissements de Thormund dont la charge brutale vient percuter la wyrmspeaker trop confiante. Les coups de boutoir du barbare balayent la garde de la demie-dragon dont la défaite est aussi soudaine qu'indiscutable. Les ténèbres se dispersent comme elle perd connaissance et Thormund s'empare d'Hazirawn dont il fait taire l'insidieux murmure par la seule force de son implacable volonté. Il tourne ensuite sa rage vers les dragonclaws qui menacent de déborder Ildur et il les taille en pièce les uns après les autres jusqu'au dernier. Pendant ce temps Kri a terminé de fouiller Rezmir, la dépouillant de son précieux anneau des dragons et de la besace dans laquelle elle a glissé le fruit de ses recherches. Il remarque alors que sa terrifiante face draconique est en fait un masque d'obsidienne d'un réalisme confondant. Il soulève l'objet avec précaution pour révéler le véritable visage de la wyrmspeaker dont les traits naturels sont à peine moins terrifiants. Finnlay voit alors avec stupeur qu'Ildur, l'air absent, est en train de lentement bander son arc pour viser le moine. Il doit littéralement crier le nom du ranger pour le sortir de sa transe assassine.  Sentant que l'influence néfaste du masque a une fois encore atteint son ami, Kri fait disparaître l'objet dans sa besace d'un geste vif. Ildur, encore troublé, commence à bredouiller quelques mots d'excuse mais le malaise est interrompu par Rezmir qui reprend soudainement conscience. Elle dévisage les héros, son œil maléfique plein d'une sourde promesse de vengeance et avant qu'ils ne puissent réagir, elle convoque son héritage démoniaque pour basculer dans les abysses à travers une ouverture entre les plans comme à travers la surface d'un lac incandescent. 

Avec la fuite de Rezmir, les héros sont les nouveaux maîtres de Château Naerytar, reste à savoir s'ils le resteront bien longtemps. 


lundi 6 mai 2019

Sur les traces de Suljo Warde



Session Star Wars #25

Date : 16-Apr-2019

Avec :
Hyabu, toujours à la recherche d’investisseurs pour ses « chasses surprises »
Meera, dont l’intellect vient à bout d’une ancienne énigme
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui doit sonder sa mémoire d’enfant

Lieu(x) :
Cato Neimoidia


L’équipage du Rokh se prépare à suivre la piste ténue vers le maître Jedi Suljo Warde et son convoyeur-pilote attitré, Rik Rekshick. Inlassablement, Meera questionne Alto sur son passé pour mieux enregistrer les éléments permettant de remonter vers ces noms qui semblent sortis d’un passé désormais révolu. Alto reprend donc le cours de son histoire commune avec Zayne.


L’histoire des padawans
Leur orphelinat rassemblait plusieurs jeunes padawans, sous la direction de Jedi confirmés (le vieux Ithan Veila et le fougueux Janos Youngblood) et de jeunes en fin de formation (le Mirialan Guel Marcolf et le Rodien Domé), le tout sous la douce supervision de la vieille et sage Zenone Salane. Alto devait avoir 8 ans (et Zayne 3 ou 4 ans) lorsqu’un dénommé Vador a mis fin à cette enfance heureuse, massacrant les occupants de l’orphelinat, dont une douzaine de petits padawans. Grâce à une randonnée proposée à peine quelques heures avant le massacre par Guel Marcolf et Domé, Alto, Zayne et deux autres enfants ont eu la vie sauve. Les enfants ont été dispersés parmi des familles alliées, Zayne et Alto finissant dans une colonie horticole illégale. Quinze années ont passé. Remis par le hasard des rencontres sur la piste de Domé et Guel Marcolf, Alto et Zayne se sont retrouvés happé par l’héritage de leur passé et ont pu reconstituer la trajectoire de leurs deux protecteurs.



Le sanctuaire caché de Zenone Salane.

Après les avoir confiés aux colons horticulteurs, Guel Marcolf et Domé se sont lancés à la recherche d’un maître afin d’achever leur formation. Ils cherchaient un Jedi survivant et, étonnamment, leur quête a abouti. Ils sont devenus les padawans de Suljo Warde, un ancien et très puissant chevalier Jedi qui a survécu grâce à ses nombreuses facultés. Le vieux maître s’est semble-t-il débrouillé pour croiser le chemin de Guel Marcolf et Domé, et les prendre sous son aile. Synthétisant les éléments épars dont elle a connaissance, Alto décrit Suljo Warde comme un être torturé, rongé par la culpabilité des crimes de guerre auxquels il aurait participé durant la Guerre Noire – en particulier un massacre perpétré sur Cato Neimoidia – et sa raison vacillait petit à petit. Il a intégré dans un dispositif dénommé « Holocron » l’intégralité de son savoir, l’a divisé en trois parties, puis en a confié un morceau à chacun de ses padawans, à savoir Guel Marcolf, Domé et une certaine Anthé Katova, qui avait rejoint le groupe plus tardivement. Enfin, voulant échapper à son passé, Suljo Warde s’est apparemment exilé, comme renonçant à utiliser ses pouvoirs. Il a forcé ses padawans à devenir les gardiens des morceaux de l’Holocron.


Malheureusement, c’est sur son lit de mort que Domé a transmis à Zayne et Alto une partie de cette histoire, avant de confier à la jeune Mirialan son élément d’Holocron et des indications pour retrouver Guel Marcolf, dernière chance pour les jeunes padawans de mettre la main sur un potentiel maître. Il leur a fallu hélas encore déchanter, car si Guel Marcolf était bien vivant sur Sathar IV, son esprit avait perdu toute trace d’équilibre. Se prenant pour le dieu d’une tribu perdue au milieu d’une jungle hostile, l’arrivée de Zayne et Alto a fait remonter en lui d’anciens souvenirs enfouis. Malgré un discours décousu, ce qu’il a pu leur raconter venait confirmer et préciser les vagues éléments déjà transmis par Domé. Mais d’autres utilisateurs de la Force étaient également sur les traces des padawans ou de leurs anciens protecteurs. Une nuit, ce qui ressemblait à deux Jedi « obscurs » ont pris d’assaut le village de la tribu, et Guel Marcolf s’est sacrifié en protégeant la fuite de Zayne et Alto, qui n’ont pas eu d’autre choix que de laisser derrière eux l’élément d’Holocron de leur ancien ami.
L'élément d'Holocron en possession d'Alto.

La suite, les compagnons d’Alto en ont déjà connaissance. Dans leur fuite, Zayne et Alto ont fait la connaissance d’un jeune slicer débrouillard, Rod Malagran, qui avait posté sur l’HoloNet illégal une vidéo des deux padawans combattant des droïdes sur une lune artificielle. C’est par l’entremise de Rod Malagran qu’ils ont pu se débarrasser de la navette Tydirium que Zayne et Alto ont volé sur Sathar IV, et qu’ils ont été présentés au Capitaine Hyabu, qui semblait désespérément chercher de nouvelles recrues pour son entreprise. Intrigué par le fait que Guel Marcolf soit un Mirialan et qu’il ait perdu sa raison, Hyabu spécule sur son lien de parenté potentiel avec Alto, dont les dénégations semblent totalement inutiles devant les sourires complices échangés entre le Capitaine et Meera. Questionnée plus en avant par Meera sur le cas d’Anthé Katova, Alto ne peut pas apporter de détails supplémentaires, n’ayant même aucune indication sur sa race ou ce qu’il est advenu d’elle après le départ de Suljo Warde. La piste d’Anthé Katova semble donc à Meera une voie sans issue qu’il vaut mieux ignorer pour le moment.


En route vers Cato Neimoidia
Il faut maintenant préparer avec attention le trajet du Rokh vers Cato Neimoidia. Comme le rappelle Alto, Zayne avait déniché d’anciennes cartes de routes galactiques sur Ord Mantell, dont quelques-unes centrée sur leur secteur de destination. Avec satisfaction, le capitaine Hyabu introduit les données dans le navordinateur du Rokh, dont l’agréable voix féminine semble le ravir jour après jour. Au milieu des précieux tracés de discrètes routes perdues et de la position de diverses singularités spatiales à éviter, des rapports d’exploration géophysique des planètes du secteur confirment que Cato Neimoidia était initialement la seule planète habitable de cette partie de la zone des Colonies. Trois mondes-colonies ont fait l’objet d’intenses efforts de terraformation. Spéculant sur les remords de Suljo Warde et son attachement personnel à l’histoire du secteur de Cato Neimodia, Alto conclue que ces espaces récemment colonisés – et donc relativement vierges – pourraient être des cibles potentielles pour aller y dénicher une éventuelle retraite cachée.

En approche de Cato Neimoidia.

Pour rejoindre Cato Neimoidia, Hyabu constate que le Rokh doit emprunter la passe de Kelor, couloir très emprunté mais direct pour le secteur. Il constate en pestant que la route est visiblement encombrée par une intense activité impériale, espérant que cela ne débouchera pas sur une mauvaise rencontre. Il faut croire que le Rokh passe encore inaperçu, car c’est sans encombre que le navire se retrouve enfin en orbite autour de la planète marine, parmi de nombreux paquebots de croisière et d’un large – mais relativement antique – vaisseau droïde de la Fédération du Commerce. Toujours précise, Meera indique que l’équipage de ce navire doit être composé au minimum de 20% de membres d’équipage bio, condition imposée par la République à la fin de la Guerre Noire. De sa voix sensuelle, le navordinateur du Rokh égrène les données relatives à Cato Neimoidia. Sous les larges volutes nuageuses, on devine de grandes étendues océaniques, que l’équipage sait d’expérience transpercé de massives marches rocheuses et d’îles paradisiaques. C’est toutefois avec un certain pragmatisme d’ordre financier que Hyabu parcoure les possibles points d’atterrissage, écartant d’office les magnifiques atolls de Tarko Seeh, dont chacun se souvient encore avec délectation. Il est donc décidé de poser le Rokh à l’astroport principal de la capitale Zarra, dont la formule visiteur (500C par jour) reste abordable, comparativement à la formule « investisseur » ou « passeport neimoidien » (plusieurs 100kC en échange d’une immunité totale).

La descente vers Zarra révèle une magnifique cité, comme suspendue entre des pitons rocheux montant jusqu’aux nuages. L’astroport de la cité semble de taille modeste, malgré la dimension conséquente des plateformes d’accueil de vaisseaux. Sur la plateforme du Rokh, de vieux droïdes en mauvais état, résidus des forces armées de la Fédération du Commerce du temps de la Guerre Noire, sont cornaqués par un Neimoidien en charge de l’accueil des visiteurs. Une fois réglées les formalités d’usage, Hyabu, Meera et Alto quittent le Rokh pour se diriger vers l’astroport impersonnel. Echaudée par les récentes rencontres, Alto a accepté pour l’occasion l’offre de Meera de lui dessiner des tatouages mirialans fictifs sur le visage, ne serait-ce que pour camoufler cette absence de signe distinctif chez la jeune padawan. Dans l’astroport, Hyabu jette son dévolu sur une boutique de périodiques et illustrés, accaparant une grande quantité de magazines traitant de chasse et de pêche, ainsi que des imagiers pour enfants décrivant la faune locale ou des livres scolaires d’histoire. Pendant ce temps, Meera fait une démonstration de ses talents à Alto, dénichant en un temps record un salon lounge de qualité (entrée à 200C), dans lequel il sera possible de prendre une collation tout en buvant des cocktails et en consultant l’HoloNet. Le groupe se pose enfin devant un spectacle de jongleurs et danseurs se déroulant sous un globe, et qui peut être suivi sur écouteurs individuels. Dans cette ambiance sonore feutrée et de basse intensité lumineuse, chacun se love dans un fauteuil massant à mémoire de forme, profitant de ces quelques instants de relaxation en picorant des zakouskis délicieux.

Une vue de l'astroport de Zarra et de la vieille ville...


Des chiffres et des lettres
Feuilletant ses magazines, Hyabu pousse une exclamation de joie féroce en relevant que la colonie Gandanta, terraformée il y a environ un siècle, abrite une espèce de grands primates agressifs – semble-t-il originellement échappés de laboratoires de recherche scientifique. Pendant ce temps, Meera tente de convaincre Alto d’utiliser des « pouvoirs » pour se mettre sur la piste de Suljo Warde et de son pilote/guide/convoyeur Rik Rekshick. Alto ne peut que hausser les épaules en pointant du doigt le terminal HoloNet disponible dans la loge du groupe, mais elle montre encore quelques signes de nervosité, toujours inquiète à l’idée d’être traquée par les deux Jedi obscurs lancés sur la piste de l’Holocron. Se postant de manière à surveiller les allers et venues dans le lounge, Alto observe Meera qui commence à pianoter fiévreusement sur le clavier de la console. La Chiss débute ses recherches en ciblant des documents concernant le massacre perpétré il y a 30 ans sur Cato Neimoidia. Il lui faut un certain temps pour faire le lien entre la Guerre Noire et sa dénomination locale de « Guerre d’Indépendance ». A l’époque, le représentant de la République et de ses forces d’occupations était effectivement un certain général Warde, et il est précisé qu’il a levé l’occupation suite au massacre d’une centaine de hauts dignitaires neimoidiens – dont le vice-Roi – au cours de la fête nationale de la réconciliation. La trompe dans son livre scolaire d’histoire, Hyabu précise d’une voix molle que le vice-Roi est le plus haut dignitaire de la planète, le Roi assurant avant tout le rôle de sénateur, assigné de fait à résidence sur Coruscant. Le récit du massacre, particulièrement édulcoré, ne donne aucun détail sur les acteurs de l’évènement, ni sur l’implication direct ou indirecte de Suljo Warde, ne permettant pas de lever le voile sur la nature des remords du vieux maître Jedi.

Deux heures ont maintenant passé, et la nuit est bien entamée. Alto se cale sur une banquette moelleuse pour se plonger dans une méditation reposante, couvant d’un œil les activités claviéristes de Meera. Cachant de plus en plus mal son ennui, Hyabu a maintenant migré vers un des bars du lounge, pour y chercher des breuvages alcoolisés et une compagnie nettement plus festive – bien que chuchoteuse. Rapidement escorté par quelques groupies enthousiastes, le Capitaine finit par quitter le lieu pour d’autres aventures éthyliques. Cela n’attire même pas un regard navré de Meera, qui a maintenant reporté son attention sur le cas de Rik Rekshick. Plus habile dans ses recherches que l’inexpérimentée Alto, Meera finit par débusquer trois traces reliées à ce nom, associés à trois propositions d’orthographe différentes mais phonétiquement similaires – déclenchant un rictus à la Chiss, à qui « on ne la fait pas ». La première proposition ne mène nulle part – mais impossible de savoir pourquoi donc elle était listée. La seconde proposition est associée à un visa touriste datant d’une dizaine d’année. Enfin, la troisième orthographe est à la fois la plus intéressante et la plus mystérieuse, débouchant uniquement sur suite de lettres et de chiffres, sans doute un numéro de dossier dont il est impossible de savoir à quoi il correspond. Il s’agit a priori d’un archive papier, remontant à une vingtaine d’année, et conservée dans une administration quelconque. Aucun domicile n’est trouvé à ces noms, et il ne semble pas non plus y avoir de famille associée.

De plus en plus frustrée, Meera suit la demande d’Alto pour une vérification des personnes recherchées dans le secteur, ne serait-ce que pour la rassurer sur son cas personnel. Meera déniche une page de la police planétaire, qui ne donne qu’une dizaine d’identités recherchées, surtout des arnaqueurs et escrocs, puis se lance dans une vérification systématique du background de chacun de ces personnages. Ce travail de fond prend une petite dizaine d’heures à Meera. Les yeux irrités par l’exposition à un écran rudimentaire, entourée d’emballages de friandises et de verres vides, la Chiss dégage tous les attributs du hacker forcené, ce qui n’est pas de nature à diminuer la nervosité d’Alto. Toutefois, le travail finit par payer. Arrivant au neuvième nom de la liste, un certain Raken spécialisé dans les arnaques aux concessions minières, Merra fait une constatation bienvenue : en effet, des codes indiqués dans le dossier de Raken concernent des exploitations minières, et tous présentent un format identique à celui relevé pour Rik Rekshik. Ainsi, le convoyeur a dû investir il y a une vingtaine d’années dans une concession minière du secteur. Sortant Alto de sa torpeur, Meera indique qu’une piste pourrait donc s’ouvrir en allant se renseigner auprès du bureau local du Conseil Impérial à la Colonisation.

L'entrée de Meera dans l'espace loundge.

Le jour s’est maintenant levé, et si Alto se révèle relativement fraîche, c’est une Meera irritable qui accueille froidement le retour d’un Hyabu passablement éméché. Synthétisant d’un ton peu amène ses découvertes, elle conclut en demandant au Capitaine quand il compte s’investir à son tour dans cette enquête qui le concerne également. D’un air affable, Hyabu rétorque qu’effectivement, lui aussi est allé à la pêche aux informations. Ainsi, au hasard de ses rencontres nocturnes avec un public de riches oisifs tout exaltés à l’idée de pouvoir un jour participer aux « chasses surprises » du Capitaine, Hyabu a appris que la terraformation d’une des trois colonies a été un échec retentissant. De plus, la colonie de Gandanta n’est pas libre d’accès depuis plus d’un an, du fait de la conjonction d’une guerre civile d’indépendance en cours, d’une épidémie de « mal des Confins » (pathologie aux contours très flous), et de la perte de contrôle totale sur la population des primates agressifs en pleine expansion. Les forces impériales sont présentées comme une force d’interposition tentant de ramener le calme à la surface de la planète, tout en faisant intervenir ses services sanitaires pour tenter de juguler l’épidémie. Avec une moue dubitative quant à la valeur réelle de ces informations, Meera règle la note pour ses consommations et l’utilisation intense de l’HoloNet (1000C), puis elle déclare rentrer au Rokh pour y prendre du repos, tandis qu’Alto et Hyabu tombent d’accord pour se rendre auprès du bureau local du Conseil Impérial à la Colonisation.

Sur le chemin du Rokh, Meera rencontre dans l’astroport une étrange délégation impériale. Dans une sorte de désordre inhabituel, des stormtroopers tentent tant bien que mal d’encadrer un groupe hétéroclite et statique, constitué d’un dignitaire Neimoidien, un officier impérial à l’air aimable discutant avec une jeune femme à lunettes, quelques droïdes et plusieurs enfants neimoidiens. S’arrêtant pour commander un café chandrilien – dont elle devine rapidement qu’il s’agit d’un faux –, Meera tend l’oreille pour saisir ce dont il s’agit. La jeune femme – a priori l’assistante de l’officier - redresse ici un pan de l’uniforme, aplatit là une mèche rebelle, tandis qu’un technicien prépare une caméra. Il semble que l’officier, du grade de capitaine, va être interviewé en direct sur une chaîne locale. Présenté comme le docteur Gaway, célèbre virologue impérial qui vient à peine de débarquer sur Cato Neimoidia, l’homme se lance dans une déclaration confuse, où il fait mention d’essais vaccinaux et d’enfants soignés – d’où la présence des petits neimoidiens dans le groupe. Très vite, la scène se disloque, laissant le docteur Gaway confus, son assistante le réconfortant autant que faire se peut pour sa piètre prestation avant que toute la troupe ne prenne la direction de la sortie et que Meera ne rejoigne sa couchette dans le Rokh.

Le droïde médical accompagnant le Capitaine Gaway.


Une ancienne mise en garde
De leur côté, Alto et Hyabu quittent l’astroport pour se rendre en ville, ce qui n’est évidemment pas gratuit sur Cato Neimodia (400C). Avant de quitter l’édifice, Hyabu repère un gros vaisseau dont les atours décoratifs, ainsi que l’équipage bigarré et bruyant, indiquent une appartenance à un Hutt – sans doute une navette sortie d’un des gros paquebots de plaisance en orbite autour de la planète. Impossible de dire de qui il s’agit précisément, même si Alto se demande en silence si Gracchus ne serait pas également à leur poursuite… Grâce aux informations de Meera, il est facile de trouver la représentation du Conseil Impérial à la Colonisation. Traversant la ville à pied, les deux compagnons apprécient la beauté surannée des bâtiments environnants, parfois posés face à un océan brillant sous le soleil, parfois noyés dans des nuages aux contours changeants. Arrivés au terme de leur petite marche, et contrairement à ce qu’ils craignaient, Hyabu et Alto constatent que le service administratif consiste en un bureau perdu dans un bâtiment anonyme, et tenu par un vieux Neimoidien veillant sur une accumulation d’archives papier d’aspect antédiluvien. La notion d’administration apparaît toute relative, des symboles de l’ancienne République étant encore apparents sur les rares surfaces libres d’archives. Se présentant comme un investisseur ayant reçu une offre de vente de concession minière, Hyabu demande des informations officielles de cadastre relative à cette concession. Il est rare de voir des étrangers demander ce genre d’information, et Hyabu évoque le temps où la République offrait « à chacun une chance », affirmation qui semble sortir le Neimoidien d’une longue torpeur. Toujours sur ses gardes, Alto peut à loisir observer les réactions du fonctionnaire, qui la scrute avec beaucoup d’insistance, comme si sa présence lui rappelait un ancien souvenir encore flou. Puis, armé du numéro de dossier remis par Hyabu, le fonctionnaire va se procurer la liasse de documents correspondante dans le sous-sol, laissant tout le temps nécessaire à Alto de repérer les archaïques caméras de surveillance disposées dans le local – et s’attirant alors une félicitation imaginaire de Meera.

Le dossier « Rikreschick » (en un mot) se révèle très épais. Une fiche d’identité montre un massif Chevin, visiblement plus très jeune. Les deux compagnons parcourent les documents, qui concernent tous des concessions minières situées dans une région de Gandanta. La première exploitation produit du gaz reclon, les autres concessions – la dernière acquise il y a environ 10 ans – produisant d’autres ressources diverses. Alto s’étonne d’une telle diversification des activités, l’existence de mines certifiées sur chaque site semblant avérer qu’il s’agit d’une véritable activité de production et pas une couverture pour une occupation de nature plus illicite. Cette remarque fait tiquer Hyabu, qui est surpris par le fait que chaque demande de concession se soit traduit par l’ouverture d’une mine : comment expliquer un tel taux de succès inhabituel ? Le dernier domicile connu de Rik Rekshick se trouve sur Cato Neimoidia, mais l’absence de recoupement avec les récentes recherches de Meera indiquent sans doute que ce n’est plus le cas aujourd’hui. 

Une photographie du Chevin Rikrekshick.

Au détour de plusieurs documents administratifs, Hyabu tombe toutefois sur un document intriguant. Le papier jaunis indiquant une ancienneté certaine – et qui sera ultérieurement datée d’environ 23 ans sur le spectroscope du Rokh –, il porte un message manuscrit dont le sens exact échappe à Alto et au Capitaine Hyabu :

Rik, il vous trahira.
Mais NE LE TUEZ PAS. Laissez-le vous trahir.
Arrêtez, arrêtez d’user sans discernement de la Force.

Hyabu s’empresse d’empocher ce mystérieux message, puis rend le dossier à son gardien. Etrangement, ce dernier devient particulièrement affable, invitant ses interlocuteurs à revenir vers lui pour toutes questions, même les plus inhabituelles. Il va jusqu’à remettre sa carte de visite personnelle, précisant qu’il sera disponible chez lui dès la fin de l’après-midi. Ne sachant sur quel pied danser, Alto remercie le dénommé Iro pour son aide, et Hyabu met fin à la visite, pressé de partager leurs découvertes avec Meera. Cette dernière, reposée, accueille la nouvelle avec circonspection. Le contenu du message ne permet pas de dire contre qui l’expéditeur du mot (Suljo Warde ?) met en garde Rik Rekshick, qui y est dépeint comme un utilisateur de la Force. Serait-ce un avertissement contre l’utilisation inconsidérée de la Force dans les activités minières du pilote ? Le mystère s’épaissit donc un peu plus encore.



Le vieux Neimoidien Iro, toujours adepte de la mode du siècle dernier.

En fin de journée, Alto compose le numéro du Neimoidien Iro pour lui proposer de se retrouver dans un débit de boisson quelconque, mais à peine le vieux fonctionnaire a-t-il reconnu la voix d’Alto qu’il propose au groupe de le retrouver au plus vite chez lui. Son appartement se situe dans les nuées, et dispense une atmosphère à la fois luxueuse et d’un autre âge, faisant irrémédiablement remonter l’image agréablement rétro de DD-13 dans la tête du groupe. Chacun prend place à l’invitation du maître des lieux, suivi par un ancien droïde de combat reconditionné en majordome. Iro a passé de luxueux vêtements de dandy, et a perdu son apparence de fonctionnaire tremblant. Faisant démonstration de son professionnalisme, Meera ouvre la mallette contenant le détecteur/brouilleur pour identifier la présence de micros, confirmant rapidement d’un mouvement de tête l’absence de tels dispositifs. Iro est maintenant intenable et se lance dans un monologue confus, indiquant qu’il attendait ce moment depuis plus de 20 ans, lorsque « il » l’avait prévenu qu’un Toydarian et une jeune Mirialan se présenteraient à son bureau des archives. Malheureusement un contrôle administratif impérial a eu lieu il y a 14 ans, et il n’a pas pu conserver le document listant les « dossiers spéciaux ». Iro poursuit en indiquant qu’il a détruit la liste, et qu’il a tenté toutes ses années de se répéter inlassablement la suite de caractères indiquant la position de ces dossiers, mais sa mémoire désormais poreuse n’a rien retenue. Tentant tant bien que mal de suivre les explications du Neimodien, Alto tente de diriger Iro vers l’identité du mystérieux « il », mais ce dernier dévie sans cesse le cours de la discussion, comme dans l’incapacité de donner la moindre information à ce sujet. Alto cherche alors à introduire une diversion dans la discussion, et embraye sur la concession minière. L’accès à Gandanta étant interdit, elle questionne Iro sur les structures ayant la possibilité de s’y rendre. A part les troupes impériales, Iro ne voit que le Mouvement pour l’Aide aux Réfugiés pour avoir accès à la surface de la colonie.


Dans les hauteurs de Zarra.


Voyant que le Neimoidien semble avoir repris ses esprits, le groupe reprend la discussion sur les anciens évènements ayant eu cours sur Cato Neimoidia il y a 30 ans de cela. Il se trouve que Iro se tenait près de son père en haut de la tour où le massacre eu lieu. Mais à nouveau, son récit devient confus. Il se souvient toutefois que le massacre a été commis ou initié par une personne qui se trouvait parmi les dignitaires rassemblés, quelqu’un qui s’est soudainement mis à tuer tous ceux qui l’entouraient. Iro a perdu son père ce jour-là, et sa mémoire semble à nouveau défaillante lorsqu’il s’agit de préciser les circonstances du drame ou l’identité du tueur. Soudain, l’émotion générée sur le vieux Neimoidien déclenche un saignement de nez, et Iro se lève pour aller chercher un mouchoir… et sans crier gare, il s’écroule sur la table de verre avant d’y être parvenu ! Immédiatement, Alto se jette sur le vieillard pour le soutenir et Meera se porte à son chevet, son cyber-équipement médical déployé. Hélas, Meera ne peut que constater le décès du Neimoidien. Echangeant un regard dépité, les compagnons se distribuent intuitivement les tâches à venir. Alto fouille vaguement les rares affaires rangées sur le bureau, et met la main sur le passe d’accès au bureau des archives Pendant ce temps, Hyabu nettoie la scène pour faire disparaitre toute trace de leur venue. Quant à Meera, une intuition soudaine la pousse à interroger le droïde inerte, lui demandant d’aider son maître qui ne souvient pas de série de chiffres et lettres qu’il aimait à se répéter il y a quelques années de cela. En fouillant dans sa mémoire de silicium, le droïde finit par épeler 3 séries de caractères, avant que Hyabu ne lui pose un bouchon d’entrave lui intime l’ordre de le suivre sans discuter.

Une fois la porte de l’appartement refermée, les trois visiteurs décident de se rendre immédiatement au bureau des archives, avant que la découverte funeste du corps d’Iro ne les en empêche définitivement. Déjà renseignée par les indication d’Alto à ce sujet, Meera parvient à détourner rapidement le système de surveillance sommaire du local, et les trois dossiers indiqués par le droïde sont rapidement identifiés. Deux dossiers concernent des concessions minières, le troisième l’ouverture d’une usine de moteurs de véhicules. Chaque dossier est associé à un nom inconnu du groupe. Mais surtout, chacun des dossiers contient une note manuscrite, similaire à celle qui repose encore dans la poche de Hyabu, et rédigée de la même main :

Rik, il vous trahira.
Mais NE LE TUEZ PAS. Laissez-le vous trahir.
Arrêtez, arrêtez d’user sans discernement de la Force.

Une illumination vertigineuse saisit alors Meera, qui prend son ton le plus austère en fixant Hyabu et Alto dans les yeux : ce message à la virgule si singulièrement positionnée n’était pas destiné à Rik Reckshik, mais au groupe annoncé à Iro il y a plus de 20 ans. Il lui apparaît désormais clairement que Suljo Warde y met en garde Hyabu et son équipage contre le pilote-convoyeur. Sidérés par cette déduction, Hyabu et Alto restent sans voix. Alto, qui ne peut lire les fluctuations de la Force que sur quelques jours, est également prise d’un vertige : ainsi, un tel maître aura pu lire dans les méandres du futur à une telle distance temporelle ? La dernière mise en garde n’en sonne que plus clairement à ses oreilles…