mardi 26 mars 2019

De mal en Piy



Session Star Wars #22

Date : 19-Mar-2019

Avec :
Hyabu, orateur, séducteur, capitaine au grand cœur
Meera, experte en plans de mall à défaut d’être experte en plans tout court
Zayne Bentaroo, qui n’a visiblement jamais rampé dans les égouts
Et Cornell « se rendre aujourd’hui, c’est s’évader demain » Quantarus

Lieu(x) :
Chandracant, système de Chandrila


Pour éviter les points de contrôle impériaux, l’équipage du Rokh s’engouffre dans la premier bâtiment public venu.

Avec un Cornell Quantarus en mode « casual discret » – chemise rose à jabot simple et poche « pratique » intégrée –, un Zayne habilement déguisé en VRP adepte du culturisme – chemise manches courtes craquant sous la pression de ses pectoraux –, un Hyabu vêtu d’une tenue de chasse dont on distingue à peine qu’il s’agit d’un déguisement d’enfant – parce qu’aucun enfant n’aurait osé l’accessoiriser d’un chapeau melon à plume de canard –, et une Meera fardée de nacre comme une courtisane corellienne, le groupe n’aurait guère étonné dans un bouge des bordures extérieures.

Dans un mall provincial du système Chandrila, autant dire que ça le fait moins. Les enfants se demandent quand le spectacle des clowns va commencer, tandis que les parents les incitent à détourner le regard, craignant que les saltimbanques ne leur demandent une piécette. Ou qu’il ne s’agisse d’un gang déguisé pour un casse, comme on en voit dans les holo-films.


 
La panoplie de chasse du Capitaine Hyabu (enfant non fourni).


Trop de regards appuyés, et trop de mauvaises nouvelles, car les chaines d’info locales annoncent à présent l’arrestation de deux terroristes, dont un droïde. Forcément Piy et DD-13… Meera mémorise rapidement le plan du mall et conduit ses compagnons dans un magasin de pêche histoire de faire le point à l’abri des regards. Hyabu en profite pour mettre la main sur des puces électroniques permettant de traquer un gibier, ça peut toujours servir. Le reste du groupe évalue la situation : le cordon impérial autour de l’astroport, renforcé de tanks, paraît infranchissable, et ils sont tous clairement identifiés. Cornell propose une ruse simple pour rejoindre les prisonniers au plus vite : se rendre. Pour mieux s’évader, évidemment. Mais Meera, marquée par sa confrontation avec Lady Brionnelle, s’y oppose farouchement : en cas de capture, c’est la torture qui les attend, et c’est très mauvais pour le teint.

Manifestant sa mauvaise humeur chronique, la Chiss s’éloigne du groupe et remarque dans l’échoppe un droïde venu acheter du fil de pêche… Drôle de mission pour un astromech… qui profite de l’intérêt que lui porte Meera pour la scanner, avant de s’éloigner et de se perdre dans la foule.


Un mall des systèmes centraux (accorte vendeuse non fournie).


Sous pression, nos héros changent littéralement de crèmerie et entrent chez un vendeur de glaces. Tandis que Hyabu charme la vendeuse dont le corsage de « belle des champs » laisse peu de place à son imagination perverse, des poursuivants sont identifiés dans la foule : un homme athlétique à la peau noire, et une jeune femme dissimulant sous un casque de protection un communicateur sophistiqué. Pas le temps de finir les glaces au café : Zayne repère la sortie arrière, Hyabu y entraine la vendeuse subjuguée, que Cornell assomme sans autre forme de procès, et le groupe s’échappe en un tour de main sous le regard furieux des deux chasseurs de prime.

Passée la porte, c’est l’envers du décor : les coursives techniques bétonnées du mall, desservant les différents magasins suivant un plan complexe… qui ne résiste pas aux capacités d’analyse de Meera. Direction le parking aérien, troisième à gauche… tandis que résonnent déjà les pas des poursuivants. Quand le groupe parvient à un monte-charge, c’est pour s’apercevoir que Hyabu, incapable de tenir le rythme, a préféré s’élever dans les airs pour se dissimuler dans les coursives. La confrontation devient inévitable, les mains se posent sur les crosses…

Mais c’est les bras levés que le poursuivant à la peau noire se présente : il prétend rechercher les hommes du capitaine Hyabu pour leur apporter leur aide, les exfiltrer… pendant que son acolyte, en retrait, communique des informations à de mystérieux interlocuteurs, via le droïde d’astrogation qui l’a rejointe. Essayent-ils de gagner du temps en attendant des renforts ?

Un astromech « c’est celui-là que je veux ! » R5 (charisme des R2 non fourni).


Meera a son avis sur la question, et l’exprime à coup de blasters. Un rayon paralysant surchargé abat le parlementaire, prenant tout le monde de court… sauf Zayne, qui bondit aussitôt dans le couloir pour neutraliser la femme au communicateur. Cornell et Hyabu mènent l’interrogatoire tambour battant, et obligent la jeune femme à lâcher le nom de son commanditaire… la Reine des Diamants ! Les blasters laissent place aux sourires de circonstance, tandis que les agents rebelles proposent d’emmener le groupe jusqu’au Rokh en orbite sur sa station de réparation. Passer le cordon militaire de l’astroport, ils ont déjà essayé, en vain. Ils n’ont pu que confirmer l’arrestation d’un jeune Aquale et d’un droïde, maintenus prisonniers sur le tarmac. « Si vous voulez partir, c’est maintenant ou jamais… et sans vos compagnons ».

La phrase résonne alors que le vaisseau des deux agents rebelles commence à s’élever au-dessus du parking aérien du mall… et qu’un contrôleur impérial demande des codes d’identification qui lui sont rapidement fournis. Mais le capitaine Hyabu n’est pas toydarien à abandonner son équipage derrière lui : il veut s’emparer des commandes du vaisseau pour lancer un sauvetage à l’arrache. Le ton monte dans le cockpit, une arme est dégainée, car les rebelles ne s’en laissent pas conter : même si Hyabu réussit son coup, plusieurs de leurs contacts en souffriront, à commencer par celui qui leur a donné les codes d’identification. Il sera capturé, sa famille menacée… Hyabu se lance alors dans une violente diatribe où il oppose les sacrifices et les souffrances consentis par lui et sa bande depuis des mois à ceux des rebelles de Chandrila. Fait-il allusion à un événement tragique de son passé ? Sa tirade aussi enflammée qu’inspirée ferait chavirer le plus austère des moffs…

Le vaisseau rebelle s’élève donc dans les cieux… mais sans nos héros, restés droits dans leurs bottes et largués sur le toit du mall. C’est donc cela que signifie : « à prendre ou à laisser ». Hem. Au moins, l’endroit se révèle un bon poste d’observation de l’astroport, bardé de défenses et de stormtroopers aux aguets. Chacun y cherche une faille… Mais même avec le pouvoir de Cornell, passer le cordon sans se faire repérer serait une gageure, repartir sain et sauf une fantaisie. Zayne propose avec candeur de s’introduire dans l’astroport en passant par les égouts… mais ceux qui ont connu le départ de Kashyyk rejettent ce plan d’un même regard noir : plutôt mourir que de revivre ça. Faute de mieux, Cornell tente de forcer la porte d’un air-speeder pour l’envoyer se fracasser contre les défenses impériales, mais l’opération prend du temps, et soudain une navette Lambda escortée par deux TIE surgit au-dessus de l’astroport.


Navette Lambda, Siennar Flight Systems (escorteur TIE non fourni).


Lorsque l’engin se pose, Piy et DD-13 sont amenés jusqu’à lui. Il n’y a plus rien à faire… Ou pas ! Bouillante de frustration, Meera s’empare d’un des traqueurs miniaturisés que Hyabu vient d’acquérir, qu’elle charge dans le fusil blaster de collection du Toydarien, avant de le lui tendre : « agis au lieu de te tourner les pouces ! ». Hyabu prend l’arme et s’apprête à tirer pour placer le traceur sur Piy, mais les impériaux risquent de remarquer l’impact… C’est alors que le jeune Aquale, comme répondant à un signal secret, tente d’échapper à ses gardes, et se fait mettre à terre, ruant comme un beau diable quand on essaye de le menotter… Hyabu bloque sa respiration et, d’un tir légendaire, atteint son compagnon à 500 mètres au milieu de la mêlée. Quand on pense que certains se vantent de toucher des chauves-souris à 800 mètres avec leur P8…

Cornell a juste le temps de forcer la sécurité d’un astronef, que Hyabu manœuvre habilement en dehors des radars, avant de le faire s’élever hors de l’atmosphère à la poursuite de la navette Lambda… qui emporte ses prisonniers jusqu’à la monstrueuse station Golan en orbite au-dessus de Chandrila. Le cœur en berne, le groupe met le cap sur les docks de réparation orbitaux où les attend le Rokh…

… et un chef mécanicien furibard : s’occuper d’un vaisseau qui a tant changé de propriétaires au cours des derniers jours ne lui dit rien qui vaille, et la réparation sent fort le blanchiment d’argent… Bref, l’extraterrestre (NOM ET RACE ?) demande au capitaine Hyabu de dégager au plus vite. Ce qui arrange en fait le Toydarien, qui promet de déguerpir le soir même, pour peu que les réparations essentielles soient terminées. Cornell devine sous l’air bourru du chef mécanicien une crainte de l’Empire mêlée de haine. Il en profite pour obtenir des informations sur les sous-traitant ayant accès à la station Golan. Un nom retient son attention, Mateo Corps, un ferrailleur qui récupère les déchets des différentes stations orbitales – sous pression des lobbies écologistes de Chandrila.

Un plan d’infiltration commence à germer, mais qui demandera une discrétion totale. Zayne et Cornell retournent à la surface pour solliciter l’aide de Mon Torba, qui leur fournit des uniformes impériaux (bien qu’il s’agisse d’uniformes de Jungle Troopers), les plans de la station et un droide impérial trafiqué pouvant s’interfacer avec les systèmes de la station – ce qui provoque la méfiance de Meera, qui avait demandé une simple console pour opérer directement.

Quand Cornell évoque la possibilité de créer une diversion sur la station Golan, Mon Torba, saute sur l’occasion de passer à l’action. Il assure qu’il mettra en place une opération le soir même pour semer le chaos chez les impériaux. Une opération qui fera un gros « Boom ». De quoi bien faire la nique au Commodore de la station Golan, le jeune Chad Quantarus. Un vrai nom de salopard, pas vrai les gars ?

lundi 18 mars 2019

Dans le viseur


Session Star Wars #21

Date : 12-Mar-2019

Avec :
Hyabu, pris de passion pour la chasse de diverses proies
Meera, experte patiente de l’Holonet
Aqualto Fudah (‘Alto’), toujours prompte à détecter les embuscades
Zayne Bentaroo, qui met un Wookie « à la poubelle »

Lieu(x) :
Chandracant, système de Chandrila


La réputation de Mon Torba étant ce qu’elle est, il semble bien plus sage que seuls les humains de l’équipage ne l’approchent pour organiser l’exfiltration de l’ex-Sénateur Istara. C’est donc Zayne, engoncé dans des vêtements civils sentant le neuf et tout à fait inhabituels pour lui, qui se rend à pied vers le QG de campagne de l’extrémiste spéciste. La promenade somme toute agréable, le long des larges avenues habillées de multiples essences d’arbres et fleurs exotiques, finit par le mener vers les docks, alors que le coucher de soleil anime la Mer d’Argent de teintes kaléidoscopiques.

Le QG de campagne de Mon Torba se révèle n’être qu’un container vide, à chemin entre le bar de quartier et la cahute syndicale. Il ne s’y tient aucun meeting, et semble sous la surveillance d’une milice menée par une femme au lourd physique athlétique portant un bandeau noir sur son œil droit. Il faut toute la fraicheur sympathique du jeune Zayne, plein de bonne volonté à s’investir dans la campagne électorale du leader local, pour la convaincre de l’amener auprès de Mon Torba. L’homme suant, aux cheveux filasses et roux, est attablé devant le container au milieu de bouteilles d’alcool déjà bien entamées. Il est occupé à haranguer sa petite assemblée de fidèles au milieu des fumées de cuisson d’un barbecue, sur lequel grillent des saucisses. Zayne est invité à se joindre au buffet à la bonne franquette et il est rapidement questionné sur sa motivation à rejoindre la campagne de Mon Torba. Au détour de phrases au contenu dogmatique convenu, il s’annonce discrètement comme un envoyé de la Reine des Diamants. Mon Torba se lève alors promptement de table et invite Zayne à le suivre sur les docks pour pouvoir y discuter en toute tranquillité, sous le regard à la fois irrité et mononucléé de sa chef de milice.

Mon Torba semble très excité à l’idée de se voir confier une mission par la Reine des Diamants, indiquant même qu’il attendait ce jour depuis fort longtemps. Zayne expose alors les raisons de sa venue, et Mon Torba confirme être en mesure d’exfiltrer un personnage recherché par le biais d’un convoi sublumique, même si la révélation de sa nature de Wookie introduit un instant un certain malaise dans la discussion. Il faut toute la persuasion de Zayne pour enfin obtenir de Mon Torba la procédure à suivre le soir-même, le politicien indiquant que le Wookie devra être placé dans un caisson qui sera déposé avec les ordures du « Perturbateur », sur son emplacement de l’astroport. Grâce à son petit réseau d’ouvriers et d’intervenants techniques, Mon Torba a entendu dire que les troupes impériales sont particulièrement sur le qui-vive, et que certains vaisseaux de l’astroport – dont le « Perturbateur » - sont sous surveillance accrue. Il conviendra donc de suivre le plan à la lettre pour donner l’illusion d’une procédure routinière de déchargement de déchets. La sédation d’Istara est donc expressément requise.

Zayne poursuit en faisant part d’une demande du Capitaine Hyabu concernant l’établissement de permis de chasse. Mon Torba n’y voit aucune difficulté particulière et annonce que cela sera fait dans l’heure. Il lui est toutefois psychologiquement impossible de les établir au nom d’un quelconque extraterrestre, surtout un de ces « ridicules Toydariens ». Zayne finit donc par indiquer les noms de Nir Stone et Cornell Quantarus – ce dernier nom semblant faire tiquer imperceptiblement Mon Torba. Zayne finit par repartir avec un bac de colle et un paquet d’affiches sous le bras, et il met un point d’honneur à passer quelques dizaines de minutes à coller des slogans sur quelques murs du quartier, sous l’œil courroucé ou au contraire solidaire de quelques passants, avant de rejoindre le « Perturbateur », où l’équipage s’est donné rendez-vous.

Pendant ce temps, Meera et Alto se concertent pour également occuper leur après-midi, alors que Hyabu est sorti de l’hôtel pour rejoindre un club de chasse dont il a obtenu l’accès via un don de charité. Sur ses gardes, Meera pressent que l’équipage de Hyabu n’est pas à l’abri d’un coup de force, amolli par l’atmosphère ultra-civilisée de Chandracant. La Chiss imagine un stratagème. Prétextant une tournée de shopping en centre-ville, Meera charge Alto de la suivre de loin et de repérer une éventuelle filature à son encontre. La sortie s’avère relaxante, les larges avenues commerçantes de la cité incitant à la nonchalance. Après avoir payé – fort cher – une tasse d’un café excellent, Alto surveille de loin Meera en plein visionnage de la retransmission télévisée du discours pro-impérial et enflammé d’une sénatrice Twi’lek, dénommée Lirik Lorane. Cette dernière tient des propos peu amènes envers la sénatrice Kana Ononda, déjà promise à la peine capitale, ainsi qu’une certaine sénatrice Leia Organa.

A la faveur d’un fondu noir sur l’écran, Meera saisit le reflet d’une femelle Twi’lek à la peau sombre, vêtue de vêtements de cuir coupés près du corps et accompagnée d’un étrange chien à l’arrière train sans pattes, qui semblait l’observer l’espace d’une seconde. Connectées par micro et oreillette, Meera et Alto échangent brièvement sur la situation, la témérité de la jeune padawan allant à l’encontre de l’appel à la prudence de la Chiss. Alto se lance à la poursuite du duo humanoïde-canidé, fendant la foule d’un pas tonique. Passant devant la terrasse d’un café, elle constate que la Twi’lek et son animal se sont arrêtés pour suivre un étrange spectacle de mimes accompagnés d’une musique grinçante et légèrement inquiétante, semblant attendre le passage de Meera restée en arrière. Après quelques minutes d’attente, Meera se lance à son tour et son passage devant la terrasse déclenche le mouvement de la poursuivante, mais Alto a bien du mal à garder sa trace parmi cette foule dense. Prise d’un mauvais pressentiment, Meera décide de prendre un taxi pour faire demi-tour et couper court à la filature, puis elle enjoint Alto de la rejoindre au plus vite dans le véhicule. Aucune trace de la Twi’lek dans les environs, mais lorsque le taxi démarre avec les deux femmes à bord, le chien, posté sur le haut d’une poubelle semble dévisager Meera avant de bondir et poursuivre sa route. Meera et Alto rejoignent alors le « Perturbateur », où elles retrouvent Zayne qui expose le plan d’exfiltration d’Istara.

A bord du navire, DD-13 est aux anges depuis qu’il a pu mener une analyse approfondie du bras cyber de Meera, ce qui semble l’avoir rapproché – sans doute unilatéralement – de la Chiss. Le droïde a trouvé la trace d’une tentative de pose d’un mouchard, qui a semble-t-il avorté. Malheureusement, une zone au niveau du creux du bras porte les stigmates de cette essai raté, là où le métal naguère chromé arbore maintenant une tâche jaunie et indélébile, au grand désarroi de Meera qui masque depuis sa prothèse sous un long gant de soie. Après le retour de Zayne, DD-13 comprend qu’il place sans doute pour la dernière fois sous sédatif le vénérable Wookie Istara, et il est particulièrement attristé de perdre un « sujet aussi intéressant ». Naguère persuadé par Hyabu et Nir que le salut de son père passe par la victoire de « Total Rebellion », Occam décide quant à lui de rester à bord et se joindre à l’équipage du Capitaine toydarien. Il faut enfin mettre en place le plan discuté avec Mon Torba. A la faveur de la nuit, Zayne et Alto placent Istara endormi dans un container scellé et équipé avec un minimum de confort, puis le déposent à l’heure convenue sur le tarmac, au milieu d’autres déchets. Quelques minutes plus tard, un véhicule d’entretien de l’astroport mené par un équipage patibulaire s’arrête aux abords du « Perturbateur » et charge l’ensemble des déchets. L’espace d’un instant, Zayne se demande toutefois s’il ne vient pas de signer l’arrêt de mort de l’ex-Sénateur Istara en le mettant à la poubelle… La procédure terminée, Meera, Alto et Zayne retournent à l’hôtel pour y attendre Hyabu. Considérant les résultats de la contre-filature de l’après-midi, Meera incite Zayne et Alto à s’installer dans sa suite et celle du Capitaine, au cas où.

Sur le tarmac de l'astroport de Hanna, de nuit.

Le Capitaine ne donnant toujours aucun signe de vie, l’équipage décide d’occuper sa fin de soirée en se penchant sur les remarques lancées par Kerod Macredon après la récupération du Rokh. Profitant de la connexion optimale à l’Holonet galactique, Meera se lance dans une recherche au sujet d’avis de recherche potentiels lancés à l’encontre des membres de l’équipage, certains sites spécialisés servant de lieu d’échange d’information entre chasseurs de prime. Les recherches se font notamment entre des listes spécialisées sur les « terroristes », « évadés », « avis de recherche », « personnes dangereuses », « recherchés par l’Empire »,… Considérant que ses recherches sont limitées par la lenteur du réseau et potentiellement sous surveillance externe, Meera se limite dans un premier temps aux personnes recherchées par l’Empire pour passer en revue les membres de l’équipage, d’abord sous leur nom d’emprunt fournit par Graf Lind sur Saleucami, puis sous leur nom réel. Au grand soulagement de tous, seuls les faux noms d’Alto (100kC), Meera (25kC) et Hyabu (25kC) sortent de cette recherche, mais une image bien recadrée de chacun accompagne la fiche descriptive en omettant des éléments gênants pour l’Empire. Ainsi, la fiche sur « Ulas Zayelt » (Alto) montre une prise de vue de trois-quarts prise lors de la confusion dans l’arène de Saleucami sur laquelle le sabre-laser de la jeune padawan a été effacé. Trois sociétés de chasseurs de prime (Kang Rang Power ; Adisson Inc. ; Zanatos Borabrex – sans doute un indépendant) ont indiqué leur intérêt pour ces trois contrats, et Meera fait l’objet d’une attention supplémentaire (Mulukaï Faïar). Dans une liste de contrats « divers », Meera trouve également un dossier sur « Yabou » (comme annoté dans les dossiers du Soleil Noir) mystérieusement indiqué comme clos, ainsi qu’un vieux dossier d’il y a environ 30 ans sur « Nir Octavion » pour un montant de 75kC, accompagné d’un visuel de Nir âgé de 16-17 ans et arborant une coiffure « queue de rat ».

Il est environ 4 heures du matin quand les trois compagnons, absorbés par leur écran Holonet, constatent le retour de Hyabu passablement éméché et en bonne compagnie… Il faut dire que la Capitaine a eu un après-midi bien chargé. Tout a commencé lorsqu’il a rejoint le club de chasse de Chandracant. Cette grande maison de bois remplie de trophées a tout du cercle réservé aux plus actifs destructeurs patentés de la faune disponible dans le secteur. Un verre à la main, Hyabu capte l’attention de certains des membres en décrivant avec ferveur son projet des « chasses surprises », suscitant l’intérêt des chasseurs les plus blasés. Une chose menant à une autre, les verres se succèdent ainsi que les amuse-bouche, des informations sur les animaux de la mégafaune locale sont transmises au Capitaine, un passe d’invitation à une chasse locale est offert, et quelques charmantes personnes se joignent à lui dans sa tournée des bars lounge des environs. De retour dans sa suite occupée par ses trois membres d’équipage aux yeux cernés après plusieurs heures passées devant leur terminal Holonet , Hyabu ne peut que congédier rapidement la horde gloussante qui le suivait jusque-là, et affronter le regard courroucé de Meera, qui le douche rapidement en lui transmettant de manière très factuelle les dernières informations recueillies. Meera annonce également son intuition concernant le fils de Cornell, mais Hyabu souhaite faire preuve de pudeur sur cet élément vis-à-vis de son second, d’autant plus que Meera n’a aucune certitude sur ce qu’elle a pu voir sur cette photographie disposée dans le bureau de Brionelle. A cette heure tardive, Hyabu n’est de toute façon pas de taille à affronter la froide colère de la Chiss, et ses quelques remarques incohérentes – énoncées d’une voix pâteuse – incitent Zayne et Alto à préparer leurs lits respectifs, leur activité mettant fin à la discussion.

Le lever de l’équipage est tardif. Du côté de la suite du Capitaine, Zayne entame ses exercices physiques matinaux, tandis que Hyabu peste contre les mauvais rêves qui ont émaillé sa nuit, résultats selon lui de l’annulation des « exercices physiques » qu’il projetait pour sa part hier soir à son retour. Dans la suite avoisinante, Alto mène pour sa part ses exercices habituels de méditation et de vol de cuillères. Comme pour montrer sa désapprobation vis-à-vis du Capitaine, Meera se joint à la jeune padawan, mais sa concentration est perturbée par la sensation douloureuse de son membre-fantôme. En fin de matinée, une demande émanant de l’astroport est adressée au Capitaine. Emise par un obscur officier (un certain Jorol Incare) ne semblant pas réellement affecté à ce genre de tâche, il est fait état d’une vérification à mener sur les systèmes du « Perturbateur ». Particulièrement suspicieuse, Meera demande immédiatement à Piy de déplacer le vaisseau vers la petite bourgade provinciale de Sah’ot située à 200km de là.

La discussion s’engage sur la prochaine destination de l’équipage. En vérité, Meera est convaincue que la sécurité du groupe est ouvertement compromise, et ce de la part de plusieurs parties prenantes. Hyabu veut quant à lui temporiser : après tout, le Rokh sera totalement prêt sous trois jours, lorsque le référendum atteindra son point final, mais il faudra encore attendre le terme des trois jours de la fête du dépouillement avant que la situation politique de Chandrila ne change potentiellement de manière drastique. En dressant la longue liste de ses multiples débiteurs, Hyabu indique qu’il faudrait donc avoir quitté la planète d’ici à trois jours, après avoir profité d’une bonne partie de chasse sur le continent Hemita, dans la réserve de Gladean enrichie en méga-faune. Pour continuer à creuser la question de l’arme titanesque préparée par l’Empire, Zayne propose alors de se diriger vers une destination prometteuse pointée comme base rebelle dans les dossiers du Soleil Noir, à savoir Dantoine ou la base Sanctuaire. Une sonnerie à la porte met fin à la discussion et déclenche une petite vague d’appréhension parmi l’équipage. Alto se rend immédiatement à la porte et l’ouvre avec un grand sourire, tout en tenant un blaster hors de vue. Mais il ne s’agit que d’un membre du personnel de l’hôtel délivrant le paquet attendu par Alto et contenant un ensemble de pièces métalliques qu’elle s’empresse de ranger dans ses affaires, non sans avoir surveillé de près le demi-tour du livreur vers l’ascenseur.

Définitivement fasciné par l’écran de télévision débitant son flot ininterrompu d’informations, l’équipage est saisi par une nouvelle qui vient de tomber : une ancienne affaire de « corruption et harcèlement » concernant Mon Mothma connaît apparemment un rebondissement, et un tribunal impérial a été saisi. Mon Torba réagit en dénonçant cette ingérence dans les affaires interne de Chandrila. Le Major Kalnor estime quant à lui que le truchement d’une juridiction impériale pourrait permettre de calmer toutes les parties et de mettre un terme définitif à cette affaire. Voilà qui incite encore plus l’équipage à se mettre au vert quelques jours en attendant la fin des réparations du Rokh. Tout à sa préparation de chasse – activité qui correspond de plus en plus à une réalité et de moins en moins à une couverture – le capitaine Hyabu s’est équipé avec tout un attirail lui permettant de capturer des animaux intéressants, incluant des containers de transport, des lance-toiles, des appâts chimiques, des grenades à gel en conséquence ou encore – sur conseil insistant de Meera – des anesthésiants vétérinaires puissants. Pour améliorer encore l’apparence du Chasseur Hyabu, Meera décrète qu’il doit être accompagné d’une suite apprêtée en conséquence. A son grand malaise, Alto se voit donc contrainte de revêtir de longues robes et de couvrir son visage d’un épais maquillage chamarré, au grand amusement de Meera qui semble prendre plaisir à cornaquer ainsi sa jeune « protégée »…

L’équipage est prêt à rejoindre le « Perturbateur » pour se mettre ensuite en route vers la chasse tant attendue par son Capitaine. L’hôtel arrange un speeder taxi pour amener le groupe vers la petite ville commerçante de Sah’ot, où le navire attend depuis quelques heures déjà. Après avoir quitté la capitale, la route se révèle agréable, traversant de grandes étendues agricoles sous un soleil amical, et le rythme de croisière du taxi promet une arrivée à destination en à peine deux heures. Quelques kilomètres avant l’arrivée, une panne inopinée force toutefois un arrêt en rase campagne, le chauffeur semblant tout autant étonné que ses passagers. Les sens en alerte à force de subir les mises en garde constantes de Meera, Alto scrute les champs aux alentours et devine une présence dans les hautes herbes à la faveur d’un reflet métallique. Immédiatement, ses compagnons sont mis au courant, leur perception aux aguets, et chacun s’extrait du taxi pendant que le chauffeur s’escrime sous le véhicule, surveillé par Zayne. La panne est totalement inexplicable, comme si les systèmes du transport avaient été désactivés à distance… Pendant que le chauffeur appelle une dépanneuse, Alto s’accoude nonchalamment au taxi, sa cigarette électronique à la bouche et sa carabine blaster à portée de main, tandis que Meera et Hyabu descendent dans les champs, prétextant un besoin organique urgent. Profitant de sa facilité à survoler les environs, Hyabu repère rapidement une zone piétinée dans les blés, où un large appareil a visiblement été disposé. En suivant les traces, il remonte jusqu’à une petite piste partant d’un bosquet d’arbres, et les traces d’un passage récent d’un véhicule. Visiblement, une tentative d’embuscade à leur encontre a avorté grâce à la réaction rapide de l’équipage.

Bientôt, la dépanneuse rejoint le taxi et propose de tracter le véhicule et ses passagers jusqu’à Sah’ot, mais l’équipage reste échaudé par toute l’affaire, et indique ne pas craindre de marcher quelques kilomètres pour profiter du beau temps. Après avoir exprimé leur incrédulité totale, les deux conducteurs disparaissent sur la route, permettant à Hyabu d’immédiatement se contredire : hors de question de marcher, il faut convoquer Piy et le « Perturbateur ». Malheureusement, les appels répétés sur comlink restent sans réponse, plongeant l’équipage dans la perplexité. Il faut donc se résoudre de prendre la route à pied. Les chemins traversent de petits bois où courent des rivières au doux courant, et des pêcheurs occasionnels ne manquent pas de dévisager l’étrange suite du Chasseur Hyabu, accompagné de ce qui apparaît comme deux courtisanes et un porteur de bagages (Zayne chargé des sacs de Hyabu et Meera). Bientôt, la température incite Alto à enlever ses robes embarrassantes, et elle profite d’un ruisseau pour se débarbouiller autant que possible du maquillage lui recouvrant le visage, sous le regard ironique de Meera, dont la mise reste pour sa part impeccable.

Après une grosse heure de marche, l’équipée atteint les environs de Sah’ot. Il s’agit d’une ville nouvelle, dont les faubourgs sont composés d’immeubles d’habitation et de zones industrielles éco-responsables. A la faveur d’un taxi errant, l’équipage peut se rendre en centre-ville de manière plus civilisée, et constate une présence importante de troupes impériales déambulant dans les centres commerciaux qui occupent l’ensemble de la cité. Rapidement, il apparaît que l’accès au petit astroport localisé en plein centre-ville est barré par une importante troupe de Stromtroopers et de blindés mécanisés. Le taxi effectue un demi-tour discret et lâche le groupe aux environs d’une brasserie impersonnelle, où un écran débite le dernier discours de Kief Binsky. Ce dernier, bien entendu les larmes aux yeux, doit se résoudre à demander la démission de Mon Mothma pour permettre à Chandrila de retrouver une certaine sérénité avant le vote référendaire. Mon Mothma, dont les sondages les plus récents sont particulièrement défavorables, ne s’est toujours pas prononcée sur l’affaire en cours, et un journal planétaire annonce détenir des preuves accablantes à son encontre, parlant de trafic d’influence aggravé et protection de terroristes.

Un blindé impérial TX-225 dans le centre de Sah'ot.

Attablé autour d’un bon café, l’équipage décide de retenter une prise de contact avec Piy, en espérant qu’il soit toujours en vie à bord du « Perturbateur ». Le Capitaine Hyabu tend son comlink à Zayne, qui s’occupe de lancer l’appel. Cette fois, l’Aquale répond immédiatement, mais il arbore toutefois un ton très inhabituel lorsqu’il demande de façon outrancière au padawan la localisation de l’équipage et ses activités en cours. De manière évasive, Zayne indique que l’équipage prend du bon temps dans la capitale, et Piy répond qu’il pourrait alors les rejoindre. Zayne rétorque à Piy de rester où il est et coupe la communication. Dans les secondes qui suivent, Piy rappelle le comlink du capitaine Hyabu, qui éteint ostensiblement son appareil en se marmonnant qu’il va falloir maintenant s’enquérir au plus vite de la situation du « Perturbateur » et des membres d’équipage restés à bord...

vendredi 15 mars 2019

Le Mausolée de Chardansearavitriol




Une aventure de Donjons & Dragons de niveau 8

Avec


Balak Charon Taâl dit le Crinti, Le roublard qui sait lire dans les pensées  

Finnlay Galindan, Le druide qui se souvient de sa mère  

Tengrim Copperplate, Le nain qui livre un combat héroïque 




-------------------------------------------------------------------------


Il faut près d'une semaine pour traverser le marais d'est en ouest, presque jusqu'à la côte. Bog Luck n'ayant toujours pas réapparu, c'est un homme lézard malingre du nom de Snapjaw qui a été chargé par Voaraghamanthar de mener les héros jusqu'au cœur du territoire interdit du clan de la mort écailleuse où reposent les ossements de Chardansearavitriol dont ils doivent s'emparer. Snapjaw s'avère être un guide tout à fait efficace quoique particulièrement peu loquace. 

Snapjaw l'homme lézard

A mesure que l'on se rapproche de la mer, les marécages deviennent plus profonds. L'homme lézard les mène alors à la nage, tractant sans effort les étroites pirogues dans lesquelles s'entassent les aventuriers. Il sait aussi trouver les quelques îlots qui affleurent à la surface, quasiment invisibles derrière les longs roseaux, et sur lesquels ils peuvent installer leur campement. Le Crinti profite de ces moments pour essayer de le faire parler, espérant le convaincre de les emmener directement à Château Naerytar sans avoir à remplir la mission que le dragon leur a confiée. Malheureusement sa loyauté indéfectible doublée d'un fatalisme affirmé le rend imperméable aux manipulations du demi-drow. Comprenant qu'il n'arrivera pas à ses fins par la méthode douce, le Crinti plonge alors de force dans les pensées de l'homme lézard où il découvre le pitoyable sort de son clan, réduit à la servitude par le culte du dragon et leurs alliés bullywugs, grotesques hommes crapauds qui profitent du soutien des dragonclaws pour infliger les brimades les plus humiliantes aux congénères de Snapjaw. Cette intrusion mentale ne passe cependant pas inaperçue et quoiqu'aucune trace de colère ou de peur ne se lise sur le faciès impavide de l'homme lézard, il se renferme et se tient désormais à distance du Crinti.
Une légère odeur iodée teinte l'air alors que la côte se fait plus proche. Le relief de falaises déchiquetées a fait place à un dédale d'îlots depuis que la malédiction d'Iniarv l'a englouti. C'est du sommet de l'un d’eux que les héros découvrent le repaire de la mort écailleuse que de sinistres totems squelettiques annonçaient depuis la veille. Un chapelet d'affleurements rocheux s'y trouve disposé en cercle autour de ce qui ressemble à un insondable lac. Des autels rudimentaires ont été érigés sur tout le pourtour des eaux noires et les prêtres de Myrkul s'y affairent à mettre en place une cérémonie impie, crachant des ordres secs à leurs guerriers sous le regard placide du troupeau de catoblépas qui broutent les répugnantes charognes qui s'amoncellent entre les campements. 
Les imprécations se font de plus en plus entêtantes alors que le ciel nocturne s'anime d'un étrange ballet. Depuis plusieurs jours déjà, Finnlay avait remarqué que les larmes de Sélunée, le cortège d'étoiles qui accompagnent la lune dans sa traversée du firmament, avaient peu à peu changé de position pour envelopper le globe d'albâtre qu'elles poursuivent. Les enseignements de sa mère, elle-même prêtresse de la déesse lunaire, reviennent à l'esprit du druide alors qu'il reconnait avec effroi la funeste conjonction astrale connue sous le nom de "l'oeil de Myrkul". 
Une à une les étoiles s'éteignent pour n'en laisser que treize qui forment un cercle parfait autour de la lune. Seules lumières dans le ciel obscur, elles brillent d'un éclat froid et les chants des hommes lézards culminent en un unique sifflement alors que le disque d'argent de Sélunée commence à disparaître, lentement rongé par une éclipse. Cet inquiétant présage s'accompagne d'un tremblement qui crée sur la surface du marais une onde autour du lac sans fond. Les adorateurs de la mort écailleuse écartent alors les branchages accumulés devant leurs autels, révélant des dizaines de cadavres humanoïdes de toutes espèces qui s'animent quand le dernier rayon de lune disparaît. Les morts vivants s'avancent dans les eaux sombres sous lesquels ils sont happés les uns après les autres par une force mystérieuse. Les secousses s'intensifient encore et le rythme des incantations des hommes lézards semble s'aligner sur leur fréquence jusqu'à ce qu'une massive structure émerge des flots. Ses colonnes antiques couvertes d'algues nauséabondes et des cascades d'eau glacée rebondissant des arches de sa tour centrale, un imposant mausolée vient retrouver sa place au milieu des tombes profanées qui parcellent les îlots alentour.  

Le mausolée attend dans les profondeurs du lac

Finnlay s'empresse d'envelopper ses compagnons de sa magie qui non seulement les dissimulent, mais leur confère également la capacité de respirer sous l'eau. Ils plongent sous l'eau boueuse et traverse sans être vus les rangs des hommes lézards. A l'approche des portes massives du monument, le Crinti réprime un frisson lorsqu'il devine par l'intermédiaire de son anneau de Myrkul la forêt de tentacules noirs qui se repaissent des corps pourrissants qui marchaient encore vers les profondeurs du lac quelques instants auparavant.  
Plutôt que de s'attarder au milieu de ce spectacle macabre, les héros surgissent de leur couvert aquatique pour se jeter sur la porte du mausolée. Celle-ci ne bouge pas d'un pouce sous la poussée vigoureuse de Tengrim mais semble au contraire s'ouvrir toute seule au contact de l'anneau du Crinti. Les aventuriers se précipitent à l'intérieur et referment derrière eux les lourds battants contre lesquels vient s'abattre une pluie de javelines propulsée par les hommes lézards furieux.  
Le silence retombe sous l'immense voute du vaste tombeau. Le long des murs s'alignent de colossales plaques de marbre gravées de la longue litanie des membres des grandes familles nobles d'Uthtower qui reposent ici depuis des siècles. Les spectaculaires fresques qui relataient leurs exploits ont en revanche été recouvertes par les symboles morbides de la secte du dieu de la mort qui avait fait de ce lieu leur saint des saints et dont les inspirations draconiques sont bien éloignées de l'orthodoxie myrkulite. Au centre de la pièce se tient un impressionnant gisant sur les flancs duquel on peut encore lire que sous l'imposante effigie du fondateur de la lignée s'étend la crypte royale de Myrmoran. 

Les héros s'engagent avec prudence dans l'escalier monumental, leurs pas résonnant dans le silence de cathédrale qui les entourent. Plusieurs centaines de marches plus bas ils arrivent à un immense hall d'où partent trois couloirs. En face d'eux l'antique chapelle dédiée aux dieux tutélaires du royaume a été défigurée au-delà de toute reconnaissance par les mêmes hérésies qu'à l'étage supérieur. Des bribes de prières écrites dans une forme particulièrement archaïque de Thorass sont encore déchiffrables autour de l'autel et le Crinti parvient à y reconnaitre les noms de Myrkul évidemment mais aussi de Sammaster, le fondateur du culte du dragon, et surtout celui de Chardansearavitriol, la mort d'ébène, la terrifiante dracoliche au pouvoir quasi divin qui régnait sur les marais il y a bien longtemps. Sur leur droite ce sont les alcôves de la famille royale de Yarlith qui couvrent les murs, encore protégées par la puissante magie d'abjuration qu'Iniarv lui-même avait tissé au temps où il était l'archimage du royaume. A gauche enfin se trouve la crypte d'Uthtower, parfait miroir de celle de sa principauté jumelle de Yarlith, à cette exception près que les mosaïques qui ornent le sol sont désormais recouvertes par les ossements d'un gigantesque dragon éparpillés au milieu des restes de son trésor. Les aventuriers s'approchent du crâne titanesque et leur attention est attirée par un détail particulier. Une couronne encore rutilante d'or et de pierres précieuses est enchâssée dans l'orbite vide du squelette, si parfaitement ajustée à l'os qu'elle semble avoir fusionné avec lui. Pendant que Finnlay et le Crinti s'interrogent sur la possibilité d'extraire l'objet sans abîmer irrémédiablement le crâne, Tengrim balaie le sol des pièces de cuivre corrodées qui l'encombrent pour y déployer le trou portable que Voaraghamanthar leur a confié.

L'ombre de Chardansearavitriol

Dans le dos des aventuriers ainsi affairés, au milieu du grand hall central, les ombres s'agitent soudainement. Elles tourbillonnent et se rassemblent pour prendre la forme du terrible dragon dont les héros sont en train de déranger les restes. Finnlay est le premier à voir l'éclat noir de rage de l'ombre de Chardansearavitriol qui s'approche dans le large couloir. Il a tout juste le temps de lancer un avertissement à ses amis en plongeant à couvert derrière le crâne avant que le dragon fantomatique crache son puissant souffle nécrotique qui recouvre Tengrim et le Crinti. Le nain est miraculeusement protégé de l'agonie par la faveur de Clanggedin mais le demi-drow n'a pas la chance de bénéficier d'un tel soutien divin. Il sent sa chair se flétrir et sa force vitale l'abandonner, mais arrivé aux portes de la mort, son anneau s'éveille et absorbe avec voracité le flot d'énergie négative qui est en train de le tuer, l'arrachant in extremis à son inéluctable perte. La douleur n'en reste pas moins insoutenable et il lui faut plusieurs secondes avant de retrouver son souffle. Comme la vue lui revient il découvre que Tengrim s'est déjà interposé et lutte pied à pied avec le dragon, les puissants coups de Jotunbane déviant de plus en plus difficilement les mâchoires cauchemardesques du monstre qui cherchent à se refermer sur lui. 
Finnlay plonge dans les souvenirs de sa mère pour invoquer le rayon de lune grâce auquel il a si souvent dispersé les ténèbres, mais à ses incantations ne répond qu'une effroyable absence, l'éclipse a emprisonné Sélunée loin du monde et sa lumière a disparu avec elle. 
Le druide déverse alors tout l'inventaire de sa magie destructrice sur le dragon mais les différentes énergies qu'il déchaîne contre lui semblent se perdre dans sa masse fuligineuse sans lui infliger de dommages significatifs. Soutenu par les invectives du Crinti, Tengrim tient toujours bon, usant tant de sa hache que de la puissance divine de Clanggedin pour repousser les assauts du dragon. Finnlay s'alarme pourtant de voir le nain accuser le coup un peu plus durement chaque fois que les ténébreuses griffes lacèrent son dos. L'énergie magique accumulée par le druide l'emporte alors au secours de son compagnon. Il se téléporte en un clin d'œil à ses côtés, suffisamment proche pour que sa magie curative redonne quelques forces au guerrier. Tengrim redouble alors d'efforts et en une série de coups fantastiques il parvient presque à détruire le dragon d'ombre dont la forme part petit à petit en lambeaux de fumée noire. Mais malheureusement ce dernier sursaut n'est pas suffisant et, épuisé, le nain ne peut éviter que les crocs du monstre ne percent son plastron pour le saisir et le propulser violemment contre le mur de marbre de la crypte. Finnlay et le Crinti échangent un regard horrifié alors que l'ombre déliquescente de Chardansearavitriol enjambe le corps inanimé du champion de Clanggedin qui lui a si vaillamment tenu tête pour venir en finir avec ses deux frêles comparses.  
Dans une ultime manœuvre désespérée, le Crinti plonge sa rapière dans l'œil du dragon pour attirer son attention pendant que Finnlay lance toutes ses dernières forces dans un orbe de foudre qui plonge au cœur de l'ombre monstrueuse qui lui fait face. Une explosion d'éclairs la déchire de l'intérieur juste avant qu'elle ne puisse lâcher son souffle mortel sur les héros, la dispersant dans un dernier rugissement.

Encore tremblant, Finnlay débouche une potion de soins pour verser le liquide rouge rubis dans la gorge de Tengrim qui reprend ses esprits pour constater qu'une fois de plus il a été privé de la joie de porter le coup décisif à son adversaire.  Sans perdre un instant de plus, les aventuriers jettent les ossements de la dracoliche pêle-mêle avec les restes de son trésor au fond de leur trou portable qu'ils replient précautionneusement. Puis le Crinti lit un de leurs parchemins pour faire apparaître une porte dimensionnelle à travers laquelle ils s'échappent pour rejoindre Snapjaw qui se tient prêt à les ramener vers son maître.

Mais les héros peuvent-ils faire confiance au dragon qui a condamné une garnison entière de heaumites à l'errance éternelle? Sont-ils prêts à payer le prix de son aide, si précieuse qu'elle fût, ou bien le remède sera-t-il pire que le mal? 


mardi 12 mars 2019

Intrigues sur Chandracant


Session Star Wars #20

Date : 19-Feb-2019

Avec :
Hyabu, inquiet pour son ex-compagne
Meera, qui garde en bouche le goût amer de l’échec
Cornell Quantarus, qui obtient un autographe inespéré
Nir Stone, qui baratine aisément les forces de l’ordre
Piy Zagzoad, toujours volontaire pour échanger quelques coups
Aqualto Fudah (‘Alto’), dont les intuitions la rendent nerveuse
Zayne Bentaroo, qui alerte sur le cas d'un compagnon disparu

Lieu(x) :
Chandracant, système de Chandrila


En cette fin de matinée, les membres de l’équipage restés à l’hôtel s’occupent comme ils le peuvent en attendant le retour de leurs compagnons. Nir glane des informations fraîches sur la situation dans la Galaxie, Chandracant étant en effet reliée à un Holonet puissant. Une nouvelle concernant Kana Omonda, l’autre sénatrice de Chandrila en poste sur Coruscant, attire son attention. Kana Omonda, connue pour ses discours enflammés et son soutien ouvert à Mon Mothma, a effectué une confession orale dans laquelle elle admet avoir trahi l’Empire – sans pour autant dévoiler les motifs précis de cette « trahison ». Une déclaration de l’Empereur lui-même annonce sa tristesse face à la nouvelle, car il a toujours apprécié les conseils avisés de la sénatrice. C’est avec tristesse qu’il déclare n’être malheureusement pas en mesure de pouvoir intervenir en sa faveur, la loi devant s’appliquer équitablement à chacun. Il apparaît que le sort de la sénatrice est déjà écrit, la peine capitale étant annoncée pour bientôt.

Nir récupère également quelques éléments sur l’entourage du major Kalnor. Ainsi, il apparaît que le major est directement connecté à l’Académie des Sciences de Chandrila, notamment une société (Chandritech) développant des droïdes hyperspécialisés, et dans laquelle il a investi des fonds personnels. La société, localisée sur le continent Hemita, est d’ailleurs dirigée par un certain Damien Kalnor, sans doute un membre de la famille du major. Etrangement, ce cousin (?) du major est utilisé comme un angle d’attaque dans le cadre de la campagne électorale en cours. Ainsi, du fait de ses activités très techno-centrée, Damien Kalnor a été pris à partie par Mon Teregoba, l’écologiste radical de la seconde lune de Chandracant. Damien a également été accusé par Mon Torba, l’extrémiste spéciste, « d’amours extraterrestres ». Tout cela semble bien lointain pour ébranler la réputation du major Kalnor.


Le système de Chandrila.


C’est alors que Zayne surgit à l’hôtel avec des nouvelles inquiétantes concernant Meera. D’après ce qu’il a pu voir depuis son poste d’observation à l’extérieur de l’orphelinat, la Chiss a été emmenée par l’escorte de Brionelle vers la forteresse impériale de la capitale. A première vue, elle ne semblait pas particulièrement menacée, mais une certaine tension était palpable pour qui côtoie quotidiennement la Chiss. Dans la foulée, c’est au tour d’Alto, visiblement bouleversée, de faire irruption dans la suite du capitaine Hyabu. Sa tournée des ateliers de pièces mécaniques de la capitale s’est avérée fructueuse, et elle a pu identifier la société Garotech, située sur Hemita, comme à même de lui procurer l’alliage qu’elle recherche et de lui usiner des pièces selon ses plans. Mais après avoir passé sa commande, et alors qu’elle laissait dériver son esprit dans son taxi aérien, elle a soudain été prise d’une vision lui insufflant un sentiment aigu de danger et d’urgence. D’après sa vision, Meera semble être au centre d’une situation dangereuse pour l’équipage, et Alto décrit la possibilité d’une arrestation de l’équipage par des forces impériales spéciales dans les heures à venir. Elle implore donc le capitaine de préparer une exfiltration immédiate de l’équipage hors de la capitale. Hyabu est toutefois très préoccupé par la situation de Meera, et il instaure un tour d’observation aux alentours de la forteresse impériale, le temps d’improviser un plan d’action. Cela laisse un peu de temps à Zayne, déjà très au fait du site holonet de la Présidence, pour rechercher dans l’agenda officiel de Mon Mothma les activités institutionnelles prévues pour ce jour. Il apparait que la Présidente se rendra en fin de journée auprès d’une usine de traitement de bois localisée aux alentours du parc national de Gladean, et dont l’implantation est contestée par un certain nombre de groupes d’écolo-activistes. Voilà qui laisse entrevoir une possibilité de l’approcher.

Pendant ce temps, le navire de Brionelle a déposé l’ensemble de ses occupants au sommet de la forteresse impériale, où se trouve un grand bureau au larges baies vitrées. Non entravée, Meera peut à loisir naviguer entre la collection des décorations militaires de Brionelle – apparemment arrivée au grade de colonel à sa fin de carrière – et toutes sortes de photographies la montrant en compagnie de divers amiraux de la Marine Impériale. L’image montrant Brionelle et l’amiral Thrawn fait légèrement tressaillir le visage de la Chiss, qui voit qu’elle a à la fois vu juste en citant ce nom, mais qu’elle évolue également sur une corde raide… Une autre image montre Brionelle entouré par une promotion de capitaines de frégate, dont l’un est noir de peau. Les traits du visage de ce dernier lui évoquent vaguement Cornell, et l’idée qu’il puisse s’agir de son fils lui traverse l’esprit – sans certitude toutefois. Meera note enfin que chacun de ces nouveaux capitaines tient dans sa main la maquette d’un croiseur impérial, dont le design semble assez inhabituel.

Rompant la tournée d’observation de Meera, Brionelle se lance dans un interrogatoire en règle de la Chiss. Comme le pressentait Meera à la vue de certaines photographies, Brionelle semble bien connaître l’amiral Thrawn au moment où cette dernière s’étonne que « Saradath » ne l’ait pas contactée directement. Meera doit alors improviser un discours autour de la situation politique de Chandrila, dont le futur vote référendaire représenterait un pivot politique pour l’Empire, pivot sur lequel l’amiral Thrawn souhaiterait garder un œil discret par l’entremise de Meera et Brionelle. Meera renouvelle donc sa demande de pouvoir accompagner Brionelle à la fête du dépouillement, mais cette dernière attend une preuve de confiance que Thrawn aurait pu confier à Meera. Hélas, la Chiss ne peut rien produire, et la méfiance gagne Brionelle, qui demande donc à ce que Meera soit enfermée jusqu’à nouvel ordre. Abattue, c’est une Meera quasi-amorphe qui doit être emmenée dans une cellule de haute sécurité, dans laquelle elle ne peut que ronger son frein en espérant qu’un évènement inattendu puisse la tirer d’affaire.

De fait, la garde discrète menée par l’équipage autour de la forteresse impériale ne donne rien, et c’est la mort dans l’âme que le capitaine Hyabu doit se résoudre à tenter autre chose. Alors qu’Alto va récupérer auprès de l’ex-sénateur Istara un médaillon marqué du symbole de l’Alliance rebelle, Hyabu paye quelques nuits d’avance à l’hôtel et charge Nir de trouver un site près de l’usine de traitement de bois pour y effectuer – en guise de couverture – des réparations du « Perturbateur ». Nir met rapidement la main sur l’adresse d’un ferrailleur, un certain Rudy, qui pourrait faire l’affaire, puis l’équipage regagne l’astroport pour se mettre en route, quittant temporairement la capitale pour se mettre « au vert ». Le trajet vers le nord révèle une région couverte de pins, au travers desquels serpentent des cours d’eau scintillants. La neige recouvre petit à petit le paysage, laissant présager un climat bien plus rigoureux que celui auquel Chandracant les avait jusqu’à maintenant habitués.

Le ferrailleur Rudy occupe un site à l’écart de la petite ville de Chachuhat, où vivent tant bien que mal les ouvriers de la scierie, des trappeurs et autres guides forestiers. Son terrain est couvert de carcasses de véhicules divers, entre lesquels navigue une armée de droïdes occupée à découper les épaves et à en tirer des pièces détachées. Dans un coin du terrain, on devine un potager et un petit bâtiment dont l’odeur qui s’en échappe trahit une distillerie clandestine. Le dénommé Rudy, vague humain ventripotent aux étranges branchies exhibées sur les côtés de son cou, vit là seul, entre ses bots et ses légumes. Il n’est pas difficile de le mettre au travail pour trouver des pièces permettant de réparer le « Perturbateur », et ce après lui avoir loué deux airspeeder pour l’équipage. De plus, Rudy fournit quelques informations sur la communauté de Chachuhat, où l’équipage aura l’assurance de trouver des vivres et des vêtements chauds en perspective d’une soi-disant expédition de traque menée par Hyabu pour alimenter ses « chasses surprise ». Avant de partir pour Chachuhat, Cornell s’assure toutefois au travers d’une conversation que Rudy restera totalement silencieux sur le passage du capitaine Hyabu et de son équipage disparate.

A l’épicerie-bar du centre-ville, l’équipe fait l’acquisition de quelques vestes à l’isolation thermique adaptée, puis se scinde en deux groupes. Nir, Alto et Zayne prennent immédiatement le chemin de la scierie pour y inspecter les environs. Dans la cours de l’usine, un banquet est mis en place sous un barnum, et des groupes d’ouvriers semblent attendre avec une certaine résignation passive l’arrivée d’un dignitaire officiel. Autour de l’usine, quelques véhicules contiennent des hommes dont la tenue locale mais outrageusement neuve indique l’appartenance à des forces de police. Le véhicule des trois padawans est d’ailleurs rapidement accosté par un de ces hommes, auquel Nir débite un baratin convaincant, se faisant passer pour un journaliste soulagé de constater qu’il n’a pas sur place de concurrence pour son reportage. Il leur faut maintenant attendre l’arrivée du convoi officiel.

De leur côté, Hyabu, Cornell et Piy se posent dans le bar et repèrent des ouvriers sur lesquels exercer leurs talents. Piy, Aquale Quara (à 2 yeux), va rapidement chercher des noises à un contremaitre Aquale Ualaq (à 4 yeux), en vertu d’une antique animosité entre ces deux sous-groupes originaires de la même planète. La bagarre, vite interrompue par l’artillerie exhibée par le barman, se poursuit à l’extérieur, jusqu’au KO du contremaitre nommé Piyo. Ce résultat obtenu, Piy peut à loisir dépouiller son adversaire et récupérer la combinaison d’ouvrier accompagnée du badge d’accès à l’usine. En parallèle, Cornell entame une discussion avec un homme, comme lui noir de peau, et l’invite à le suivre à l’extérieur pour régler ses « petits problèmes » avec un potentat local. L’homme admet avoir un loyer de retard auprès d’un certain Salgo, mais ne comprends pas véritablement la raison pour laquelle Cornell intervient ici. A l’extérieur, Cornell convainc l’homme, en échange d’un dédommagement de « se faire voler » sa combinaison et son badge, et de ne pas apparaître à l’usine aujourd’hui. Piy et Cornell rejoignent alors Hyabu dans l’airspeeder, et le groupe peut enfin rejoindre les observateurs auprès de l’usine, leur nouvel accoutrement permettant à Piy et Cornell de rejoindre les groupes d’ouvriers. Quant à Hyabu, Nir, Alto et Zayne, ils se fondent dans un petit public maintenu un peu plus à l’écart.

Le bruit de gros turboréacteurs annonce enfin l’arrivée du navire de Mon Mothma et de son escorte. La Présidente, accompagnée de 20 soldats protocolaires, se joint au groupe d’ouvriers, serrant les mains qui se tendent et échangeant un mot avec l’un ou l’autre. Piy joue des épaules pour permettre à Cornell de se frayer un chemin vers l’avant, tout en poussant des cris enthousiastes à l’adresse de la Présidente. Malheureusement, Cornell ne peut l’approcher, car Mon Mothma est alpaguée par un militant écologiste qui l’irrite ouvertement. L’intervention est opportunément interrompue par l’agenda officiel, qui indique que le moment des discours est venu. C’est tout d’abord le directeur de l’usine qui se lance dans un exposé assommant devant une assemblée de plus en plus apathique, puis Mon Mothma doit se résoudre à quitter son siège confortable pour prendre à son tour la parole, son discours étant d’ailleurs nettement plus axé sur la campagne référendaire que la situation de l’usine. Alors que quelques applaudissements convenus accueillent la fin des discours officiels, Cornell et Piy motivent leurs voisins pour livrer une ovation (très localisée) à la Présidente, leur attirant un regard intrigué de cette dernière. Alors que le banquet va s’ouvrir, et que Mon Mothma donne clairement des signes d’un départ imminent, Cornell s’avance enfin dans une brèche pour réclamer un autographe, non sans avoir fixé le médaillon du sénateur Istara sur son stylo. Sans un quelconque signe de connivence, la Présidente signe le carnet présenté par Cornell, qui parle sans discontinuer de la casse de son ami ferrailleur Rudy non loin, et où se trouvent des partisans de sa ré-élection…

Après le départ de la Présidente, les membres de l’équipage regagnent la casse de Rudy, dans l’attente d’une prise de contact. L’arrivée rapide des speeders surprend Rudy et DD-13 engagés dans une discussion avec des mines de conspirateurs. Effectuant un tour du « Perturbateur », Hyabu ne peut que constater que Rudy ne s’est pas contenté d’isoler les pièces détachées qu’il avait demandé, mais que des réparations de bonne tenue ont déjà été effectuées – ce qui l’irrite doublement. Alors que la nuit commence à tomber, les senseurs du « Perturbateur » annoncent l’arrivée de deux navettes, qui se posent rapidement dans l’enceinte du terrain de Rudy. Ce dernier est fermement accompagné par Cornell dans la distillerie avec ordre de ne pas en sortir tant que les visiteurs ne seront pas partis. L’équipage se rend au contact des deux navires, et des hommes armés en sortent pour effectuer une fouille complète et sécuriser les lieux. Puis, l’officier en charge demande à l’équipage un lieu pour héberger une discussion discrète de 10 minutes. Cornell convoie l’ensemble du groupe vers le logement de Rudy, où le poêle dispense une douce chaleur et entretient un pot de café gouteux.

Mon Mothma est enfin introduite dans le logement du ferrailleur. Cornell et Hyabu se lancent dans un récit décousu des dernières découvertes du groupe à l’égard de la Présidente, en insistant sur les informations rassemblées par le Soleil Noir et sur le fait que ce groupe sait qu’elle a identifié leur(s) espion(s). En d’autres termes, la Présidente est potentiellement « grillée », ce qui la plonge dans de profondes réflexions. De plus, le cas de l’ex-Sénateur Istara est mis sur la table. Mon Mothma indique ne rien pouvoir faire au sujet de la somme promise par le vénérable Wookie, mais que ce dernier doit être exfiltré au plus vite de la planète. Pour cela, elle indique que le groupe doit se rendre auprès de Mon Torba – décrit comme un homme rouquin suant beaucoup – dans l’enceinte de son QG de campagne, et se présenter à lui comme les envoyés de la Reine des Diamants. Il saura mobiliser la bonne filière pour sortir l’ex-Sénateur de sa mauvaise situation. La Présidente remercie le groupe pour l’ensemble des informations, mais sa moue indique que jusqu’à maintenant, elle se retrouve avec plus de problèmes supplémentaires que de solutions opportunes… Offrant toutefois son aide au capitaine Hyabu en cas de besoin, ce dernier rebondit immédiatement en lui demandant la libération de Meera. Mon Mothma pense pouvoir l’obtenir facilement auprès du major Kalnor, du fait des multiples et complexes échanges de services ayant cours entre les dignitaires de Chandrila.

Il est maintenant temps pour Mon Mothma de regagner son vaisseau. Trépignant sur place, Alto déclare alors que le plus gros problème actuel réside dans la construction par l’Empire d’une arme énergétique aux proportions gigantesques, située au bout d’une route hyper-spatiale cachée. Secondée par Zayne, elle insiste sur le fait qu’il faut surtout agir sur ce dossier pour éviter la mort atroce de millions d’innocents. L’attention de Mon Mothma est immédiatement aiguisée par cette annonce, car une telle information lui permettrait d’agir avec force au Sénat contre l’Empereur. Elle déclare au groupe que les preuves de l’existence d’une telle arme de destruction l’aiderait au sénat à créer un vent de sympathie pour les rebelles. Puis, cédant à la pression répétée de son officier de protocole, la Présidente quitte rapidement les lieux, en déclarant qu’elle pourra être recontactée par le même procédé

En fin de soirée, l’équipage regagne la capitale et la luxueuse suite du capitaine. Quelques heures plus tard, c’est une Meera dépitée et dépourvue de son bras cyber qui est amenée, sur ordre du major Kalnor, à la porte de l’hôtel. Epuisée, elle déclare qu’elle « ne le fera plus » avant de disparaître dans sa chambre. Le lendemain matin, le bras cyber est livré par un coursier impérial. Définitivement humiliée, Meera doit se résoudre de demander à DD-13 d’effectuer une inspection minutieuse du bras pour y enlever tout mouchard qui s’y trouverait. Le reste de l’équipage est également dubitatif après sa rencontre avec Mon Mothma et la tâche insurmontable à laquelle il pourrait s’atteler – sans contrepartie aucune. En fin de compte, « la Rébellion, c’est nous », veut croire Cornell.


[Scène bonus]
Le visage de Rudy s’écrase dans la neige, aux pieds d’une femme au blaster encore fumant. Un droïde-drone survole la casse de Rudy tandis qu’elle s’empare des données d’une holo-caméra extérieure… Elle passe en revue rapidement les images, et un sourire fend son jeune visage jeune, lorsqu’elle arrête l’enregistrement sur le visage d’Alto.