mardi 17 septembre 2019

Le secret des Sorciers Rouges



Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 9

Avec
  

Thormund Sombracier, Le barbare qui se moque des blessures  

Finnlay Galindan, Le druide qui met du hibou dans l'ours 

Kri Shanu, Le moine qui fait de la provocation  

Ildur Main d’Airain, Le ranger qui cajole les wyvernes  




Les poulies sur lesquelles s’enroulent les lourdes chaines d’adamantine grincent alors que la gigantesque herse remonte dans la barbacane cyclopéenne. Les héros se mettent en route au milieu de la pittoresque troupe d’ogres aux joues poudrées sous les fantasques plumes d’autruche de leur casque dorés. Chacune des marches qui les séparent de la basse cour nécessite un saut vertigineux pour être franchie. L’irruption des ogres provoque un certain remue-ménage parmi les cultistes qui vaquent à leurs occupations quotidiennes et au bout de quelques instants d’agitation un grand homme à la peau sombre vêtu de la robe des porteurs de pourpre s’approche de l’ogre le plus adipeux qui fait office de lieutenant de la garnison. 

Le capitaine Othelstan

Le capitaine Othelstan exige qu’on lui explique la raison de cette démonstration de force inopinée et le ton monte rapidement face aux grommellements intraitables du monstre. Pour s’assurer que la tension ne retombe pas, Kri s’avance en brandissant ses emblèmes de tueur de dragon qui confirment aux adorateurs de Tiamat que leur emprise sur le château s’est évanouie.  Les dragonclaws saisissent leurs poignards et quand dans un geste d’impatience l’ogre renverse Othelstan, les hostilités explosent. Les cris d’alarme appellent les cultistes à la rescousse et les ogres les fauchent de leurs grandes hallebardes sous les applaudissements de leurs collègues agglutinés au rempart pour ne pas rater le spectacle. Les quelques kobolds qui avaient délaissé leurs corvées dans les écuries tentent de fuir vers les souterrains où leur maître attend mais Ildur les abat d’une volée de flèches avant qu’ils puissent alerter le dragon. Kri et Thormund engagent le combat avec le porteur de pourpre dont l’étoile du matin a déjà fracassé le crâne du lieutenant ogre qui l’avait poussé avec si peu de respect. Ildur tente encore d’utiliser ses couteaux maudits mais à nouveau ceux-ci refusent de blesser les adorateurs de Tiamat. Il reprend donc son arc pour tenir à distance la meute de drakes noirs que les cultistes ont lâché dans la mêlée.   Finnlay embrase de ses traits de feu les réserves entassées près de l’autre écurie, déclenchant un violent incendie qui ajoute à la confusion, puis il se change en ours, ou plutôt en ours-hibou alors que sa métamorphose s’accompagne d’un sursaut de magie sauvage qui le couvre de plume, et il saisit de ses griffes le capitaine Othelstan qui ne peut plus battre en retraite face à l’avalanche de coups que Kri fait pleuvoir sur lui. De l’autre côté de la cour une puissante boule de feu balaie la charge des ogres dans le couloir, carbonisant au passage les malheureux cultistes qui défendaient encore l’accès aux appartements de leurs supérieurs. Cette diversion permet à Thormund de briser l’arme du porteur de pourpre qui se retrouve incapable de parer la lame d’argent d’Ildur qui vient lui percer la gorge. La chute de leur chef plonge les dragonclaws dans un certain désarroi dont profitent Thormund et Ildur pour se frayer un chemin vers les écuries où ils retrouvent les wyvernes que Sandesyl leur avait confiées. Les efforts que le ranger avait déployés pour les amadouer s’avèrent payants car en quelques mots il les convainc d’accepter à nouveau que ses compagnons les chevauchent. Ils montent en selle avec précipitation car derrière les flammes qui font rage surgit la terrible forme de Glazhael dont le souffle pulvérise les derniers combattants qui s’étripent encore dans la cour.


Les aventuriers plongent en piqué vers la caverne par laquelle ils étaient entrés dans la forteresse mais le dragon les a pris en chasse. Ils parviennent de justesse à abandonner leurs montures avant qu’elles ne soient recouvertes du flot de feu que les puissants poumons de Glazhael projettent sur eux. Ildur et Finnlay sont forcés de battre en retraite au fond du couloir, leurs capes roussies par la chaleur, tandis que Kri a réussi à bondir contre le flanc d’une wyverne qui le protège totalement du souffle. Thormund en revanche est resté de marbre au milieu du déferlement de flammes qui se retrouvent étouffées par la rage qui gonfle dans son cœur. Il semble devenir encore plus massif et sinistre alors qu’il brandit Hazirawn, la sombre épée qu’il a prise à Rezmir, dont les runes crépitent lorsqu’elle frappe le dragon si violemment qu’elle brise une de ses cornes. La bête rugit de douleur et contre-attaque, ses puissantes griffes écrasant le barbare contre la paroi de pierre. Finnlay entoure le dragon de lueurs féeriques dont le miroitement semble guider les coups de Kri qui plante profondément sa grande lance dans le flanc de la créature. Le sang coule à flot de la blessure et l’odeur fait frémir les narines de Thormund qui revient à la charge avec un grondement inquiétant. Se sentant pris au piège dans ce combat souterrain, Glazhael change soudainement de tactique. Il saisit Kri de sa poigne implacable et d’un battement d’ailes se lance au dehors pour retrouver l’avantage du terrain. Il monte droit vers les nuages mais avant qu’il y disparaisse, Ildur l’ajuste de son arc. Le trait qu’il délivre explose en une volée d’épines qui vient déchirer les grandes ailes de cuir et jeter le dragon dans une mortelle spirale vers le sol rocailleux. Kri est entrainé dans cette chute mortelle mais son entrainement rigoureux lui permet de conserver son calme et de se libérer de l’étreinte fatale pour freiner sa chute d’une série de sauts périlleux qui laissent le temps à Finnlay d’appeler un aigle géant à la rescousse pour récupérer le moine en plein vol à quelques mètres du sol. Glazhael n’a pas cette chance et le dragon se fracasse sur les rochers, sa forme brisée expirant dans un dernier hoquet de flammes.
Les aventuriers reprennent le chemin labyrinthique que Tengrim avait dessiné lors de leur première visite des lieux et ils finissent par retrouver l’antre du dragon rouge où gît encore le malheureux Felgolos, odieusement défiguré par les dernières tortures de son bourreau. 

Felgolos

Le pauvre dragon de cuivre est aux portes de la mort mais avant de rendre son dernier souffle, il parvient à murmurer une dernière supplique :

« Sauvez les enfants de Laerakond…prévenez les…les coffres d’Elturgard ne sont plus sûrs…il y a un traître…»

Ce message cryptique n’augure rien de bon et semble indiquez que le culte du dragon est prêt à mettre la main sur un vestige du mystérieux empire draconique qui existait au large de la côte des épées avant que la Fracture ne sépare à nouveau les mondes jumeaux d’Abeir et de Toril qui s’étaient entremêlés pendant les bouleversements du siècle dernier.
Les aventuriers déposent le corps sans vie de Felgolos sur le trésor de Glazhael que ses serviteurs kobolds ont abandonné pour se terrer dans les souterrains en attendant que les choses se calment. Au milieu des pièces d’or, Finnlay repère aussi un étrange objet exhalant la magie de conjuration, sorte de petite amulette à l’effigie d’un rapace enchâssée autour d’une plume magique de Quaal.
La défaite de leur maître a fait fuir les derniers kobolds au plus profond des souterrains, les héros peuvent donc emprunter les échelles et les passerelles rudimentaires qui s'accrochent le long de la paroi extérieure du rocher pour remonter vers les baraquements dévastés des cultistes où ils espèrent trouver des indices sur la suite des plans des adorateurs de Tiamat. 

Un silence de mort règne sur la cour où les dernières braises de l'incendie s'éteignent derrière les cadavres calcinés. Au bout du couloir noirci par les flammes, une sentinelle solitaire monte encore la garde. L'armure noire aux dessins complexes de la femme est tout à fait étrangère aux aventuriers mais le tatouage qui couvre le côté de son crâne a au contraire un air familier. Comme les aventuriers avancent dans sa direction, elle recule calmement dans la tour qu'elle protège pour rejoindre les deux autres chevaliers thayens qui s'y trouvent. Derrière le rempart de leurs pavois, ce n'est autre qu'Azbara Jos qui attend. A ses côtés se tient un second sorcier rouge dont la robe écarlate richement brodée ne laisse aucun doute sur la hauteur de son rang. Les héros reconnaissent aussitôt le visage sévère qu'ils avaient découvert dans les fractures du demi -plan d'Akar Kessel qui entouraient le reflet de la plateforme de téléportation de Bryn Shander. Azbara Jos lève les mains en signe de paix. Son seigneur, Rath Modar, véritable Zulkir de la conjuration, grand Tharkion des marches orientales, a une offre à leur faire. Sa cause est juste et les héros sont dans l'erreur de s'y opposer car seul Rath Modar est capable de libérer Thay de la tyrannie mortifère de Szass Tam, la toute puissante liche qui tient le pays par la poigne squelettique de ses armées innombrables de morts-vivants, asservissant son peuple par la terreur et projetant son ombre menaçante sur toutes les nations libres qui se dressent sur son chemin.  
La collaboration avec le culte du dragon est un bien faible prix à payer pour atteindre ce noble but. Azbara Jos implore les héros de se joindre à eux, leur force n'est plus à prouver et avec le soutien des sorciers rouges ils pourraient sans mal s'emparer des titres de wyrmspeaker que leurs exploits ont laissé vacants. Quant à leurs inquiétudes concernant les plans de Severian d'invoquer sa déesse depuis les neufs enfers, Rath Modar les balaie avec assurance. Il a lui-même mis au point le rituel d'invocation et Tiamat sera sous sa coupe dès lors qu'elle se manifestera sur le plan matériel. Dès qu'elle aura incinéré Szass Tam et ses esclaves, il la bannira à nouveau en un claquement de doigts. 


Malgré les efforts d'Azbara Jos pour les amadouer, les héros ne sont pas convaincus et quand ils osent de surcroît mettre en doute la sagesse du plan de Rath Modar, celui-ci perd patience. Avec un regard courroucé à l'encontre de son disciple, il frappe le sol de son bâton et soudain le temps se fige. Prisonniers entre deux instants, les aventuriers assistent impuissants au départ de l'archimage à travers une porte dimensionnelle alors qu'il ordonne négligemment à Jos de tuer les héros puisque, comme il s'y attendait, ils ne lui sont d'aucune utilité. Il disparaît et le temps reprend son cours. Les chevaliers thayens chargent avec une coordination parfaite tandis que les protections magiques d'Azbara Jos troublent sa silhouette pour égarer les coups adverses. En réponse Finnlay le couvre de lueurs féeriques qui contrebalancent l'effet et redonne à Ildur la possibilité d'ajuster le sorcier de son arc. Face aux chevaliers, Thormund invoque des doubles illusoires pour qu'ils absorbent les coups à sa place mais une volée de projectiles magiques les renvoie au néant avant qu'ils puissent faire leur office. 
Le fracas des armes emplit la pièce comme les combattants se rendent coup pour coup, mais la force brute de Thormund, les attaques virevoltantes de Kri et les traits mortels d'Ildur viennent rapidement à bout des gardes du corps d'Azbara Jos. Encerclé, le sorcier épuise ses dernières forces pour maintenir ses boucliers magiques, mais la pression des assauts des héros finit par en venir à bout et il s'écroule inconscient à leurs pieds. 


L'étude des Thayens regorgent de parchemin sur lesquels ont été copiés des fragments de rituel tiré d'un antique grimoire intitulé "Au-delà des Portes de Fer". Finnlay survole le contenu du tome qui semble détailler les multiples façons d'invoquer des démons de toute sorte au prix de sacrifices humains plus ou moins importants selon la puissance de l'entité ciblée. Mais avant qu'il puisse en apprendre plus, un horrible concert de cris stridents jette les aventuriers dans un effroi soudain. Depuis la grande fenêtre qui donne sur le ciel, ils voient alors qu'un portail s'est ouvert au milieu des nuages. Des vrocks hurlants se mêle à la nuée de gargouilles qui en émerge et derrière eux surgit un dragon bleu crépitant de foudre sur le dos duquel se tient celle qui vient réclamer vengeance pour sa dernière défaite, Rezmir la wyrmspeaker noire. 

lundi 16 septembre 2019

Subterfuges



Session Star Wars #36

Date : 10-Sep-2019

Avec :
Meera, aux précieux talents de filature
Cornell Quantarus, qui fait forte impression en laissant le côté obscur l’envahir
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui échappe à une traque en s’effaçant
Zayne Bentaroo, qui passe inaperçu en se montrant

Lieu(x) :
Station orbitale de Kwenn

La troisième itération de la Coalescence a frappé et le fragment d’Holocron brûlant d’Alto lui a laissé une douleur aigüe sur la fesse. Alors que le groupe émerge du Rokh, une puissante onde électromagnétique traverse le hangar, provoquant une extinction générale de l’éclairage – heureusement temporaire. Chacun peut constater que cette troisième itération a des effets physiologiques notoires sur les membres de l’équipage : tête cotonneuse, paupières lourdes, oreilles prises d’acouphènes stridents, fourmis aux extrémités… Rien de tout cela n’est agréable, et impacte négativement sur les réactions et prises de décision…

Toujours investie de sa mission de chaperon, Meera convainc Alto de se grimer à nouveau le visage avec une couche de maquillage blanc, puis de revêtir une ample capuche en guise de camouflage. Quant à Zayne, il prend le contrepied de l’attitude discrète généralement préconisée par Meera et il revêt l’apparence de Piy à l’aide quelques pièces d’équipement disparates (casque, appareil respirateur), et joue sur sa corpulence sensiblement similaire à celle de l’Aquale. Satisfaite de l’apparence de la troupe, et sous l’œil attentif du Toydarien faussement oisif affalé sur le siège d’un véhicule de transport, Meera répète sa prise de contact avec un responsable de la logistique du dock – un certain Carl. Après avoir graissé la patte de l’homme (250C), elle obtient les coordonnées du communicateur d’un de ses « cousins » nommé Marl, qui sera semble-t-il à même de lui donner accès aux docks « alternatifs’ » du Syndicat dans les profondeurs de la station orbitale.

Le groupe a un plan : faire en sorte que le Gracchus de cette itération comprenne que les « Jedi » ne sont pas avec eux et qu’ils vont à « un signal donné » les faire venir sur la station. Ainsi, si Gracchus les contacte, ils espèrent lui mettre entre les pattes un plus gros « gibier » les Jedi Zaharid et sa compagne Pirène Antora, espérant ainsi se débarrasser de Gracchus et des Jedis ennemis. Aussi l’ensemble du groupe prend ostensiblement la direction de l’intérieur de la station sans prendre de précaution particulière. Dans l’agitation des larges coursives moites, impossible de savoir si le Toydarien ou un de ses acolytes s’est mis en chasse de l’équipage. Le groupe se pose rapidement dans un bar de rue servant des plats aux odeurs exotiques. Tandis que Cornell et Meera jouent la comédie en s’invectivant sur le « plan » du groupe, Alto vérifie les alentours et finit par détecter au niveau inférieur la présence d’un des sbires du Toydarien affairé avec un système d’écoute à distance. Un léger signe de tête d’Alto à ses compagnons incite alors Cornell à poursuivre la mise en place de l’écran de fumée à destination de Gracchus, et il appelle le dénommé Marl. Celui-ci répond dans un vacarme d’arrière-cuisine, et accepte l’idée de rejoindre le groupe au plus vite afin de discuter des conditions contractuelles pouvant permettre une livraison discrète dans la station.

Le bar de rue au croisement de coursives anonymes.

Après une courte attente mise à profit pour avaler un repas de ‘streetfood’ orbitale, Marl rejoint le groupe et s’attable dans un nuage de farine échappé de son large tablier taché. Toujours à son aise avec les usages des milieux interlopes, Cornell entame – sous l’identité du Capitaine Kaï Bengo – une discussion sur le Syndicat et les traditions anciennes des docks de pêche, qui servaient initialement au stockage des containers d’eau prélevés sur Kwenn. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, mais les autorités Hutt conservent un voile pudique sur les marchandises qui y transitent, laissant le soin au Syndicat d’y gérer les aspects douaniers. Marl propose de réserver pour une semaine un dock pour l’équipage au tarif forfaitaire de 500C par jour, coût auquel il faudra ajouter 10% de la valeur totale des marchandises (minimum 1000C). Après une âpre négociation, Cornell arrive à baisser l’ensemble du forfait à 2250C. Par « mégarde », Meera lâche que cela représente plus de 1000C par tête – ce à quoi Marl précise que le trafic d’esclaves, chasse gardée des Hutt, est strictement interdit dans ce contexte. Cornell s’empresse de le rassurer sur ce point.

Après avoir remis un numéro de communicateur pour permettre l’ouverture du dock, Marl prend congé. Meera se plaint évidemment du tarif que représente le plan de Cornell afin de permettre à Nir et Zayne de débarquer en secret sur la station, ce à quoi Zayne rétorque par un borborygme « à la Piy » incompréhensible. Alto se dit toutefois confiante sur la sécurité de leurs compagnons, puisqu’ils ne débarqueront pas sans avoir reçu « le signal ». En se levant, Cornell conclue le tour de table, se disant préoccupé par le fait que le groupe est « en short » pour discuter avec Gracchus, et qu’il faut maintenant mettre la main sur les éléments nécessaires pour pouvoir marchander. Le groupe quitte le bar, tandis qu’Alto confirme d’un rapide coup d’œil que l’espion de Gracchus replie son matériel et prend la tangente. L’espion a tout entendu, Gracchus est sans doute ferré.

Suivant les lignes de son plan, l’équipage prend alors la direction du Qualifax pour revenir au « Smash Mallow », sûr de pouvoir y retrouver Salima à cette heure (Coalescence H-22:00). Toujours aguicheuse, l’amante de Silas passe de table en table, incitant des groupes de mangeurs enthousiastes à passer plus ample commande, puis elle s’installe derrière le large bar circulaire sur lequel se reflètent les néons de la salle de jeu au look rétro. Meera se poste dans un coin discret près de la sortie, tandis que Cornell s’avance vers le bar, encadré par ce qui pourrait ressembler à son homme de main massif (Zayne) et sa concubine intrigante (Alto). Après s’être assuré que personne ne pourra suivre la discussion à venir, Cornell tente de forcer l’esprit de Salima, mais la Coalescence rend sa tentative malaisée. Il doit céder au côté obscur, instillant un lourd sentiment de terreur chez son interlocutrice, en se faisant passer pour son Maître, Zaharid.

Au "Smash Mallow".

Affirmant sa déception sur l’avancée de son entreprise, Cornell ordonne à Salima de lui répéter les grandes lignes du plan. Absolument effrayée, Salima se confond en excuses et indique que séduire Silas lui semblait la meilleure façon de gagner sa confiance. Puis elle énumère les étapes du plan pour amener à la destruction de l’équipage de Silas et l’infiltration de la Rébellion. Rien de cette confession n’échappe à l’holo-enregistreur que Meera a remis à Alto… Craignant pour son frère et sa famille – dont la vie semble dépendre du « vrai » Zaharid –, Salima jure ensuite qu’elle fera tout pour que Zaharid, sa maîtresse – à comprendre au sens de mentor et non pas d’amante – et sa femme – peut-être Pirène Antora ? – puissent se rejoindre au dock de Silas. Dans un geste se voulant rassurant, mais qui instille une vague de terreur chez Salima, Cornell pose une main délicate sur l’épaule de la femme et y dépose un mouchard de chasse du Capitaine Hyabu, puis il part dans une tirade mystique, invoquant la « troisième coalescence » et que ce qui se passe est « unique ».

Après être sorti du « Smash Mallow », le groupe se camoufle dans une coursive attenante et attend les indications de Meera. Cornell admet qu’il lui a été bien plus simple de terroriser Salima plutôt que de l’inciter à la sympathie à son égard. Le fait que l’utilisation du côté obscur se soit révélée particulièrement aisée et laisse Cornell sans mal de tête rend la Coalescence assez effrayante pour Alto, qui enjoint son compagnon d’éviter de reproduire l’expérience... De son côté, Salima, tétanisée, met plusieurs minutes à se remettre de cette rencontre. Le visage en sueur, elle semble comprendre qu’elle vient d’être victime d’une mystification pour le moins inhabituelle. Sous l’œil de Meera, Salima regroupe vivement ses affaires puis quitte son service, sans savoir que le mouchard discret placé sur son épaule permet à Meera de la suivre de loin. Cornell, Alto et Zayne se mettent à leur tour en route grâce aux indications de Meera chuchotées dans son communicateur. Salima prend la direction du Central profond et finit par atteindre une large coursive bien éclairée, propre et très calme, où stationnent deux moto-jet et quelques caisses de marchandises. Le groupe stationne près des moto-jet tandis que Meera poursuit son chemin vers l’entrée d’un hangar, devant laquelle stationne un garde de la station. Alors que la porte se referme, Meera peut saisir la présence de larges vaisseaux de croisière du Noyau, aux pieds desquels semblent se dérouler des fêtes privées entre gens de bonne compagnie. Prenant un air furieux, et endossant le rôle d’une femme trompée à la recherche de son mari infidèle qu’elle serait prête à surprendre dans le lit d’une maîtresse imaginaire, Meera invective le garde, puis lui remet 500C pour qu’il garde le silence sur cette affaire particulièrement humiliante et la laisse entrer. Tout s’achète sur cette station.

Désormais libre de déambuler dans le large hangar, Meera repère aisément le vaisseau dans lequel Salima a pénétré, et auprès duquel aucun signe d’activité ne se fait deviner. Soudain, la silhouette de Zaharid émerge à grands pas du vaisseau par la rampe abaissée et le Jedi enfourche une moto-jet. Il faut toute la maîtrise de Meera pour faire demi-tour nonchalamment vers la sortie du dock, tout en indiquant à ses compagnons la présence de leur adversaire honni. Alors qu’elle émerge de la porte du hangar, Zaharid la dépasse à grande vitesse et la Chiss se retourne rapidement, découvrant que d’autres personnes descendent du navire. Ainsi, la compagne de Zaharid, Pirène Antora, se dirige également d’un pas rapide vers une autre moto-jet stationnée près du vaisseau, tandis que Salima est accompagnée par une Twil’ek à la peau bleutée et portant des habits de Jedi, qui semble la réconforter.


Dans le dédale des couloirs.

Posté à quelques dizaines de mètres de là, le reste du groupe s’est camouflé derrière des caisses. La communication de Meera déclenche un branle-bas de combat, et Alto se jette sur une moto-jet dès que Zaharid les dépasse. Accompagnée par Zayne, Alto poursuit de loin Zaharid, qui semble lancé dans une course effrénée vers les hauteurs du Central. Bientôt, c’est Pirène Antora qui émerge à son tour du hangar à pleine vitesse, et qui dépasse Cornell installé sur la seconde moto-jet, attendant Meera. Salima et la Twil’ek sont sorties du hangar, et cette dernière dévisage Meera lorsqu’elle tente un dernier regard en arrière. Son sang se saisit lorsqu’elle reconnait parfaitement les traits d’Anthé Katova, plus âgée que sur les holo-vidéos que Meera avait pu visionner jusque-là… Anthé Katova, dont les yeux rougeoyants plongent dans ceux de la Chiss, comme semblant sonder son âme... Sans attendre, Cornell lance son véhicule vers le Central profond et le dock de Silas.

Plus haut, la course-poursuite arrive à terme lorsque Zaharid atteint la base du Qualifax. Là, ce dernier s’arrête, reçoit un message dans son oreillette de comlink, puis se met à scruter furieusement les environs. Garée derrière une échoppe, Alto repousse Zayne en arrière, puis les deux compagnons voient soudainement émerger au coin d’une rue Pirène Antora, qui une main dans le dos, ne prend même pas la peine de cacher la garde de son sabre-laser. Zayne et Alto abandonnent alors leur moto-jet et se préparent à se lancer dans des coursives étroites, rejoindre le point de rendez-vous au dock de Silas par le réseau de turbo-lift semblant désormais plus sage. Mais à peine ont-ils faits quelques pas que l’esprit d’Alto se met en état d’alerte, comme si des remous dans la Force voulaient la traquer et la révéler au grand jour. Toutefois, tant d’années passées à se cacher déclenchent chez Alto un réflexe quasi-pavlovien d’effacement, et Zaharid pousse un cri de rage en sentant sa proie lui échapper, la Coalescence lui assenant un coup tel qu’il doit se rattraper à l’épaule de sa partenaire pour ne pas s’effondrer au sol.

Dans le Central profond, Meera et Cornell ont déjà rejoint le dock de Silas. Comme lors des deux précédentes itérations, le duo est accueilli avec méfiance à travers la porte blindée, et se recommander de Rick Rekshik permet à nouveau d’intéresser Silas. C’est plus qu’une impression de déjà-vu qui saisit Meera et Cornell lorsqu’il faut à nouveau pénétrer dans le dock sous les armes pointées de l’équipage de la contrebandière ! Pesant chacun de ses mots, Cornell mentionne la poursuite de la piste vers Ram Ravel, la vente aux enchères et la trahison en cours de Salima, tout en lançant vers Silas l’holo-enregistreur. Ecartant son équipage, Silas encaisse le coup en prenant connaissance de la confession enregistrée de son amante, puis demande à Cornell comment elle pourrait se sortir de ce guêpier, surtout après une sérieuse mise en garde contre Zaharid et Pirène Antora. L’équipage finit par gagner la confiance de Silas. Lui révèlant les chausse-trappes et les problèmes qu’elle rencontrerait si elle allait sans se préparer davantage aux enchères de Gracchus, Cornell et Meera acceptent d’essayer d’aider Silas à remporter l’enchère et à la faire sortir vivante de la station. Elle et son vaisseau, car celui-ci semble contenir les coordonnées secrètes qui mènent à la Reine Pirate. Au grand plaisir de Cornell, Silas accepte de nouer un accord, d’autant plus que son « mouvement est basé sur la confiance ».

A la sortie du dock, la jonction est faite avec Zayne et Alto, et Meera reprend contact avec le Rokh pour constater qu’il a – comme lors des précédentes itérations – à nouveau disparu. C’est alors que son communicateur sonne, et un sous-fifre de Gracchus le Hutt « invite » le groupe à se rendre dans le hangar du Rokh d’ici une heure pour y tenir une réunion. Leur plan a fonctionné ! Et voilà qui fait les affaires du groupe. Devant le hangar, une large troupe de la station tient les badauds au loin, et l’équipage découvre que tous les techniciens du dock patientent à l’extérieur avec leurs véhicules. Il est aisé pour Cornell de retrouver Carl, qui lui apprend que l’arrivée d’une escouade impériale dans le hangar a déclenché le départ précipité du Rokh, puis que les gardes de la station ont ensuite expulsé tout le monde du hangar. L’équipage peut maintenant se faire connaitre des gardes et pénétrer à nouveau dans le dock.


Le dock déserté.

Le lieu a effectivement été vidé de l’ensemble de son contenu. Personnel, visiteurs, objets, vaisseaux… tout a été emporté, laissant place nette pour l’immense Gracchus le Hutt au visage rongé, transporté sur sa non moins immense litière portée à bout de bras par une troupe d’esclaves. Une trentaine de gardes à ses couleurs occupe les lieux, scrutant les moindres faits et gestes du groupe, et l’inévitable Pos Podura, la voix de Gracchus, accueille l’équipage de son sourire mielleux. Visiblement inconscient des stratagèmes déployés par le groupe, Gracchus entame la discussion en vainqueur, réclamant que lui soient livrées toutes les possessions qui lui ont été dérobées, ainsi qu’une pénalité d’un million de crédits pour couvrir semble-t-il le préjudice moral subi par le Soleil Noir. Cornell avance toutefois la perspective d’une juteuse affaire bien plus rentable que la capture de deux padawans sans envergure. De son rire sonore et profond, Gracchus dédaigne cette énième entourloupe de l’équipage du Capitaine Hyabu, pour lequel il avoue à la fois admiration et mépris, car il a apprécié à sa juste valeur l’audace du coup joué à l’encontre de Marek Sol. Sentant sa proie ferrée, Cornell poursuit en flattant le « collectionneur avisé » chez le Hutt, proposant des pièces bien plus rares, des Maîtres Jedi aguerris – mais non, pas le fameux Anakin Skylwalker que Gracchus le Hutt semblait désirer si ardemment...

Si les noms de Zaharid et Pirène Antora ne font pas ciller le visage de Gracchus, celui d’Anthé Katova déclenche comme une attaque d’apoplexie chez le Hutt, et il s’en faut peu pour qu’un des esclave-porteurs ne finisse broyé entre ses bras. Sous l’effet de l’émotion, Gracchus exige la capture des Jedis, la remise du contenu du larcin et le payement du million de crédits pour accorder la vie sauve à Zayne et Nir. D’un air détaché, Cornell hausse les épaules, lance un « Tant pis… ! » tout en exhibant l’hologramme de Zaharid et finit de terrasser le Hutt : « Il est bien regrettable qu’une telle prise puisse s’échapper, car mettre la main sur Anthé Katova et ses élèves ne sera jamais aussi facile qu’ici, maintenant »… Pris de court, Gracchus craque et se dit prêt à passer l’éponge en ce qui le concerne : il oubliera avoir vu l’équipage et lui accordera son pardon personnel – mais pas au nom du Soleil Noir, toutefois – après tout ce n’est pas son argent qu’a dérobé l’équipage mais celui de Marek Sol. Meera peut alors solennellement remettre les informations sur l’identité et la localisation du navire d’Anthé Katova. Gracchus exige que le groupe soit présent lors de sa capture et lorsque cette dernière sera effective, sa joie sera telle qu’il n’appréciera rien de moins que d’inviter l’équipage du Rokh à sa fête de fin de Coalescence… En attendant, le groupe a interdiction formelle de quitter la station, qui semble se transformer en souricière autant pour le groupe que pour ses adversaires…

jeudi 1 août 2019

La Coalescence


Session Star Wars #35

Date : 18-Jul-2019

Avec :
Meera, dont l’esprit rationnel lui permet de ne pas perdre pied
Cornell Quantarus, en pleine crise existentielle
Nir Stone, qui se méfiera à l’avenir de Zaharid
Aqualto Fudah (‘Alto’), qui a temporairement perdu deux êtres chers
Zayne Bentaroo, qui se méfiera à l’avenir de la compagne de Zaharid

Lieu(x) :
Station orbitale de Kwenn


Une semi-pénombre, à peine combattue par des lumières de sécurité, règne dans le hangar étrangement silencieux. Au pied de la coursive du vaisseau de Silas, un droïde Astromech semble hésiter sur la marche à suivre au milieu du face-à-face qui s’annonce. Dans un coin, Cornell note la présence de trois femme-rats (Lea, Mea et Zea) qui tremblent d’effroi, leurs blasters au sol. Elles sont mises en joue par une grande femme, belle et vêtue de manière aguicheuse, dans laquelle Meera reconnait immédiatement Salima, la seconde de Mash Mallow. D’un coup d’œil rapide vers l’arrière, Nir remarque également que, mystérieusement, la porte d’accès au hangar ne s’est pas totalement refermée.

Les corps de Silas et de la pilote du VCX-100 à ses pieds, Zaharid plonge son regard implacable et légèrement habité dans les yeux de l’équipage. D’environ 35 ans désormais, l’ancien élève de Suljo Warde accuse le poids des années, ses cheveux blonds coiffés en catogan et ses vêtements ajustés de pilote soulignant un léger embonpoint. D’un ton ne souffrant aucune réplique, Zaharid exige qu’on lui remette le fragment d’Holocron en possession d’Alto. Dans le dos du groupe, le « mendiant » qui avait dispensé ses renseignements quelques minutes auparavant passe entre les deux battants de la porte et enlève sa cape couvrante, révélant la compagne de Zaharid (Pirène Antora) dégainant un sabre-laser double rougeoyant. Avec horreur, Alto et Zayne voit donc se reformer le sombre duo qui avait, sur Sathar IV, assassiné leur compagnon Guel Marcolf pour lui dérober son fragment d’Holocron…


Celle dont on ignore le nom.

Alors que Cornell et Meera tentent de parlementer avec Zaharid, cette apparition déclenche un assaut en règle des autres padawan. Nir se lance sur Zaharid, qui le repousse sans effort apparent. S’interposant sur le passage de Pirène Antora, Zayne encaisse un coup violent de sabre-laser. Déjà sévèrement blessé, il s’effondre immédiatement au sol, le bras quasiment sectionné. Inconsciente de ce que son « frère » vient de subir, Alto se porte aux côtés de Nir et contre temporairement l’avancée de Zaharid, espérant tirer parti du surnombre sur son adversaire.

De son côté, Cornell se concentre sur les flux de Force environnants et agit directement sur l’esprit de Zaharid et Alto, en tentant de les forcer à se calmer – tentative couronnée de succès sur Zaharid et qui le plonge contre toute attente dans un état de confusion notable. Toutefois, chacun peut ressentir que cette activité dans la Force n’est pas anodine, et, une main sur le front, Cornell ressent un lourd bourdonnement dans son esprit. Soupesant le niveau de dangerosité relatif des menaces présentes, Meera lâche quant à elle une salve de blaster sur la compagne de Zaharid, mais cette dernière dévie avec brio son tir, tandis que Salima réplique et touche la Chiss.

La situation du groupe semble désormais critique. Dans un élan désespéré, Nir se lance à nouveau sur Zaharid, qui pare sans cesse la lame énergétique de son adversaire. Puis, hurlant à sa compagne de s’occuper de Nir, cette dernière opère un saut périlleux pour se placer dans le dos de l’ancien padawan et l’abattre sans montrer une once de pitié. Doublement abattue, Alto se résigne à une mort proche, reculant en posture défensive pour défendre au mieux Meera et Cornell, qui supplient Zaharid d’accepter une médiation…

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Descendant du Rokh, et souffrant pour certains des effets secondaires renforcés de la Coalescence (H-24:00), l’équipage est sollicité par les dockers pour la prise en charge du navire. Ressentant une sensation de brûlure sur sa fesse, Alto porte la main sur le fragment d’Holocron brûlant rangé dans une poche. Son regard intrigué rencontre celui tout aussi perturbé de ses compagnons… Tous ont l’air confus, comme sortant d’un mauvais rêve qui n’en serait pas un. Tous sauf le Capitaine Hyabu – peut-être du fait de sa nature toydarienne ? DD-13 non plus ne semble pas saisir l’interrogatoire que lui fait subir Nir au sujet de la scène de combat à laquelle il assistait pourtant il y a peu (si l’on peut dire). Toujours prompt à répondre par la positive aux sollicitations de ses maîtres, le droïde confirme toutefois l’existence de récits de boucles spatio-temporelles déclenchées par la Coalescence… Comment expliquer autrement ce qui ressemble à un retour dans le temps ?

Prenant conscience de l’extraordinaire expérience qu’il vient de vivre, le groupe ne sait dans quelle direction rediriger ses actions pour modifier le cours de son avenir. Cornell, comme touché par une grâce mystique, est soudainement convaincu que l’équipage est composé d’élus destinés à accomplir de grandes choses dans la Galaxie, sous l’égide de la Force ou d’un être suprême, quelle qu’il soit – Suljo Warde, une entité cosmique, un ancien Dieu oublié... Persuadé que le rassemblement de tant d’utilisateurs de la Force dans un même groupe ne peut pas être dû au hasard, Nir abonde dans son sens, malgré la résistance d’Alto face à l’idée d’une telle manipulation des événements à travers le temps et l’espace par Suljo Warde… Pour Alto, rien en dit en effet que le groupe ne soit pas victime d’une hallucination collective avec implantation de souvenirs artificiels – hypothèse immédiatement balayée par les dénégations véhémentes de Cornell, bouleversé par l’expérience mystique. Difficile pourtant de se faire une idée claire de ce qui vient de se dérouler, et même l’esprit ultra-rationnel de Meera semble pris de court.

Pour Zayne, si l’on admet que le groupe peut revivre les événements déjà traversés en bénéficiant de la connaissance des coups à venir, l’urgence absolue consiste a priori de prévenir Silas du piège qui est appelé à se refermer sur elle. Alto ne peut qu’abonder : après tout, c’est la piste de Silas que l’équipage suivait pour pouvoir remonter vers Ram Ravel, peu importe le devenir de la sonde droïde. Toujours synthétique, Meera rassemble les éléments factuels dont dispose l’équipe et renforce ce sentiment d’urgence dans l’action, surtout si Zaharid se souvient également des événements futurs…

Remis de ses émotions, l’équipage songe à un plan pour pouvoir sortir discrètement du dock sans subir de scan facial de la part d’une unité BU-6XT. De nombreux dockers s’activent dans la zone, et Meera prend quelques minutes pour tenter de repérer des têtes connues. Au volant d’un truck-speeder de déchargement, c’est le Toydarien déjà aperçu dans la boutique d’ustensiles bio-artificiels que Meera déniche… Pour assurer au groupe une sortie incognito de la zone de dock, Cornell approche discrètement un docker, suggérant la nécessité de parler au « syndicat » pour trouver un dock fantôme sans rendre compte de ses mouvements. Contre une petite somme (200C), l’homme accepte de faire transiter le groupe vers le Central, caché dans la soute d’un véhicule de transport. A la sortie, les deux hommes de main qui accompagneront plus tard le Toydarien déploient des trésors d’oisiveté pour surveiller les allers et venues, mais le subterfuge du groupe fonctionne parfaitement…


Dans la circulation dense du Central Moyen.

L’avancée vers le Central Moyen s’avère pénible pour un véhicule terrestre, qui doit jongler entre une circulation dense, un respect très relatif des règles de conduite communément admises, et une manifestation atypique de droïdes. Alors que le compteur de la Coalescence progresse d’un cran (H-23:00), le docker atteint un accès turbolift qui donne accès au Central profond. Pressant le pas, l’équipe entame une descente rapide vers les hangars abandonnés des profondeurs. Dans cet espace confiné, Cornell affirme à Alto à quel point il est maintenant prêt à embrasser sa condition de Jedi. Pourrait-elle lui confectionner une poignée de sabre-laser ? Abasourdie par ce changement d’attitude, Alto reste quasiment sans voix, bafouillant quelques mots sur la nécessité de rassembler du matériel usiné et de bénéficier d’un peu de temps libre.

Arrivé dans la zone des hangars, le groupe progresse d’un pas assuré vers l’endroit supposé de stockage du VCX-100 de Silas. Personne ne vient s’interposer sur la route de l’équipage, sentant confusément qu’il s’en dégage une certaine détermination farouche. La porte du hangar est verrouillée, aucune trace d’une quelconque « mendiant » dans les environs, et Cornell se résout à activer la console de communication. Une voix laconique demande à voir les visages des visiteurs, et seule l’annonce d’une recommandation de la part de RikRekshik déclenche une réaction. Le groupe est mis en attente et des bruits de réacteurs se font entendre à l’intérieur du hangar. Craignant une fuite de Silas, Alto, puis Nir, activent à nouveau la console de communication, insistant sur l’urgence de la situation, mais on leur oppose une froide résolution.


Dans le hangar de l'équipe de Silas.

Après une dizaine de minutes, la porte du hangar s’ouvre, livrant la vision du VCX-100 – toujours aussi abîmé - toutes armes dehors. L’équipage mercenaire au complet tient en joue les « invités », qui doivent se débarrasser de leurs armes les plus évidentes. Au sol, à côté de son bâton brouilleur, Silas s’appuie avec désinvolture sur l’épaule de Salima – qualifiée à plusieurs reprises de « chérie », ne laissant que peu de doute sur la nature de leur relation intime. Le groupe explique à nouveau la recherche de la piste menant à Ram Ravel, et que de terribles événements guettent Silas dans la foulée de la vente aux enchères. Jouant son va-tout, Nir mentionne le déguisement de grosse femme, la sonde droïde, le chasseur Jedi…

D’un air affligé, Salima lance à Silas qu’elle l’avait prévenue de ce à quoi ses adversaires seraient prêts à faire pour l’approcher… Puis, prétextant une mission à remplir à l’extérieur, Salima prend congé de l’assemblée, mais Zayne expose sa traîtrise au travers de son association avec Zaharid – futur meurtrier de son amante. Cornell tente alors de prendre le contrôle de l’esprit de Salima, mais cette dernière résiste sans même s’en rendre compte, tandis que Cornell ressent à nouveau un terrible mal de tête s’emparer de lui.

Visiblement très confuse par toutes ses informations à la fois très précises et surréalistes, Silas congédie Salima, accompagnée de la pilote du VCX-100, puis ordonne au groupe de s‘adosser au mur le plus proche avec les mains sur la tête, le temps qu’elle prenne une décision à leur sujet. Les minutes s’égrènent désormais, interminables, alors que chacun redoute l’arrivée soudaine de Zaharid et de son impassible compagne…

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Descendant du Rokh, et souffrant pour certains des effets secondaires renforcés de la Coalescence (H-24:00), l’équipage est sollicité par les dockers pour la prise en charge du navire. Ressentant une sensation de brûlure intense sur sa fesse, Alto porte la main sur le fragment d’Holocron rangé dans une poche. Son regard intrigué rencontre celui tout aussi perturbé de ses compagnons… Tous ont l’air confus, comme sortant d’un mauvais rêve qui n’en serait pas un – sauf que cette fois, plus besoin d’échanger de regards interloqués face à ce déjà-vu… la Coalescence a frappé à nouveau.

Constatant que la température de son fragment d’Holocron était supérieure à la précédente fois, Alto s’empare d’une petite sacoche qu’elle fixe à sa ceinture et dans laquelle elle glisse le fragment d’Holocron, sentant imperceptiblement qu’elle risquerait sinon de subir bientôt une brûlure encre plus forte… Toujours plus exalté, Cornell s’annonce plus lucide que jamais devant le destin de Jedi qui l’attend – suscitant un malaise de plus en plus perceptible parmi les autres membres de l’équipage. Il faut toute la maîtrise de Meera pour lancer une session de réflexion collective sur la suite à donner aux événements.

Ouvertement, l’option des « messagers du futur » a plus semé la confusion chez Silas qu’autre chose – et on ne peut effectivement pas l’en blâmer. Autour de la table du mess, les idées fusent, et il se dessine que les connaissances des trames du futur pourraient fournir des munitions précieuses au groupe, notamment en usant habilement des forces en présence autour de la vente de Gracchus le Hutt. Au final, un plan s’échafaude tant bien que mal, avec quelques idées centrales :

  • La capture de Salima semble inéluctable. Il faudra la faire parler sur sa relation avec Zaharid, obtenir des indications sur l’endroit où il se cache, et rassembler des preuves à présenter à Silas. Sa neutralisation au moins temporaire emporte la majorité des avis.
  • Zaharid – seul ou accompagné – représente sans doute un met de choix pour ce collectionneur de Gracchus… fournir l’information de sa localisation au Seigneur Hutt, par exemple via Taleo, pourrait se révéler précieux pour le détourner de son premier objectif et sauver Silas.
  • Le groupe reste indécis sur le moment exact où contacter Silas. Avant la vente aux enchères, au risque de tout faire échouer et de susciter une méfiance infinie ? Ou après la vente, mais alors dans un contexte d’urgence et de stress ultime ?
  • Au pire, il est envisageable de laisser fuir Silas avec la sonde droïde – quitte à s’exposer en en couvrant sa fuite. Avec la sonde des clones et le mouchard de DD-13, il sera toujours possible de remonter sa piste ultérieurement.
  • La place à fournir aux autres parties prenantes – Empire, Consortium de Zaal – reste à statuer.

Pour la troisième fois, l’équipage se prépare à revivre un segment de temporalité identique. Toutefois, une inconnue subsiste : le groupe sera-t-il condamné indéfiniment dans cette boucle ? Et jusqu’à où le fragment d’Holocron résistera-t-il aux effets de la Coalescence… ?

mercredi 24 juillet 2019

A la poursuite de Skyreach Castle



Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 9

Avec


Tengrim Copperplate, Le nain tueur de géants 

Finnlay Galindan, Le druide aux mille questions 

Ildur Main d’Airain, Le ranger dresseur de wyvernes 




Le lourd battement des ailes de cuir des wyvernes emporte les héros par-dessus les sommets des Pics Gris. Leurs montures sont loin d'être des plus commodes et malgré les efforts d'Ildur pour les amadouer, ils redoutent chaque matin au moment de sauter en selle que leurs aiguillons empoisonnés ne les embrochent. Après deux jours de vol plein Est, une étrange formation nuageuse apparaît à l'horizon. Noires comme à l'imminence d'une tempête, les nuées roulent les unes sur les autres comme poussées des quatre points cardinaux par des vents contradictoires. A l'approche du curieux phénomène, les wyvernes s'agitent, leurs cris stridents semblant répondre à de lointains appels inaudibles pour l'oreille humaine. Les montagnes font peu à peu place à un désert de rocailles couturé de ravins où plus rien ne pousse depuis la chute de l'empire du Netheril. De l'abri de la crevasse où ils se sont posé les aventuriers inquiets scrutent le ciel à la recherche de la forteresse qui s'y cache. Aucun mouvement ne trahit sa présence. Ce n'est qu'à la nuit tombée qu'ils discernent enfin un signe qu'ils ont suivi la bonne piste. Deux silhouettes ailées de taille humaine se découpent dans le rideau de rayons de lune qui tombent à la frontière des nuages. Sans hésiter elles s'y engouffrent et y disparaissent, puis tout reste immobile jusqu'au matin. Dans la pale lueur de l'aube, les obscurs cumulus s'écartent, repoussés par la lente descente d'un rocher colossal suspendu par magie dans les airs. 


Ses flancs sont constellés de cavernes reliées par un maillage de passerelles et d'escaliers accrochés sur le vide. A son sommet les parois de granit noir se muent en murailles vertigineuses renforcées de tours de guet aux proportions gargantuesques. Les pointes acérées de grandes balistes dépassent entre leurs créneaux et même la stature des sentinelles qui arpentent le chemin de ronde semble démesurée. L'impossible vaisseau de pierre s'arrête à quelques mètres du sol et son flanc s'ouvre pour dérouler une longue passerelle de marbre sur laquelle s'engage une sinistre délégation. A sa tête les héros reconnaissent l'aspect immanquable de Rezmir, flanquée de deux étranges formes un peu bossues couvertes de la tête aux pieds de grandes capes grises. Derrière eux une vingtaine de kobolds brandissant l'étendard de la quintuple griffe tirent un chariot soigneusement bâché sous supervision de quelques dragonclaws. L'escorte de la wyrmspeaker est enfin complétée par quatre monstrueux demi-dragons dont les écailles d'obsidienne se confondent avec les lourdes armures noires qui les recouvrent. Les aventuriers hésitent un instant à les suivre mais ils estiment finalement que leurs chances de sortir vainqueur d'une embuscade contre cette troupe sont trop minces pour tenter leur chance. Ils laissent donc Rezmir s'éloigner suffisamment pour qu'elle ne puisse pas les surprendre au sortir de leur cachette, puis ils remontent en selle pour pousser leurs wyvernes vers les nuages dans lesquels Skyreach Castle s'est à nouveau enfoncé. Préférant éviter la large passerelle qui semble dédiée à accueillir les montures volantes, ils choisissent plutôt de se glisser dans l'une des larges cavernes qui s'ouvrent sur la face inférieure de la forteresse. Les wyvernes rechignent cependant à pénétrer plus loin dans les entrailles du rocher et à peine ont-ils mis pied à terre qu’elles repartent avec enthousiasme vers les écuries qui les attendent au niveau supérieur. Les boyaux dans lesquels s'enfoncent désormais les héros sont plongés dans une profonde obscurité. Tengrim est certain que le dédale est d'origine naturelle et qu'il était déjà présent avant que le roc ne soit arraché à la terre par une magie extrêmement puissante. Ces réflexions sont soudainement interrompues par un cri déchirant dont l'écho se répercute à travers les galeries qui les entourent. Presque humain le hurlement fait naître un sentiment de pitié irrépressible dans le cœur des aventuriers. En remontant vers la source de ces gémissements de douleur, ils croisent des signes de plus en plus nets que les grottes qui parsèment les sous-sols ne sont pas toutes abandonnées. Ce sont d'abord des glapissements caractéristiques de kobolds qui leur parviennent aux oreilles, puis Tengrim découvrent d'inquiétantes traces de griffes qui ont mordu la pierre des souterrains les plus larges. C'est enfin une odeur volcanique insistante, étrangement mêlée d'un léger parfum de violette, qui assaille leurs narines. Le rugissement pathétique s'élève à nouveau devant eux au moment même où la lumière ardente d'une explosion de flammes illumine le dernier couloir qu'ils empruntent. Avec une extrême prudence, ils approchent pour espionner la voix caverneuse qui ricane des tortures auxquelles elle s'adonne. Dans les reflets rougeoyants de la pierre calcinée, ils découvrent la forme bestiale d'un dragon rouge. 

Glazhael le Rouge

Aussi grand qu'un chariot, ses larges ailes repliées dans le dos et sa longue queue fouettant le sol, il arpente souplement le sol d'une vaste caverne en cherchant quel nouveau tourment infliger à sa victime. Crucifié contre la paroi par de grands pieux métalliques, un petit dragon aux écailles cuivrées lutte au seuil de la conscience pour préserver les dernières forces de son corps brisé. Entre deux questions, Glazhael, le dragon rouge, se régale à imaginer les ravages que lui offrira sa déesse quand les plans du culte auront abouti. Il sent déjà craquer sous ses crocs les os délicats des elfes et les panses rebondies des nains, mais ce qui le réjouit encore plus que tout le reste, c'est la perspective de voir enfin les dragons métalliques vaincus par la rage de Tiamat face à laquelle même le roi de justice et toute son arrogance devront courber l'échine. Felgolos, le jeune dragon de cuivre, soupire devant ces élucubrations car de son point de vue la rage destructrice de la reine du chaos ne fera pas le tri dans ses victimes et le culte sera anéanti comme les autres par la folie de son projet. 
Ses mises en garde sont bien sûr ignorées par Glazhael qui redouble de violence pour lui arracher le secret des coffres d'Elturgard que Felgolos semble bien décidé à emporter dans la tombe. Mais le dragon rouge ne compte pas le laisser s'en tirer aussi facilement et il ordonne à ses lieutenants kobolds de piocher dans son trésor personnel les potions nécessaires à maintenir le dragon de cuivre au seuil de la mort, là où la souffrance est la plus intense et le désespoir le plus noir.  
Comptant sur la cruauté de son tortionnaire pour assurer sa survie encore un moment, les aventuriers renoncent à porter secours au malheureux dragon métallique et continuent leur exploration de la forteresse. Leurs pas les conduisent toujours plus haut, jusqu'à enfin déboucher à l'air libre. La galerie dont ils émergent donne sur la cour intérieure du château gigantesque dont ils ont aperçu les murailles un peu plus tôt. Entièrement taillée dans un marbre blanc façonné par magie, elle n'a de toute évidence pas été conçue à l'échelle humaine. Tout y est beaucoup trop grand, en particulier les fantastiques machines de guerre encore en construction autour desquelles veillent de massifs ogres engoncés dans de somptueuses livrées supplantées de rutilants casques à plumes qui ne font qu'accentuer le grotesque de leur faciès. Au-dessus d'eux s'élève la titanesque tour centrale du château, ses façades marmoréennes percées de vitraux magnifiques où d'héroïques figures couronnées de lauriers d'or étranglent des bêtes serpentines de leurs mains nues. En face d'eux une puissante herse interdit l'accès au grand escalier qui descend vers le niveau inférieur. 


De l'autre côté de la cour, une tour secondaire semble elle aussi habitée car de sa grande fenêtre entrouverte s'échappe un filet de fumée bleuâtre. Quelques mètres plus loin, une vaste serre s'accroche au rempart et une ombre colossale s'y affaire au milieu de la végétation. Le jardin exotique semble malgré tout être le point d'entrée le plus aisé vers l'intérieur du château. Ildur repère avec précision le rythme des rondes ses sentinelles et à son signal lorsqu'il est sûr que les regards ne seront pas tournés vers eux, il s'élance à travers la cour, suivi de ses compagnons couverts par la magie de Finnlay qui a fait dériver un banc de nuages sur le trajet qu'ils empruntent. En passant devant la fenêtre de la tour secondaire, ils aperçoivent l'origine des fumeroles qui s'en dégagent. Deux géants de pierre à la peau grise sont penchés au-dessus d'un chaudron bouillonnant dans lequel ils plongent leurs regards interrogateurs tout en psalmodiant un rituel primitif. Tout absorbés par leur méditation, ils ne remarquent pas les héros qui se faufilent au-dessus d'eux jusqu'à la haute porte de verre qui permet d'entrer dans la serre. Le paysage qu'il découvrent derrière est tout bonnement fantastique. Une collection incroyable d'essences rares s'y épanouit dans une atmosphère tropicale. Des perroquets multicolores de Maztica nichent dans les arbres inconnus de la jungle de Chult à côté desquels pendent les lourdes grappes des étranges fruits de Kara Tur. Les parfums extraordinaires qui envahissent l'air tournent la tête des aventuriers qui se tapissent sous les buissons taillés de la lointaine Durpar qui bordent les allées. Derrière les feuilles rouges qui les cachent, le colossal jardinier est tout à son œuvre, sifflotant joyeusement tout en faisant claquer les lames énormes de son sécateur. Un feulement méfiant se fait soudain entendre au pied de la haie. Une grande panthère de Zakhara aux rayures fauves a senti l'odeur des aventuriers et se tient prête à bondir à quelques pas d'eux. Ses grondements ont attiré l'attention de son maître qui interrompt la taille de ses arbres pour venir la disputer comme on le ferait avec un quelconque matou. Se sachant près d'être découvert, Finnlay préfère se révéler. Face à lui se tient un vieux géant des nuages, sa fine barbe blanche tombant de son visage parcheminé sur le tablier de cuir qu'il a passé sur sa robe d'azur et d'or. 

Zephyros

Le vieillard interloqué n'a pas le temps de se remettre de sa surprise que déjà le druide l'assaille de questions à un rythme effréné qui le décontenance encore plus. Leur hôte ne semblant pas hostile, Ildur et Tengrim s'avancent à leur tour. Le géant profite alors de la diversion pour enfin lancer l'avertissement qu'il essayait en vain de placer depuis plusieurs minutes ; les héros sont en grand danger et doivent au plus vite quitter les lieux avant d'être découverts. Zephyros, tel qu'il se présente, les prend initialement pour des cultistes égarés qui ont enfreint sans le savoir l'interdiction absolu faite aux humains de quitter la basse cour que son neveu Blagothkus, le seigneur de Skyreach Castle, a édictée. Sentant que le vieux géant est inoffensif, les héros prennent le risque de lui révéler leurs véritables intentions de contrecarrer les plans du culte. En réponse, Zephyros fait taire ses inquiétudes et accepte leur proposition de libérer le château des adorateurs de Tiamat. Il leur explique que Blagothkus a conclu cette alliance improbable sous l'influence de sa cousine. Sansuri, la fille de Zephyros, est en effet aussi pleine de rancœur et de jalousie que son père est doux et compassionné. Elle refuse de se plier à l'ordre ancestral d'Annam que le dieu des géants a imposé à ses enfants et ses paroles fielleuses ont réussi, on ne sait comment, à convaincre son cousin qu'il est digne de renverser Hekaton, le roi des géants des tempêtes, pour mener ses semblables vers un ordre nouveau dont il sera le maître incontesté. Pour accomplir ce projet fou il lui faut bien sûr de puissants alliés et Sansuri lui a alors suggéré d'obtenir l'appui de Rezmir et des légendaires grands vers qu'elle peut rallier à sa cause au nom de sa déesse, car qui est mieux à même   d'abattre le règne fantoche d'Hekaton si ce n’est les ennemis héréditaires de l'ancienne Ostoria? 
Les héros se cachent donc dans la grande besace de Zephyros qui les introduit clandestinement dans le grand hall du château au nez et à la barbe des gardes ogres qui flanquent la monumentale porte ornementée de la tour principale. 

Blagothkus

Blagothkus accueille son oncle en le tançant d'une voix tonnante pour son retard à venir prendre place au banquet en cours. Zephyros murmure quelques timides excuses qui lui valent une volée d'insultes acerbes de la part de sa fille. Affublée d'un masque de porcelaine qui lui couvre les yeux, la géante couverte de bijoux sans prix est pendue à l'épaule de son cousin et lui susurre un chapelet de médisances enrobées d'une flagornerie éhontée à laquelle il acquiesce d'un air satisfait. Seul un jeune géant semble attristé par le traitement sévère que reçoit Zephyros. Thullen, le fils de Blagothkus, tend ainsi à son grand-oncle une assiette d'or débordant de victuailles en lui posant une main compatissante sur l'épaule. Le regard peiné qu'il lance à son père semble le déstabiliser un instant, mais aussitôt Sansuri reprend son persifflage en lui caressant la joue et sa figure se durcit à nouveau en une expression de mépris pour le vieillard. Finnlay a bien observé tout l'échange depuis un trou de la besace dans laquelle les héros sont cachés. Il n'a aucun doute que le seigneur des lieux est sous l'emprise d'un charme qu'il s'attelle immédiatement à défaire. A peine sa dissipation de la magie a-t-elle fait effet que ses compagnons se révèlent au grand jour, jetant les géants dans un émoi comparable à celui que l'irruption d'une armée de cafards au milieu de leur festin aurait provoqué. Alors que Cressaro, le puissant sénéchal du château, se jette devant son maître pour le protéger de sa mirifique armure d'argent embossée de complexes motifs végétaux, Tengrim se lance dans une violente diatribe dénonçant la duplicité de Sansuri. Soutenu par l'approbation de Zephyros, le discours semble faire mouche et Blagothkus échappe enfin à l'influence néfaste de sa cousine. Folle de rage, celle-ci fait taire son père en le terrassant d'un terrible éclair magique. Tengrim sort sa hache pour répondre à cette agression mais Blagothkus se méprend sur ses intentions. Il abat son énorme étoile du matin devant lui faisant voler en éclats la table et envoyant bouler le nain sur le sol. Le cri de Thullen au chevet de son grand -oncle à la poitrine encore fumante retient son bras avant le coup suivant. Le géant est d'autant plus décontenancé que son fils semble implorer l'aide des humains qui ont surgi derrière le nain, Finnlay se précipitant pour soigner le vieux géant de sa magie apaisante. Cressaro parvient à tirer son seigneur en arrière pour le mettre à l'abri du combat et Tengrim et Ildur en profitent pour attaquer Sansuri. 

Sansuri

Le nain entame son assaut par un sort de silence qui prive la géante de sa magie, permettant à Ildur de n'avoir à passer que les anneaux d'or de son armure pour pouvoir la blesser. Sansuri lance un cercle de métal acéré sur Tengrim qui le frappe violemment avant de rejoindre la main de sa propriétaire. La concentration du nain est brisée par l'impact et la géante débarrassée de la bulle de silence qui l'entravait en profite aussitôt pour activer ses défenses magiques. Les dagues du ranger se retrouvent déviée de leur trajectoire par un bouclier de force impénétrable tandis que les sorts de Finnlay sont dévorés en plein vol par un essaim de miroitements qui emplit l'air autour de la géante. La riposte de cette dernière est dévastatrice alors qu'un flot d'éclairs frappe les humains présomptueux qui osent la défier. Tengrim se relève alors et entonne le chant de bataille de Clanggedin. Jotunbane frémit d'impatience dans sa main alors qu'il charge. Chacun de ses coups semble plus fantastique que le précédent alors que les protections magiques de Sansuri volent en éclat. Vaincue par la violence de l'assaut, elle interpose en vain son arme que Tengrim lui arrache avant de l'abattre dans un râle victorieux.  
Les héros resserrent leurs rangs alors que les gardes ogres les encerclent mais contre toute attente l'ordre qu'ils reçoivent n'est pas d'en finir avec les aventuriers mais au contraire de mettre Sansuri aux arrêts. 
La géante inconsciente est emmenée, restreinte et bâillonnée par des entraves d'or. Blagothkus est prêt à se montrer magnanime et à oublier l'intrusion des héros dans son palais, à condition que les raisons de leur présence ne rallument pas son courroux. Leurs tentatives pour le convaincre de renoncer à son alliance avec le culte restent sans effet. Le géant n'a que faire des malheurs des royaumes humains qui souffriront de la destruction qu'apporterait la victoire des adorateurs de Tiamat. En revanche les allusions à la perte d'influence de Rezmir au sein du culte semblent l'inquiéter davantage. Les aventuriers s'engouffrent dans cette brèche et brossent un portrait calamiteux de la wyrmspeaker, racontant avec quelle facilité ils l'ont vaincue et discréditant complètement sa capacité à rallier les grands dragons à la cause de Blagothkus. La déception du géant en apprenant qu'il a été berné n'a d'égale que sa colère. Il ne veut plus entendre parler du culte, des humains ou des dragons, et son amertume ne sera adoucie que quand tous auront été chassés de sa forteresse. Il charge donc Cressaro d'organiser l'expulsion des cultistes et les héros sont libres de se joindre à l'entreprise dont la garnison ogre se chargera. Thullen remercie chaleureusement les héros d'avoir mis fin aux manigances de Sansuri. Il va désormais essayer d'apaiser la fureur de son père mais si à l'avenir les aventuriers ont besoin de son aide ils n'auront qu'à souffler dans la conche qu'il leur confie pour que les géants répondent à l’appel.  

Après quelques heures de repos, les aventuriers sont prêts à reprendre le combat, mais cette fois-ci c'est entourés d'une forte troupe d'ogres qu'ils attendent que la grande herse qui les séparent de leurs nouveaux adversaires se relève.