mardi 15 octobre 2019

Confrontation


Session Star Wars #37

Date : 17-Sep-2019

Avec :
Le Capitaine Hyabu, qui sauve in extremis une vie
Meera, bien décidée à remettre l’équipage sur les traces d’une ancienne connaissance
Aqualto Fudah (‘Alto’), frustrée par la perte de son plus précieux bien
Zayne Bentaroo, qui rejoue un combat déjà vu

Lieu(x) :
Station orbitale de Kwenn


C’est un marché compliqué que l’équipage vient d’accepter avec le maître des lieux, Gracchus le Hutt. Consigné dans la station, le groupe n’est d‘ailleurs par totalement maître de ses déplacements, cornaqué par une large « escorte » composée d’une vingtaine de soldats et deux droïdes de cortosis. Passée la tension de l’entrevue avec Gracchus, un tour d’horizon rapide du hangar révèle des traces évidentes de combats récents, les cloisons environnantes étant marquées par des tirs de lasers lourds. De plus, le dock est fermé par sa lourde porte métallique, suggérant que le champ magnétique vers le vide spatial a été endommagé. Signes d’un départ mouvementé du Rokh vers un port d’attache plus sûr ?

Le hangar se rempli à nouveau de l’ensemble de ses travailleurs, tandis que des équipes d’intervention viennent réparer les dégâts. Sur ces entrefaites, le Capitaine Hyabu profite de l’agitation ambiante pour pénétrer à son tour dans la zone. Inconscient de la disparition prévue du Rokh et des membres d’équipage encore à bord, le Toydarien avait décidé d’organiser « la rentabilité » de sa journée, profitant des dernières itérations de la Coalescence pour noter des séries de numéros gagnants dans divers casinos. C’est donc très satisfait qu’il rejoint ses co-équipiers, bien embêtés par leur escorte et par la perspective toujours plus imminente de l’enchère à venir dans les sous-sols du palais de Gracchus (dans environ 6h, à H-14:00).

Suivant les termes du marché, le groupe doit certes se montrer disponible pour intervenir contre leurs adversaires Jedi lorsque cela sera nécessaire, mais le capitaine de l’escorte explique qu’une barge est à disposition et qu’elle peut servir aux déplacements de l’équipe. Isolée dans un coin, Meera contacte successivement le numéro crypté de Marle pour activer l’ouverture du dock clandestin, puis Silas. Cette dernière se montre disposée à suivre le plan du groupe, et déplacera son navire vers ce nouveau dock. Toutefois, elle doit prévenir un obscur intermédiaire. Pour cela, elle demande au groupe de déposer un code – composé d’une suite de caractères alphanumériques – au niveau de la chambre 105 de l’Hôtel Miramar, établissement quelconque d’un des puits du Central. Si nécessaire, cet intermédiaire pourra intervenir en fonction de l’évolution des évènements.

Dans les profondeurs du Central...

Ces informations prises, l’équipage quitte le dock avec son escorte, sous les regards excités, envieux ou courroucés des badauds, puis rejoint une large et luxueuse barge stationnée non loin. Ainsi marqué du signe de l’appartenance à la maison de Gracchus, l’équipage peut se déplacer avec aisance à travers le Central sur la barge flottante. Chaque fait et geste est toutefois scruté par les sbires du Hutt, et il faut également subir le regard cyclopéen et rougeoyant des deux droïdes de cortosis. Bientôt, le navire atteint la zone résidentielle où se niche le Miramar et commence sa descente dans l’arène-puit correspondante. A travers les ouvertures des minuscules cabines d’habitation, de nombreux visages curieux se pressent derrière le linge étendu. Sur les terrasses et balcons, certains font grandes démonstrations de déférence envers les occupants de la barge, qui se pose délicatement sur une zone d’appontement, sous un mélange de huées et d’applaudissements. De là, le groupe peut apprécier à loisir la vue surplombante sur les néons clignotants du Miramar – ouvertement un établissement de seconde zone à la clientèle désargentée.

Après leur débarquement, les droïdes de cortosis prennent une posture martiale défensive, sous le regard attentif de Meera et Hyabu. Face au fin ciselage de leur armure, qui ne montre aucune zone de faiblesse apparente, Meera laisse échapper un soupir rêveur. Plongée dans ses pensées, elle ne saisit que tardivement le regard insistant du capitaine de l’escorte, intrigué par le bras cyber que la Chiss a exposé de longues secondes à sa vue. A travers un discours pseudo-cryptique, Hyabu questionne Meera sur la possibilité de poser un bouchon d’entrave sur de tels droïdes, éventualité vite balayée par la Chiss qui pense qu’ils sont en fait guidés à distance par un « contrôleur » local.

Il est évident que l’escorte du groupe empêchera une entrée discrète dans le Miramar, et Alto estime qu’il faudra jouer sur la vitesse d’exécution à l’aide d’une diversion. L’équipage débarque donc de la barge et se mêle au flot de passants, prenant la direction du Miramar. Tandis que Meera ose toucher du doigt un des droïdes – qui reste impassible – et que Hyabu se lance dans un monologue pour détourner une seconde l’attention du capitaine de l’escorte, Alto enfile d’un geste brusque sa large capuche et se place dans les pas d’un trio de badauds également encapuchonnés. Son départ tonique n’a toutefois pas été suffisamment couvert par ses compagnons et des gardes se mettent rapidement en route pour la rattraper. 

Près de l'hôtel Miramar.

Alto est déjà dans l’entrée de l’hôtel, échange à peine un regard avec la personne derrière le comptoir et monte rapidement au premier étage. Fouillant dans sa poche, elle en sort le papier portant le code crypté et le glisse aussi vite qu’elle le peut sous la porte 105. Dès qu’elle se relève, un garde du Hutt se précipite derrière elle, lui intimant l’ordre de rejoindre les autres, tout en lançant un regard suspicieux sur les numéros des portes environnantes. Lentement, Alto redescend les marches, suivi par son encombrant chaperon. Alors que le garde se présente au comptoir, Alto se baisse pour lacer sa botte pour essayer de saisir l’échange à voix basse, qui lui échappe toutefois. Repérant son manège, le garde demande à la jeune Mirialan de sortir de l’établissement et exige le registre des occupants du premier étage. Se concentrant alors sur les flux de Force, Alto obscurcit l’esprit du garde, le faisant plonger dans une profonde confusion. Puis, insistant à son tour pour qu’il l’escorte vers la barge, elle émerge avec le garde de l’hôtel, soufflant intérieurement sur ce sauvetage miraculeux.

De retour sur la barge, Alto saisit que quelque chose a changé dans l’attitude du capitaine de l’escorte. Après avoir disparu quelques minutes auprès d’une console, le voilà bizarrement insistant auprès de Meera. Ayant identifié Meera et Hyabu comme étant recherchés et mis à prix, il exige maintenant de la Chiss une « compensation », mais enlève bien vite sa main de la cuisse de sa proie lorsque Zayne et Alto s’approchent de la scène. Sans perdre son calme, et estimant que ce nouveau problème pourra être réglé en temps utile, Meera rassemble ses compagnons et explique vouloir monter vers les Hauts de Myrtil pour rejoindre le palais de Gracchus et ses enchères. Il lui semble en effet utile de reprendre contact avec Taléo, et d’utiliser éventuellement comme moyen de pression son action en cours sur le Commodore Mick Milikir. Toujours partant pour récupérer une vieille créance en suspens, Hyabu ne peut qu’acquiescer, tandis que Zayne montre sa totale désapprobation à replonger dans un tel nid de crabe. Plutôt sur la même longueur d’onde que son « frère » – mais qui en douterait ? – Alto doit toutefois se ranger à l’argument de Meera selon lequel il n’y aura pas de meilleur lieu pour surveiller le départ du Chasseur Jedi et de la sonde droïde qui s’y trouve. Concernant la Fête de la Coalescence, tous se montrent catégoriques : il est hors de question de s’y rendre et si l’occasion d’une fuite hors de la station se présente, il faudra la saisir. Plus attentiste sur ce point, Hyabu ne peut que se ranger à l’avis de la majorité malgré son profond désir de participer à de telles agapes.

Le palais des enchères de Gracchus le Hutt est toujours fidèle au souvenir que le groupe en avait, mais leur entrée se fait cette fois par la grande porte, enrobé de l’aura de puissance du propriétaire de la barge. Pénétrant par l’accès VIP du palais avec son escorte armée, le groupe fait forte sensation et se voit proposer immédiatement diverses boissons alcoolisées de grand prix par Amy, toujours fidèle au poste. Puis, leur hôtesse les mène vers une coursive privée en hauteur, pour pouvoir suivre les enchères « publiques » à partir d’une loge luxueuse. En contrebas, Hyabu repère rapidement Taléo, dans une tenue beaucoup plus sobre, martiale et fonctionnelle que lors de la précédente itération de la Coalescence. Près de la porte de l’ascenseur privé, tout un cortège d’éminences se dirige vers le sous-sol et ses enchères spéciales, sous le regard froid de Josef Zaal. Le capitaine Hyabu prend l’initiative d’inviter Taléo à le rejoindre dans la loge de l’équipage par l’entremise d’Amy, mais la courtisane l’ignore ostensiblement.

La luxueuse loge privée.

Meera décide donc de prendre les choses en main et descend elle-même dans la zone d’exposition pour forcer la main à Taléo, non sans avoir flâné quelques instants entre les différentes vitrines. Elle y repère un arc à énergie des soeur de la nuit de Dathomir, un artefact ancien dont elle s’empresse de faire l’acquisition avant de rejoindre la courtisane. C’est à contrecœur que Taléo finit par céder à l’insistance polie mais menaçante de Meera, d’autant plus qu’elle semble particulièrement mal à l’aise face à l’association apparente entre l’équipage et Gracchus le Hutt. Une fois dans la loge, Hyabu prend son air le plus charmeur en servant un verre à celle qui est encore sa débitrice. Entre deux phrases, il mentionne ses affaires avec le Commodore Milikir. Taléo se fige immédiatement, le visage livide, et l’exhorte au silence en susurrant des insultes bien senties, précisant que son équipage a « déjà failli tout faire foirer il y a une heure ». Comprenant au travers de cette allusion à la chambre 105 que la courtisane est bien plus que cela, Meera abrège au plus vite l’entrevue, sous le regard toujours suspicieux du capitaine des gardes. Hyabu ne peut que regretter ce qui vient de se dérouler, car « ça va être une dette difficile à recouvrir, celle-là… ».

L’heure tourne et la vente privée de Gracchus le Hutt approche (H-15:00). Après la sortie de Taléo, l’équipage concentre donc son attention sur les vas et viens au niveau de l’ascenseur donnant accès aux trésors du sous-sol. Au bout de quelques minutes, la grosse femme – Silas déguisée – se présente, accompagnée des trois femme-rats, bientôt suivie par Josef Zaal puis Taléo. Sentant le dénouement approcher, l’équipage tente de parlementer avec le capitaine des gardes pour poster la barge à la sortie du hangar du sous-sol, mais se voit opposer un refus catégorique. A vrai dire, le capitaine se montre de plus en plus suspicieux devant toutes les messes basses de l’équipage, et il finit par prendre Hyabu à part pour exiger qu’on lui remette 20kC lors de la Fête de la Coalescence pour prix de son silence. Le Capitaine Hyabu joue le jeu, promettant monts et merveilles, mais indique qu’il faudra sous peu se rendre auprès d’un intermédiaire qui pourra lui remettre une somme d’une telle ampleur. Le reste de l’équipage assiste alors à la sortie de Josef Zaal, ouvertement furieux, puis de Silas, toujours méconnaissable. Meera en conclue que le plan a été modifié, et que c’est sans doute Taléo qui doit convoyer le chasseur Jedi et sa précieuse sonde droïde. Il est donc temps d’agir.

D’un ton énergique, Hyabu indique donc au capitaine des gardes qu’il faut se mettre en route sans tarder pour aller récupérer l’argent. Celui-ci accepte, après avoir mis en garde le Toydarien contre une quelconque entourloupe de sa part. Le groupe regagne alors très vite la barge, sur laquelle subsistent les deux droïdes de cortosis et une dizaine de soldats de Gracchus, puis cap est mis vers le Central. A l’affut par-dessus le bastingage, Alto repère en contrebas la silhouette de Taléo conduisant vivement une moto-jet à laquelle est arrimé un large container – suffisamment grand pour contenir le petit vaisseau monoplace. Hyabu a fourni les coordonnées du port-fantôme réservé pour le navire de Silas, et bientôt la barge plonge dans un grand puit du Central, laissant Taléo prendre un chemin plus contraint et certainement plus long. A mesure que la barge s’enfonce dans des endroits moins éclairés et à la population de plus en plus interlope et clairsemée, la tension monte parmi l’équipage, puis atteint son paroxysme lorsque le véhicule s’amarre à un ponton d’accès situé non loin de port-fantôme désert. Personne ne se fait voir sur la coursive menant à la lourde porte du hangar, et le capitaine des gardes annonce que lui et sa troupe escorterons le groupe dans la zone. Mais à peine l’équipage a-t-il quitté la barge que l’escorte – soldats, droïdes, véhicule – se pixelise en un nuage de poussière électronique, comme effacés de cette itération de la réalité. Au loin, le son caractéristique de trois moto-jet en approche se fait entendre.

Alto se lance immédiatement en avant, exhortant ses compagnons à rejoindre au plus vite l’accès du dock. L’entrée rapide du groupe, suivie de la fermeture hâtive de la porte d’accès, attire l’attention de Silas, qui présente un sourire accueillant en annonçant « Faites-moi confiance, ça va fonctionner ! », malgré les questions sur l’absence de Taléo. Réalisant soudain la tension palpable sur le visage de l’équipée, Silas se rue dans le cockpit du VCX100 pour entamer la procédure de décollage, immédiatement suivie par le Capitaine Hyabu et son équipage. Soudain, la porte du dock donnant sur la coursive s’ouvre dans un bruit sourd, faisant apparaître les trois silhouettes encapuchonnées et terrifiantes d’Anthé Katova, Zaharid et Pirène Antora. De manière inattendue, Anthé Katova présente l’aspect de quelqu’un qui sort d’un intense combat : son nez saigne, elle semble se concentrer comme si la Coalescence lui était insupportable et elle présente surtout une large trace de brûlure sur le côté – instinctivement, Alto place sa main sur son fragment d’Holocron comme si elle redoutait d’en sentir également la chaleur intense. La disparition de l’escorte serait-elle l’œuvre d’Anthé Katova, apte à induire à volonté de nouvelles itérations… ?

 
Anthé Katova, avec quelques années de plus.

Réagissant à l’irruption des adversaires du groupe, Alto tend sa main en avant vers une caisse de matériel posée sur le tarmac, mais échoue à le projeter suffisamment loin, puis dégage d’un geste leste son sabre-laser, se préparant à un assaut au pied de la coursive d’accès du VCX100, dont Silas a déjà engagé la lente fermeture. Un sourire satisfait aux lèvres, Meera soulève sa large cape et arme l’arc à énergie des soeurs de la nuit de Dathomir, dont le projectile puissant va renverser Anthé Katova. Furieuse, cette dernière se redresse immédiatement et tend à son tour sa main vers le cockpit du VCX100, où chacun voit le regard désespéré de Silas, suffoquant les mains autour de son cou. Hyabu se lance dans le couloir du vaisseau pour gagner au plus vite le cockpit et se porter au secours de la contrebandière. Pirène Antora se jette alors dans la mêlée, atterrissant après une pirouette aérienne devant Alto et Meera – qui tourne alors les talons pour fuir à son tour vers le poste de pilotage. Simultanément, Zaharid emploie la Force pour tenter de subtiliser le fragment d’Holocron accroché à Alto, et il lui faut toute sa concentration à la jeune Mirialan pour repousser cette attaque, heureusement sous la protection de Zayne qui s’interpose devant Pirène Antora. Les attaques de Zayne se heurtent aux parades de son adversaire, qui repousse sans effort apparent son opposant. Toutefois, cela ouvre une faille dans sa défense, et Alto effectue une roulade au sol avant de placer une série de coups qui blessent sérieusement Pirène Antora.

Pris d’une colère évidente, Zaharid accoure vers le VCX100 et rejoint sa compagne, déchaînant sa fureur sur Alto. Cette dernière repousse Pirène mais ne peut échapper à un large mouvement du sabre de Zaharid, qui lui laisse une profonde blessure sur le flanc. C’est au tour de Zayne de se porter au secours de sa « sœur », qui réplique en blessant à son tour Pirène Antora. Dans le cockpit, Hyabu a constaté l’écrasement de la trachée de Silas, comme écrasée par une poigne fantomatique. Empoignant une paille improvisée basée sur le corps évidé d’un stylo, le Capitaine crée une entrée d’air dans la gorge de Silas, la sauvant sans doute d’une mort inexorable par étouffement. De son côté, Meera se jette sur le poste de pilotage et enclenche le décollage de l’appareil, avant de constater médusée la fermeture du blindage de l’ouverture vers le vide spatial. Dans l’arrière du dock, Anthé Katova constate avec satisfaction que sa manœuvre à distance a fonctionné, puis, une grimace de douleur sur le visage, se recule prudemment vers la sortie du dock. Avisant l’unité R2 de Silas au poste de co-pilote, Meera lance immédiatement un protocole de piratage pour permettre la ré-ouverture forcée de l’accès, espérant que ses compagnons pourront encore repousser l’assaut violent de Zaharid et Pirène Antora pour quelques instants.

A l’entrée du VCX100, l’atmosphère est de plus en plus oppressante, les lueurs des sabre-lasers se réverbérant dans la coursive rendue petit à petit plus sombre par la fermeture de la coursive d’accès. Dans un dernier sursaut d’énergie, Alto se lance rageusement contre Pirène Antora et ses coups virevoltants finissent par percer les mornes parades de son adversaire. Voyant sa compagne perdre pied et finir abattue au sol, Zaharid plonge dans sa direction, l’attrape et saute vers l’extérieur sans demander son reste. Alors que Meera demande à chacun de s’accrocher en perspective d’un départ en trombe, Anthé Katova, camouflée dans l’ombre, tente une dernière fois d’arracher le fragment d’Holocron à Alto. Sous le regard atterré de Zayne et Alto, et malgré leurs efforts pour le ramener à eux, le précieux artefact vient prestement rejoindre la main de l’ancienne amante de Suljo Warde, avant que la coursive ne se ferme totalement.

Soudain, une poussée subite projette le « Ghost » vers l’espace, loin de la Coalescence et des multiples tourments sans fin subis dans la station orbitale de Kwenn. Pantelants, Zayne et Alto se dirigent vers l’intérieur du vaisseau, maudissant la perte de leur plus précieux artefact. Dans le poste de pilotage, Meera effectue un large virage et se prépare à prendre soin de Silas, qui doit sa vie aux premiers secours efficaces du Capitaine Hyabu . Un instant, Anthé Katova quitte des yeux ses disciples blessés pour suivre la trace du vaisseau – il est certain que la route de l’équipage du Capitaine Hyabu recroisera la sienne un jour ou l’autre.

mardi 17 septembre 2019

Le secret des Sorciers Rouges



Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 9

Avec
  

Thormund Sombracier, Le barbare qui se moque des blessures  

Finnlay Galindan, Le druide qui met du hibou dans l'ours 

Kri Shanu, Le moine qui fait de la provocation  

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui cajole les wyvernes  




Les poulies sur lesquelles s’enroulent les lourdes chaines d’adamantine grincent alors que la gigantesque herse remonte dans la barbacane cyclopéenne. Les héros se mettent en route au milieu de la pittoresque troupe d’ogres aux joues poudrées sous les fantasques plumes d’autruche de leur casque dorés. Chacune des marches qui les séparent de la basse cour nécessite un saut vertigineux pour être franchie. L’irruption des ogres provoque un certain remue-ménage parmi les cultistes qui vaquent à leurs occupations quotidiennes et au bout de quelques instants d’agitation un grand homme à la peau sombre vêtu de la robe des porteurs de pourpre s’approche de l’ogre le plus adipeux qui fait office de lieutenant de la garnison. 

Le capitaine Othelstan

Le capitaine Othelstan exige qu’on lui explique la raison de cette démonstration de force inopinée et le ton monte rapidement face aux grommellements intraitables du monstre. Pour s’assurer que la tension ne retombe pas, Kri s’avance en brandissant ses emblèmes de tueur de dragon qui confirment aux adorateurs de Tiamat que leur emprise sur le château s’est évanouie.  Les dragonclaws saisissent leurs poignards et quand dans un geste d’impatience l’ogre renverse Othelstan, les hostilités explosent. Les cris d’alarme appellent les cultistes à la rescousse et les ogres les fauchent de leurs grandes hallebardes sous les applaudissements de leurs collègues agglutinés au rempart pour ne pas rater le spectacle. Les quelques kobolds qui avaient délaissé leurs corvées dans les écuries tentent de fuir vers les souterrains où leur maître attend mais Ildur les abat d’une volée de flèches avant qu’ils puissent alerter le dragon. Kri et Thormund engagent le combat avec le porteur de pourpre dont l’étoile du matin a déjà fracassé le crâne du lieutenant ogre qui l’avait poussé avec si peu de respect. Ildur tente encore d’utiliser ses couteaux maudits mais à nouveau ceux-ci refusent de blesser les adorateurs de Tiamat. Il reprend donc son arc pour tenir à distance la meute de drakes noirs que les cultistes ont lâché dans la mêlée.   Finnlay embrase de ses traits de feu les réserves entassées près de l’autre écurie, déclenchant un violent incendie qui ajoute à la confusion, puis il se change en ours, ou plutôt en ours-hibou alors que sa métamorphose s’accompagne d’un sursaut de magie sauvage qui le couvre de plume, et il saisit de ses griffes le capitaine Othelstan qui ne peut plus battre en retraite face à l’avalanche de coups que Kri fait pleuvoir sur lui. De l’autre côté de la cour une puissante boule de feu balaie la charge des ogres dans le couloir, carbonisant au passage les malheureux cultistes qui défendaient encore l’accès aux appartements de leurs supérieurs. Cette diversion permet à Thormund de briser l’arme du porteur de pourpre qui se retrouve incapable de parer la lame d’argent d’Ildur qui vient lui percer la gorge. La chute de leur chef plonge les dragonclaws dans un certain désarroi dont profitent Thormund et Ildur pour se frayer un chemin vers les écuries où ils retrouvent les wyvernes que Sandesyl leur avait confiées. Les efforts que le ranger avait déployés pour les amadouer s’avèrent payants car en quelques mots il les convainc d’accepter à nouveau que ses compagnons les chevauchent. Ils montent en selle avec précipitation car derrière les flammes qui font rage surgit la terrible forme de Glazhael dont le souffle pulvérise les derniers combattants qui s’étripent encore dans la cour.


Les aventuriers plongent en piqué vers la caverne par laquelle ils étaient entrés dans la forteresse mais le dragon les a pris en chasse. Ils parviennent de justesse à abandonner leurs montures avant qu’elles ne soient recouvertes du flot de feu que les puissants poumons de Glazhael projettent sur eux. Ildur et Finnlay sont forcés de battre en retraite au fond du couloir, leurs capes roussies par la chaleur, tandis que Kri a réussi à bondir contre le flanc d’une wyverne qui le protège totalement du souffle. Thormund en revanche est resté de marbre au milieu du déferlement de flammes qui se retrouvent étouffées par la rage qui gonfle dans son cœur. Il semble devenir encore plus massif et sinistre alors qu’il brandit Hazirawn, la sombre épée qu’il a prise à Rezmir, dont les runes crépitent lorsqu’elle frappe le dragon si violemment qu’elle brise une de ses cornes. La bête rugit de douleur et contre-attaque, ses puissantes griffes écrasant le barbare contre la paroi de pierre. Finnlay entoure le dragon de lueurs féeriques dont le miroitement semble guider les coups de Kri qui plante profondément sa grande lance dans le flanc de la créature. Le sang coule à flot de la blessure et l’odeur fait frémir les narines de Thormund qui revient à la charge avec un grondement inquiétant. Se sentant pris au piège dans ce combat souterrain, Glazhael change soudainement de tactique. Il saisit Kri de sa poigne implacable et d’un battement d’ailes se lance au dehors pour retrouver l’avantage du terrain. Il monte droit vers les nuages mais avant qu’il y disparaisse, Ildur l’ajuste de son arc. Le trait qu’il délivre explose en une volée d’épines qui vient déchirer les grandes ailes de cuir et jeter le dragon dans une mortelle spirale vers le sol rocailleux. Kri est entrainé dans cette chute mortelle mais son entrainement rigoureux lui permet de conserver son calme et de se libérer de l’étreinte fatale pour freiner sa chute d’une série de sauts périlleux qui laissent le temps à Finnlay d’appeler un aigle géant à la rescousse pour récupérer le moine en plein vol à quelques mètres du sol. Glazhael n’a pas cette chance et le dragon se fracasse sur les rochers, sa forme brisée expirant dans un dernier hoquet de flammes.
Les aventuriers reprennent le chemin labyrinthique que Tengrim avait dessiné lors de leur première visite des lieux et ils finissent par retrouver l’antre du dragon rouge où gît encore le malheureux Felgolos, odieusement défiguré par les dernières tortures de son bourreau. 

Felgolos

Le pauvre dragon de cuivre est aux portes de la mort mais avant de rendre son dernier souffle, il parvient à murmurer une dernière supplique :

« Sauvez les enfants de Laerakond…prévenez les…les coffres d’Elturgard ne sont plus sûrs…il y a un traître…»

Ce message cryptique n’augure rien de bon et semble indiquez que le culte du dragon est prêt à mettre la main sur un vestige du mystérieux empire draconique qui existait au large de la côte des épées avant que la Fracture ne sépare à nouveau les mondes jumeaux d’Abeir et de Toril qui s’étaient entremêlés pendant les bouleversements du siècle dernier.
Les aventuriers déposent le corps sans vie de Felgolos sur le trésor de Glazhael que ses serviteurs kobolds ont abandonné pour se terrer dans les souterrains en attendant que les choses se calment. Au milieu des pièces d’or, Finnlay repère aussi un étrange objet exhalant la magie de conjuration, sorte de petite amulette à l’effigie d’un rapace enchâssée autour d’une plume magique de Quaal.
La défaite de leur maître a fait fuir les derniers kobolds au plus profond des souterrains, les héros peuvent donc emprunter les échelles et les passerelles rudimentaires qui s'accrochent le long de la paroi extérieure du rocher pour remonter vers les baraquements dévastés des cultistes où ils espèrent trouver des indices sur la suite des plans des adorateurs de Tiamat. 

Un silence de mort règne sur la cour où les dernières braises de l'incendie s'éteignent derrière les cadavres calcinés. Au bout du couloir noirci par les flammes, une sentinelle solitaire monte encore la garde. L'armure noire aux dessins complexes de la femme est tout à fait étrangère aux aventuriers mais le tatouage qui couvre le côté de son crâne a au contraire un air familier. Comme les aventuriers avancent dans sa direction, elle recule calmement dans la tour qu'elle protège pour rejoindre les deux autres chevaliers thayens qui s'y trouvent. Derrière le rempart de leurs pavois, ce n'est autre qu'Azbara Jos qui attend. A ses côtés se tient un second sorcier rouge dont la robe écarlate richement brodée ne laisse aucun doute sur la hauteur de son rang. Les héros reconnaissent aussitôt le visage sévère qu'ils avaient découvert dans les fractures du demi -plan d'Akar Kessel qui entouraient le reflet de la plateforme de téléportation de Bryn Shander. Azbara Jos lève les mains en signe de paix. Son seigneur, Rath Modar, véritable Zulkir de la conjuration, grand Tharkion des marches orientales, a une offre à leur faire. Sa cause est juste et les héros sont dans l'erreur de s'y opposer car seul Rath Modar est capable de libérer Thay de la tyrannie mortifère de Szass Tam, la toute puissante liche qui tient le pays par la poigne squelettique de ses armées innombrables de morts-vivants, asservissant son peuple par la terreur et projetant son ombre menaçante sur toutes les nations libres qui se dressent sur son chemin.  
La collaboration avec le culte du dragon est un bien faible prix à payer pour atteindre ce noble but. Azbara Jos implore les héros de se joindre à eux, leur force n'est plus à prouver et avec le soutien des sorciers rouges ils pourraient sans mal s'emparer des titres de wyrmspeaker que leurs exploits ont laissé vacants. Quant à leurs inquiétudes concernant les plans de Severian d'invoquer sa déesse depuis les neufs enfers, Rath Modar les balaie avec assurance. Il a lui-même mis au point le rituel d'invocation et Tiamat sera sous sa coupe dès lors qu'elle se manifestera sur le plan matériel. Dès qu'elle aura incinéré Szass Tam et ses esclaves, il la bannira à nouveau en un claquement de doigts. 


Malgré les efforts d'Azbara Jos pour les amadouer, les héros ne sont pas convaincus et quand ils osent de surcroît mettre en doute la sagesse du plan de Rath Modar, celui-ci perd patience. Avec un regard courroucé à l'encontre de son disciple, il frappe le sol de son bâton et soudain le temps se fige. Prisonniers entre deux instants, les aventuriers assistent impuissants au départ de l'archimage à travers une porte dimensionnelle alors qu'il ordonne négligemment à Jos de tuer les héros puisque, comme il s'y attendait, ils ne lui sont d'aucune utilité. Il disparaît et le temps reprend son cours. Les chevaliers thayens chargent avec une coordination parfaite tandis que les protections magiques d'Azbara Jos troublent sa silhouette pour égarer les coups adverses. En réponse Finnlay le couvre de lueurs féeriques qui contrebalancent l'effet et redonne à Ildur la possibilité d'ajuster le sorcier de son arc. Face aux chevaliers, Thormund invoque des doubles illusoires pour qu'ils absorbent les coups à sa place mais une volée de projectiles magiques les renvoie au néant avant qu'ils puissent faire leur office. 
Le fracas des armes emplit la pièce comme les combattants se rendent coup pour coup, mais la force brute de Thormund, les attaques virevoltantes de Kri et les traits mortels d'Ildur viennent rapidement à bout des gardes du corps d'Azbara Jos. Encerclé, le sorcier épuise ses dernières forces pour maintenir ses boucliers magiques, mais la pression des assauts des héros finit par en venir à bout et il s'écroule inconscient à leurs pieds. 


L'étude des Thayens regorgent de parchemin sur lesquels ont été copiés des fragments de rituel tiré d'un antique grimoire intitulé "Au-delà des Portes de Fer". Finnlay survole le contenu du tome qui semble détailler les multiples façons d'invoquer des démons de toute sorte au prix de sacrifices humains plus ou moins importants selon la puissance de l'entité ciblée. Mais avant qu'il puisse en apprendre plus, un horrible concert de cris stridents jette les aventuriers dans un effroi soudain. Depuis la grande fenêtre qui donne sur le ciel, ils voient alors qu'un portail s'est ouvert au milieu des nuages. Des vrocks hurlants se mêle à la nuée de gargouilles qui en émerge et derrière eux surgit un dragon bleu crépitant de foudre sur le dos duquel se tient celle qui vient réclamer vengeance pour sa dernière défaite, Rezmir la wyrmspeaker noire. 

lundi 16 septembre 2019

Subterfuges



Session Star Wars #36

Date : 10-Sep-2019

Avec :
Meera, aux précieux talents de filature
Cornell Quantarus, qui fait forte impression en laissant le côté obscur l’envahir
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui échappe à une traque en s’effaçant
Zayne Bentaroo, qui passe inaperçu en se montrant

Lieu(x) :
Station orbitale de Kwenn

La troisième itération de la Coalescence a frappé et le fragment d’Holocron brûlant d’Alto lui a laissé une douleur aigüe sur la fesse. Alors que le groupe émerge du Rokh, une puissante onde électromagnétique traverse le hangar, provoquant une extinction générale de l’éclairage – heureusement temporaire. Chacun peut constater que cette troisième itération a des effets physiologiques notoires sur les membres de l’équipage : tête cotonneuse, paupières lourdes, oreilles prises d’acouphènes stridents, fourmis aux extrémités… Rien de tout cela n’est agréable, et impacte négativement sur les réactions et prises de décision…

Toujours investie de sa mission de chaperon, Meera convainc Alto de se grimer à nouveau le visage avec une couche de maquillage blanc, puis de revêtir une ample capuche en guise de camouflage. Quant à Zayne, il prend le contrepied de l’attitude discrète généralement préconisée par Meera et il revêt l’apparence de Piy à l’aide quelques pièces d’équipement disparates (casque, appareil respirateur), et joue sur sa corpulence sensiblement similaire à celle de l’Aquale. Satisfaite de l’apparence de la troupe, et sous l’œil attentif du Toydarien faussement oisif affalé sur le siège d’un véhicule de transport, Meera répète sa prise de contact avec un responsable de la logistique du dock – un certain Carl. Après avoir graissé la patte de l’homme (250C), elle obtient les coordonnées du communicateur d’un de ses « cousins » nommé Marl, qui sera semble-t-il à même de lui donner accès aux docks « alternatifs’ » du Syndicat dans les profondeurs de la station orbitale.

Le groupe a un plan : faire en sorte que le Gracchus de cette itération comprenne que les « Jedi » ne sont pas avec eux et qu’ils vont à « un signal donné » les faire venir sur la station. Ainsi, si Gracchus les contacte, ils espèrent lui mettre entre les pattes un plus gros « gibier » les Jedi Zaharid et sa compagne Pirène Antora, espérant ainsi se débarrasser de Gracchus et des Jedis ennemis. Aussi l’ensemble du groupe prend ostensiblement la direction de l’intérieur de la station sans prendre de précaution particulière. Dans l’agitation des larges coursives moites, impossible de savoir si le Toydarien ou un de ses acolytes s’est mis en chasse de l’équipage. Le groupe se pose rapidement dans un bar de rue servant des plats aux odeurs exotiques. Tandis que Cornell et Meera jouent la comédie en s’invectivant sur le « plan » du groupe, Alto vérifie les alentours et finit par détecter au niveau inférieur la présence d’un des sbires du Toydarien affairé avec un système d’écoute à distance. Un léger signe de tête d’Alto à ses compagnons incite alors Cornell à poursuivre la mise en place de l’écran de fumée à destination de Gracchus, et il appelle le dénommé Marl. Celui-ci répond dans un vacarme d’arrière-cuisine, et accepte l’idée de rejoindre le groupe au plus vite afin de discuter des conditions contractuelles pouvant permettre une livraison discrète dans la station.

Le bar de rue au croisement de coursives anonymes.

Après une courte attente mise à profit pour avaler un repas de ‘streetfood’ orbitale, Marl rejoint le groupe et s’attable dans un nuage de farine échappé de son large tablier taché. Toujours à son aise avec les usages des milieux interlopes, Cornell entame – sous l’identité du Capitaine Kaï Bengo – une discussion sur le Syndicat et les traditions anciennes des docks de pêche, qui servaient initialement au stockage des containers d’eau prélevés sur Kwenn. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, mais les autorités Hutt conservent un voile pudique sur les marchandises qui y transitent, laissant le soin au Syndicat d’y gérer les aspects douaniers. Marl propose de réserver pour une semaine un dock pour l’équipage au tarif forfaitaire de 500C par jour, coût auquel il faudra ajouter 10% de la valeur totale des marchandises (minimum 1000C). Après une âpre négociation, Cornell arrive à baisser l’ensemble du forfait à 2250C. Par « mégarde », Meera lâche que cela représente plus de 1000C par tête – ce à quoi Marl précise que le trafic d’esclaves, chasse gardée des Hutt, est strictement interdit dans ce contexte. Cornell s’empresse de le rassurer sur ce point.

Après avoir remis un numéro de communicateur pour permettre l’ouverture du dock, Marl prend congé. Meera se plaint évidemment du tarif que représente le plan de Cornell afin de permettre à Nir et Zayne de débarquer en secret sur la station, ce à quoi Zayne rétorque par un borborygme « à la Piy » incompréhensible. Alto se dit toutefois confiante sur la sécurité de leurs compagnons, puisqu’ils ne débarqueront pas sans avoir reçu « le signal ». En se levant, Cornell conclue le tour de table, se disant préoccupé par le fait que le groupe est « en short » pour discuter avec Gracchus, et qu’il faut maintenant mettre la main sur les éléments nécessaires pour pouvoir marchander. Le groupe quitte le bar, tandis qu’Alto confirme d’un rapide coup d’œil que l’espion de Gracchus replie son matériel et prend la tangente. L’espion a tout entendu, Gracchus est sans doute ferré.

Suivant les lignes de son plan, l’équipage prend alors la direction du Qualifax pour revenir au « Smash Mallow », sûr de pouvoir y retrouver Salima à cette heure (Coalescence H-22:00). Toujours aguicheuse, l’amante de Silas passe de table en table, incitant des groupes de mangeurs enthousiastes à passer plus ample commande, puis elle s’installe derrière le large bar circulaire sur lequel se reflètent les néons de la salle de jeu au look rétro. Meera se poste dans un coin discret près de la sortie, tandis que Cornell s’avance vers le bar, encadré par ce qui pourrait ressembler à son homme de main massif (Zayne) et sa concubine intrigante (Alto). Après s’être assuré que personne ne pourra suivre la discussion à venir, Cornell tente de forcer l’esprit de Salima, mais la Coalescence rend sa tentative malaisée. Il doit céder au côté obscur, instillant un lourd sentiment de terreur chez son interlocutrice, en se faisant passer pour son Maître, Zaharid.

Au "Smash Mallow".

Affirmant sa déception sur l’avancée de son entreprise, Cornell ordonne à Salima de lui répéter les grandes lignes du plan. Absolument effrayée, Salima se confond en excuses et indique que séduire Silas lui semblait la meilleure façon de gagner sa confiance. Puis elle énumère les étapes du plan pour amener à la destruction de l’équipage de Silas et l’infiltration de la Rébellion. Rien de cette confession n’échappe à l’holo-enregistreur que Meera a remis à Alto… Craignant pour son frère et sa famille – dont la vie semble dépendre du « vrai » Zaharid –, Salima jure ensuite qu’elle fera tout pour que Zaharid, sa maîtresse – à comprendre au sens de mentor et non pas d’amante – et sa femme – peut-être Pirène Antora ? – puissent se rejoindre au dock de Silas. Dans un geste se voulant rassurant, mais qui instille une vague de terreur chez Salima, Cornell pose une main délicate sur l’épaule de la femme et y dépose un mouchard de chasse du Capitaine Hyabu, puis il part dans une tirade mystique, invoquant la « troisième coalescence » et que ce qui se passe est « unique ».

Après être sorti du « Smash Mallow », le groupe se camoufle dans une coursive attenante et attend les indications de Meera. Cornell admet qu’il lui a été bien plus simple de terroriser Salima plutôt que de l’inciter à la sympathie à son égard. Le fait que l’utilisation du côté obscur se soit révélée particulièrement aisée et laisse Cornell sans mal de tête rend la Coalescence assez effrayante pour Alto, qui enjoint son compagnon d’éviter de reproduire l’expérience... De son côté, Salima, tétanisée, met plusieurs minutes à se remettre de cette rencontre. Le visage en sueur, elle semble comprendre qu’elle vient d’être victime d’une mystification pour le moins inhabituelle. Sous l’œil de Meera, Salima regroupe vivement ses affaires puis quitte son service, sans savoir que le mouchard discret placé sur son épaule permet à Meera de la suivre de loin. Cornell, Alto et Zayne se mettent à leur tour en route grâce aux indications de Meera chuchotées dans son communicateur. Salima prend la direction du Central profond et finit par atteindre une large coursive bien éclairée, propre et très calme, où stationnent deux moto-jet et quelques caisses de marchandises. Le groupe stationne près des moto-jet tandis que Meera poursuit son chemin vers l’entrée d’un hangar, devant laquelle stationne un garde de la station. Alors que la porte se referme, Meera peut saisir la présence de larges vaisseaux de croisière du Noyau, aux pieds desquels semblent se dérouler des fêtes privées entre gens de bonne compagnie. Prenant un air furieux, et endossant le rôle d’une femme trompée à la recherche de son mari infidèle qu’elle serait prête à surprendre dans le lit d’une maîtresse imaginaire, Meera invective le garde, puis lui remet 500C pour qu’il garde le silence sur cette affaire particulièrement humiliante et la laisse entrer. Tout s’achète sur cette station.

Désormais libre de déambuler dans le large hangar, Meera repère aisément le vaisseau dans lequel Salima a pénétré, et auprès duquel aucun signe d’activité ne se fait deviner. Soudain, la silhouette de Zaharid émerge à grands pas du vaisseau par la rampe abaissée et le Jedi enfourche une moto-jet. Il faut toute la maîtrise de Meera pour faire demi-tour nonchalamment vers la sortie du dock, tout en indiquant à ses compagnons la présence de leur adversaire honni. Alors qu’elle émerge de la porte du hangar, Zaharid la dépasse à grande vitesse et la Chiss se retourne rapidement, découvrant que d’autres personnes descendent du navire. Ainsi, la compagne de Zaharid, Pirène Antora, se dirige également d’un pas rapide vers une autre moto-jet stationnée près du vaisseau, tandis que Salima est accompagnée par une Twil’ek à la peau bleutée et portant des habits de Jedi, qui semble la réconforter.


Dans le dédale des couloirs.

Posté à quelques dizaines de mètres de là, le reste du groupe s’est camouflé derrière des caisses. La communication de Meera déclenche un branle-bas de combat, et Alto se jette sur une moto-jet dès que Zaharid les dépasse. Accompagnée par Zayne, Alto poursuit de loin Zaharid, qui semble lancé dans une course effrénée vers les hauteurs du Central. Bientôt, c’est Pirène Antora qui émerge à son tour du hangar à pleine vitesse, et qui dépasse Cornell installé sur la seconde moto-jet, attendant Meera. Salima et la Twil’ek sont sorties du hangar, et cette dernière dévisage Meera lorsqu’elle tente un dernier regard en arrière. Son sang se saisit lorsqu’elle reconnait parfaitement les traits d’Anthé Katova, plus âgée que sur les holo-vidéos que Meera avait pu visionner jusque-là… Anthé Katova, dont les yeux rougeoyants plongent dans ceux de la Chiss, comme semblant sonder son âme... Sans attendre, Cornell lance son véhicule vers le Central profond et le dock de Silas.

Plus haut, la course-poursuite arrive à terme lorsque Zaharid atteint la base du Qualifax. Là, ce dernier s’arrête, reçoit un message dans son oreillette de comlink, puis se met à scruter furieusement les environs. Garée derrière une échoppe, Alto repousse Zayne en arrière, puis les deux compagnons voient soudainement émerger au coin d’une rue Pirène Antora, qui une main dans le dos, ne prend même pas la peine de cacher la garde de son sabre-laser. Zayne et Alto abandonnent alors leur moto-jet et se préparent à se lancer dans des coursives étroites, rejoindre le point de rendez-vous au dock de Silas par le réseau de turbo-lift semblant désormais plus sage. Mais à peine ont-ils faits quelques pas que l’esprit d’Alto se met en état d’alerte, comme si des remous dans la Force voulaient la traquer et la révéler au grand jour. Toutefois, tant d’années passées à se cacher déclenchent chez Alto un réflexe quasi-pavlovien d’effacement, et Zaharid pousse un cri de rage en sentant sa proie lui échapper, la Coalescence lui assenant un coup tel qu’il doit se rattraper à l’épaule de sa partenaire pour ne pas s’effondrer au sol.

Dans le Central profond, Meera et Cornell ont déjà rejoint le dock de Silas. Comme lors des deux précédentes itérations, le duo est accueilli avec méfiance à travers la porte blindée, et se recommander de Rick Rekshik permet à nouveau d’intéresser Silas. C’est plus qu’une impression de déjà-vu qui saisit Meera et Cornell lorsqu’il faut à nouveau pénétrer dans le dock sous les armes pointées de l’équipage de la contrebandière ! Pesant chacun de ses mots, Cornell mentionne la poursuite de la piste vers Ram Ravel, la vente aux enchères et la trahison en cours de Salima, tout en lançant vers Silas l’holo-enregistreur. Ecartant son équipage, Silas encaisse le coup en prenant connaissance de la confession enregistrée de son amante, puis demande à Cornell comment elle pourrait se sortir de ce guêpier, surtout après une sérieuse mise en garde contre Zaharid et Pirène Antora. L’équipage finit par gagner la confiance de Silas. Lui révèlant les chausse-trappes et les problèmes qu’elle rencontrerait si elle allait sans se préparer davantage aux enchères de Gracchus, Cornell et Meera acceptent d’essayer d’aider Silas à remporter l’enchère et à la faire sortir vivante de la station. Elle et son vaisseau, car celui-ci semble contenir les coordonnées secrètes qui mènent à la Reine Pirate. Au grand plaisir de Cornell, Silas accepte de nouer un accord, d’autant plus que son « mouvement est basé sur la confiance ».

A la sortie du dock, la jonction est faite avec Zayne et Alto, et Meera reprend contact avec le Rokh pour constater qu’il a – comme lors des précédentes itérations – à nouveau disparu. C’est alors que son communicateur sonne, et un sous-fifre de Gracchus le Hutt « invite » le groupe à se rendre dans le hangar du Rokh d’ici une heure pour y tenir une réunion. Leur plan a fonctionné ! Et voilà qui fait les affaires du groupe. Devant le hangar, une large troupe de la station tient les badauds au loin, et l’équipage découvre que tous les techniciens du dock patientent à l’extérieur avec leurs véhicules. Il est aisé pour Cornell de retrouver Carl, qui lui apprend que l’arrivée d’une escouade impériale dans le hangar a déclenché le départ précipité du Rokh, puis que les gardes de la station ont ensuite expulsé tout le monde du hangar. L’équipage peut maintenant se faire connaitre des gardes et pénétrer à nouveau dans le dock.


Le dock déserté.

Le lieu a effectivement été vidé de l’ensemble de son contenu. Personnel, visiteurs, objets, vaisseaux… tout a été emporté, laissant place nette pour l’immense Gracchus le Hutt au visage rongé, transporté sur sa non moins immense litière portée à bout de bras par une troupe d’esclaves. Une trentaine de gardes à ses couleurs occupe les lieux, scrutant les moindres faits et gestes du groupe, et l’inévitable Pos Podura, la voix de Gracchus, accueille l’équipage de son sourire mielleux. Visiblement inconscient des stratagèmes déployés par le groupe, Gracchus entame la discussion en vainqueur, réclamant que lui soient livrées toutes les possessions qui lui ont été dérobées, ainsi qu’une pénalité d’un million de crédits pour couvrir semble-t-il le préjudice moral subi par le Soleil Noir. Cornell avance toutefois la perspective d’une juteuse affaire bien plus rentable que la capture de deux padawans sans envergure. De son rire sonore et profond, Gracchus dédaigne cette énième entourloupe de l’équipage du Capitaine Hyabu, pour lequel il avoue à la fois admiration et mépris, car il a apprécié à sa juste valeur l’audace du coup joué à l’encontre de Marek Sol. Sentant sa proie ferrée, Cornell poursuit en flattant le « collectionneur avisé » chez le Hutt, proposant des pièces bien plus rares, des Maîtres Jedi aguerris – mais non, pas le fameux Anakin Skylwalker que Gracchus le Hutt semblait désirer si ardemment...

Si les noms de Zaharid et Pirène Antora ne font pas ciller le visage de Gracchus, celui d’Anthé Katova déclenche comme une attaque d’apoplexie chez le Hutt, et il s’en faut peu pour qu’un des esclave-porteurs ne finisse broyé entre ses bras. Sous l’effet de l’émotion, Gracchus exige la capture des Jedis, la remise du contenu du larcin et le payement du million de crédits pour accorder la vie sauve à Zayne et Nir. D’un air détaché, Cornell hausse les épaules, lance un « Tant pis… ! » tout en exhibant l’hologramme de Zaharid et finit de terrasser le Hutt : « Il est bien regrettable qu’une telle prise puisse s’échapper, car mettre la main sur Anthé Katova et ses élèves ne sera jamais aussi facile qu’ici, maintenant »… Pris de court, Gracchus craque et se dit prêt à passer l’éponge en ce qui le concerne : il oubliera avoir vu l’équipage et lui accordera son pardon personnel – mais pas au nom du Soleil Noir, toutefois – après tout ce n’est pas son argent qu’a dérobé l’équipage mais celui de Marek Sol. Meera peut alors solennellement remettre les informations sur l’identité et la localisation du navire d’Anthé Katova. Gracchus exige que le groupe soit présent lors de sa capture et lorsque cette dernière sera effective, sa joie sera telle qu’il n’appréciera rien de moins que d’inviter l’équipage du Rokh à sa fête de fin de Coalescence… En attendant, le groupe a interdiction formelle de quitter la station, qui semble se transformer en souricière autant pour le groupe que pour ses adversaires…

jeudi 1 août 2019

La Coalescence


Session Star Wars #35

Date : 18-Jul-2019

Avec :
Meera, dont l’esprit rationnel lui permet de ne pas perdre pied
Cornell Quantarus, en pleine crise existentielle
Nir Stone, qui se méfiera à l’avenir de Zaharid
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui a temporairement perdu deux êtres chers
Zayne Bentaroo, qui se méfiera à l’avenir de la compagne de Zaharid

Lieu(x) :
Station orbitale de Kwenn


Une semi-pénombre, à peine combattue par des lumières de sécurité, règne dans le hangar étrangement silencieux. Au pied de la coursive du vaisseau de Silas, un droïde Astromech semble hésiter sur la marche à suivre au milieu du face-à-face qui s’annonce. Dans un coin, Cornell note la présence de trois femme-rats (Lea, Mea et Zea) qui tremblent d’effroi, leurs blasters au sol. Elles sont mises en joue par une grande femme, belle et vêtue de manière aguicheuse, dans laquelle Meera reconnait immédiatement Salima, la seconde de Mash Mallow. D’un coup d’œil rapide vers l’arrière, Nir remarque également que, mystérieusement, la porte d’accès au hangar ne s’est pas totalement refermée.

Les corps de Silas et de la pilote du VCX-100 à ses pieds, Zaharid plonge son regard implacable et légèrement habité dans les yeux de l’équipage. D’environ 35 ans désormais, l’ancien élève de Suljo Warde accuse le poids des années, ses cheveux blonds coiffés en catogan et ses vêtements ajustés de pilote soulignant un léger embonpoint. D’un ton ne souffrant aucune réplique, Zaharid exige qu’on lui remette le fragment d’Holocron en possession d’Alto. Dans le dos du groupe, le « mendiant » qui avait dispensé ses renseignements quelques minutes auparavant passe entre les deux battants de la porte et enlève sa cape couvrante, révélant la compagne de Zaharid (Pirène Antora) dégainant un sabre-laser double rougeoyant. Avec horreur, Alto et Zayne voit donc se reformer le sombre duo qui avait, sur Sathar IV, assassiné leur compagnon Guel Marcolf pour lui dérober son fragment d’Holocron…


Celle dont on ignore le nom.

Alors que Cornell et Meera tentent de parlementer avec Zaharid, cette apparition déclenche un assaut en règle des autres padawan. Nir se lance sur Zaharid, qui le repousse sans effort apparent. S’interposant sur le passage de Pirène Antora, Zayne encaisse un coup violent de sabre-laser. Déjà sévèrement blessé, il s’effondre immédiatement au sol, le bras quasiment sectionné. Inconsciente de ce que son « frère » vient de subir, Alto se porte aux côtés de Nir et contre temporairement l’avancée de Zaharid, espérant tirer parti du surnombre sur son adversaire.

De son côté, Cornell se concentre sur les flux de Force environnants et agit directement sur l’esprit de Zaharid et Alto, en tentant de les forcer à se calmer – tentative couronnée de succès sur Zaharid et qui le plonge contre toute attente dans un état de confusion notable. Toutefois, chacun peut ressentir que cette activité dans la Force n’est pas anodine, et, une main sur le front, Cornell ressent un lourd bourdonnement dans son esprit. Soupesant le niveau de dangerosité relatif des menaces présentes, Meera lâche quant à elle une salve de blaster sur la compagne de Zaharid, mais cette dernière dévie avec brio son tir, tandis que Salima réplique et touche la Chiss.

La situation du groupe semble désormais critique. Dans un élan désespéré, Nir se lance à nouveau sur Zaharid, qui pare sans cesse la lame énergétique de son adversaire. Puis, hurlant à sa compagne de s’occuper de Nir, cette dernière opère un saut périlleux pour se placer dans le dos de l’ancien padawan et l’abattre sans montrer une once de pitié. Doublement abattue, Alto se résigne à une mort proche, reculant en posture défensive pour défendre au mieux Meera et Cornell, qui supplient Zaharid d’accepter une médiation…

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Descendant du Rokh, et souffrant pour certains des effets secondaires renforcés de la Coalescence (H-24:00), l’équipage est sollicité par les dockers pour la prise en charge du navire. Ressentant une sensation de brûlure sur sa fesse, Alto porte la main sur le fragment d’Holocron brûlant rangé dans une poche. Son regard intrigué rencontre celui tout aussi perturbé de ses compagnons… Tous ont l’air confus, comme sortant d’un mauvais rêve qui n’en serait pas un. Tous sauf le Capitaine Hyabu – peut-être du fait de sa nature toydarienne ? DD-13 non plus ne semble pas saisir l’interrogatoire que lui fait subir Nir au sujet de la scène de combat à laquelle il assistait pourtant il y a peu (si l’on peut dire). Toujours prompt à répondre par la positive aux sollicitations de ses maîtres, le droïde confirme toutefois l’existence de récits de boucles spatio-temporelles déclenchées par la Coalescence… Comment expliquer autrement ce qui ressemble à un retour dans le temps ?

Prenant conscience de l’extraordinaire expérience qu’il vient de vivre, le groupe ne sait dans quelle direction rediriger ses actions pour modifier le cours de son avenir. Cornell, comme touché par une grâce mystique, est soudainement convaincu que l’équipage est composé d’élus destinés à accomplir de grandes choses dans la Galaxie, sous l’égide de la Force ou d’un être suprême, quelle qu’il soit – Suljo Warde, une entité cosmique, un ancien Dieu oublié... Persuadé que le rassemblement de tant d’utilisateurs de la Force dans un même groupe ne peut pas être dû au hasard, Nir abonde dans son sens, malgré la résistance d’Alto face à l’idée d’une telle manipulation des événements à travers le temps et l’espace par Suljo Warde… Pour Alto, rien en dit en effet que le groupe ne soit pas victime d’une hallucination collective avec implantation de souvenirs artificiels – hypothèse immédiatement balayée par les dénégations véhémentes de Cornell, bouleversé par l’expérience mystique. Difficile pourtant de se faire une idée claire de ce qui vient de se dérouler, et même l’esprit ultra-rationnel de Meera semble pris de court.

Pour Zayne, si l’on admet que le groupe peut revivre les événements déjà traversés en bénéficiant de la connaissance des coups à venir, l’urgence absolue consiste a priori de prévenir Silas du piège qui est appelé à se refermer sur elle. Alto ne peut qu’abonder : après tout, c’est la piste de Silas que l’équipage suivait pour pouvoir remonter vers Ram Ravel, peu importe le devenir de la sonde droïde. Toujours synthétique, Meera rassemble les éléments factuels dont dispose l’équipe et renforce ce sentiment d’urgence dans l’action, surtout si Zaharid se souvient également des événements futurs…

Remis de ses émotions, l’équipage songe à un plan pour pouvoir sortir discrètement du dock sans subir de scan facial de la part d’une unité BU-6XT. De nombreux dockers s’activent dans la zone, et Meera prend quelques minutes pour tenter de repérer des têtes connues. Au volant d’un truck-speeder de déchargement, c’est le Toydarien déjà aperçu dans la boutique d’ustensiles bio-artificiels que Meera déniche… Pour assurer au groupe une sortie incognito de la zone de dock, Cornell approche discrètement un docker, suggérant la nécessité de parler au « syndicat » pour trouver un dock fantôme sans rendre compte de ses mouvements. Contre une petite somme (200C), l’homme accepte de faire transiter le groupe vers le Central, caché dans la soute d’un véhicule de transport. A la sortie, les deux hommes de main qui accompagneront plus tard le Toydarien déploient des trésors d’oisiveté pour surveiller les allers et venues, mais le subterfuge du groupe fonctionne parfaitement…


Dans la circulation dense du Central Moyen.

L’avancée vers le Central Moyen s’avère pénible pour un véhicule terrestre, qui doit jongler entre une circulation dense, un respect très relatif des règles de conduite communément admises, et une manifestation atypique de droïdes. Alors que le compteur de la Coalescence progresse d’un cran (H-23:00), le docker atteint un accès turbolift qui donne accès au Central profond. Pressant le pas, l’équipe entame une descente rapide vers les hangars abandonnés des profondeurs. Dans cet espace confiné, Cornell affirme à Alto à quel point il est maintenant prêt à embrasser sa condition de Jedi. Pourrait-elle lui confectionner une poignée de sabre-laser ? Abasourdie par ce changement d’attitude, Alto reste quasiment sans voix, bafouillant quelques mots sur la nécessité de rassembler du matériel usiné et de bénéficier d’un peu de temps libre.

Arrivé dans la zone des hangars, le groupe progresse d’un pas assuré vers l’endroit supposé de stockage du VCX-100 de Silas. Personne ne vient s’interposer sur la route de l’équipage, sentant confusément qu’il s’en dégage une certaine détermination farouche. La porte du hangar est verrouillée, aucune trace d’une quelconque « mendiant » dans les environs, et Cornell se résout à activer la console de communication. Une voix laconique demande à voir les visages des visiteurs, et seule l’annonce d’une recommandation de la part de RikRekshik déclenche une réaction. Le groupe est mis en attente et des bruits de réacteurs se font entendre à l’intérieur du hangar. Craignant une fuite de Silas, Alto, puis Nir, activent à nouveau la console de communication, insistant sur l’urgence de la situation, mais on leur oppose une froide résolution.


Dans le hangar de l'équipe de Silas.

Après une dizaine de minutes, la porte du hangar s’ouvre, livrant la vision du VCX-100 – toujours aussi abîmé - toutes armes dehors. L’équipage mercenaire au complet tient en joue les « invités », qui doivent se débarrasser de leurs armes les plus évidentes. Au sol, à côté de son bâton brouilleur, Silas s’appuie avec désinvolture sur l’épaule de Salima – qualifiée à plusieurs reprises de « chérie », ne laissant que peu de doute sur la nature de leur relation intime. Le groupe explique à nouveau la recherche de la piste menant à Ram Ravel, et que de terribles événements guettent Silas dans la foulée de la vente aux enchères. Jouant son va-tout, Nir mentionne le déguisement de grosse femme, la sonde droïde, le chasseur Jedi…

D’un air affligé, Salima lance à Silas qu’elle l’avait prévenue de ce à quoi ses adversaires seraient prêts à faire pour l’approcher… Puis, prétextant une mission à remplir à l’extérieur, Salima prend congé de l’assemblée, mais Zayne expose sa traîtrise au travers de son association avec Zaharid – futur meurtrier de son amante. Cornell tente alors de prendre le contrôle de l’esprit de Salima, mais cette dernière résiste sans même s’en rendre compte, tandis que Cornell ressent à nouveau un terrible mal de tête s’emparer de lui.

Visiblement très confuse par toutes ses informations à la fois très précises et surréalistes, Silas congédie Salima, accompagnée de la pilote du VCX-100, puis ordonne au groupe de s‘adosser au mur le plus proche avec les mains sur la tête, le temps qu’elle prenne une décision à leur sujet. Les minutes s’égrènent désormais, interminables, alors que chacun redoute l’arrivée soudaine de Zaharid et de son impassible compagne…

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Descendant du Rokh, et souffrant pour certains des effets secondaires renforcés de la Coalescence (H-24:00), l’équipage est sollicité par les dockers pour la prise en charge du navire. Ressentant une sensation de brûlure intense sur sa fesse, Alto porte la main sur le fragment d’Holocron rangé dans une poche. Son regard intrigué rencontre celui tout aussi perturbé de ses compagnons… Tous ont l’air confus, comme sortant d’un mauvais rêve qui n’en serait pas un – sauf que cette fois, plus besoin d’échanger de regards interloqués face à ce déjà-vu… la Coalescence a frappé à nouveau.

Constatant que la température de son fragment d’Holocron était supérieure à la précédente fois, Alto s’empare d’une petite sacoche qu’elle fixe à sa ceinture et dans laquelle elle glisse le fragment d’Holocron, sentant imperceptiblement qu’elle risquerait sinon de subir bientôt une brûlure encre plus forte… Toujours plus exalté, Cornell s’annonce plus lucide que jamais devant le destin de Jedi qui l’attend – suscitant un malaise de plus en plus perceptible parmi les autres membres de l’équipage. Il faut toute la maîtrise de Meera pour lancer une session de réflexion collective sur la suite à donner aux événements.

Ouvertement, l’option des « messagers du futur » a plus semé la confusion chez Silas qu’autre chose – et on ne peut effectivement pas l’en blâmer. Autour de la table du mess, les idées fusent, et il se dessine que les connaissances des trames du futur pourraient fournir des munitions précieuses au groupe, notamment en usant habilement des forces en présence autour de la vente de Gracchus le Hutt. Au final, un plan s’échafaude tant bien que mal, avec quelques idées centrales :

  • La capture de Salima semble inéluctable. Il faudra la faire parler sur sa relation avec Zaharid, obtenir des indications sur l’endroit où il se cache, et rassembler des preuves à présenter à Silas. Sa neutralisation au moins temporaire emporte la majorité des avis.
  • Zaharid – seul ou accompagné – représente sans doute un met de choix pour ce collectionneur de Gracchus… fournir l’information de sa localisation au Seigneur Hutt, par exemple via Taleo, pourrait se révéler précieux pour le détourner de son premier objectif et sauver Silas.
  • Le groupe reste indécis sur le moment exact où contacter Silas. Avant la vente aux enchères, au risque de tout faire échouer et de susciter une méfiance infinie ? Ou après la vente, mais alors dans un contexte d’urgence et de stress ultime ?
  • Au pire, il est envisageable de laisser fuir Silas avec la sonde droïde – quitte à s’exposer en en couvrant sa fuite. Avec la sonde des clones et le mouchard de DD-13, il sera toujours possible de remonter sa piste ultérieurement.
  • La place à fournir aux autres parties prenantes – Empire, Consortium de Zaal – reste à statuer.

Pour la troisième fois, l’équipage se prépare à revivre un segment de temporalité identique. Toutefois, une inconnue subsiste : le groupe sera-t-il condamné indéfiniment dans cette boucle ? Et jusqu’à où le fragment d’Holocron résistera-t-il aux effets de la Coalescence… ?