mardi 3 décembre 2019

Alpha et Beta


Session Star Wars #39

Date : 26-Nov-2019

Avec :
Meera, toujours sur ses gardes en suivant son intuition
Cornell Quantarus, à nouveau débordé par le côté obscur
Aqualto Fudah (‘Alto’), dont la déduction précipite les évènements
Zayne Bentaroo, qui se dresse contre une exécution

Lieu(x) :
Secteur Esstran, Bordure Extérieure profonde
Jagomir


Chargé à bloc d’un imposant stock de reclon fourni par Rik Rekshick, le YV-929 « La Jumelle » s’extrait pesamment de l’influence de la gravité d’Arda-1, laissant au loin quelques croiseurs impériaux encore occupés par l’action militaire en cours autour de la base rebelle désormais abandonnée. Le navire est une véritable poubelle en fin de vie, non armée, et dont l’espace de vie – à la grande horreur de Meera – se limite à une petite pièce jouxtant le poste de pilotage. Pas de cabines ici… Visitant les énormes soutes, Zayne a bien noté la présence d’un droïde de maintenance occupé à vérifier le bon arrimage des nombreux cylindres en mauvais état, sur lesquels s’affichent des mises en garde quant à leur contenu à la haute capacité explosive. Allongé sur son brancard, le major Ialor, inconscient, est veillé consciencieusement par le Docteur Loren Yoric, qui ne peut constater que la dégradation de son état. Dans un coin, Varna Rek, entravé, affiche sa sombre mine dépitée.

Toujours concentrée sur le pilotage du lourd transporteur, Alto remarque, surgissant de l’autre extrémité de la planète, une escadrille de 4 chasseurs de type Y-Wing qui se dirige à vive allure vers l’équipage tout en émettant une série de codes incompréhensibles. Questionnée, Loren Yoric pense qu’il s’agit du groupe du Commander Marle qui était en mission hors de la base depuis quelques jours. Rassuré, Zayne établi une communication vocale, dont il ressort que chacun se rendra à son point de rendez-vous respectif. L’ensemble de la flottille rejoint donc l’hyper-espace, celui de « La Jumelle » promettant un long (2 semaines) et douloureux trajet dans la promiscuité la plus ingrate. Il faut dire que le point de livraison du reclon se situe dans un coin reculé de la Bordure Extérieure, et il faut toute la science de Meera pour calculer une série de sauts à même d’éviter les écueils d’un secteur particulièrement mal cartographié.

Chasseur-bombardier Y-Wing.

Maintenant en sécurité, l’équipage peut organiser au mieux l’espace de vie commun, ménageant une zone par sexe à l’aide d’un maigre rideau. Initialement prévu pour deux personnes, le navire ne permet pas de s’étaler tout à loisir, surtout en présence d’un mourant et d’un prisonnier potentiellement dangereux. Soucieuse, Loren Yoric regrette de ne pas avoir pu emporter plus de matériel médical avec elle, et elle doute de sa capacité à pouvoir maintenir Ialor en vie jusqu’à Jagomir…

Il est désormais possible de mener un interrogatoire en règle de Varna Rek. Touché par l’affirmation de Varna Rek selon laquelle l’emprise des impériaux sur ses enfants ne lui laissait aucun choix que celui de trahir ses compagnons de l’Alliance Rebelle, Zayne veut lui laisser une chance de se racheter pour la mort de tant de gens de bien. Scrutant les intonations de voix du traître, Meera ne se laisse pas entraîner dans cette direction, affirmant haut et fort que Varna Rek ment fort mal, et qu’il n’y a sans doute aucun enfant impliqué dans cette mascarade. Piqué au vif, Varna Rek se laisse emporter et dévoile son jeu : oui, il sert l’Empire contre ce qui n’est qu’un ramassis de terroristes, et les chefs de la base d’Arda-1 n’étaient que tourne-casaques et mauvais diplomates. D’ailleurs, les 150 rebelles tués sur Arda-1 ne sont rien comparés aux milliers d’innocents massacrés sur Scariff, et il est donc juste de traquer ces rebelles jusqu’au dernier…

Meera balaye cet argumentaire de l’arithmétique d’une moue dédaigneuse, et propose plutôt de réfléchir à un marché mutuellement bénéfique pour les deux parties. Il est clair que la Reine Pirate ne montrera aucune pitié pour le traitre, et il aurait tout intérêt à s’entendre rapidement avec l’équipage. Retrouvant son calme, Varna Rek laisse entendre qu’il en sait plus long sur le groupe du Capitaine Hyabu, activement recherché par l’Empire dans plusieurs secteurs de la Galaxie. Ainsi, il y aurait des Jedi à bord, et un Inquisiteur impérial serait sur leurs traces. Plus perturbant pour Alto et Zayne, Varna Rek affirme avoir connaissance d’une vieille Jedi, en charge d’une école de padawan dans une zone reculée, et qui a été emprisonnée il y a 15 ans environ… mais il n’en dira plus que lorsqu’il aura été libéré. Sans dévoiler leur potentielles attaches avec cette mystérieuse Maître Jedi, Alto et Zayne excluent toute entente sur une piste aussi ancienne et tenue.

Que faire de Varna Rek ? L’équipage se laisse quelques jours de réflexion, estimant dans sa majorité que la cour martiale de la Reine Pirate sera la plus à même de rendre une justice, certes expéditive, mais au moins dans le respect des règles d’usage. Inutile de se salir inutilement les mains…Toutefois, ces réflexions sont interrompues au bout d’une semaine par le décès du major Ialor, à la grande déconvenue de Loren Yoric. Le médecin n’a rien pu faire, son état était en fin de compte trop critique et l’absence d’équipement adéquat a empêché son sauvetage. A la faveur d’une pause dans le trajet en hyperespace, à environ deux jours de distance de Jagomir, l’équipage organise un maigre cérémonie d’adieu à Ialor, qui sera largué dans l’espace par le sas d’élimination des déchets – sinistre ironie. Regroupé autour du brancard, le groupe se remémore brièvement les derniers moments du Sullustéen, après que Meera ait opéré une rapide fouille du corps désormais froid. Mettant la main sur le pad électronique de l’officier des transmissions, la Chiss se met à l’écart et commence à sonder le contenu des archives de Ialor.

Toujours absorbée par l’adieu au major, Alto rappelle la bonne humeur qui l’animait et espère qu’il sera mort en servant la cause qui lui était chère. Médecin ayant perdu son patient, Loren Yoric approuve, rajoutant qu’il sera désormais en paix dans l’espace infini. Du coin de l’œil, Alto ne peut toutefois pas s’empêcher de noter le raidissement du corps de Varna Rek, tout en tension. De plus, Meera se rapproche d’Alto et lui montre un texte qu’elle vient d’écrire sur une page vide du pad :

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IL FAUT TESTER LA LOYAUTE DE YORIC. Evacue le corps. Arrime-toi et attends-toi au pire.
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Après avoir chuchoté à Zayne de se poster près du prisonnier – qui pourrait se jeter sur une commande d’éjection du sas, par exemple – Alto achemine Ialor vers sa dernière demeure, les sens en alerte, mais le traître ne tente aucune action. De plus, Loren Yoric ne montre aucun signe d’agitation, toute acquise à l’idée de libérer le corps vers l’extérieur, suivant les coutumes des navigants au long cours. Un fois le largage opéré, la tension redescend d’un cran à bord de « La Jumelle ». Un peu à l’écart – autant que se peut – Meera regroupe ses compagnons et révèle le dernier compte-rendu de transmission intercepté par le Major Ialor :

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Compte-rendu de transmission
Intercepté par le Major Ialor
Date : 27.433.2538

Agent : Arda-beta

Statut : activé

Coordonnées planétaires : 23.9941°N.44.0852°O

Etat militaire :
4 intercepteurs A-Wing RZ-1
4 chasseurs stellaires X-Wing T-65
4 chasseurs stellaires Y-Wing BTL
12 chasseurs de têtes Z-95-AF4 (mauvais état)
8 airspeeders T-47 (modifiés)
Postes anti-fantassins et anti-blindés le long du canyon

Estimation de la menace : faible à très faible

Défauts :
Commandement trop confiant
Pilotes novices ou trop vieux
Infanterie suffisante et paranoïaque

Intérêts :
Base de repli et de rétablissement pour personnel auquel tient la R.Pi.
Attachement humain
Coordonnées à découvrir – Impossible ! [passage semble-t-il initialement effacé mais récupéré par Ialor]
Hub pour transit de reclon avant passage à Jagomir
Trouver un moyen d’aller à Jagomir
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D’une certaine façon, rien de neuf dans ce message, si ce n’est que l’intérêt féroce de l’espion Arda-beta – a priori Varna Rek ? – pour Jagomir semble des plus évident. Alors, que faire de Varna Rek ? La discussion reprend de plus belle entre les membres de l’équipage, toujours obligés de chuchoter entre eux pour lister les possibilités à disposition : le laisser entre les mains d’une cour martiale – dont l’existence est confirmée par Loren Yoric à la faveur d’un échange plus sonore – de la Reine Pirate ? L’expulser dans l’unique cabine de survie du navire, c’est sans doute le condamner à une mort certaine, même si Cornell – qui souhaite se montrer « respectueusement implacable » – prend cela comme une remise du traître entre les mains du Destin… Echaudées par la menace permanente que représente Varna Rek – y compris une fois Jagomir atteint, car qui sait ce que ses belles paroles pourraient produire parmi d’éventuels connaissances ou alliés sur place ? – Meera et Alto ne seraient pas contre le fait que l’équipage rende justice par lui-même d’une façon ou d’une autre, mais il leur faut affronter le regard désapprobateur de Zayne. Ce dernier propose alors de faire un léger détour pour le déposer sur une planète habitable, loin de tout.

Jagomir, but ultime d'Arda-alpha et Arda-beta?

Alors que la discussion se prolonge, Alto semble songeuse en repensant aux derniers évènements. Le message intercepté par Ialor a été émis par « Arda-beta », il lui vient soudainement à l'esprit qu’il doit également y avoir un « Arda-alpha »… Reste à savoir si ce second espion est resté en arrière ou s’il a été embarqué sur « La Jumelle »… Voilà qui renforce les doutes de Meera vis-à-vis de Loren Yoric. Prise d’un vertige, Alto se demande alors quelles étaient les motivations réelles pour pousser à l’évacuation du corps du major Ialor : n’y aurait-il pas par exemple un dispositif de type mouchard placé à l’intérieur, qui permettrait aux sbires impériaux de remonter leur trace… ? Tous ces éléments, couplés à son attitude particulièrement neutre, rendent Loren Yoric particulièrement suspecte vis-à-vis de l’équipage. Meera et Cornell s’empressent de sonder au mieux ses intentions réelles. La Chiss prolonge alors la discussion avec l’officier médical pour arriver à placer le mot « alpha » au moment opportun, tandis que Cornell mobilise la Force pour sonder l’esprit de l’humaine. Cornell peut savoir ce que pense sa cible l'espace d'un instant. Les évènements se précipitent alors : submergé par une vague du côté obscur, Cornell sent Loren Yoric se refermer totalement après qu'elle ait pensé « La Chiss... elle sait…  ». Sans pouvoir se maîtriser, Cornell dégaine son blaster et abat Varna Rek sans que ses compagnons ne puissent réagir.

C’est la consternation à bord de la cabine de « La Jumelle ». Chacun tente de comprendre les motivations de Cornell, alors que Yoren Loric semble en état de choc, en pleurs après la scène qui vient de se jouer devant ses yeux. Reprenant la maîtrise de son sang-froid, Cornell expose la duplicité de Yoren Loric – ou plutôt Arda-alpha, l’alliée de Varna Rek à bord du navire, celle qui avait sans doute hâté le trépas de Ialor et poussé à l’élimination du corps pour éviter toute question gênante. Entravée par Alto, Yoren Loric proteste de sa totale innocence et implore de la juger sur Jagomir – requête expressément refusée par l’équipage. Meera finit par endormir l’officier médical au rayon paralysant pour pouvoir tenir conseil. Considérant la férocité des derniers développements, chacun se convainc que la solution proposée par Zayne est la plus adaptée. Après avoir disposé du corps de Varna Rek dans l’espace, Meera identifie une planète vivable pour y déposer Loren Yoric.

Ajoutée au système d’astrogation il y a de cela une vingtaine d’année, Acmurus évolue autour d’une étoile double et se révèle particulièrement plaisante et tempérée, malgré une gravité élevée. Recouverte de grandes prairies et de bois, elle n’est le siège semble-t-il que d’une minuscule colonie plutôt archaïque, même si la piètre sensibilité des senseurs de « La Jumelle » ne permet pas d’en savoir davantage. Par sécurité, Alto pose le navire sur une large île aux antipodes de cette colonie, en maugréant contre le fait laisser la vie sauve à un individu qui se révèlera sans doute source de bien des tracas futurs... Apaisante, Meera l’invite à suivre la décision collective. Yoren Loric est débarquée au milieu d’une clairière, et Zayne lui remet un sac contenant des vivres pour une dizaine de jours et du matériel pour organiser sa survie. Personne ne semble douter des capacités de l’officier médical à ce sujet, et c’est d’un ton glacial que Meera lance un « Adieu, agent-alpha ! » tandis que la passerelle d’accès du navire se referme.

De plus en plus soucieux des réserves basses de coaxium, l’équipage reprend sa route dans le secteur Esstran en direction de Jagomir. Toujours attentive à éviter une mauvaise rencontre au navire dans ce secteur, qui grouille d’anomalies spatiales autour de l’amas de Jagga, Meera calcule au mieux une série de courts sauts jusqu’à atteindre la naine blanche du système de Jagomir. Lointaine, froide et peu lumineuse, l’étoile révèle une géante gazeuse autour de laquelle évolue leur destination : la lune de Jagomir. Elle ne semble d’ailleurs pas très accueillante, les senseurs révélant la présence quasi-totale de zones marécageuses et boisées autour de larges mers intérieures. Une zone montagneuse au pôle nord rompt la monotonie du relief. Il n’y a aucune trace de base sidérale ou d’astroport apparent à la surface. D’ailleurs, l’humidité sursaturée de l’atmosphère empêche les senseurs d’en savoir plus, mais « La Jumelle » attire bien vite un appel d’une base au sol, invitant le cargo à se présenter aux coordonnées de la base « Fortitude ». En fin de vie et particulièrement essoufflé après la fuite d’Arda, il est temps pour le cargo d’atteindre sa destination et de se débarrasser de sa cargaison.

La base « Fortitude » est un assemblage austère d’éléments préfabriqués, siège d’une activité soutenue. De multiples vaisseaux d’origines diverses sont entretenus sur le tarmac, faisant déjà saliver d’avance Alto, particulièrement enthousiaste à l’idée de se débarrasser de l’actuelle poubelle spatiale qu’elle a piloté ces deux dernières semaines. L’ouverture de la passerelle recouvre les membres d’équipage d’un lourd manteau de moiteur extrême. Les moindres pans de tissus se collent immédiatement à la peau, sur laquelle la sueur se met instantanément à ruisseler. A sa descente, l’équipage est accueilli par le plus haut gradé de la base, le lieutenant Evans. Sous une pluie battante, il invite le groupe à se mettre à l’abri dans un local de réunion en expliquant que les 300 personnes de la base – principalement des personnels de support logistique – attendent avec impatience l’arrivée imminente d’un nouveau commandant, le précédent étant décédé après la surinfection d’une mauvaise blessure semble-t-il causée par une boite de conserve. Comme tous ses congénères Trandoshan, il appréciait particulièrement la chasse, et ces derniers mots avant son départ (« Je reviens, on va chasser, ne déconne pas ») ont particulièrement marqué le lieutenant Evans…

La base Fortitude de l'Alliance Rebelle.

Alto ne semble pas particulièrement enthousiaste à l’idée d’avoir à patienter quelques jours l’arrivée d’un nouvel officier de commandement de la base. Qui sait ce que les impériaux savent du lieu ? Entraînant Meera avec elle, Alto prend la direction d’un Quad Jumper qu’elle a repéré sur le tarmac, camouflé sous une bâche de protection, et se lance dans une inspection en règle de l’appareil. Un soldat vient rapidement intercepter les deux femmes pour leur demander de quitter l’appareil, mais, très sûre d’elle, Alto laisse son charme surnaturel opérer. Le soldat est littéralement subjugué – la présence hypnotisante de Meera renforçant sans doute l’affaire. Au fil de l’inspection, Alto peut ainsi prendre connaissance de la liste des vaisseaux présents et de leur état respectif, le soldat livrant force détails sur les réparations en cours. Qui sait, ce Quad Jumper pourrait sans doute faire l’affaire en cas de départ inopiné… ?

mardi 26 novembre 2019

Desolation canyon



Session Star Wars #38

Date : 15-Oct-2019

Avec :
Le Capitaine Hyabu, désormais « Commandant »
Meera, toujours efficace pour débusquer des anomalies
Aqualto Fudah (‘Alto’), co-pilote autoproclamée du commandant de bord
Zayne Bentaroo, apte à neutraliser un traître

Lieu(x) :
Base de ravitaillement rebelle Arda-1


Cela fait maintenant deux semaines que l’équipage du Capitaine Hyabu savoure un repos bien mérité dans base rebelle d’Arda-1, malgré les blessures subies. Blessures physiques et d’orgueil suite à une confrontation à nouveau perdue contre Anthé Katova et ses acolytes, perte du fragment d’Holocron pour Zayne et Alto, et disparition du Rokh pour le Capitaine Hyabu… Remise d’aplomb après son sauvetage miraculeux mais désormais muette après sa grave blessure à la gorge, Silas a tout de même pu donner des instructions à nos héros pour qu’ils se rendent dans le secteur Arda, proche de Yavin dans l’étendue gordienne. Autour d’une naine blanche, 25 planètes arides aussi inhospitalières les unes que les autres, seules trois d’entre elles ont une atmosphère respirable... Arda-1 reste hostile, entre vents violents, cratères volcaniques et activité sismique régulière. Les indications de Silas ne sont vraiment pas de trop pour dénicher le chemin balisé au travers d’un canyon désolé pour rejoindre une base de ravitaillement camouflée dans le cratère d’un volcan.

La planète Arda-1.

Voici donc une des bases de la Reine Pirate, qui en fédérant autour d’elle nombre de révoltés violents, a posé les bases de sa nouvelle organisation, dite « Alliance Rebelle ». Malgré l’épuisement accumulé ces dernières semaines, c’est avec intérêt que l’équipage a pu constater dès son arrivée l’activité soutenue sur cette base. A la sortie du canyon, une corvette corellienne (L’Espoir-V) quasiment désossée subit les interventions de mécaniciens particulièrement affairés à la remettre en état. Une fois passée une large porte blindée, le « Ghost » a enfin pu se poser dans un vaste hangar occupé par quelques Sandspeeders et Z-95 « Chasseurs de tête ».

La base de l'Alliance Rebelle.

L’arrivée de Silas ne passe pas inaperçue, et l’équipage comprend très vite qu’il tient là une « marraine » de qualité pour pouvoir pénétrer dans ce lieu particulièrement discret et dans lequel demeurent environ 120 personnes dans une ambiance militaire renforcée par le port quasiment homogène d’uniformes. Leur seconde marraine les attend sur un autre emplacement d’appontage, accoudée sur son chasseur X-Wing : car Taleo est également un nom important ici, et après une franche accolade à chacun – toute rancœur semblant désormais oubliée –, elle annonce avoir déjà loué les talents de Hyabu et son groupe auprès des responsables de la base. C’est donc un premier entretien détendu que Dan Kurdo, le chef du renseignement de la base, fait passer à l’équipage. Engoncé dans des vêtements rigides et étriqués, le Duros d’un certain âge questionne l’équipage sur son parcours récent tout en grillant des cigarettes de contrebande, puis confie l’ensemble du groupe aux bons soins du Dr. Loren Yoric et de son équipe médicale.

Taleo à la descente de son chasseur X-Wing.

L’officier médical de la base se montre particulièrement efficace et son énergie empathique la rend assez sympathique. La vilaine blessure sur le flanc d’Alto – souvenir de sa dernière rencontre avec Zaharid – est rapidement réduite à une large balafre sans conséquence, tandis qu’un synthétiseur vocal permet à nouveau à Silas de pouvoir s’exprimer à haute voix. Il faut dire que l’unité de soin est équipée avec du matériel dernier cri, qui rappelle d’ailleurs celui qui équipait le croiseur impérial du Docteur Fried – de sinistre mémoire – et dont l’équipage avait pu s’extraire en profitant de l’assaut de la Reine Pirate… Véritable mangeuse d’hommes, Loren Yoric reçoit la visite de plusieurs officiers de la base usant du prétexte de pouvoir rencontrer les nouveaux arrivants. Cela permet à l’équipage de cerner rapidement l’organisation hiérarchique de la base.

Le site est placé sous le commandement militaire de Ran Nial, un ancien général impérial connu pour être le héros du sauvetage de la flotte Mon Calamari, suivi de sa défection « démonstrative » de la Marine impérial qui est restée dans les annales. Le commandement politique de la base est le fait de Setena Haaz, diplomate qui rapporte directement à la Reine Pirate. Outre Dan Kurdo et Loren Yoric, d’autres officiers sont également présentés à l’équipage :
·       Arl Bess (humain) : chef de l’escadron de Sandspeeders « Vortex », cet archétype du pilote téméraire et dragueur pourrait faire des ravages parmi la gente féminine si son âge avancé ne le mettait pas de fait hors-jeu.
·       Urel Ydon (humain) : cet officier cyber gère tous les aspects de ravitaillement de la base Arda-1.
·       Major Ialor (Sullustéen) et Varna Rek (humain) : il ne faut pas moins de deux officiers chargés des communications pour gérer l’ensemble des transmissions. D’un tempérament totalement opposé, Ialor est toujours enjoué – comme tout Sullustéen qui se respecte – alors que Varna Rek affiche en permanence une triste mine.
·       Klik (Verpine femelle) : du fait de sa nature insectoïde, l’officier technique de la base interagit avec ses camarades à l’aide d’un vocaliseur artificiel.

Les premiers jours passés dans la base font retomber la tension nerveuse au sein du groupe, comme si les évènements de Kwenn étaient désormais de vieux souvenirs. Libre de ses mouvements, le groupe peut explorer les quartiers d’habitation, la zone de commandement, la vaste salle de briefing et des communications, ou encore les deux hangars. En effet, un second hangar situé plus haut vers le cône du volcan contient deux transports YV-929 désarmés et en mauvais état qui permettent d’assurer le ravitaillement régulier de la base. Le champ magnétique retient le flot ininterrompu de lave, de cendres et de fumées épaisses à l’extérieur, et Hyabu ne peut que commenter sur l’intrépidité suicidaire que représente une sortie des cargos par ce chemin…

 
Le plan de la base dressé par l'équipage.

Au fil des discussions informelles avec Silas et Taleo, l’équipage comprend que la réputation de la Reine Pirate n’est pas usurpée : elle est effectivement sans pitié et ne fait aucun prisonnier – source d’inconfort pour certains, mais vite justifiée par des considérations logistiques évidentes. Bien vite, les deux femmes prennent congé du groupe pour partir vers de nouvelles missions après forces déclarations d’amitié éternelle. Le groupe est toutefois rassuré sur l’imminence d’une rencontre avec la Reine Pirate : cachée après un gros coup, elle se manifestera d’elle-même lorsqu’elle considérera le moment opportun. D’ici là, il faudra faire preuve de patience.

Deux semaines d’attente et d’oisiveté, donc… et l’équipage maintenant remis d’aplomb ressent à nouveau le sourd besoin d’agir – qui pour récupérer ce qui lui a été volé, qui pour solder définitivement de vieux comptes. Le général Ran Nial doit avoir ressenti le bouillonnement intérieur qui agite l’équipage, car il l’invite de manière impromptue à le rejoindre pour une réunion en salle de briefing. A l’écart de l’agitation du centre des transmissions déserté, Ran Nial et Setena Haaz accueillent le groupe avec la ferme intention de leur proposer de rejoindre les rangs de l’Alliance Rebelle. Il faut toutefois compter avec la réticence partagée vis-à-vis d’une structure rigide et d’une chaîne de commandement qui, tôt ou tard, finira par perturber les objectifs encore suivis par l’équipage… A Meera qui demande quelles seraient les alternatives, Ran Nial indique que l’Alliance apprécie également de travailler avec des corsaires indépendants mais sympathisants de la « cause ».

Le Général Ran Nial.

Seul Zayne semble enthousiaste à l’idée de pouvoir rejoindre une cause commune qui lui semble des plus valables. Remerciant les deux responsables de la base pour leur confiance manifeste, le padawan mentionne la recherche de l’ancien général Jedi Suljo Warde – un nom bien entendu connu de Ran Nial mais qui lui évoque surtout la longue liste des disparus après les purges impériales. D’autres disparus ont aussi beaucoup de valeur aux yeux de Hyabu : le reste des membres de son équipage resté à bord du Rokh. Pour Setena Haaz, il ne faut toutefois pas se faire d’illusions, car le Rokh est activement recherché par l’Empire désormais… L’Empire est d’ailleurs très actif dans le secteur, car le Moff Sienar a commis bien des erreurs qui ont laissées la porte ouverte à la Reine Pirate pour qu’elle frappe au cœur des installations impériales. Une action d’éclat qui est appelée à se répéter autant que possible dans le futur, si possible avec l’aide d’équipages intrépides prêts à agir… voilà qui pourrait sans aucun doute correspondre à la description d’un « Commandant » Hyabu… ?

L’équipage peut maintenant débattre en toute intimité des propositions qui ont été faites. L’intérêt de Zayne pour la cause rebelle est contré par le farouche désir d’indépendance de Meera. Certes, les rebelles semblent mieux armés pour permettre de suivre l’objectif de l’arme impériale secrète sur laquelle Mon Mothma attend désespérément des informations, mais les contreparties à payer pour un recrutement formel ne seront-elles pas trop élevées pour un groupe de contrebandiers comme celui de Hyabu ? Titillé par Alto qui l’a déjà rebaptisé du titre de « Commandant », Hyabu admet aussi qu’un statut de corsaire indépendant lui conviendrait mieux. Légèrement sarcastique, Alto déclare que son âge et son expérience sont sans doute insignifiants par rapport à ceux de Meera, mais que 15 ans de fuite éperdue avec Zayne lui ont aussi donné le goût de l’indépendance, qui seule pourra assurer que chacun puisse poursuivre ses propres objectifs, si possible avec le soutien des autres membres de l’équipage. Reste un détail pas si anodin que cela : l’équipage n’a plus de navire digne de ce nom, et sur ce point il faudra compter sur la bonne volonté des rebelles… Rechercher le Rokh pourrait peut-être se faire avec la sonde droïde récupérée par Taleo… ? Qui sait si la Reine Pirate pourrait à l’avenir accepter d’utiliser l’objet pour cette requête…

Ces réflexions sont interrompues par l’arrivée bruyante et chaotique d’un Z-95 endommagé dans son hangar d’attache, suivi d’un message d’alerte. Dans la cohue qui s’en suit, l’équipage apprend que le chasseur a souffert de sa traversée du canyon, le balisage ayant été rendu inopérant. Ce n’est pas une première, les petits sauriens répondant au nom de Doranenok et qui pullulent dans le canyon ont la fâcheuse habitude de s’attaquer aux balises. Toutefois, la magnétisation du matériel de la base qui suit quelques minutes plus tard rend Meera soucieuse. Dans la salle de briefing, l’équipage trouve une troupe déconcertée, Varna Rek annonçant des difficultés avec les communications qui semblent comme brouillées par une activité magnétique inhabituelle. Normalement, c’est le Major Ialor qui devrait s’occuper de ce secteur des communications, mais il est actuellement souffrant à l’infirmerie, et Ran Nial envoie Varna Rek s’enquérir de la situation de son camarade.

Incom Z-95 "Chasseur de tête".

L’appel de la console vide est trop fort pour Meera, qui confie ses doutes au général Naal au sujet de la magnétisation de la base. Se plaçant aux commandes de la console, Meera pianote quelques minutes avant d’annoncer qu’il y a quelque chose de louche dans les communications de la base : un signal caché d’émission vers l’extérieur. Sans attendre, Alto et Zayne se rendent en courant vers l’infirmerie, pour y trouver le Major Ialor endormi et le Dr. Loren Yoric particulièrement dubitative, surtout lorsqu’on lui demande si Varna Rek est bien passé à l’infirmerie… De son côté, Meera s’active sur la console pour trianguler l’origine de l’émission et arrive à cerner une zone correspondant aux quartiers d’habitation des officiers. Sans attendre, l’équipage se donne rendez-vous dans la zone et enfonce la porte de la chambre de Varna Rek. Dissimulé derrière la grille d’une gaine d’aération, un dispositif émetteur est rapidement débusqué par Zayne et est inactivé derechef. Aucune trace de l’officier toutefois.

Alors que la menace immédiate semble écartée, une nouvelle alarme sonore se fait entendre, avec convocation de renforts armés au niveau du poste de commandement de la base. Des soldats intiment l’ordre à l’équipage – sans doute des civils à leurs yeux – de rester à l’écart tout en continuant leur course dans le couloir. A peine ont-ils contourné un coude dans le complexe souterrain que des tirs de blaster se font entendre, suivis par une explosion qui fait trembler l’ensemble de la structure. Reprenant leurs esprits, le groupe rejoint au plus vite le poste de commandement attenant pour y découvrir l’étendue du carnage. La majeure partie des équipements est réduite en miette, avec une vingtaine de corps sans vie au milieu desquels se trouvent Ran Nial et Setena Haaz. Prenant son ton le plus martial, le « Commandant » Hyabu avise un poste de communication interne à la base, lance un signal d’alerte et donne un ordre général d’évacuation, tandis que les vibrations typiques d’un bombardement planétaire sur la zone se font ressentir. La base est donc découverte et subit sans aucun doute possible un assaut en règle des forces impériales…

L’équipage se rue vers le hangar principal de la base pour y découvrir une scène de chaos : la corvette corellienne stockée à l’extérieure a été endommagée et les chasseurs encore à l’abris ont à peine entamé leur préparation pour un décollage d’urgence des escadrilles Rust (Z-95) et Vortex (Sandspeeders) au milieu des cris et de la frénésie des personnels de la base. Avisant Hyabu, Arl Bess attrape le Toydorien par le bras et le supplie d’exfiltrer un cargo YV-929 pour livrer le reclon qu’il contient dans le système de Jagomir. Les coordonnées d’un point de rendez-vous sont transmises à Meera dans l’agitation ambiante. De son côté, Zayne a déjà tourné les talons et, mu par une vitesse surhumaine, a rejoint le hangar plongé dans l’obscurité des éclairages d’urgence rougeoyants. Il saisit la silhouette de Varna Rek qui se glisse à l’intérieur d’un des deux vaisseaux de fret – celui dont le chargement a été finalisé. Sans une once d’hésitation, il se lance aux trousses du traître et l’intercepte avant même qu’il n’ait pu s’assoir au poste de pilotage de « La Jumelle ».

Le padawan est rapidement rejoint par ses camarades, qui ont en route ordonné au Dr. Loren Yoric de les suivre, après qu’Alto ait chargé le Major Ialor sur un lit roulant. Désormais entravé, c’est un Varna Rek au teint singulièrement blême qui bafouille des excuses pathétiques, assurant qu’il n’avait « pas le choix »… Comme par automatisme, chacun s’approprie un poste de commandement du navire : Hyabu au poste de pilotage, secondé par Alto ; Meera aux communications et autres outils sensoriels ; Zayne au suivi technique de la structure et boucliers. De son côté, Loren Yoric attache le Major Ialor comme elle le peut sur une banquette, alors des débris de roche épars commencent à chuter régulièrement sur la coque. Sans plus attendre, Hyabu et Alto lancent la procédure de décollage, tandis que Meera fait admettre à varna Rek qu’il a effectivement sur lui un code impérial qui devait lui permettre de fuir sans craindre un tir ami. Il se montre toutefois fataliste sur les chances de survie de l’équipage face à cet assaut massif mené par le Moff Sienar en personne, ce qui ne déclenche qu’un haussement d’épaules ironique de Hyabu.

Cargo léger YV-929.

Fort de ses précédentes réflexions sur le côté suicidaire d’une sortie à partir de ce hangar, Hyabu lance le cargo dans le dédale du canyon enseveli. « La Jumelle » a l’air de souffrir face à ce traitement de choc, et l’arrivée à l’entrée du canyon se révèle aussi délicate que prévue, alors que les rares chasseurs rebelles déployés se mettent immédiatement en escorte du transport de Reclon. Dans leur dos, une horde de chasseurs TIE entre en jeu et se met sur les traces de l’escorte dans le défilé du canyon, qui se révèle particulièrement ardu à suivre. Hyabu doit mobiliser toutes ses ressources et s’appuyer sur l’aide précieuse d’Alto pour éviter de multiples chocs aux conséquences potentiellement désastreuses, surtout qu’il faut prendre bien des risques en poussant la vitesse au maximum pour tenter d’échapper aux chasseurs TIE. Concentrée sur les senseurs, Meera cartographie le défilé étroit pour permettre d’anticiper au mieux l’itinéraire, tandis que Zayne réoriente les flux énergétiques du vaisseau pour renforcer au maximum les boucliers. A l’arrière, les duels de chasseurs font rage, mais le courage et la ténacité des pilotes rebelles sont peu à peu effacés par le surnombre de leurs adversaires.

C’est alors qu’un groupe de quadripodes d’attaque TB-TT fait son apparition dans le défilé. Se lançant dans une série de zig-zag audacieux, Hyabu rend délicate la visée des canonniers impériaux, et la volée de tir qui accueille le passage rapide de « La Jumelle » ne déclenche qu’une série d’éboulis dans le canyon. Mais déjà le défilé s’élargit et une trouée en hauteur permet à Hyabu de s’extraire du canyon, avant de réaliser qu’il se trouve dans l’ombre d’un immense destroyer impérial en phase de descente, d’où émergent déjà des demandes intempestives d’identification. Meera lance immédiatement la séquence du code fournit par Varna Rek, ce qui permet de temporiser tandis que du destroyer émerge l’ordre plusieurs fois réitéré de se préparer à l’arraisonnement. Sortant de son hésitation, Hyabu replonge alors de manière abrupte dans une anfractuosité du canyon et reprend sa progression à vive allure dans le dédale minéral. Dans la minute qui suit, un tremblement de terre secoue le canyon – peut-être le résultat de l’atterrissage violent du destroyer dans la zone de combat ?

Concentré sur sa fuite, l’équipage a perdu de vue ce qu’il est advenu de l’escorte rebelle, mais il semble probable que tous les chasseurs ont été désormais abattus un à un… Ne ralentissant pas la cadence, Hyabu éloigne « La Jumelle » pendant de longues minutes, suffisamment pour se mettre hors d’atteinte de la chasse impériale. C’est enfin avec un cri de satisfaction qu’il annonce le succès de l’opération de fuite, quand une colonne de pierre inattendue se dresse devant le navire. « La Jumelle » vient violemment racler tout un flanc contre la surface granitique, déclenchant une série de catastrophes dans le cockpit, et il faut toute la maîtrise nerveuse de Meera pour démagnétiser au plus vite les commandes. Alors que Hyabu et Alto tentent de maintenir un semblant de cap, Zayne s’élance déjà dans les coursives pour apposer des plaques de renfort sur les zones abîmées de la coque. Lorsque Hyabu récupère l’entière maîtrise des commandes malhabiles de « La Jumelle », il peut enfin piquer vers le ciel et progresser hors de l’atmosphère. Deux destroyers impériaux pointent leur proue au loin, unique témoignage d’une tentative d’interception stérile. 

La Flotte impériale tente d'intercepter le navire du Commandant Hyabu.

Meera a déjà programmé le navordinateur en direction du point de rendez-vous, dans le secteur de Jagomir. Le « Commandant » Hyabu a une livraison de Reclon à assurer pour le compte de l’Alliance Rebelle. Arl Bess et les pilotes de l’escadron Vortex ont sacrifié leur vie pour que nos héros puissent s’échapper. L’Alliance Rebelle…

vendredi 25 octobre 2019

Les Nuées de la Princesse de Pierre




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 9

Avec


Finnlay Galindan, Le druide qui découvre de nouvelles métamorphoses

Kri Shanu, Le moine qui assomme tout ce qui bouge 

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui étrenne son nouvel arc magique 

Tengrim Copperplate, Le nain destructeur de démons 



L’appel sonore du grand cor d’alarme résonne à travers le château alors que l’horrible nuée de gargouilles noircit le ciel. Les puissantes balistes entrent en action et leurs lourds traits de métal transpercent les ailes de pierre qui fondent sur les défenseurs de Skyreach Castle. Mais Ingeireirautha, la fille d’Iymrith que Rezmir est venu recruter jusque dans les frontières de l’Anauroch, pulvérise les machines de guerre de son souffle électrique et jette les ogres dans une panique effroyable. Elle tourne ensuite son attention vers Blagothkus et Cressaro qui apparaissent dans la cour pour rallier leurs serviteurs en déroute. 

Une gargouille d'Iymrith

La gigantesque épée du sénéchal tranche sans pitié les corps de pierre qui fondent sur lui, mais il doit bientôt reculer pour venir au secours de son maître dont les membres se raidissent à mesure qu’ils se pétrifient sous l’effet de la magie du dragon bleu dont la fascination pour la magie minérale lui vaut le surnom de Princesse de Pierre. Cressaro fait de son mieux pour protéger Blagothkus mais le barrage d’orbes acides que Rezmir fait pleuvoir sur lui le met lui aussi en fâcheuse posture, sous le regard interloqué des deux géants de pierre qui semblent encore indécis sur le parti qu’ils doivent soutenir. La wyrmspeaker lance alors ses vrocks dans la bataille. Deux d’entre eux se dirigent vers la tour des géants des nuages avec pour mission de libérer Sansuri pour qu’elle puisse retrouver son emprise sur son cousin. Kri et Tengrim se précipitent pour leur barrer la route. Ils sont accueillis par le hurlement paralysant des démons qui les oblige à mobiliser toutes leurs ressources de volonté pour ne pas succomber au vertige qui s’empare d’eux. Le moine qui a traversé la cour en un clin d’œil parvient à retenir les deux créatures suffisamment longtemps pour que le nain le rejoigne et fracasse le premier vrock d’un coup dévastateur de Jotunbane renforcé de la force des géants qui coule dans les veines du guerrier grâce à l’une des potions qu’il a trouvé dans le trésor de Glazhael.

Un Vrock

Tengrim enjambe la dépouille en train de se liquéfier du premier démon pour poursuivre son assaut sur le second. La force surhumaine de ses coups dépasse de loin la capacité de résistance du Vrock qui tente de fuir en laissant derrière lui une traînée d'ichor verdâtre dégoulinant de son aile sectionnée. Tengrim le poursuit mais sa lourde armure ralentit sa course. Le démon croit alors avoir une chance de lui échapper mais comme il se jette dans l'escalier qui mène aux geôles où Sansuri est enfermée, il est rattrapé par un flot de lumière divine émanant de Jotunbane qui sert de conduit aux prières de Tengrim. La puissance de Clanggedin dissout littéralement le démon qui est banni vers les abysses dans un dernier cri de douleur. 
A l'extérieur, Kri voit avec horreur que deux autres créatures à tête de vautour ont réussi à passer la tempête de grêle que Finnlay avait invoquée sur eux avec la baguette de givre de Talis. Plus rien ne les empêche désormais de s'en prendre à Zephyros qui tente de renforcer les bourrasques au-dessus de la cour pour priver les assaillants de la maîtrise des airs. Ildur crible les démons de flèches nimbées de l’aura magique que leur donne son arc enchanté, mais sans parvenir à les arrêter. Seul le jeune Thullen se dresse devant eux mais les cris stridents des Vrocks le prive de ses sens et le font vaciller. Zephyros semble perdu. Sa grande panthère surgit alors de l’ombre, renversant de ses griffes acérées l'un des démons qui bascule par-dessus la balustrade du balcon sur lequel se tiennent les géants. La chute n'est pourtant pas tout à fait mortelle pour le démon qui se relève en s'arrachant à l'étreinte du fauve. Kri profite de cette distraction pour effectuer une attaque plongeante sur le vrock. Il lui brise le crâne de son talon, prenant du même coup appui sur lui pour bondir vers la tour qu'il gravit en trois acrobaties. Il atterrit sur le balcon un instant avant que le dernier démon n'égorge Zephyros de ses ergots mortels. Mais Kri est plus rapide et d'un coup de sa lance il étourdit la créature qui titube jusqu'au bord du vide où les traits implacables d'Ildur l'achèvent à son tour.  
L'intervention des héros attire l'attention de Rezmir. Sentant que Finnlay porte encore le masque du dragon noir dans sa besace, elle tente de lui intimer l'ordre de le lui apporter, mais son injonction ne parvient pas à vaincre la volonté du druide qui reste campé fermement à l’abri de la barbacane. La wyrmspeaker lance alors ses gargouilles contre le demi -elfe et le ranger qui se tient à ses côtés. Ildur les repousse en fendant l'air de ses poignards maudits tandis que Finnlay avale une potion de vol avant de se métamorphoser en ours pour porter le combat dans les airs. Ingeireirautha se joint alors à la mêlée, précédée de son souffle d'éclairs qui frappe indifféremment ses minions et les héros. Rezmir profite aussi du passage du dragon à portée de Finnlay pour lacérer le flanc du druide de sa lame d'ombre. 

Ingeireirautha, la Princesse de Pierre

Débarrassé des gargouilles, Ildur brandit à nouveau son arc magique dans la direction du dragon, mais avant de pouvoir décocher sa flèche, le sol de marbre s'anime et l'enferme sous un dôme de pierre opaque. Ainsi prisonnier il n'a d'autre choix que d'attaquer la paroi de ses lames jusqu'à réussir à creuser une meurtrière à travers laquelle il puisse tirer à nouveau. Pour neutraliser le ranger de cette manière, la Princesse de Pierre a cependant du relâcher Blagothkus de la magie qui le pétrifiait. Fou de rage, le géant fait tournoyer sa grande étoile du matin pour broyer les gargouilles qui s’agglutinent autour de son fidèle sénéchal. Zephyros de son côté continue à renforcer la tempête qu'il fait descendre sur le champ de bataille et Rezmir comprend que ce n'est qu'une question de temps avant que les vents furieux ne la privent d'une éventuelle retraite par la voie des airs. Finnlay vient à peine à bout de la gargouille avec laquelle il luttait plusieurs mètres au-dessus de la grande cour lorsqu'Ingeireirautha tombe sur lui comme un rapace sur sa proie et déchiquète sa forme d'ours de ses griffes dures comme la pierre. Le druide reprend forme et sombre dans l'inconscience en dérivant vers les cieux, toujours sous l'effet de sa potion de vol. Avant que le dragon ne puisse l'achever, Kri prend son élan depuis le balcon et d'un saut magistral vient attraper son ami pour le ramener au sol. Rezmir bondit aussitôt vers le druide inanimé pour lui arracher son sac contenant le précieux masque du dragon dont la perte obsède la wyrmspeaker. Mais avant qu'elle ne puisse se saisir de l'artefact, Tengrim lance une de ses hachettes guidée par la main même de Clanggedin. Le tournoiement de la lame tranche net le fond de la besace dont le contenu va rouler au sol. Kri profite de la distraction pour asséner un formidable coup qui étourdit Rezmir et lui permet de tromper sa garde pour la transpercer de la grande lance de Bjornhild. Tengrim accourt pour verser une potion de soin salvatrice dans la gorge de Finnlay. Le jeune druide revient à lui pour constater que les gargouilles ont été mises en déroute par les géants. Ingeireirautha comprend aussi que le plan de Rezmir a échoué, mais avant de fuir elle brave la tempête pour faire un dernier passage pour tenter de détruire les héros de son souffle. Finnlay se saisit d'un geste vif d'un parchemin tombé de son sac juste à côté de lui et en libère la magie pour prendre la forme d'un terrible prédateur préhistorique juste à temps pour encaisser le déchaînement de foudre qui s'abat sur lui.  

Finnlay se transforme

Le dragon repart vers les nuages sans avoir eu la satisfaction de venir à bout des héros. Roussis mais déterminés, ceux-ci n'entendent pas laisser Ingeireirautha s'en tirer à si bon compte. Tengrim la frappe d'abord d'un rayon de lumière divine qui guide entre ses côtes la javeline que Kri a récupéré dans un roulé boulé avant que la grêle d'épines d'Ildur ne déchire ses ailes et que les colossales mâchoires de saurien de Finnlay la happe en plein vol pour la précipiter sur le parvis du château, loin de ses serviteurs de pierre que la tempête de Zephyros finit d’éparpiller aux quatre vents. 

Grâce à l'intervention décisive des héros, Skyreach Castle est désormais définitivement libéré des griffes du culte du dragon. Toute la mauvaise foi et la mesquinerie de Blagothkus ne peuvent l'empêcher de reconnaître qu'il leur doit son salut et il leur fait le serment de lui aussi répondre à leur appel quand ils auront besoin de son aide. Il accepte même de les laisser se reposer quelques jours dans le château, le temps de les ramener vers des contrées plus civilisées où ils pourront retrouver leurs semblables et poursuivre leur mission. Car si Rezmir a enfin été vaincue, les autres wyrmspeakers continuent d’ourdir leurs sinistres manigances pour la gloire de leur maléfique déesse, et les royaumes oubliées ont plus que jamais besoin de champions pour se dresser face à eux.